jeudi 7 mai 2026

Les libres propos d’Alain Sanders

Notre mémoire : il y a 190 ans (1836-2026),
la bataille d’Alamo scellait le destin du Texas !

En 1830, le Texas est encore une province mexicaine habitées par quelques vaqueros (qu’on va bientôt appeler des « cowboys »). Mais cette province compte aussi des milliers de colons américains qui, à l’arrivée au pouvoir, en 1832, du général Antonio de Lopez de Santa Anna, vont refuser les mesures coercitives qu’on prétend leur imposer. Le porte-parole des Texans et des Tejanos (les Texans d’origine mexicaine), Stephen Austin (l’homme qui avait organisé avec les précédents gouvernements mexicains l’installation d’Américain au Texas), ayant été emprisonné, les Texans se soulèvent. 

Les premiers combats, menés par Samuel Houston et le colonel Travis, tournent à l’avantage des Texans. Mais les Texans n’ont pas d’armée constituée : à peine des bandes de cavaliers héroïques qui cherchent à gagner du temps pendant que Houston et Travis s’organisent. En attendant, il faut faire face aux troupes plus aguerries envoyées par Santa Anna. Un point d’ancrage est choisi : la mission catholique d’Alamo plus ou moins transformée en fortin. En décembre 1835, 150 Texans emmenés par Travis chassent les Mexicains du fortin et s’emploient à le renforcer mieux. Parmi les défenseurs de la place, James Bowie (l’inventeur du Bowie-Knife, un poignard de duel avec une lame de 21cm) et, bientôt, un trappeur légendaire, Davy Crockett, arrivé de son Tennessee natal avec 12 gaillards de sa trempe. Sur le toit de la vieille mission espagnole transformée maintenant en bastion, flotte le drapeau bleu liseré de jaune des Texan Volunteers.  

Le 23 janvier 1836, Santa Anna occupe San Antonio de Béxar et encercle Alamo. Sur le clocher de l’église San Fernando, où il a établi son QG, Santa Anna a fait hisser un drapeau rouge. Le message est clair : pas de quartier. 

Le 5 mars, Travis rassemble les hommes dans la cour du fort. Sur le sol, il trace, de la pointe de son sabre, une ligne : « Messieurs, nous y laisserons notre vie. Vous êtes libres de choisir. Ceux qui franchiront cette ligne combattront avec moi jusqu’au bout. Nous ne nous rendrons pas ». Tous (sauf un, un Français âgé de 50 ans, Louis Mose Rose, vétéran de la Grande Armée et des campagnes napoléoniennes, qui n’a plus rien à prouver question bravoure) franchiront la ligne. Ils sont 185. Les Mexicains sont 4000. 

Le 6 mars, au tout petit jour, José Maria Gonzalez, premier clairon dans l’armée mexicaine, sonne la charge. A 6h30, Santa Anna fait jouer le Deguello, la sinistre marche funèbre qui, tout autant que le drapeau rouge, annonce qu’il n’y aura pas de prisonniers…  A 6h45, Travis tombe en criant : « Dieu et le Texas ! » Quelques minutes plus tard, les derniers survivants font bloc dans la cour. Crockett est partout. Le capitaine Saldana, officier de l’armée mexicaine, notera dans son carnet de marche : « Cet homme semblait indifférent à nos coups de fusil. Il ne ratait jamais sa cible. Il accompagnait chaque salve d’un grand éclat de rire : je sus plus tard qu’il se nommait Crockett ». 

Les derniers combats se déroulent près de l’église, puis à l’intérieur. Bowie est transpercé sur son lit de camp (il ne pouvait plus marcher suite à une blessure antérieure) à coups de baïonnette. Crockett est criblé de balles. A 9 heures, les 185 défenseurs d’Alamo sont morts. Santa Anna a perdu plus de 600 hommes. Et le sens de l’honneur : « Brûlez les corps de ces enragés ! Qu’il ne reste plus une trace de ce maudit fort ! » 

Ce sacrifice va galvaniser les Texans. Houston peut désormais aligner une forte armée de volontaires. A San Jacinto, le 20 avril 1836, après 15 minutes d’un assaut contre le campement de Santa Anna, au cri de Remember Alamo ! (« Souviens-toi d’Alamo ! »), les Mexicains sont défaits et Santa Anna est capturé. La République du Texas est née. Sam Houston en sera le premier président. 

Alain Sanders


mercredi 6 mai 2026

De Donald Trump, de l’Amérique et du monde


Il est peu probable, lorsque l’on allume son poste de télévision, sur quelque chaîne d’info en continu, que l’on ne tombe pas très vite sur un Donald Trump en plein « show », très souvent dans son bureau ovale de la Maison-Blanche, proférant tout et son contraire sur toute chose.

Je l’ai cueilli pile ce dernier mardi 5 mai, sur le coup de 17 h 40, lui qui n’avait pas craint de menacer la civilisation iranienne de « retour à l’âge de pierre », annonçant tel un illustrissime César Auguste : « J’ai décidé qu’il fallait faire le bien du monde » (sic !), et enchaînant aussitôt avec son désormais coutumier discours répétitif que Jean-Louis Bourlanges qualifie assez justement « d’oscillatoire » ou encore de « circulaire » et aussi « d’assez pathétique ».

Donald ressasse désormais à propos des Iraniens : « Ils n’ont plus de marine, ils n’ont plus d’aviation, ils n’ont plus de chefs ». Il enchaîne alors avec sa ritournelle, référence de tous ses derniers inconditionnels Maga : « Nous avons la meilleure civilisation, les meilleurs équipements au monde, la meilleure marine, la meilleure aviation », et cela bien sûr grâce à lui, qui est le meilleur des meilleurs, en tout domaine, et qu’il mérite toutes les palmes possibles dans l’attente d’un prix que scandaleusement l’on ne lui a pas encore décerné : le prix Nobel de la Paix…

Donald doit bientôt rencontrer en Chine le dictateur chinois Xi Jinping. Pour évoquer ce dernier, il use d’une de ses formules très usitées quand il veut commencer à utiliser le mode de la flatterie à propos d’un dirigeant qu’il entend séduire. « C’est, dit-il d’abord, quelqu’un de remarquable », puis il renforce son jugement en qualifiant le dictateur de « dirigeant extraordinaire » comme il le fit à propos de Kim Jong Un, avec lequel d’ailleurs il aimerait bien renouer.

Mais bien sûr c’est vers Poutine que le porte sa constante fascination pour la ruse et la force brutale. Il y a quatre jours encore, ne conversa-t-il pas avec ce dernier dans un échange téléphonique d’une heure et demi ?

À propos de la guerre en Iran, contre l’abject régime totalitaire et massacreur des mollahs, notons qu’il s’est jusqu’ici gardé de dénoncer les constants soutiens en armement et en renseignement que lui apporte la Russie poutinienne. Donald Trump, sorte de nec plus ultra de l’infatuation de soi-même, n’éprouve aucun complexe. Lui qui n’a jamais effectué une seule minute de service militaire, n’a-t-il pas osé proférer à propos de ce grand combattant que fut John Mac Cain, torturé, enfermé plusieurs années durant, n’a-t-il pas proféré, dis-je, l’indécence que voici : « Je n’aime pas les gens qui ont été capturés » ?

Donald Trump, à l’évidence, ne craint pas dans l’auto-encensement la compétition avec les Staline et les Hitler, les Mao, les Pol pot, les Talaat Pacha et les Ceaucescu ! Certes il n’a pas le passé immensément criminel de ces monstres génocidaires, mais n’a-t-il pas déjà commis l’immense crime de l’abandon de l’Ukraine après pourtant l’abomination de l’Holodomor, le génocide par la faim perpétré par Staline et sa Tchéka contre ce peuple chrétien ?

Mais a-t-il seulement, lui qui pourrait avoir un prix Nobel de l’inculture, la moindre connaissance de ce que fut l’Holodomor ?

Donald Trump, qui au fil des mois, ne cesse de perdre la confiance de sa base Maga, n’a pas craint de se ridiculiser en faisant figurer par IA sa tête après celles taillées dans le granit des quatre présidents du mémorial du mont Rushmore (dans le Dakota du sud).

Le mont Rushmore culmine à 1745 m, mais c’est à un Himalaya de vanité, de mauvais goût, d’indécence et de démesure auxquels Donald Trump soumet son peuple.

On comprend les excellents commentateurs que sont Christian Makarian et le très subtil Dominique Moïsi lorsqu’ils évoquent, le premier, l’absence de stratégie, le second, le désarroi stratégique de l’Amérique à propos de la guerre en Iran. Moïsi commentait hier une statistique selon laquelle 70 % des électeurs républicains ne faisaient plus désormais confiance à Donald Trump.

Non, je ne crois pas m’être trompé en dénonçant dès l’an dernier les aberrations du poutino-trumpisme. Reste à savoir si tout de même Donald Trump va enfin se décider à faire libérer par l’armée américaine le grand peuple iranien de l’atrocité de la dictature de ces mollahs et autres Bassidjis ou pasdaran. Mais le secrétaire à la guerre, Pete Hegseth, n’a-t-il pas encore répété hier que « l’opération en cours n’a pas pour but de renverser le régime » ?

Donald Trump se moque donc semble-t-il tout autant de ce que le peuple iranien soit encore persécuté par la dictature islamiste et que l’Ukraine soit chaque jour un peu plus détruite et massacrée dans la continuité stalinienne du poutinisme.

Bernard Antony

 

 

 

mardi 5 mai 2026

Les libres propos d’Alain Sanders


 

La prolifération des fast-foods halal traduit l’occupation accélérée de nos territoires par des structures communautaires agressives (et qui ne touchent pas seulement la restauration)

 

Depuis une quinzaine d’années, le paysage de la restauration rapide en France s’est diversifié, c’est le moins qu’on puisse dire. Parmi les évolutions les plus criantes figure la prolifération d’enseignes proposant une offre halal ciblant prioritairement une clientèle issue de certaines communautés culturelles ou religieuses En un mot : des musulmans. Des marques comme Master Poulet, mais aussi Chicken Street, Psk Chicken, Chicken Spot, etc., illustrent ce phénomène qui a suscité dernièrement un semblant de débats publics (et tolérés parce que alimentés, si on ose dire, par le maire musulman de Saint-Ouen qui, pour l’occasion, s’est fait traiter de…raciste).

 

Le développement des fast-foods halal répond à une logique de marché. La demande pour des produits conformes aux prescriptions alimentaires musulmanes a fortement augmenté, portée par une population jeune, urbaine, musulmane et consommatrice de restauration rapide. Les entrepreneurs musulmans et leurs collabos dhimmis ont rapidement saisi cette opportunité, adaptant des formats déjà populaires — burgers, tacos, wings, kebab — à des normes halal.

 

Ce positionnement permet de capter une clientèle « racisée » (mais pas que, hélas), souvent en quête de lieux où elle peut consommer sans contrainte religieuse (on est entre nous). À cela s’ajoute une stratégie marketing efficace, s’appuyant sur les réseaux sociaux, le sponsoring d’influenceurs ou encore une identité visuelle marquée. Si ces enseignes répondent à une demande réelle, elles alimentent aussi un débat sur la segmentation du marché. Cette « communautarisation » de l’offre s’adresse ainsi explicitement à un public spécifique, au mépris d’une mixité plus large.

 

L’implantation de ces fast-foods halal a suivi d’abord des dynamiques territoriales. On les retrouvait davantage dans les zones urbaines denses ou les quartiers ethniques, là où la demande est la plus forte. Ce phénomène s’inscrit désormais dans une transformation plus large des centres villes (comme place Gambetta à Boulogne, par exemple, où se bousculent les fast-foods halal désormais) et des périphéries où l’offre commerciale s’adapte aux profils socio-culturels locaux.

 

A noter que ce sont les élus islamo-gauchistes de LFI qui sont montés au créneau pour défendre bec et ongles Master Poulet. Première remarque : c’est bien la première fois que LFI défend les poulets ! Seconde remarque : les deux élus les plus en pointe sur le sujet s’appellent Coquerel (Eric) et Le Coq (Aurélien), ce qui ne s’invente pas. Pas rancuniers ces deux zigues (1) qui me font penser à ces dindes qui, le 24 décembre, se réjouissent : « Chic, demain c’est Noël ! »

 

Alain Sanders

 

(1)       Un ancien membre de LFI, aujourd’hui en rupture avec l’islamo-gauchisme, et nommé… Cocq (François), est nettement plus lucide : « C’est une franchise de malbouffe, qui vend des produits de qualité médiocre importées de l’étranger, difficilement traçables et qui posent des problèmes en matière de bien-être animal ».

 

 

 

Les libres propos d’Alain Sanders

  

Humilié au Mali, l’Africa Corps (ex-Wagner) s’installe à Madagascar : enjeux, logiques,  perspectives et menaces

 

Depuis la fin de l’année 2025, Madagascar est devenu un nouveau point d’ancrage de la stratégie africaine de la Russie. À travers l’Africa Corps, structure paramilitaire liée au ministère russe de la Défense et héritière du groupe Wagner, Moscou renforce progressivement sa présence sécuritaire, politique et économique sur la Grande Île Rouge (1). Cette implantation s’inscrit dans une dynamique d’expansion russe en Afrique. Mais elle présente aussi des spécificités liées au contexte malgache.

 

L’Africa Corps est, on le sait, le successeur direct du groupe Wagner après la disparition brutale de son dirigeant Evgueni Prigojine en 2023. Mais, contrairement à Wagner, structure semi-privée (d’où les prétentions putschistes de Prigojine), l’Africa Corps est carrément intégré à l’État russe. Ce qui renforce son rôle géopolitique officiel.

 

Le modèle reste cependant similaire : soutien militaire aux régimes partenaires ; formation des forces locales ; protection des dirigeants ; accès aux ressources naturelles en échange de services sécuritaires plus ou moins efficaces, mais toujours assez éloignés (litote...) du droit des gens dans leurs méthodes.

 

Ce schéma, déjà observé en République centrafricaine ou au Sahel (avec le fiasco du Mali), est désormais appliqué à Madagascar. La présence intrusive russe à Madagascar ne date pas de 2025. Dès 2018, des acteurs liés à Wagner avaient mené des opérations d’influence politique, notamment lors des élections présidentielles, avec des objectifs liés aux ressources minières. Parallèlement, des accords économiques ont été envisagés dans le secteur minier, illustrant une stratégie d’ancrage durable.

 

L’arrivée d’un nouveau pouvoir malgache en octobre 2025 a constitué un accélérateur. Le régime cherche des partenaires sécuritaires alternatifs, dans un contexte de recomposition des alliances internationales. La Russie a saisi cette opportunité : une délégation d’environ 40 personnes fut envoyée fin 2025 pour poser les bases d’une coopération militaire renforcée.

 

L’un des axes majeurs de l’implantation de l’Africa Corps est la formation des forces armées malgaches : formation au tir et au pilotage de drones ; cycles d’entraînement de plusieurs semaines ; spécialisation progressive des unités. Des instructeurs russes ont déjà formé plusieurs centaines de militaires malgaches, marquant ainsi une présence opérationnelle tangible. La coopération inclut également des livraisons d’équipements : véhicules blindés, armes et munitions, uniformes militaires. Ces transferts renforcent la dépendance technique et logistique de l’armée malgache vis-à-vis de Moscou.

 

Un élément central du modèle Africa Corps est la sécurisation des élites politiques. Des discussions ont eu lieu concernant la protection personnelle du président malgache, reprenant un schéma classique de « sécurité contre influence ». Madagascar offre à la Russie de Poutine une position stratégique dans l’océan Indien, un point d’appui face aux routes commerciales maritimes, une présence dans une zone historiquement influencée par l’Occident.

 

Madagascar est désormais perçu comme une plateforme d’influence régionale, notamment vers l’Afrique australe et l’Asie. Comme ailleurs en Afrique, la stratégie russe inclut un intérêt pour les ressources minières, les partenariats extractifs et les accords économiques liés à la sécurité. Ce modèle « sécurité contre ressources » est au cœur de l’expansion russe.

 

Face aux sanctions occidentales, la Russie cherche à diversifier ses alliances, à renforcer son influence globale, à construire des partenariats hors du cadre occidental. Pour les autorités malgaches, cette coopération offre la promesse d’un renforcement rapide de ses capacités militaires, un soutien politique international, une diversification des partenaires.

 

Ce partenariat (et les dirigeants malgaches feraient bien de méditer la débandade malienne de l’Africa Corps) est lourd de risques : dépendance stratégique (l’armée malgache est désormais tributaire de l’expertise et du matériel russe) ; perte de souveraineté économique ; risque d’instabilité (l’expérience d’autres pays, comme le Mali encore une fois, montre que la présence de forces paramilitaires russes ne garantit pas la stabilité (et tout au contraire).

 

Contrairement à des pays comme le Mali ou la Centrafrique, Madagascar se situe à un stade précoce, mais accéléré de l’implantation de l’Africa Corps avec déjà la présence massive d’instructeurs et l’arrivée très prochaine de forces combattantes, une coopération officielle assumée, une montée en puissance progressive. La visibilité des militaires russes sur le terrain indique une normalisation rapide de leur présence.

 

L’implantation de l’Africa Corps à Madagascar illustre une nouvelle phase de la stratégie russe en Afrique : plus institutionnalisée, mais toujours fondée sur la mise en place de forces sans foi ni loi. Madagascar devient un nouveau laboratoire de l’influence russe, au carrefour de l’Afrique et de l’océan Indien. Et c’est tout, sauf une bonne nouvelle.

 

Alain Sanders

 

(1). Madagascar est surnommé la « Grande Île Rouge » en raison de l’apparence de son sol latérique rouge (du latin later : « brique »). Un surnom qui, avec la présence idéologique et militaire des Russes stalino-poutiniens, risque de prendre une tout autre dimension…

 

 

 

mercredi 29 avril 2026

Charles III devant le Congrès américain


Invité aux États-Unis pour la célébration du 250 ° anniversaire de l’Indépendance, le roi Charles III a pris la parole ce mardi 28 avril devant le Congrès américain. Rappelons que le Congrès réunit tous les élus à la Chambre des représentants et au Sénat des États-Unis.

Le monarque britannique a notamment d’abord évoqué l’esprit qui est celui de la « Magna Carta », adoptée par le Royaume-Uni dès le 15 juin 1215, grande Charte fondatrice des libertés des peuples britanniques et souvent magnifiée par les indépendantistes américains. (Rappelons ici que la « Magna Carta » est citée à 160 reprises dans le droit américain).

Unanimement applaudi aussi bien par les élus républicains que démocrates, Charles III a fait l’éloge de l’OTAN et de l’importance du vote de l’article 5 pour l’unité des deux piliers jumeaux de l’Organisation : l’Europe et les États-Unis.

Très vivement et longuement applaudi, il a appelé les députés et sénateurs américains à faire preuve d’une « détermination sans faille pour la défense de l’Ukraine » dont il a salué « la détermination dans la résistance à l’agression poutinienne de son peuple  des plus courageux ». Ce, alors que les Européens dans leur ensemble regrettent depuis le retour de Trump au pouvoir un désengagement de Washington dans son soutien à Kiev contre l’agression poutinienne.

Unanimement applaudi encore, il conclut son discours par un double appel à la bénédiction de Dieu sur les USA et le sur Royaume-Uni.

lundi 27 avril 2026

Les libres propos d’Alain Sanders

 

Mali : la débâcle d’Africa Corps (ex-Wagner) de Poutine

 

Après avoir promis sécurité et souveraineté, la force russe Africa Corps subit au Mali une série de revers culminant avec les attaques d’avril 2026. Un échec militaire qui fragilise la junte et rebat les cartes au Sahel.

 

Le mythe d’un partenaire sécuritaire efficace venu de Moscou s’effondre. Moins d’un an après son déploiement, Africa Corps, successeur du groupe Wagner, fait face à ce qui ressemble désormais à une déroute. Les 25 et 26 avril 2026, une offensive coordonnée d’une ampleur inédite frappe le pays. De Bamako à Gao, en passant par Mopti et Kidal, des groupes jihadistes et séparatistes lancent des attaques simultanées. Drones, voitures piégées, assauts terrestres : la manœuvre est sophistiquée, rapide, déstabilisante.

 

Le choc est brutal. Le ministre de la Défense malien est tué. Plusieurs positions militaires tombent. Et au nord, Kidal — ville hautement symbolique — échappe de nouveau au contrôle de l’État.

 

Déployés pour soutenir l’armée malienne, les hommes d’Africa Corps — environ 1 500 à 2 000 selon les estimations — étaient censés inverser le rapport de force face aux groupes armés. Mais à Kidal, la réalité est tout autre. Pris sous pression, les éléments russes se replient. Des pertes sont signalées, du matériel est abandonné, et un hélicoptère est détruit. Dans certains récits locaux, le départ des forces russes s’apparente à une évacuation contrainte, voire négociée.

 

Une image tranche avec la communication initiale : celle d’une force offensive, capable de stabiliser durablement le terrain. L’échec d’Africa Corps ne tient pas seulement à un revers tactique. Il révèle une incompréhension plus profonde du conflit sahélien. Face à eux, les adversaires ont changé de dimension. L’alliance ponctuelle entre groupes jihadistes et rebelles touaregs a permis une coordination inédite. Leur force : mobilité, connaissance du terrain, ancrage local. En face, les forces russes reproduisent une logique plus classique : contrôle de points fixes, dépendance à des convois logistiques vulnérables, difficulté à anticiper des attaques simultanées.

 

 

Malgré le changement de nom, Africa Corps traîne une réputation lourde. Accusations d’exactions, tensions avec les populations, zones d’opacité dans les opérations : autant d’éléments qui fragilisent la relation avec les civils. Dans un conflit où le soutien local est déterminant, cette défiance devient un handicap stratégique. Elle alimente indirectement les groupes armés qui exploitent ces ressentis pour recruter et s’implanter.

 

Pour les autorités maliennes, le « pari russe » devait compenser le départ des forces françaises et la réduction de la présence onusienne (très symbolique cela dit). Résultat : un appareil sécuritaire sous tension, des zones hors de contrôle, et une capitale désormais exposée.

L’offensive d’avril 2026 agit comme un révélateur. Elle montre que malgré le soutien d’Africa Corps, l’État malien est incapable d’assurer ses fonctions régaliennes essentielles. Plus troublant encore : certaines dynamiques émergentes suggèrent une recomposition du paysage sécuritaire. Ainsi des signaux indiquent-ils que certains groupes armés concentrent désormais leurs efforts contre l’État malien, sans s’opposer frontalement aux forces russes. Une évolution qui, si elle se confirme, pourrait redessiner les lignes du conflit.

 

L’expérience d’Africa Corps au Mali marque peut-être un tournant. Présentée comme une alternative souveraine aux partenariats occidentaux, la solution russe n’a pas produit les miracles attendus. Au contraire, elle semble avoir accentué l’instabilité, affaibli davantage l’État, renforcé, paradoxalement, les groupes qu’elle devait combattre.

 

La débâcle actuelle pose une question plus large : peut-on externaliser la sécurité d’un pays en guerre sans stratégie politique, sans ancrage local, et sans vision à long terme ? Au Mali, la réponse prend aujourd’hui la forme d’un constat brutal. Et d’une incertitude profonde pour l’avenir du Sahel.

 

Alain Sanders

 

 

 

 

Brèves du mois

 


·         Israël : ces soldats de « Tsahal » qui fracassent avec une masse une statue du Christ.

Ils étaient donc deux à se livrer à pareille profanation antichrétienne.

Les médias ont annoncé qu’ils avaient été punis d’un mois d’arrêt. Faible sanction en vérité ! Et peut-être pas appliquée très sévèrement ? … On apprécierait que les actes de racisme antichrétien en Israël soient aussi réprimés que les actes antisémites en France…

·         Collaboration du renseignement russe avec l’armée iranienne.

On apprenait le mois dernier de différentes sources que la Russie livrait à la République islamique d’Iran les emplacements d’avions et de navires américains au Moyen-Orient. Comme quoi, la grande affection de Monsieur Trump pour le camarade Poutine n’empêche pas l’armée russe de collaborer avec les gardiens de la révolution irano-islamiste.

·         Déshonorante attaque contre la Fondation Lejeune, réplique de son président Jean-Marie Le Méné.

Depuis de longues années, la Fondation Jérôme Lejeune soutient efficacement la recherche pour combattre la trisomie 21. Elle a été ignominieusement attaquée par une députée pseudo-écologiste, lui imputant d’appartenir à une nébuleuse hostile aux « droits sexuels et reproductifs » (sic !). Jean-Marie Le Méné a justement répliqué en dénonçant « une entreprise de disqualification ».

Dans un article sur la page « Champs libres » du Figaro du mardi 21 avril, il en démonte très clairement les mécanismes. On peut lire sous sa plume : « Il ne s’agit pas d’un débat, mais d’un procédé d’une mécanique à deux temps : affirmations fausses puis légitimation de l’erreur initiale par un tiers de confiance. En amont, le Forum parlementaire européen sur les droits sexuels et reproductifs (EPF), un lobby qui élabore une cartographie des acteurs anti-genre ».

Dans son dernier rapport, la Fondation Jérôme Lejeune est présentée comme un contributeur majeur à ces réseaux, avec des montants fantaisistes atteignant des dizaines de millions de dollars. Ces accusations sont totalement fausses. Les comptes de la Fondation sont publics, contrôlés, transparents. Les chiffres avancés relèvent d’agrégations arbitraires. Ils sont moins établis pour informer que pour produire un effet. Une fois posés, ils n’ont plus besoin d’être exacts pour être efficaces.

Jean-Marie Le Méné poursuit plus loin : « Le plus préoccupant n’est pas la critique légitime mais le glissement qui s’opère. Contester certaines orientations bioéthiques ne relève plus du débat mais devient un indice de remise en cause des fondements de la démocratie. Le désaccord est disqualifié avant même d’être débattu. Nous sommes dans un dispositif d’exclusion où l’évocation suffit à condamner ».

Un peu plus loin : « La Fondation défend la vie humaine dès son commencement et ce débat oblige à regarder en face des réalités que beaucoup préfèrent éviter, notamment l’élimination quasi-systématique des enfants porteurs de trisomie 21 avant la naissance ». On peut lire en fin d’article ces lignes bien frappées : « Lorsque défendre la vie humaine devient un motif de suspicion, c’est que la frontière de ce qu’il est permis de penser est déjà dépassée ».

·         Entre Léon XIV et François, non pas un simple changement de ligne mais une véritable rupture.

L’excellent chroniqueur religieux du Figaro Jean-Marie Guénois note samedi 25 avril que le pape Léon XIV vient de rompre publiquement avec l’idéologie de son prédécesseur sur la question de l’immigration.

Selon lui, le pape élu le 8 mai 2025 a renoué avec l’enseignement classique de l’Église catholique : tradition du droit d’asile et de l’aide d’urgence dus à toute personne en difficulté, autrement dit retour à un pilier millénaire du christianisme.

Le pape François faisait porter sur l’Occident l’essentiel de la responsabilité des migrations d’après lui liées notamment à la colonisation et à ses conséquences. Ce faisant, il n’aborda jamais la responsabilité des régimes dictatoriaux des pays du sud, principaux fauteurs d’immigration. Le nouveau pape a dénoncé très vertement les maux qui détruisent les sociétés de ces régimes, à savoir la corruption et les pratiques de pouvoir… À l’évidence il ne s’agit pas d’une simple inflexion de ligne diplomatique par rapport à François mais d’une véritable rupture.

À son retour de la Guinée équatoriale Léon XIV a ainsi déclaré : « Personnellement, je crois qu’un État a le droit d’imposer des règles à ses frontières. Je ne dis pas que tout le monde doit pouvoir entrer sans autorisation ».

Il prolongeait ainsi ses propos précédents de 2025 : « Je pense que chaque pays a le droit de décider qui peut entrer sur son territoire, comment et quand. ».

 

·         Guerre en Ukraine.

Dans son article de ce lundi 27 avril, le très compétent chroniqueur politique Nicolas Baverez brosse le bilan effroyable de la guerre d’anéantissement du peuple ukrainien : son objectif est tout bonnement la reconstitution de l’empire soviétique et la destruction des régimes de liberté en Europe.

La Russie, pour cela, fait appel au soutien de la Chine, de l’Iran qui lui a fourni des milliers de drones Shahed, de la Corée du Nord qui ne cesse de l’approvisionner en armes, en munitions et en soldats. Face à cela, pendant un certain temps, l’Ukraine a bénéficié de l’aide militaire et financière des États-Unis et de l’Europe, mais toujours limitée, tardive et conditionnelle.

Pour Nicolas Baverez, l’élection de Donald Trump a constitué une rupture majeure avec cela. Elle a, selon lui, entraîné l’alignement des États-Unis sur la Russie, la fin de leur aide financière et la réduction drastique de leur aide militaire à Kiev. Il écrit tout simplement que Donald Trump est devenu « le meilleur atout de Vladimir Poutine, relayant ses exigences les plus radicales et sa propagande, avec pour effet de rendre impossible la paix qu’il prétendait établir ».

Pour autant, cela ne signifie pas la victoire du côté russe, la Russie n’étant parvenue à conquérir en 2025 qu’un pour cent du territoire ukrainien, ce au prix de gigantesques pertes. Il note que pour Moscou la guerre en Iran a constitué une « divine surprise », offrant à Vladimir Poutine un répit inespéré alors que ses armées piétinaient et même reculaient et qu’elles ne parviennent plus à recruter pour combler leurs pertes.

La Russie en a profité pour intensifier ses bombardements sur les villes et la population ukrainiennes alors que ses recettes pétrolières ont pu passer de 135 millions à 270 millions de dollars par jour. Mieux encore, ou plutôt pire, observe Baverez, les tensions ne cessent de se renforcer entre les États-Unis et l’Europe, « Donald Trump faisant de ses alliés et de l’OTAN les boucs émissaires de l’impasse dans laquelle son néant stratégique l’a enfermé en Iran ». Il poursuit : « Pour Kiev, ce nouveau coup est rude, même s’il s’inscrit dans la continuité de la trahison des États-Unis et de leur basculement dans le camp des empires autoritaires ».

Mais il observe aussi que pour autant, l’Ukraine n’a pas perdu la guerre, mieux, qu’elle a changé de statut pour s’imposer comme une nation européenne à part entière. Car, loin de dépendre uniquement de soutiens extérieurs, l’industrie de défense ukrainienne s’est formidablement développée, notamment dans le domaine des drones, dont elle produira en cette année 2026 entre 7 millions et 8 millions d’exemplaires.

Baverez note encore « qu’il existe un lien intime, trop souvent ignoré, entre les conflits d’Ukraine et d’Iran, constituant les deux fronts d’une même guerre engagée par la Chine, la Russie, la Corée du nord, l’Iran et la Turquie contre un Occident que Donald Trump commet la folie de fracturer ».

En dernière partie de son article, il conclut ainsi : « L’Europe a tous les moyens d’assurer la défense de sa liberté et de sa souveraineté, de sa culture et de sa civilisation. Ne lui manque que la volonté, elle doit s’inspirer de l’Ukraine pour se mobiliser et conserver l’espoir, en méditant l’observation prophétique d’Alexis de Tocqueville : « Ces mêmes nations démocratiques qu’on a tant de peine à entraîner sur les champs de bataille font parfois des choses prodigieuses quand on est enfin parvenu à leur mettre les armes à la main ». 

Bernard Antony 

 

Les libres propos d’Alain Sanders

 

Ormuz : derrière la posture, l’Iran pris à la gorge

 

À entendre Téhéran, tout serait sous contrôle. Le détroit d'Ormuz resterait une carte maîtresse, un levier capable de faire trembler l’économie mondiale à tout instant. Le discours est rodé, martelé, presque théâtral. Mais derrière cette posture de défi, la réalité est nettement moins flatteuse pour le régime des mollahs.

 

Car dans cette zone stratégique, la domination n’est pas iranienne — elle est contestée, surveillée, contenue. Les États-Unis et leurs alliés maintiennent une présence militaire constante, quadrillant les routes maritimes, garantissant la continuité du trafic, et envoyant un message clair : toute tentative de blocage serait immédiatement contrée. Ce n’est pas un blocus officiel, mais c’est une pression de tous les instants, un étau stratégique qui limite drastiquement les options de Téhéran.

 

Le contraste est frappant. D’un côté, une rhétorique de puissance. De l’autre, une économie contrainte, dépendante de circuits de contournement, de ventes de pétrole à prix cassés, et d’accords opaques pour survivre sous sanctions. L’Iran ne contrôle pas le tempo — il s’y adapte. Et cette adaptation a un coût : perte de revenus, isolement financier, vulnérabilité accrue face aux fluctuations géopolitiques.

 

Surtout, la fameuse « arme d’Ormuz » apparaît de plus en plus comme un bluff risqué. Fermer réellement le détroit reviendrait à déclencher une escalade que Téhéran n’a ni les moyens économiques ni l’assurance politique de soutenir durablement. Autrement dit : une menace crédible sur le papier, mais difficilement utilisable sans se tirer une balle dans le pied.

 

Au fond, le rapport de force est plus brutal qu’il n’y paraît. L’Iran peut certes perturber, harceler, inquiéter. Mais il évolue sous surveillance, contraint par une puissance navale et économique qui le dépasse largement. Derrière les déclarations martiales, c’est une réalité moins spectaculaire qui s’impose : celle d’un régime qui semble tenir, mais qui encaisse de plus en plus — et qui sait qu’à Ormuz, la ligne rouge est étroitement gardée.

 

Une partie de poker ? Il y a de ça. Mais du Poker Texas holden, la variante texane du poker la plus jouée dans sa forme no-limit, c’est-à-dire sans restriction maximale de mise ou de relance. Et dans ce genre de partie, les Américains restent à ce jour les champions du monde…

 

Alain Sanders

mercredi 22 avril 2026

Les libres propos d’Alain Sanders

 

Un soldat français tué, deux grièvement blessés, un porte-containers français touché par Téhéran et ses proxis du Hezbollah, mais pour Macron la France n'est pas visée !

 

D’un côté, les faits. Lorsqu’un militaire français perd la vie dans une zone de tension parce qu’il a été ciblé et qu’un navire lié aux intérêts français est touché, pas besoin de tourner autour du pot. Sauf quand on s’appelle Macron. Dans l’opinion publique, personne ne s’y trompe : ces actes de guerre sont spontanément perçus comme des attaques dirigées contre la nation elle-même. L’idée d’une France ciblée s’impose alors naturellement, nourrie par un sentiment de vulnérabilité et par l’histoire d’un pays régulièrement engagé sur des théâtres extérieurs.

 

De l’autre côté, le pilpoul de Macron qui affirme que « la France n’est pas visée » et cherche à replacer ces événements dans un cadre stratégique plus large. Dans de nombreux conflits actuels — qu’il s’agisse de zones maritimes instables ou d’opérations militaires internationales —, on nous explique que les attaques ne ciblent pas nécessairement un pays en tant que tel, mais des présences étrangères, des symboles économiques ou des forces engagées dans des coalitions. Autrement dit, ce qui est touché, ce ne serait pas la France comme acteur politique, mais « des intérêts présents dans un environnement conflictuel ». Et si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle…

 

Cette distinction est totalement déconnectée du ressenti populaire. Pour Macron, reconnaître une attaque directe contre la France impliquerait une réponse potentiellement plus lourde : escalade militaire, invocation de mécanismes d’alliance, ou repositionnement stratégique. À l’inverse, qualifier ces événements comme « non ciblés » permet de ne pas réagir et de continuer à jouer les spectateurs.

 

Reste que ce décalage entre perception réelle et discours amphigourique alimente l’incompréhension et le dégoût. Qu’il s’agisse d’un soldat ou d’un navire, le simple fait qu’ils soient français suffit à parler d’attaques délibérées.

 

La position d’Emmanuel Macron prétend s’inscrire dans un équilibre classique : maintenir une ligne de fermeté apparente  en paroles tout en continuant de ménager l’Iran. La France (comme d’autres pays européens) s’applique depuis des années à « négocier » avec Téhéran qui nous roule dans la farine et s’en vante de surcroît.  Cette « prudence » (qui confine à la lâcheté) affaiblit la crédibilité française et envoie un signal de faiblesse. Une réponse plus claire — voire plus ferme— devient nécessaire pour dissuader de futures attaques. Hélas clarté et fermeté ne sont pas, et loin s’en faut, les qualités premières de Macron…

 

Alain Sanders