mardi 30 juin 2026

En Russie, de plus en plus d’ambiance « philonucléariste » parmi les conseillers de Poutine. Qu’en penser ?

 

Sur celles de nos chaînes où il apparaît d’ordinaire assez fréquemment, on voit de moins en moins Poutine arborer ses habituelles postures triomphantes dont il était jusqu’ici coutumier.

Selon ses conseillers, fanatiques du néo-impérialisme eurasiste d’un Douguine, les Karaganov, les Soloviev, les Medvedev, et les Kolesnikov, l’ambiance au Kremlin et dans les différentes datchas de Poutine serait de moins en moins à la confiance réciproque.

L’un d’eux, approuvé par plusieurs autres, n’aurait-il pas déclaré : « Nous devons enfin passer aux choses sérieuses ! ». En clair, tout le monde aura compris, à l’emploi des armes nucléaires, seules susceptibles selon ce triste personnage et ses pareils dans la nomenklatura kagébiste d’en finir notamment avec une Ukraine désormais de plus en plus victorieuse face à une Russie de plus en plus économiquement défaite et militairement éprouvée.

Une fois l’Ukraine vitrifiée, viendrait ensuite selon ces forcenés le tour des Pays Baltes et pourquoi pas de la Pologne, et même d’une grande partie de ce qui resterait de l’Europe ? Mais Poutine n’hésitera-t-il pas devant pareille perspective qui pourrait bien signer aussi son arrêt de mort et la fin de l’existence de la Russie d’Europe ?

Car la France dispose toujours de sa force nucléaire de dissuasion, qui n’est pas rien, et le Royaume-Uni également de la sienne.

Et l’OTAN, n’en déplaise à certains, demeure pour la Russie une alliance très dissuasive. Reste à se demander comment réagiraient les États-Unis devant une attaque délibérée de l’Europe par la Russie poutinienne ?

Certes Poutine a toujours fasciné Trump mais rien ne dit que devant la perspective de la catastrophe nucléaire que déclencherait la Russie ce dernier ne serait tout de même pas un brin plus belliciste qu’avec l’Iran ? Pour l’heure, je ne crois donc pas possible à court terme un emploi poutinien de l’arme atomique, car ce serait d’abord suicidaire pour le dictateur russe dont on sait qu’il a une grande crainte de la mort. 

Bernard Antony