jeudi 20 avril 2017

Élection de ce dimanche : première leçon.



      

Bernard Antony communique :

Je pense, et je m’en réjouis, que Marine Le Pen sera ce dimanche soir qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle où, comme je l’ai écrit depuis longtemps, je voterai pour elle-même si, en raison des aspects décevants de son programme sur le respect de la vie innocente et sur sa ligne encore trop étatiste, ce ne sera que le choix du « moindre mal ».
Je ne me hasarde pas à pronostiquer qui, de Macron, Mélenchon ou Fillon sera son adversaire. Mais j’ai écrit suffisamment dans Reconquête – voir les deux dernières couvertures – et dans La Griffe combien je considère que Macron ou Mélenchon seraient les élus du pire.
Que ce soit Macron ou Mélenchon qui devrait être présent et élu au second tour, ce serait évidemment le choix du pire par l’électorat. Si c’est Fillon qui, finalement, était désigné au premier tour et pourrait alors l’emporter au second, ce serait en quelque sorte l’élu du « moindre pire ».
« Du moindre pire », car je n’attends rien de bon de son entourage plus maçonnique et plus gauchi que celui de Marine Le Pen.
Je sais bien que Fillon a reçu aussi l’appui de « Sens Commun ». Mais c’est un véritable gag de la désinformation médiatique que d’être arrivé à positionner Sens commun comme si c’était une ligue d’extrême-droite ! Il faut aussi toute l’ignominie d’un François Bayrou pour avoir émis une aussi abominable ineptie. Car Sens Commun n’a même pas la position de remise en cause de la loi Veil qu’implique une adhésion aux commandements du Décalogue, ou tout simplement humaine à la loi naturelle et au respect de la vie.
On mesure ainsi le triste gauchissement général des valeurs et des positions politiques qui n’a cessé tout au long de la V° République. Mais la constatation que l’on peut faire aussi de cette période, c’est qu’en France donc, en 2017, il y a encore plus ou moins 20 % d’électeurs à voter pour des candidats (Mélenchon et les deux trotskards) de la continuité marxiste-léniniste.
Ceci cent ans après la révolution d’octobre, avec un bilan sans précédent dans l’histoire, de pour le moins cent millions de morts massacrés par les régimes communistes d’hier et d’aujourd’hui. Car, quelle qu’ait été l’abomination du nazisme, comme n’a cessé de le répéter Soljenitsyne, le communisme tuait avant que le nazisme ne tue, il tuait pendant que le nazisme tuait, mais il a continué à tuer après que le nazisme, heureusement abattu, ne tuait plus.  Et avec les mêmes indépassables raffinements de cruauté, sous Staline, Mao ou Pol Pot, tels qu’ordonnés à ses professionnels de la torture par le créateur de la Tchéka, Félix Dzerjinski : « Faire souffrir le plus possible et le plus longtemps possible ».

L’erreur du Front National.
Sous le fallacieux prétexte qu’une grande partie de son électorat, notamment ouvrier, est venu du communisme, on a proscrit tout anti-communisme au Front National. Soi-disant pour ne pas chagriner cet électorat. Absurde ! Alors qu’en dispensant un minimum de formation sur ce qu’a été « le communisme, horizon indépassable de l’esclavagisme moderne », on n’aurait fait que le conforter dans ses choix.
Mais demeurant dans l’ignorance de ce que fut l’empire léniniste de la Tchéka et du Goulag, beaucoup, trouvant après tout les suaves paroles de Mélenchon aussi prometteuses que celles de Marine, retournent sans difficulté à leurs premiers errements.  
Et on peut aussi mesurer combien est faux le discours sur la disparition des valeurs et positionnements de droite et de gauche, que transcenderait le populisme. On a déjà connu cela. Ça n’a jamais été durable. Selon moi, ce n’est qu’en amenant aux véritables valeurs de la véritable droite de conviction un ancien électorat de gauche que l’on peut le fidéliser.
Ainsi en fut-il souvent au long du siècle dernier d’anciens communistes devenus les plus militants des anti-communistes après s’être aperçus de ce qu’il en était de la réalité totalitaire et atroce du système qu’ils avaient idolâtré. Ainsi le combat idéologique anti-communiste n’est pas passéiste car, comme l’a magistralement enseigné jusqu’à sa mort il y a quelques semaines le grand penseur russe Igor Chafarevitch (« le phénomène socialiste »), l’utopie communiste est aussi ancienne que l’humanité, toujours renaissante dans les sociétés vieillissantes et sclérosées.
Aussi, l’Institut du Pays Libre, comme Chrétienté-Solidarité et d’autres encore, poursuivront leur combat tout autant contre le totalitarisme communiste de refus de la théocratie totalitaire islamique.  


mercredi 19 avril 2017

Emission de la Réplique sur Radio Libertés


Ce soir, à 18h, Bernard Antony, accompagné de Didier Rochard, sera au micro de Radio Libertés pour un nouveau numéro du journal de la Réplique. Il recevra François Billot de Lochner, président de la Fondation de Service Politique, pour évoquer la notation des candidats à la présidentielle que cette dernière a fait réaliser, à paraître demain dans Valeurs Actuelles. Au programme aussi, Jean-Luc Mélenchon et la Turquie d’Erdogan.

Vous pourrez les écouter sur les applications mobiles et tablette et sur le site de TV Libertés :

Retrouvez les podcasts des émissions précédentes sur :


mardi 18 avril 2017

Les apparatchiks du pédagogisme veulent continuer à démolir en paix !


Le « pédagogisme » est, rappelons-le, cette idéologie qui, dans ses diverses tendances et par ses multiples tenants, fait de l’école un lieu où l’on fait tout, sauf ce à quoi sert l’école, c’est-à-dire apprendre aux élèves les connaissances indispensables. On laisse l’apprenant construire ses propres savoirs et compétences dans l’interdisciplinarité, on forme un citoyen apte au vivre-ensemble, doté d’un esprit critique mais certainement pas de culture, marqueur du capital des classes privilégiées et de leurs héritiers, comme disait le  sociologue-pourrisseur Bourdieu. Enseigner ? Réactionnaire ! Inculquer ? Fasciste ! Le tristement célèbre Philippe Meirieu, grand gourou de ce délire officiel, co-signe un « appel à résister à tous les reculs et tous les replis », dans Libération du 15 avril, avec une poignée de professeurs en sciences de l’éducation, de syndicalistes, d’écrivains inconnus, et le vice-président de la Ligue de l’Enseignement.



            Cet appel, opportunément publié à quelques jours des élections présidentielles, accumule, dans un jargon qui n’impressionne plus que les crédules, les inepties les plus dangereuses intellectuellement qui empoisonnent depuis plusieurs décennies l’enseignement en France : il s’agit bien sûr de « résister » à l’ « autoritarisme et l’ultralibéralisme » (c’est franchement antinomique, mais passons…) qui séduisent « l’extrême-droite et une partie de la droite et du centre », à la « pédagogie à l’ancienne aux échos profondément identitaires » ! Nous y voilà ! L’école d’extrême-droite qui vient ira donc « détectant et dérivant au plus tôt les enfants "inadaptés" » : il faut comprendre ici que dériver, qu’on utilise pour les fonctions mathématiques et pour les bateaux, veut dire réorienter ou renvoyer. Et ça, c’est le Mal ! Il faut garder tout le monde jusqu’au bout (de quoi ?), prolonger la folie énoncée par  un Chevènement amenant « 80% d’une classe d’âge au bac », puis autant en licence, et pourqui pas en doctorat ? Il faut garder ceux qui ne sont pas faits pour les savoirs scolaires, ceux qui mettent le bazar ou font profession de dormir au fond, « il nous faut une pédagogie de l’émancipation, une pédagogie qui apprenne à chacun et à chacune à "penser par soi-même" », il faut apprendre à vivre-ensemble « et surtout à faire ensemble ».



Pour la grammaire, on repassera, puisque l’Ecole doit être avant tout une sorte de « fabrique de citoyens », conformément aux vieilles doctrines révolutionnaires dont le caricatural ministre Vincent Peillon se fit récemment le sectateur le plus acharné. C’est le lieu de la « transmission des valeurs contribuant à tisser le lien social », « une institution où tous doivent apprendre ensemble, fraternellement, pour que, de la confrontation sereine des différences, émerge un projet commun à l’horizon du possible » : un projet commun à l’horizon du possible, c’est beau, ce mélange de slogan publicitaire et de discours de Macron, c’est bien entendu risible et désespérément creux.



Les signataires s’opposent évidemment aux mesures de bon sens proposées par le Front National, comme l’apprentissage à 14 ans, « sanctionner les parents déficients », et surtout, horresco referrens, la restauration d’une « autorité aveugle au détriment de toutes les formes de coopération et de construction collective des règles qui permettent l’adhésion de chacun et de chacune à un projet commun ». Si l’on comprend bien, le chef d’établissement doit se concerter avec les élèves pour savoir s’il faut interdire le bavardage en classe, les insultes, les coups, les crachats : pourquoi pas les faire voter, pendant qu’on y est, et parvenir aux principes utopistes d’une absence totale de contraintes, des règles et de sanctions dans l’éducation scolaire ? Là se rejoignent les déconstructions-démolitions de Michel Foucault (Surveiller et Punir) et les fadaises à baba-cool des pédagogies Rudolf Steiner, chouette synthèse qui produit à la chaîne des inadaptés et des hommes mûrs pour les dictatures, les vraies.



Il faut aller voter pour faire barrage au FN, c’est la conclusion logique de ces destructeurs de l’Ecole, « là où nous, professeurs, éducateurs nous efforçons au contraire de montrer dans nos classes, auprès de ceux qui seront les Français de demain, d’où qu’ils viennent, l’importance de l’égalité, de la bienveillance, de l’acceptation de soi et donc de l’autre ». Une brillante réussite, faite d’un effroyable taux d’échec scolaire et de déliquance dans les innombrables banlieues ethniques de nos villes où les écoles sont devenus des zones de non-droit comme les autres, faite aussi d’un affaissement catastrophique du niveau culturel moyen que l’auteur de ces lignes, professeur d’histoire-géographie durant quelques années, a pu constater, comme des milliers d’autres avant lui, avec sidération.



Les piteuses gesticulations de cette bande de pourrisseurs ont pour seul intérêt de remettre en avant la question scolaire, au carrefour des phénomènes que nous combattons, décadence culturelle, nihilisme anti-identitaire, déconstruction, submersion migratoire, ravage de l’individualisme (que l’on observe chez les nouvelles générations de parents). L’école reste l’un des enjeux majeurs pour toute politique d’enrayement du pire et de redressement, ne l’oublions jamais.



Pierre Henri

jeudi 13 avril 2017

DES PÂQUES DANS L’ÉPOUVANTE



- En Égypte, les craintes de nouveaux massacres. Les dernières tueries ce dimanche des Rameaux alimentent l’angoisse renouvelée des chrétiens d’Égypte. Depuis le renforcement au long du XXe siècle de l’islam jihâdiste avec l’expansion des Frères musulmans dans toute l’Égypte et au-delà, sans cesse les Coptes ont été la cible d’assassinats et massacres alors que n’a jamais cessé la discrimination religieuse, sociale et politique. Aussi beaucoup de ceux qui le peuvent, prennent-ils les routes de l’exil et les chrétiens sont-ils de moins en moins nombreux en Égypte.

- Au Nigéria, les déments de Boko Haram, filiale de l’État Islamique, continuent massivement de tuer, de torturer, de violer, de réduire en esclavage et d’utiliser pour les attentats des enfants ceinturés d’explosifs.

Égypte et Nigéria ne sont hélas pas les deux pays où les chrétiens ont été ou sont frappés par la sauvagerie de l’islam radical et conquérant afin que, pour l’essentiel, leur présence soit éradiquée. N’en a-t-il pas été ainsi au siècle dernier sur le territoire de l’actuelle Turquie où, après leur génocide final, leur pourcentage est passé d’environ 30 % à 0,5 % ?

Mais c’est dans les 56 pays, sauf l’exception libanaise (le 57e État), adhérents de l’Organisation de la Coopération Islamique, que les chrétiens sont partout sinon massacrés, persécutés ou discriminés, du moins de plus en plus réduits numériquement.

Ainsi le fait d’évoquer la violence islamique n’appelle-t-il pas de constater une similitude avec « la violence catholique », ainsi que le formula curieusement il y a quelques mois le pape François en se référant aux délits et faits divers rapportés dans les journaux, comme si leurs auteurs étaient motivés par des convictions catholiques !

Chrétienté-Solidarité-Persécutions espère donc qu’un très grand nombre de chrétiens prieront en ces célébrations de Pâques pour leurs frères chrétiens si persécutés dans le monde par le totalitarisme islamique, sans oublier les persécutions encore par les régimes communistes et aussi celles perpétrées par la violence hindouiste.
Bernard Antony

mercredi 12 avril 2017

Résolution du Sénat des Etats-Unis en faveur d’Asia Bibi : une bonne nouvelle.


Nous apprenons avec beaucoup de satisfaction la résolution votée le 4 avril dernier, aux Sénat des Etats-Unis, sur proposition de deux sénateurs, le républicain Rand Paul et le démocrate Chris Coons, appelant le Pakistan à mettre un terme à l’emprisonnement inique d’Asia Bibi pour un crime de blasphème imaginaire mais qui vaut peine de mort de ce pays régi par l’application de la charia. Sous la pression internationale, l’exécution de la peine capitale a été suspendue mais Asia Bibi demeure en prison depuis des années, souffrant de privations et de véritables tortures psychologiques.



Cette résolution demande en outre la révision des lois qui ciblent, conformément à la charia, les minorités non-musulmanes, en particulier chrétiennes, soumises à d’innombrables et barbares persécutions tant de la part des autorités que des islamistes qui agissent avec une sidérante impunité.



C’est un geste important que ces deux sénateurs américains viennent d’accomplir, avec le soutien de diverses organisations (Human Rights Watch, Amnesty International et International Christian Concern) : nous espérons qu’il sera à même de faire fléchir le gouvernement pakistanais, au moins pour la libération d’Asia Bibi, que Chrétienté Solidarité avait réclamée en manifestant, le 23 octobre 2014, devant l’ambassade du Pakistan. Ce fut alors, avec plusieurs milliers de participants, la plus grande manifestation de soutien à la jeune Pakistanaise organisée en France.


mardi 11 avril 2017

Trump, la Cour Suprême et la Syrie : payante obstination à l’intérieur, complexité à l’extérieur.

L'humeur du jour de Pierre Henri:

          Hier, l’entrée du juge Neil Gorsuch à la Cour Suprême des Etats-Unis a été confirmée par le Sénat américain : la prestation de serment dans les jardins de la Maison Blanche marquait une victoire politique pour Donald Trump, c’est-à-dire le basculement en faveur des conservateurs de cette institution fondamentale, clef de voûte de la démocratie américaine. La majorité de juges démocrates sous les mandats d’Obama avait avalisé quantité de décisions et lois catastrophiques, en particulier sur l’avortement et le « mariage » homosexuel. Tenant ses promesses de campagne et ayant surmonté de sérieuses embuches parlementaires, Trump a réussi, en plaçant Gorsuch, à donner la prépondérance à la droite et nous ne nous cacherons pas d’espérer que ce changement verra le retour d’une politique pro-vie au niveau de la Constitution, au moins, dans un premier temps, pour défaire les abjections mises en place sous l’administration démocrate.

Neil Gorsuch prêtant serment.

Simultanément, c’est une promesse de campagne tenue et un espoir pour les valeurs de droite et pro-vie : double bonne nouvelle dont nous devrions ici, bien que citoyens français, nous réjouir ! Mais que n’entend-on pas sur Trump depuis le matin du 7 avril ! En réplique à l’attaque au gaz de combat, perpétrée selon la plus haute probabilité par le régime d’Al Assad et ayant fait plusieurs dizaines de victimes, dont des femmes et des enfants, Trump a ordonné la frappe d’une base aérienne syrienne. 59 missiles Tomahawk ont détruit cet objectif militaire de faible importance, d’ailleurs vraisemblablement partiellement évacué de ses troupes. Et les experts autoproclamés en relations internationales, les géopolitologues de zinc et autres exaltés romantiques des causes exotiques s’offusquèrent à grands cris : Trump avait tombé le masque, il n’était plus qu’un néo-conservateur aux mains des faucons et de l’Etat profond, il redevenait un sheriff mondial, ou potentiellement un « dangereux interventionniste » (dixit Hadrien Desuin dans le Figaro). Il trahissait ses engagements de campagne, revenait à la confrontation de Guerre Froide avec la Russie de Poutine. Tout y passe depuis quelques jours, dans tout le nuancier de la droite radicale comme chez certaines grands plumes médiatiques (on pense ici à Eric Zemmour qui, dans sa chronique matinale sur RTL, était loin d’être aussi pertinent que d’habitude). Chacun y va de ses invectives, soudainement devenu docteur en géopolitique proche-orientale, expert en régime baasiste, baroudeur revenu du front anti-Etat Islamique, j’en passe et des plus prétentieux.
Derrière nombre de ces réactions, gisent des travers dont il faut, par humilité, par prudence comme par finesse, se garder à toute force :
  • Jouer au spécialiste quand on ne l’est pas. Ce n’est même pas avec un voyage chez Bachar qu’on peut prétendre à une compréhension globale et aiguë de la crise syrienne et de ses multiples ramifications. De même, il est d’une grotesque fatuité de prétendre, derrière son ordinateur ou son steak-frites, connaître les tenants et aboutissants de la politique internationales, les intentions cachées de ses acteurs, les tractations, les rapports de force, les faux-semblants. Ces bavards ont-ils donc le numéro de portable de Poutine, le digicode du Pentagone, les clefs de voiture d’Hassan Rohani et le porte-documents de Netanyahou pour être aussi péremptoires sur le jeu extrêmement complexe de la géopolitique mondiale ?

  • Tomber dans l’esprit de système, le manichéisme, le binarisme : tout ce que fait Poutine est bien et il dit toujours la vérité, tout ce que fait Trump sera désormais mal et il mentira toujours. Et inversement. Trump comme Poutine peuvent nous être, à titre personnel, et pour des raisons différentes, très sympathiques, mais il faut se garder des lâtries et des manies, surtout, vieux vice de la droite radicale française, pour des dirigeants étrangers ! Le recul froid, accompagné le cas échéant de la prise en compte permanente des intérêts de notre patrie, devrait être l’objectif de l’observateur sincère et tendant à l’objectivité.

  • De même, la souveraineté des Etats doit être promue comme un principe cardinal des relations internationales, mais pas comme un dogme à respecter de manière systématique. On comprend mal comme Eric Zemmour peut condamner la violation de la souveraineté syrienne par Trump quand Al Assad gaze des civiles et louer l’œuvre coloniale française, en particulier en Algérie, ou les interventions des siècles passés pour protéger les chrétiens d’Orient, au Liban en particulier. Rien n’est simple, rien n’est systématique.

  • Degré suivant, verser dans la bacharomanie : nous concevons l’attrait de radicalité qu’il y a à soutenir un dictateur. Quand, à l'extrême-gauche, Mélenchon exalte Castro et Chavez, certains à droite ont soutenu et soutiennent pêle-mêle et sans discernement aucun, Franco et Salazar (éminemment différents), Milosevic (on aura tout vu !), Saddam Hussein et les Assad père et fils (et à tout prendre, on peut considérer qu’Hussein fut bien moins pire sur certains plans que les Assad, ses frères ennemis baasistes). Cela ne fait pas une analyse sereine, a fortiori pas une politique.

Alors, comment considérer la frappe décidée par Trump ? Par notre ami Richard Haddad, qui accède aux meilleures sources, Syriens et Libanais de toutes tendances, nous apprenons que les relations entre le régime syrien et les Russes sur le terrain ne sont pas au beau fixe et que les Iraniens et leurs alliés du Hezbollah, après avoir été marginalisés par les Russes, souhaitent reprendre l’influence perdue. Se dessine donc un jeu complexe où l’Iran et Israël jouent leur partition (Israël ayant récemment attaqué un convoi du Hezbollah sur territoire syrien, et donc avec autorisation des Russes, maîtres de l’espace aérien). Sur la question de la légitimité de la frappe, demandons-nous ce qui garantit, si Bachar Al Assad gaze des civils en zone tenue par Al Qaïda aujourd’hui, qu’il ne gazera pas des chrétiens demain. Le régime de la minorité alaouite tient depuis son origine sur un système de terreur et de répression, ce qui peut expliquer en partie ce gazage dont la « rationalité » échappe à nombre d’Occidentaux. On peut donc penser que Trump avait légitimité, par une frappe de sommation, à rappeler qu’il y a des limites au déraisonnable (message aussi valable pour Kim-Jong-Un en Corée du Nord).
Par ailleurs, au lieu d’acclamer à courte vue Poutine « fidèle à ses alliés et gardien des souverainetés », il faudra voir jusqu’à quel point l’opposition verbale entre Etats-Unis et Russie ravivée par la frappe américaine n’est pas seulement une façade, ou un prélude à des négociations sérieuses où chaque acteur doit arriver en position de force. Même si l’Etat islamique est l’ennemi prioritaire, Bachar n’est éternel pour personne, pas plus pour la Russie que pour les Etats-Unis. Nos experts du weekend seraient bien avisés de s’en souvenir.
Pierre Henri
Poutine, Assad, Trump: se méfier des simplismes.

RECONQUÊTE 337



lundi 10 avril 2017

Mélenchon le pacifique ou la nouvelle « farce de maître Patelin » néo-castriste



Nous avons suivi hier le discours du camarade Mélenchon sur le vieux Port à Marseille. Quelques commentateurs ont salué cela comme un exploit d’artiste.
Cet exploit n’a pourtant consisté qu’en un certain souffle dans un exercice tribunicien d’imitation des duperies révolutionnaires du siècle dernier sous couvert de pacifisme.
Toujours rouge au-dedans mais désormais tricolore au dehors, Mélenchon a tenu de lénifiants propos dans le droit fil des injonctions léninistes exhortant ses révolutionnaires professionnels à savoir alterner ou combiner tactiquement la « ruse », le « louvoiement », le « compromis », les artifices de séduction, et la stratégie de guerre révolutionnaire.
Par exemple, Lénine, dans « La maladie infantile du communisme », ne fixait-il pas ainsi la stratégie de conquête des syndicats : « Le plus strict dévouement aux idées communistes doit s’unir à l’art de consentir les compromis pratiques, les louvoiements, les zigzags, les manœuvres de réconciliation et de retraite ».
Vieux fauve bolchévique, le cynique Mélenchon avance avec les ruses du loup dans la fable du petit chaperon rouge. Et en l’occurrence, en attendant la « lutte finale », il a fait remiser les drapeaux rouges dans les caves et fait suivre sans complexe de contradiction son discours pacifiste d’une Marseillaise (toujours « vibrante » bien sûr) appelant pourtant « aux armes » et « d’un sang impur » à abreuver les sillons…