mercredi 4 décembre 2019

Retraites : dénis de réalité


Je n’ai, on le sait, aucune sympathie pour ce gouvernement qui est bien obligé d’essayer de faire passer des « réformes sociales » pour permettre la continuation de la « révolution sociétale ». Mais je n’en ai non plus aucune pour les gros syndicats subventionnés qui ne veulent d’aucune réforme réaliste.

Car, je le redis, la question de fond de la réforme des retraites est bien évidemment celle couplée de la durée des cotisations et celle de la démographie. On voit mal en effet comment on pourrait sérieusement revenir à l’équilibre financier des caisses de retraite et du système des retraites en général sans pouvoir reculer l’âge du départ.

Or, pour atteindre cet équilibre, il serait nécessaire de repousser à 64 ans, à l’échéance de 2025, l’âge du départ à taux plein et à 65 ans à l’échéance de 2028. 

Cela bien sûr ne serait pas nécessaire avec un taux de fécondité tel qu’il ne réduirait pas chaque année un peu plus le nombre des enfants nés, appelés un jour à cotiser.

Ce n’est certes peut-être pas la plus haute raison, qui est celle du droit à la vie des enfants conçus, pour combattre la politique de banalisation de l’avortement, mais c’en est une très tangible. Hélas, l’avortement est devenu un intouchable tabou, porté par une diabolique inversion de sacralisation, dont toute remise en cause entraîne la mort politique et sociale de son auteur.

Pourtant, il suffirait, pour briser le tabou, pour abattre ce totem, pour en finir avec cette soumission à la plus radicale des inversions morales, qu’un petit nombre de femmes et d’hommes de caractère, de convictions religieuses ou tout simplement de bon sens décident d’en finir les uns avec la plus manifeste des transgressions du Décalogue, les autres avec le mépris du respect de la vie innocente.

Ajoutons encore que la double position du Rassemblement National de Marine Le Pen, et pour l’intouchabilité de la loi Veil et pour le retour à la retraite à 60 ans, ne grandit pas ce mouvement à nos yeux. Non seulement l’électoralisme ne justifie pas tout mais il n’est pas du tout certain qu’un peu de courage sur des questions essentielles, pour peu qu’elles soient bien exposées, aurait des effets négatifs.

mardi 3 décembre 2019

Le général chef d’état-major de l’armée de terre et Charlie-Hebdo


Je ne connais pas le général Thierry Burkhard, le chef d’état-major de l’armée de terre. Je ne puis avoir a priori pour lui que respect, me doutant bien qu’il n’est pas arrivé si haut dans notre hiérarchie militaire sans compétences ni sans avoir risqué lui aussi, au long de sa carrière, sa peau de soldat dans plusieurs de ces « opérations extérieures » où sont tombés nombre de ses frères d’armes de tous grades.

Il a donc par un « twitt » manifesté sa « profonde  indignation » à la découverte des misérables dessins et plaisanteries sarcastiques de Charlie-Hebdo exploitant sans vergogne la mort de nos 13 soldats au Mali. 

Mais il a cru bon d’ajouter l’expression de son « incompréhension » témoignant de ce qu’un grand chef militaire de haut rang, qui a été confronté aux guerres asymétriques de l’islam jihâdiste, peut en effet selon son propre aveu ne rien savoir, et donc ne rien comprendre, de l’infinie abjection de Charlie-Hebdo. 

On nous dira qu’il est encore heureux que ce général ne lise pas ce journal que tant d’institutions subventionnent par leurs abonnements. Oui et non ! Car se battre pour la France, ce n’est pas seulement affronter les ennemis terroristes de la France. Faudrait-il ne rien savoir et donc ne rien comprendre en effet des entreprises de dérision, de déconstruction, de décomposition auxquelles certains se livrent avec une jubilation peut-être non moins corrosive que la haine frontale ?

On nous dira que ce torchon de Charlie est de moins en moins lu. Peut-être, mais si le général a répondu, c’est bien qu’on lui a dit qu’il était lu, encore lu pour le moins par quelques catégories de nos concitoyens se repaissant de sa scatologie et de sa pornographie blasphématoire. 

Le général ne dirait pas son « incompréhension » s’il avait seulement regardé la couverture de Charlie du 13 mars de cette année : la plus ignoble, la plus obscène caricature du Christ en croix. 

Quand il est possible que sur le visage d’un homme martyrisé, qu’on le croie ou non fils de Dieu, une misérable se soit acharnée à atteindre le plus haut degré d’avilissement, comment alors s’étonner que l’on utilise, bien moins obscènement d’ailleurs mais dans une autre forme d’abjection, le thème du soldat dans son cercueil ?

Ce que le général ne sait peut-être pas, c’est l’indicible saloperie morale des gens de Charlie. Car, après s’être disputés comme des chacals sur les fonds recueillis pour que continue leur production après l’ignoble massacre de leurs collègues, ils exploitent à fond le thème de l’impunité radicale que selon eux leur confèrerait le fait que le terrorisme islamique a tué nombre des leurs. Alors, rentabilité maximum : « On a tué certains des nôtres par haine de nos caricatures, alors nous, on a bien le droit imprescriptible de pouvoir encore plus, comme bon nous semble, tout tourner en dérision, tout salir, tout avilir, tout profaner ». 

Général, faites-vous donc apporter ne serait-ce que ce numéro de Charlie du 13 mars de cette année et vous comprendrez que nous voulions simplement vous expliquer pourquoi certains ont pu ne pas comprendre votre incompréhension ! Avec l’expression de notre total irrespect pour Charlie-Hebdo, nous vous disons notre profond respect pour votre haute mission et pour les soldats qui meurent pour notre patrie. 

Bernard Antony

lundi 2 décembre 2019

Jean-Paul Delevoye : un chiffre accablant, un consternant propos


Les propos de Jean-Paul Delevoye, ce dernier vendredi devant un certain nombre de jeunes, sont révélateurs de l’indigence politique et culturelle du personnage, préposé par M. Macron à penser l’avenir de notre système de retraite. 

Rappelons qu’aujourd’hui Haut-Commissaire aux retraites, il fut aussi un président du Conseil Économique et Social et un ministre de Jacques Chirac. 

Il a proféré en un français hasardeux qu’il faudra « 50 millions de population étrangère pour équilibrer la population active en 2050 en Europe… ». 

Ajoutant : « On est dans un moment très malsain de notre démocratie où on cherche à jeter en bouc émissaire : hier, c’était le juif ; aujourd’hui, c’est le musulman, après-demain ça sera encore un autre » (sic !).

Marine Le Pen a commenté ainsi : « Ces gens ont leur feuille de route immigrationniste dont ils ne changeront pas ! ».

Bruno Retailleau a dénoncé « la scandaleuse rhétorique qui fait le parallèle entre le sort des juifs hier et celui des musulmans aujourd’hui ».
 
Certes, ces deux réactions sont bonnes, mais révélatrices aussi de ce qui est commun aux trois personnages. D’abord ce n’est pas tellement le chiffre de « 50 millions » qui est contestable. Il est vaille que vaille, à rapprocher des chiffres de la dénatalité des pays de l’Union Européenne d’ici 2050.

Or, du seul fait des avortements, en France, durant la même période, ce seront au moins six millions d’enfants conçus qui auront été privés de leur droit à la vie... 


Sur l’ensemble des 28 pays de l’Union Européenne (511 millions d’habitants) avec un taux global de natalité encore plus faible, ce sont beaucoup plus de 50 millions d’avortements qui auront été pratiqués. Mais hélas, pas plus que monsieur Delevoye, monsieur Retailleau et madame Le Pen ne remettent en cause la loi génocidaire Giscard-Chirac-Veil de banalisation de l’avortement. 
Notons enfin que dans son propos le pitoyable Delevoye a d’évidence rapproché la catégorie « musulmans » de celle « immigrés ».
Certes, si tous les immigrés ne sont pas des musulmans, beaucoup le sont. 
Mais ce n’est évidemment pas cela qui préoccupe M. Delevoye. Car, quoi qu’il en soit, ce n’est pas le fait de la retraite de la France, presque en tous domaines, qui l’inquiète.
 Face à l’islamo-gauchisme de madame Houria Bouteldja et du camarade Mélenchon, face à l’islamo-complaisance de Jean-Paul Delevoye, il ne faut pas battre en retraite !
Pour l’AGRIF, l’heure est à la résistance !
Dans l’Amitié Française !


                

jeudi 28 novembre 2019

Réformes sociales et révolution sociétale


Cela nous semble évident : le gouvernement macronien est beaucoup plus à l’aise pour continuer dans la voie de la culture de mort de la révolution « sociétale » que pour faire aboutir une réforme sociale.

La révolution sociétale, simultanément révolution de déconstruction nationale, se poursuit depuis un demi-siècle au moins avec la loi Veil permettant l’interruption de vie d’enfants privés de leur droit de naître ; avec la loi Taubira de dénaturation du mariage du couple humain de l’homme et de la femme ; avec la banalisation hypocrite de l’euthanasie et sa légalisation à terme ; avec les manipulations de l’humain sous couvert de « bioéthique ».

En résumé, des lois dites sociétales nous acheminant vers un très inhumain « meilleur des mondes ».

Face à cela, hélas, malgré des réactions de défense de la vie, malgré les immenses rassemblements de la Manif pour tous, la majorité des Français, totalitairement conditionnés, scolairement, culturellement, médiatiquement, ne réagit guère.

En revanche, on le voit, ils sont beaucoup plus réactifs face à des réformes sociales il est vrai sans doute mal élaborées. Or l’évolution de la démographie et de l’économie imposera pourtant la nécessité d’une réforme des retraites et notamment des régimes spéciaux. 

Mais l’actuel gouvernement présente fort mal un projet flou et le défend encore plus mal. Or, encore une fois, la révolution sociétale voulue aussi bien par l’ensemble de la gauche que par une droite culturellement et moralement subvertie nécessite pourtant des réformes économiques et sociales. 

Comment ne reculerait-on pas globalement l’âge de départ à la retraite ? Car n’y a-t-il pas de moins en moins de naissances, donc inéluctablement, à moyen terme, de moins en moins d’actifs pour payer les retraites de ceux qui ne travaillent plus ?

Voilà la réalité. « Les faits sont têtus », aimait dire Charles Maurras.