24 avril 2014

Le Front National et moi : réaffirmation de ma liberté de critique autant qu’il le faudra !

Voilà maintenant dix ans (comme le temps passe !) qu’après avoir très loyalement démissionné du bureau politique du Front National (mais pas de son comité central et encore moins du mouvement) j’en ai été exclu, déclaré « indésirable » (sic) pour des motifs successifs et donc ineptes. On invoqua d’abord que je n’étais pas à jour dans mon adhésion ! Très honnêtement, l’ex-mari de Marine Le Pen, Eric Iorio, responsable des adhésions, rappela que je m’étais, comme chaque année, acquitté de ma cotisation et qu’elle n’expirerait que plusieurs mois plus tard !
Éjecté donc, sans que les « éjecteurs » aient l’élégance de me convier au moindre entretien pour me dire pourquoi, je n’en ai pas moins toujours conservé une attitude d’a-priori de bienveillance, appelant d’ailleurs systématiquement, à ce jour, à voter au premier tour pour Marine Le Pen aux présidentielles, et pour les autres candidats aux autres élections comme lors des dernières municipales. Malgré tout ce qui me distingue ou sépare du FN sur un certain nombre d’idées et positions sur lesquelles il a évolué fâcheusement. Et pas moi.

Si je conserve au sein de ce mouvement de nombreux amis, et non des moindres, qui comprennent parfaitement cela, quelques nouveaux partisans acharnés (ce qui est bien) mais par trop fanatiques et à l’esprit un peu étroit (ce qui l’est moins) osent m’imputer une attitude de reniement ! Alors, « doucement les basses », messieurs ! Comme je l’ai développé dans un texte sur les évolutions de la droite nationale, sur plusieurs positions fondamentales, les reniements, parlons plus gentiment de changements, ne sont pas de mon fait !

Le FN ne se situe plus à droite. Soit ! Moi je demeure un animateur de « la droite de conviction ».

Le FN ne veut plus, comme jadis, remettre en cause la loi Veil. Moi je demeure un militant du respect de la vie innocente.

Le FN a largement vacillé quant à ses positions vis-à-vis de l’islam. Moi, non.

Le FN n’est plus le défenseur des libertés scolaires, le défenseur de l’égalité des familles pour financer l’école de leurs enfants, par le biais du « chèque scolaire ». Moi, si !

Le FN a été bien ondoyant et pour une fois, de fait, très « éclaté » sur l’abomination de la loi du (pseudo) mariage pour tous. Moi, non !

Le FN fut jadis libéral en économie lorsque Jean-Marie Le Pen, à l’époque de son admiration pour Reagan et Thatcher, diffusait et montrait sur toutes les télévisions le petit livre « droite et démocratie économique ». Je le trouvais pour ma part par trop ultra-libéral. Aujourd’hui le FN est étatiste et antilibéral ! Moi, j’étais et demeure un partisan des libertés économiques et de la défense et du développement de la propriété et de la justice sociale selon les principes de la Doctrine Sociale de l’Église. C’est le FN qui a varié. Moi, non !

Sur d’autres plans enfin, patriote français mais aussi président de Chrétienté-Solidarité, je suis sur l’essentiel en accord avec l’opposition du FN à la dictature eurocratique. J’ai jadis, le premier, lancé avec Reconquête le slogan « Sortons de cette Europe-là ! » et je dénonce les aberrations des politiques conjointes à soubassement mondialiste de messieurs Obama et Barroso.

Pour autant, je ne suis pas sur une ligne d’approbation inconditionnelle à l’égard de M. Poutine que j’ai apprécié jusqu’à ce jour pour maintes raisons. Actuellement, je comprends en effet l’inquiétude grandissante de ces pays qui furent sous le joug de l’Union Soviétique : la Pologne, les pays baltes et les autres.
Si je n’ai que sympathie pour l’identité russe et la belle religion orthodoxe qui l’imprègne, relevant du patriarcat de Moscou, j’en ai autant pour les défenseurs de l’identité ukrainienne. Je comprends donc aussi les ukrainiens fidèles du patriarcat de Kiev. Mais surtout, ma solidarité bien ordonnée va d’abord vers les catholiques uniates d’Ukraine dont la mémoire, avec celle des autres patriotes est celle des millions de morts du génocide de « l’holodomor » perpétré par les soviétiques.
Je comprends leur inquiétude lorsque, dans les villes de l’Est, autour des statues de Lénine certains brandissent encore les drapeaux rouges frappés de la faucille et du marteau. Pour ma part j’éprouve exactement la même répulsion pour les nostalgiques de la barbarie nazie que pour ceux de la barbarie soviétique.

En matière de politique étrangère l’Institut du Pays Libre, quelquefois en convergence avec le FN, quelquefois en divergence, s’efforce donc, en conformité avec ses valeurs de liberté et de solidarité chrétienne, de réfléchir hors de tout emportement binaire en fonction d’une réalité géopolitique et idéologique particulièrement mouvante aujourd’hui.
Enfin, pour ceux qui nous objectent qu’il serait aberrant de ne point nous aligner maintenant sur le Front National alors qu’il va vers de grands succès électoraux, je réponds que je demeure sur une ligne qu’énonçait jadis sans cesse Jean-Marie Le Pen : « Mieux vaut être battu sur ses idées qu’élu sur les idées des autres ». Je comprenais d’autant mieux cela que, très jeune, refusant la trahison de la parole donnée, j’avais justement abandonné mon juvénile gaullisme passager alors que De Gaulle remportait des scores électoraux fabuleux.

Aujourd’hui, le Front National, « parti gaulliste » selon M. Philippot, obtiendrait-il 80% des voix et Marine Le Pen arriverait-elle à l’Élysée, si c’était, ce qu’à Dieu ne plaise, pour faire une politique à l’encontre de nos convictions, je serais évidemment, tristement mais assurément, un opposant.
Nous n’en viendrons pas là, je l’espère.
Et justement peut-être parce que, j’en ai la conviction, nos objections cheminent.
Quoi qu’il en soit, mes amis et moi préférons être libres et pauvres dans la défense de nos idées que riches au prix de leur abandon !


Génocide 1915 : la grossière ficelle négationniste de M. Erdogan.


À lire ses condoléances aux petits-enfants des Arméniens tués en 1915, on vérifie que le premier ministre turc est un artiste de la « taqqiya » cet art du double langage, qui est aussi celui de la semi-vérité pour préserver l’essentiel du mensonge.

En écrivant que « les dernières années de l’empire ottoman ont été difficiles et ont engendré de nombreuses souffrances chez les Turcs, les Kurdes, les Arabes, les Arméniens et des millions d’autres citoyens, quelles que soient leurs religions ou origines ethniques », M. Erdogan profère en effet un énorme mensonge tout en disant un aspect de la vérité. Passons sur le fait que, l’empire ottoman s’étant effondré, il n’y avait pas en 1915 des « millions d’autres citoyens » en Turquie que les sujets turcs, kurdes, arabes ou arméniens !
La part de vérité c’est en effet que dans le contexte de la guerre mondiale et des guerres locales, aucun des peuples de l’empire ottoman ne fut entièrement épargné. Mais oser déclarer comme il le fait que l’on ne saurait procéder à une « hiérarchisation des souffrances » c’est évidemment procéder là à une tentative de subtilité mensongère qui ne peut pourtant dissimuler la réalité de son négationnisme.

La vérité c’est que le génocide mûrement décidé et mis en œuvre par les dirigeants Jeunes Turcs à partir du 24 avril 1915 a entraîné l’élimination quasi totale de la population chrétienne turque principalement arménienne déjà décimée par les massacres de 1895 à 1897 et de 1909. $

Les deux tiers ont été exterminés, soit environ un million et demi, périssant dans des massacres marqués par une monstrueuse continuité dans les pires abominations sadiques dont la bête humaine est diaboliquement capable. Un tiers a pu fuir, notamment en Syrie et au Liban. Il faut tout le cynisme négationniste de m. Erdogan pour nier l’évidence de ce que, constituant encore plus du quart de la population de la Turquie en 1914, les communautés arméniennes, assyro-chaldéennes et autres n’étaient plus en 1916 que moins d’un pour cent.
Mais il est vrai aussi que le chef islamiste de la Turquie peut croire, non sans raison, pouvoir tabler sur l’ignorance des occidentaux ou leur fascination masochiste pour toujours plus d’introduction turque dans l’Union Européenne. Et c’est ainsi qu’il utilise les plus grosses ficelles de sa taqqiya.

Notons tout de même un progrès, enfin, dans la reconnaissance du génocide arménien mais … par une partie au moins de l’intelligentsia juive. En effet, un appel à  sa commémoration en Turquie a été signé par plusieurs personnalités à la suite de l’inusable pétitionnaire Bernard-Henri Lévy que, pour une fois, nous approuvons.

Le temps n’est heureusement plus celui où, au Parlement Européen, Simone Veil osait rageusement me lancer que le terme de « génocide » que j’avais utilisé pour l’hécatombe des Arméniens et autres chrétiens devait être spécifiquement réservé à celui du peuple juif. Je lui rétorquais que pour ma part je ne faisais pas de discrimination mémorielle entre les exterminations des Vendéens, des Arméniens, des Juifs, des Cambodgiens…


Il faut redire sur ce point la reconnaissance que l’on doit à l’historienne juive Bat Ye’Or et à Me William Goldnadel. Ce dernier a eu le mérite et le talent de décrire dans sa préface au livre de Reynald Secher, « Vendée : du génocide au mémoricide », l’enchaînement totalitaire et génocidaire commençant avec les ordres de la Convention en 1793, passant par les directives exterminatrices des Jeunes-Turcs et continuant avec les plus grands assassins de l’histoire : Lénine, Hitler, Staline, Mao, Pol-Pot, et leurs émules de la Corée du Nord à l’Afrique.

23 avril 2014

La Manif pour tous chez les Frères Musulmans : objection de conscience !

De partout on me demande d’exprimer ma position sur la présence de la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère, au Bourget, dans l’immense fête de l’UOIF, l’émanation des Frères Musulmans, en présence de Tariq Ramadan, le petit-fils d’Hassan el-Banna, le fondateur égyptien de cette confrérie salafiste.

Je ne puis d’abord que renvoyer à mon texte de « réflexions préalables » déjà largement diffusé sur une éventuelle « collaboration pour le bien commun entre chrétiens et musulmans ».

J’y ai simplement, avec les nuances nécessaires, rappelé quelques éléments de la réalité de l’islam et les questions non seulement légitimes mais nécessaires que l’on doit poser aux musulmans pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté dans une éventuelle collaboration avec eux.

Par ailleurs, pour ce qui est du cas de la collaboration avec la sympathique et talentueuse Farida Belghoul,... 

Lire la suite :
http://lagrif.fr/communiques/actualites/337-la-manif-pour-tous-chez-les-freres-musulmans-objection-de-conscience

22 avril 2014

Au sujet du concert du groupe « Les Touffes krétiennes ».

L’AGRIF communique :



Une fois de plus, dans un désolant conformisme mimétique de dérision anti-chrétienne, un festival appelé « Histoire d’avenir » publie une misérable affiche invitant à un concert du groupe qui, dans un grand sommet de l’humour le plus débile, s’appelle « Les Touffes krétiennes ».


Et de surcroît cette initiative est soutenue par les collectivités locales et par le ministère de l’Intérieur, ceci avec l’argent de tous les contribuables. On mesure combien on se moque des Français en leur parlant d’économies à réaliser. L’AGRIF invite tous ses adhérents et amis à exprimer leur indignation en appelant les services de la mairie de Monsieur Ayrault.

Solidarité totale avec le Salon beige !

Bernard Antony, président de l'AGRIF, communique :



Par-delà leurs vocations différentes, leur indépendance et la grande diversité des adhésions qu’elles suscitent , les différents responsables des quelques associations que j’anime (Chrétienté-Solidarité et Centre Charlier, AGRIF, Institut du Pays Libre) sont unanimes à reconnaître au Salon Beige le mérite historique d’une très grande, très belle et très utile entreprise d’information libérée des carcans idéologiques qui dominent par trop la plupart des médias ; libre parce que sans complaisance aucune pour la vulgarité ambiante, l’obscénité obligatoire, le relativisme religieux et le nihilisme philosophique.

Parce qu'il est si provocatoirement au service du Vrai, du Beau, du Bien, il n’est pas étonnant que les forces du mal et de la mort s’emploient à tuer le Salon Beige.

Mais nous savons la foi, le courage, la ténacité et aussi la grande compétence de ses dirigeants et de ses mainteneurs.


Faute de pouvoir les citer tous, j’exprime à nos amis Guillaume de Thieulloy et Michel Janva notre entier soutien et leur fais savoir la façon de notre concrète solidarité. 

17 avril 2014

« Affaire » du Lycée Gerson : État totalitaire dur et catholicisme tiède…

À huit heures du matin, sous le soleil de Paris, boulevard saint Germain, ma journée a bien commencé. Alors que je sors du Twickenam, le café au bas du centre Charlier, j’entends un des clochards qui sont en ce lieu de très fidèles animateurs de débats très arrosés dès le matin, et jusque tard le soir, lancer superbement aux trois autres : « Vous avalez trop la propagande étatique ». Et d’appuyer ces mots, témoignant d’une bonne réflexion politique, en avalant pour sa part une franche lampée de sa boîte de bière.

Voilà au moins à l’évidence un résistant à l’abomination totalitaire exercée par l’État socialiste et qu’illustre encore l’affaire du lycée Gerson relevant de ce qu’on appelle encore « l’enseignement privé catholique ».

Depuis trois jours, l’acharnement de la désinformation idéologique médiatique, relayée maintenant par le ministère de l’éducation nationale, bat son plein à partir du fait présenté comme scandaleux d’une réunion, dans le cadre de la « vie scolaire », animée par « Alliance Vita ». On sait combien cette sympathique association de Tugdual Derville ne se positionne pas comme un mouvement d’appartenance au catholicisme « de conviction » et refuse plus encore  toute prise en considération de la dimension nécessairement politique de l’opposition aux lois de désintégration sociale.
Mais elle lutte avec un grand mérite et compétence pour le respect de la vie. Et pour le seul fait d’avoir exprimé que l’avortement était un meurtre, ce qu’à Rome François vient de rappeler, les voilà traités « d’intégristes » et suspectés de liens avec l’Opus Dei. Comme si l’Opus Dei était quelque chose comme le Ku Klux Klan ! Comme si le fait de rappeler le minimum de la morale, non seulement catholique mais tout simplement naturelle, relevait d’un ténébreux obscurantisme inquisitorial !
Au passage, cela devrait d’ailleurs apprendre aux responsables d’Alliance Vita et quelques autres de ne pas eux-mêmes, en tombant dans les panneaux dialectiques de la désinformation, faire subir à d’autres ce qu’ils subissent aujourd’hui à leur tour.

Le scandale dans l’affaire n’est pas celui que traque la nomenklatura totalitaire politico-médiatique et en effet « étatique ». Le scandale est à vrai dire double .

Le premier est celui de ces parents qui invoquent, à en croire les radios, qu’ils ne mettent pas leurs enfants à Gerson pour qu’ils subissent un endoctrinement moral ou religieux. Comme si Gerson n’était pas un établissement catholique ! On a même entendu se plaindre sur ce registre des parents juifs. Mais qu’ils mettent donc leurs enfants ailleurs ! On se doute que ces juifs infidèles, indifférents aux commandements du Décalogue, ne préfèrent pas mettre leur progéniture dans les écoles confessionnelles juives où il n’est évidemment pas question de ne pas enseigner les prescriptions de la Torah !
Mais l’enseignement privé juif, lui, sait se défendre. Et l’État ne s’aviserait donc pas de venir s’immiscer dans l’éducation qu’on y dispense comme il va le faire à Gerson.

Hélas, cela ne suscite ni l’indignation ni même la révolte des  instances officielles de l’enseignement privé catholique et, au-dessus, de celles de l’épiscopat où l’on devrait tout de même, au moins, comme mon bon clochard de ce matin, dénoncer une immixtion étatique liberticide!

Mais de la peur d’être taxés « d’intégrisme », au mépris de toute vérité et vraisemblance, certains ne préfèrent-ils pas demeurer dans la molle tiédeur de rester couchés. C’est ce qu’ils appellent ouverture, ou encore tolérance !

À vous tous chers lecteurs, si souvent amis fervents, bonnes et saintes Pâques !


15 avril 2014

Être de droite de conviction : c’est ce qui nous distingue !


Il y a moins d’un quart de siècle, ce que l’on appelait la droite nationale, par-delà sa diversité, se battait à peu près unie sur quelques grandes lignes essentielles. Elle était composée principalement du Front National dans l’ordre électoral mais recouvrait tout un ensemble de familles politiques et civiques allant du Centre National des Indépendants de Philippe Malaud à l’Action Française.

L’unité se faisait sur les points suivants :

- L’anticommunisme : la dénonciation de la menace de l’URSS, avec son pacte de Varsovie sur l’Europe de l’Est, son empire du goulag et sa tutelle encore sur les pays d’Indochine et Cuba. Le refus tout autant du « modèle » chinois (et nord-coréen), avec son empire du laogaï. Nous dénoncions alors les plus de cent millions de victimes des crimes communistes contre l’humanité.

- La défense du respect de la vie innocente. Jean-Marie Le Pen s’opposait très vigoureusement à la loi Veil. Il avait, avec sa femme et ses filles, participé à une grande marche pour la vie. Il en était de même pour la plupart de toutes les autres organisations et offices de droite nationale hormis pour « la nouvelle droite » (néo-païenne et racialiste).

- L’opposition à l’immigrationnisme en tant qu’idéologie favorisant le déracinement et le déplacement de populations étrangères et surtout nombreuses, et de ce fait difficilement assimilables. Allant avec cela, la prise de conscience accrue du danger de l’expansion de l’islam en tant que phénomène idéologique porteur d’une théocratie totalitaire. 

- Le refus de l’idéologie du soi-disant antiracisme se découvrant de plus en plus comme un racisme à rebours, anti-français et anti-chrétien.

- La méfiance grandissante à l’égard du projet de construction européenne s’avérant comme le constructivisme idéologique d’une technocratie mondialiste.

Sur tout cela, il était certes nécessaire que la droite nationale adapte ses analyses et ses positions en fonction des évolutions de la réalité du monde. Mais il y a de plus ou moins bonnes ou mauvaises évolutions et de plus ou moins bonnes adaptations. Cela appelle les constatations et précisions que voici :

L’étiquette de « droite nationale » recouvre aujourd’hui à l’évidence un ensemble moins large. Ceci est dû notamment au fait que pendant longtemps le Front National avec Jean-Marie Le Pen se définissait comme « la droite nationale sociale et populaire ». Avec Marine, le Front National se proclame désormais : « ni de droite ni de gauche ».

Pour ce qui est de nous, nous n’avons pas varié, préférant néanmoins nous définir plutôt comme étant d’une « droite de conviction » eu égard à nos positions très claires et très fermes de maintien sur des valeurs politiques morales et sociales fondamentales ou des positions correspondant toujours aux nécessités de notre temps.

Venons-en aux cinq points :

- Sur l’anticommunisme, il va de soi que la réalité du communisme a beaucoup évolué et qu’on ne peut l’aborder aujourd’hui que d’une manière différente de celle du temps de l’empire soviétique. D’abord, l’idéologie marxiste, surtout sous sa forme marxiste-léniniste du XX° siècle, ne séduit plus guère que des dinosaures mélénchoniens ou des reptiles besancenistes.

Mais cuisinés dans les sauces sino-maoïstes indochinoises ou stalino-coréennes, le communisme demeure aujourd’hui puissant et menaçant, avec ses partis en tant que système totalitaire de pouvoir d’encadrement et de coercition des peuples.

En Russie, malgré son effondrement, le système de pouvoir et d’impulsion de la société, constitué par le FSB (ex. KGB) d’où est issu Poutine, a subsisté puissamment. Le maintien de la charogne siliconée du monstre criminel Lénine dans son Mausolée de la Place Rouge (et ses statues dans bien d’autres villes) ne peut vraiment être tout à fait considéré comme une anodine persistance. Aussi ne faut-il pas négliger l’hypothèse qu’exprime l’écrivain et ancien diplomate Vladimir Fedorovski, déclarant « la Russie de Poutine est autoritaire, mais elle pourrait virer vers un état totalitaire ».

Les politiques américaines et européennes sur l’Ukraine ont certes été lourdes de fautes provocatrices grossières. Mais le fait est que désormais le peuple russe et les minorités russes dans les pays de l’ex-URSS sont agités, la vodka aidant, de graves pulsions de national-impérialisme soviétoïde.

Si, chez certains en Occident, toute une déplorable « russophobie », au sens exact du terme, existe bien, c’est-à-dire en tant que phénomène passionnel et pulsionnel de haine instinctive, il ne faudrait pas y opposer une russophilie tout aussi enthousiaste que celle qui nous conduisit avant 1914 à  l’alliance qui nous jeta dans la guerre.

Par ailleurs, si l’on refuse avec raison les méfaits de l’idéologie mondialiste occidentale, faudrait-il ne pas considérer le danger potentiel de notre puissant et immense ensemble mondial bâti sur l’alliance de la Russie et de ses satellites plus ou moins reconquis, de la Chine et aussi des pays de l’axe islamiste chiite ?

- Sur le respect de la vie et de la famille, l’évolution du FN a été considérable. Elle a été marquée par des années d’affirmation récurrente, de réunion en réunion de Marine Le Pen martelant qu’elle ne remettrait pas en cause la loi Veil, mais tout de même qu’elle s’opposerait au remboursement de l’avortement. Et puis cela aussi a sauté. Marine a déclaré très fermement qu’elle ne défendrait plus cette position.

Sur le soi-disant « mariage pour tous », l’évolution est, nous semble-t-il, analogue. Dans un premier temps, certes, l’affirmation d’une opposition à la loi Taubira : mais sans excès de la part de la direction. Dans un second temps, voilà qu’on laisse déjà, selon la tactique du « voleur chinois » si souvent évoquée par Jean-Marie Le Pen, des « seconds couteaux » affirmer qu’on ne reviendrait pas sur cette loi.

- Nous, sur ces questions de la vie et de la famille, nous ne changeons pas. Tout simplement parce qu’il en va de refuser le meurtre des enfants à naître, qu’il en va ,avec la défense du couple humain initiateur de la vie et protecteur de l’enfance, de la préservation de la civilisation et de l’humanité face à la néo-barbarie contemporaine. Pas besoin d’être chrétien pour s’opposer cela !

- Sur l’opposition à l’idéologie immigrationniste porteuse, avec la banalisation de l’avortement, d’un processus de génocide par substitution de population, nous ne changeons pas. Certes et heureusement, le FN demeure en cette question plutôt sur sa ligne d’origine. Néanmoins il a beaucoup vacillé sur la prise en considération du phénomène islamique qui constitue pourtant le point le plus important de l’immigration.

Sans doute influencé par sa fidèle amitié bien compréhensible pour nombre de musulmans – et nous partageons cela – Jean-Marie Le Pen n’a jamais voulu exprimer personnellement une ligne très claire de réfutation idéologique de l’islam pourtant politiquement comparable au communisme dans sa dimension totalitaire. Marine, toujours pragmatique et selon l’influence de ses conseillers successifs, a quelque peu hésité dans son approche de la question. Néanmoins, elle ne pouvait ignorer les sentiments dominants dans son électorat et elle traite de l’islam sur une ligne de défense vigoureuse de la laïcité sans pour autant jamais aller jusqu’à réfuter et explicitement refuser son idéologie. Par prudence sans doute. Mais une prudence bien imprudente à moyen terme.

- Sur la question de l’antiracisme, l’AGRIF a influencé indéniablement, avec sa cohérence d’analyse et ses actions, toute la droite nationale. Et notamment dans le refus de tout racisme authentique, qu’il soit anti-français, anti-chrétien, antisémite, et aujourd’hui anti-humain. Sur ce plan, on ne peut guère constater d’opposition avec le Front National dans son ensemble.

- Sur la question de l‘Union Européenne, notre droite de conviction défendant les valeurs de la civilisation chrétienne, n’accepte évidemment pas le système totalitaire bruxellois broyeur des identités nationales et aussi de la dignité de la personne humaine. Nous disons aussi bien notre refus d’un repli nationaliste que d’une Europe conglomérat sans frontières et sans âme.

Nous croyons au réalisme d’une Europe des patries librement amies dans différents pactes d’intérêts communs, économiques, géopolitiques, et bien sûr de sécurité. Mais il n’est que temps de reconsidérer le rôle de l’euro qui devrait être ramené à celui d’une monnaie de compte, monnaie commune mais non unique.

Nous le savons, de très nombreux électeurs se reconnaissent dans les idées de la droite de conviction. Même si trop peu de partis et d’hommes politiques se réclament explicitement de ce positionnement.

Mais ces idées s’expriment plus ou moins parmi eux. À chacun alors de voter pour qui leur paraîtront les plus proches de ces valeurs de la vie, et de la dignité humaine, de la famille, et des libertés.


Bernard Antony