vendredi 13 février 2026

Les libres propos d’Alain Sanders


Israël et Gaza, une vieille histoire : quand Samson défiait l’occupant philistin

 Samson est l’une des figures les plus marquantes du Livre des Juges (chapitres 13 à 16). Choisi par Dieu dès sa naissance pour délivrer Israël de l’oppression des Philistins, il se distingue par une force physique extraordinaire, mais aussi par une vie marquée par des tensions, des faiblesses personnelles et des confrontations directes avec l’ennemi. Parmi ses actions les plus célèbres figurent celles qu’il accomplit à Gaza, grande ville alors occupée par les Philistins, grands persécuteurs et tueurs de Juifs..

 

Quelques lecteurs se demanderont peut-être quelle mouche me pique de parler de Samson. Je m’en explique. La première raison est que, comme nous l’annoncions dans un précédent blog, l’Etat hébreu et la Knesset ont officiellement mis en marche le retour de la Judée-Samarie (que l’ONU, Macron, les amis du Hamas, les djihadistes palestiniens, les mélenchonistes, etc., s’obstinent à nommer « Cisjordanie ») aux légitimes héritiers depuis des millénaires de ces terres sacrées.

La seconde est que, me trouvant hier dans la cathédrale d’Evreux pour voir  un très bel hommage aux carmélites de Compiègne, martyres de la Terreur républicaine, je suis allé jusqu’à la chapelle de l’Immaculée Conception devant laquelle je suis passé cent fois. Et là, levant la tête par hasard (qui est le nom de Dieu quand Il ne veut pas signer), j’ai vu, tout en haut de la clôture Renaissance de toute beauté, une représentation de Samson portant sur ses épaules deux colonnes arrachées au temple païen des Philistins. Avec cette indication : « Samson à Gaza ». Voilà, vous savez tout et je reprends mon édifiant et biblique récit (vous auriez cependant tort de croire qu’il échappe à l’actualité…).

À l’époque des Juges, Israël traverse une période d’instabilité spirituelle et politique. Le peuple s’éloigne régulièrement de Dieu, ce qui entraîne des périodes d’oppression par des nations voisines. Les Philistins dominent alors une partie du territoire israélite, notamment dans les régions côtières du sud-ouest, dont Gaza fait partie.

Samson est consacré comme naziréen (personne consacrée à Dieu par un vœu temporaire et soumise à des interdits) dès le sein de sa mère (Juges 13). Ce vœu implique notamment de ne pas couper ses cheveux, signe extérieur de sa consécration. Sa mission divine est claire : commencer à délivrer Israël de l’occupation philistine.

L’un des épisodes les plus spectaculaires aura lieu à Gaza. Samson s’y rend et passe la nuit chez une prostituée. Informés de sa présence, les Philistins organisent une embuscade, décidant d’attendre l’aube pour le tuer. Mais, au milieu de la nuit, Samson se lève, saisit les battants de la porte de la ville, les deux poteaux et la barre, les arrache avec force, les place sur ses épaules et les transporte jusqu’au sommet d’une montagne en face d’Hébron. Les portes d’une ville représentent sa sécurité et sa puissance militaire. Les arracher revient à neutraliser symboliquement la défense de Gaza. En emportant les portes, Samson inflige une humiliation publique à la ville. Il montre que même au cœur du territoire ennemi, il reste invincible tant que la puissance de Dieu repose sur lui.

Toujours dans la région de Gaza, Samson tombe amoureux de Dalila, qui a été approchée par les chefs philistins. Ils lui ont promis une importante somme d’argent en échange du secret de la force de Samson. Samson finit par lui révéler que sa force est liée à sa consécration de naziréen et au fait que ses cheveux n’ont jamais été coupés. Dalila le trahit : pendant son sommeil, elle fait couper ses cheveux. Les Philistins le capturent, lui crèvent les yeux et l’emmènent à Gaza où il est mis en prison et contraint de tourner la meule. La capture de Samson illustre que sa force ne résidait pas dans ses cheveux en eux-mêmes, mais dans sa relation avec Dieu. Lorsque sa consécration est rompue, il perd la protection divine. Gaza devient alors le lieu de son humiliation.

Les Philistins organisent une grande fête en l’honneur de leur dieu Dagon pour fêter la capture de Samson. Ils le font venir pour se divertir à ses dépens en le torturant. Placé entre les deux colonnes principales du temple de Dagon, Samson prie l’Éternel de lui redonner de la force une dernière fois. Dans un ultime acte de foi et de sacrifice, il pousse les colonnes avec toute sa force. Le temple s’effondre, tuant les chefs philistins et une multitude de personnes présentes. Le texte biblique souligne que Samson fit périr plus de Philistins dans sa mort que durant sa vie.

Les actions de Samson à Gaza constituent l’un des récits les plus dramatiques du Livre des Juges. Elles mêlent puissance divine, faiblesse humaine, trahison et rédemption. Gaza devient à la fois le lieu de sa démonstration de force la plus spectaculaire et celui de sa chute la plus profonde — mais aussi de son acte final de foi.

Et je laisse bien sûr à nos lecteurs, s’ils le souhaitent, le soin de lire ce récit biblique à la lumière d’une brûlante actualité…

Alain Sanders

 

 

 

 

:

 

.

 

 

 

lundi 9 février 2026

Un monde paradisiaque

 

·         Douce Chine

Ainsi en a décidé le grand continuateur de Mao qu’est le camarade Xi Jinping : l’ancien magnat de la presse de Hong-Kong, Lai Chee-Xing dit Jimmy Lai, âgé de 78 ans, a été hier condamné à 20 ans de prison.

Les médias du monde considèrent à peu près unanimement que cela ne lui laisse pas beaucoup de chances de sortir vivant de son incarcération. D’autant que voilà déjà plusieurs années que Jimmy croupit dans une des geôles dont il n’est pas d’exemple que l’on puisse s’en évader.

Inutile de mentionner que cette nouvelle n’a pas assombri l’humeur de ce « très grand ami » de la Chine qu’est Poutine.

Pas davantage semble-t-il d’ailleurs celle de Trump dont on attend toujours avec curiosité ce qu’il va faire de la gigantesque armada qu’il ne cesse de renforcer toujours plus dans le Golfe persique sans délivrer au monde le moindre début de ses intentions stratégiques.

Heureusement que les États-Unis sont riches, car maintenir pareille armada maritime et aérienne pendant des semaines et faire venir de dizaines de bases de par le monde des centaines de navires et d’aéronefs, cela est tout de même d’un coût que nous ne saurions chiffrer.

Du moins le gendre du président, Jared Kushner, et son envoyé spécial Steve Witkoff auront-ils pu aller visiter le porte-avions Lincoln. Car les médias, à peu près tous les jours, nous avertissent qu’ils vont enfin nous révéler à quoi va servir ce gros bateau et ses « proxis ». Pour le moins, cela aura permis à Steve Witkoff, ce diplomate trumpiste si avisé, d’exhiber devant les milliers d’hommes rigolards, marins et aviateurs des équipages, une de ses plus belles chemises à fleurs à la mode d’Honolulu.

Cependant, celle qui ne s’ennuie pas, c’est la douce Duduzilé Zuma-Sambuala, de l’ethnie Zoulou, inconditionnelle de Poutine. Elle est en train de réussir le tour de force de faire venir des soldats depuis plus de 36 pays africains pour renforcer l’armée russe en Ukraine. Il est vrai que la Corée du Nord du gros poupin Kim Jong-Un a déjà montré le bon exemple en envoyant quelques milliers de ses soldats se faire massacrer en Ukraine. Malheureux garçons africains venus du Soudan, du Congo ou de Zanzibar ne pouvant déchiffrer des contrats d’engagement rédigés en quelque langue chinoise ou russe que les bureaucraties de Xi, de Kim, ou de Vladimir leur ont fait préparer.

Mais peu importe, n’est-ce point là la triomphale nouveauté de la réalité d’une 5° Internationale ?  

Les libres propos d’Alain Sanders


 Kebabs, barbers, ongleries : ces commerces « racisés » que tout le monde voit, mais que personne n’ose interroger vraiment…

 

Une fois de plus, ça se passe à Grenoble, cette ville sinistrée par une municipalité écologiste calamiteuse. Le 6 février dernier, deux hommes encagoulés pénètrent dans un salon de beauté du centre-ville et balancent une grenade (ils se sont filmés et ont partagé leur « exploit » sur les réseaux sociaux avec du rap en bande-son…). Le procureur bisounours de Grenoble a expliqué que cette grenade n’étant pas été une « grenade offensive » (il y a quand même eu six blessés) elle n’était donc destinée qu’à « intimider » (sic).

Pourquoi intimider des jeunes femmes d’un salon de beauté apparemment sans histoire ? Ont-elles refusé un racket de dealers (il y a un point de deal à 100 mètres de la boutique, ce qui n’a rien d’original dans une ville ou le narcotrafic est quasiment institutionnel) ? Sont-elles les victimes collatérales d’un règlement de compte à la grenobloise ? L’enquête le dira peut-être.

Mais ce « fait divers » est l’occasion de poser quelques questions dérangeantes sur ces officines plus ou moins exotiques qui prolifèrent dans nos centres-villes (alors que les commerces traditionnels périclitent et disparaissent les uns après les autres.

Il suffit de traverser n’importe quelle ville moyenne pour constater le phénomène : kebabs ouverts à toute heure (malgré une clientèle clairsemée), barbers (« barbiers ») qui poussent plus vite que les pharmacies, ongleries quasi vides, mais jamais en faillite. Officiellement, tout va bien. Officieusement, les soupçons sont partout — et pas seulement dans les conversations de comptoir.

Premier signal d’alerte : l’incohérence économique. Comment expliquer qu’un barber puisse payer un loyer élevé, plusieurs salariés, du matériel coûteux, tout en coupant trois cheveux par heure ? Comment certaines enseignes peuvent-elles survivre là où d’autres commerces ferment les uns après les autres ?

Ces questions ne relèvent pas du fantasme : elles sont précisément celles que se posent Tracfin, les services fiscaux et la police judiciaire. Plusieurs enquêtes ont ainsi mis en évidence certains de ces commerces servant de façades pour  blanchiment d’argent (stupéfiants, trafic divers), fraude fiscale massive, recyclage de cash ou simple régularisation artificielle de revenus illicites.

Ces activités partagent un point commun : le cash. Beaucoup de cash, peu de traçabilité, des tickets peu détaillés, des comptes souvent opaques. Un terrain idéal pour « nettoyer » de l’argent sale sans trop attirer l’attention… jusqu’à ce que ça déborde.

Les autorités le reconnaissent à demi-mot : certains secteurs sont structurellement plus propices aux dérives. Ce n’est ni « raciste », ni « complotiste », ni « réactionnaire » de le dire : c’est un constat administratif.

Autre réalité moins glamour : le travail dissimulé. Dans certains établissements, les contrôles révèlent régulièrement des salariés non déclarés, des horaires illégaux, des salaires en dessous du minimum, une absence totale de protection sociale.

Les ongleries, en particulier, ont fait l’objet de dossiers accablants, mêlant exploitation de main-d’œuvre étrangère, conditions sanitaires douteuses et dépendance économique totale des employées.

Pourquoi ce sujet est-il si rarement traité frontalement ? Parce qu’il est miné. Par peur de stigmatiser, beaucoup de médias préfèrent l’édulcorer. Résultat : on abandonne le terrain aux rumeurs et on laisse prospérer un malaise collectif.

À force de ne rien dire, on crée exactement ce qu’on prétend combattre : la défiance, le soupçon généralisé, et la confusion entre commerces honnêtes et structures douteuses.

Tous coupables ? Évidemment non. Tous intouchables ? Certainement pas. Il faut le dire clairement : tous les kebabs, barbers ou ongleries ne sont pas des « blanchisseries » à ciel ouvert. Mais oui, certains le sont. Et oui, les autorités le savent.

Refuser d’en parler franchement ne protège ni les entrepreneurs honnêtes, ni les salariés exploités, ni les habitants des quartiers concernés. Cela protège uniquement ceux qui profitent du silence.

Traiter ce sujet avec sérieux, ce n’est pas pointer une origine ou une culture, c’est interroger des modèles économiques anormaux, des zones grises tolérées trop longtemps, et une politique de contrôle parfois timorée. A force de détourner le regard, on finit par ne plus voir que ce qui saute aux yeux.

 

Alain Sanders

 

 

 

vendredi 6 février 2026

Les libres propos d’Alain Sanders


 

Un salutaire « vent de droite » souffle sur l’Amérique latine

 

Depuis quelques années, l’Amérique latine connaît un basculement politique notable. Après une décennie marquée par l’influence de gouvernements de gauche et d’extrême gauche, un « vent de droite » semble désormais parcourir une grande partie du continent. Ce mouvement, qui fait pousser des bouffigues à l’ultragauche des deux côtés de l’Atlantique, traduit un profond malaise social, économique et institutionnel. Un malaise qui pousse les électorats sud-américains vers des alternatives conservatrices, populistes voire, ce qui n’est pas le mieux, libérales..

 

L’essor de la droite en Amérique latine s’explique en grande partie par la désillusion vis-à-vis des gouvernements de gauche au pouvoir dans les années 2000 et 2010. Si ces derniers ont souvent annoncé des lendemains qui chantent et des avancées sociales vrombissantes — réduction de la pauvreté, meilleure inclusion des classes populaires, investissements publics — ils ont vite montré de graves limites.

 

La dépendance aux matières premières, la corruption, l’endettement et l’incapacité à transformer durablement les structures économiques ont fragilisé leur crédibilité. Dans plusieurs pays, les scandales politico-financiers ont entamé la confiance des citoyens envers des élites perçues comme déconnectées, voire cyniques. La droite a alors su se présenter comme une alternative au  « système », promettant efficacité économique, sécurité et rupture avec les pratiques anciennes.

 

Parler d’un « vent de droite » ne signifie pas l’émergence d’un courant unique. La droite latino-américaine est diverse. Elle va de formations libérales classiques prônant la réduction du rôle de l’État à des mouvements nationalistes, conservateurs sur le plan sociétal et parfois très clairement identitaires.

 

Dans certains pays, cette droite de combat adopte un discours suivi d’effets immédiats sur la sécurité, l’immigration ou les questions de genre, s’inspirant parfois des stratégies populistes observées ailleurs dans le monde. L’usage intensif des réseaux sociaux, la personnalisation du pouvoir et la critique des médias mainstream sont devenus des outils centraux de mobilisation politique.

 

L’insécurité, qu’elle soit liée au narcotrafic, à la criminalité ou à la violence urbaine, joue un rôle clef dans ce virage politique. Face à des États impuissants, la population se tourne vers des leaders préconisant des réponses fermes (voire expéditives, comme au Salvador).

 

Sur le plan économique, l’inflation, la stagnation de la croissance et l’augmentation des inégalités ont également alimenté le rejet des gouvernements en place. La droite a capitalisé sur le sentiment d’urgence et sur la promesse de réformes rapides, même si celles-ci peuvent impliquer des politiques d’austérité ou une dérégulation accrue.

 

Plusieurs États illustrent clairement ce virage à droite:

 

    Argentine : l’élection de Javier Milei marque un virage radical vers une droite prônant la réduction drastique de l’État et la remise en cause de politiques sociales historiques.

 

    Brésil : bien que le pays soit aujourd’hui dirigé par la gauche, l’élection passée de Jair Bolsonaro a symbolisé la montée d’une droite conservatrice et sécuritaire dont l’influence politique reste forte (et qui prépare, avec le fils de Bolsonaro, son retour dans les urnes malgré l’autoritarisme marxisant de Lula).

 

    El Salvador : sous la présidence de Nayib Bukele, le pays incarne une droite mettant en avant la lutte contre la criminalité au prix de restrictions temporaires des libertés publiques (et d’abord pour les voyous…).

 

    Équateur : après une période désastreuse marquée par la gauche, le pays a opéré un tournant vers des politiques plus droitières et sécuritaires.

 

    Paraguay et Uruguay : ces pays ont vu le retour (ou le maintien) de gouvernements de droite souvent favorables à l’économie de marché et à un État plus limité.

 

    Pérou : marqué par une instabilité chronique, le pays oscille, mais reste dominé par des forces conservatrices au Parlement et dans les institutions.

 

Il faut ajouter le Honduras, enfin sorti d’un maelstrom gauchard délétère, le Chili où la candidate communiste a été renvoyée à son allendisme ringard et, tout récemment, le Costa Rica qui a élu triomphalement une présidente très à droite.

Bref, en un mot comme en cent, nos sœurs latines d’outre-Atlantique nous donnent à espérer.

 

Alain Sanders