29 août 2014

État des lieux de rentrée.

AGRIF


La prochaine lettre de l’AGRIF, « La Griffe », partira ce lundi à l’imprimerie pour livraison dans vos boîtes quelques jours plus tard.

Au sommaire notamment, car c’est un des combats majeurs de notre identité. Mon éditorial : l’islamophilie obligatoire : non merci ! Laïcisme nihiliste : également non !

Et un entretien important avec notre avocat coordinateur, Jérôme Triomphe, qui plaidera pour nous plusieurs dossiers majeurs au long de l’année judiciaire qui s’ouvre.

Pour adhérer à l’AGRIF et s’abonner à La Griffe


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CHRÉTIENTÉ-SOLIDARITÉ-PERSÉCUTIONS



J’ai écouté hier au soir une émission sur la radio dite nationale, consacrée aux réfugiés d’Irak.

L’obsession sans cesse récurrente de l’animatrice (avec des questions d’auditeurs bien sélectionnées dans le même sens) était… qu’il faut surtout se garder de privilégier les chrétiens. Pensez, ils sont déjà plusieurs dizaines à avoir été accueillis chez nous ! Parmi les invités à l’émission et les auditeurs choisis, pas un n’a fait remarquer qu’alors qu’on mégote sur les centaines de chrétiens à sauver, et dont on sait par expérience leur admirable capacité d’intégration chez nous, des musulmans « sans papiers » continuent de déferler par dizaines de milliers sur toutes nos côtes d’Italie, d’Espagne et d’ailleurs.

Ce sera l’objet de mon coup de colère ce mercredi sur Radio-Courtoisie dans notre émission de la Réplique (mercredi prochain de 18 h à 21 h).


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INSTITUT DU PAYS LIBRE


« Question » ukrainienne

Oui, je sais bien, combien les politiques américaines et bruxelloises ont accumulé les maladresses vis-à-vis de la Russie après la fin de l‘URSS alors qu’il fallait profiter de cette phase pour construire de nouvelles relations.

Oui, je sais bien que les gouvernements ukrainiens (corrompus certes ! mais pas plus que les russes) ont accumulé les erreurs.

Oui, je sais bien que la conscience nationale ukrainienne n’est pas partagée par l’ensemble de la population de ses régions de l’Est.

Mais cela dit, il y a d’autres manières de lutter pour la fédéralisation voire l’indépendance que celles du conflit avec des armes lourdes et sophistiquées et, pire encore, l’encadrement, que nul ne nie sérieusement, de forces spéciales du grand voisin russe.

Dans d’autres États, il est de fortes minorités (ou majorités) à vouloir obtenir l’indépendance de leurs nations d’une personnalité historique originale indéniable. Ainsi de la Catalogne en Espagne, ainsi de l’Écosse au Royaume-Uni.

Les voies politiques pour cela sont légitimes et, je le crains, (car je préfère l’Espagne unie) efficaces.

Si les solutions de ces questions nationales ne doivent plus être que militaires, alors je crains que l’expression populaire « c’est reparti comme en 14 ! » ne prenne toute sa signification.

Mes amis polonais m’expriment sur cela leur grande inquiétude.

26 août 2014

Remaniement : dans la continuité du pire...

L'institut du pays Libre communique


Le gouvernement remanié, qui ne durera pas, dans ce qui touche à l’essentiel, c’est-à-dire la vie, l’éducation, l’identité culturelle, est dans la même ligne que celui d’hier, celle du pire, celle du nihilisme désintégrateur.

Il ne rétablira pas l’économie qui est d’abord fondamentalement atteinte par la perversion intellectuelle et morale des gouvernants.

Heureusement, messieurs Hollande et Valls ne tiendront pas longtemps. Mais la France ne survivra que par l’effort d’un radical changement de régime.


Voici le communiqué de notre ami Vivien Hoch, à propos de la nomination de Najat Vallaud-Belkacem à l'éducation nationale :

La petite papesse de la théorie du genre, de la médiocrité, de l'incompétence, du sourire niais et du nihilisme, Najat Vallaud-Belkacem, est nommée ministre de l'éducation nationale. 

Des moments très difficiles attendent les enseignants, plus particulièrement ceux qui travaillent dans l'enseignement catholique, mais aussi, et surtout, les pauvres enfants Français...


25 août 2014

Aymeric Chauprade, Israël et l’islamisme sunnite : points d’accord, réflexions et réserves.

Aymeric Chauprade, député français au Parlement Européen du Front National, vient de publier un texte intéressant sur ce que devrait être, selon lui, la politique étrangère de la France. 

Sur certains points, il rencontre notre approbation ; sur d’autres, nos réserves. 


Chauprade a raison d’écrire : 

« À moins donc qu’il ne soit gouverné par un antisémitisme obsessionnel, un patriote français ne peut chercher à former contre Israël, et avec l’extrême gauche pro-palestinienne, la racaille des banlieue et les islamistes, une alliance à la fois contre-nature et sans issue politique ». 

Depuis longtemps, nous n’avons cessé d’affirmer cette position motivant en profondeur nos observations et réflexions sur le monde juif, le judaïsme et Israël par la publication en 2007 de notre « Histoire des Juifs d’Abraham à nos jours » et en 2011 de « Ce que j’ai vu en Terre Sainte ». 

Dès les années 1980, simultanément à nos combats contre les idéologues immigrationnistes du soi-disant « anti-racisme » et notamment les intellocrates juifs d’extrême-gauche, nous avons, autant que nécessaire, et nous attirant bien des injures et calomnies, exprimé notre affliction et totale opposition devant les écrits et agissements de toute une nébuleuse obsessionnellement antisémite.

Celle-ci ne se ramène d’ailleurs pas à certaines mouvances d’extrême-droite et d’extrême-gauche traditionnelles puisque ces dernières sont de plus en plus liées à de puissantes mouvances islamiques plus ou moins radicales. Au-delà même du phénomène social immémorial et universel du « bouc émissaire » analysé par le philosophe René Girard, le phénomène dénoncé aujourd’hui par Chauprade aussi procède d’une sorte de fascination idolâtrique inversée pour le peuple juif. 

Le peuple juif dans sa grande diversité y est comme coagulé, collectivement individualisé dans l’abstraction appelée : « le juif ». Et voilà cette entité devenue en effet comme le bouc qui, selon la Bible, était chargé de tous les péchés d’Israël et que le « grand-prêtre » devait sacrifier le jour de « l’Expiation ». Ce bouc émissaire était un animal bien commode pour les juifs puisqu’il les débarrassait de leurs péchés. Mais mieux encore pour les antisémites obsessionnels, le « juif » est à l’origine de tous les péchés, de tous les maux de l’humanité. Causalité cachée, sinon évidente, de tous les conflits, de tous les complots. Et même du naufrage du Titanic dû au juif Iceberg ! 

L’antisémitisme obsessionnel relève non seulement de l’irrationnel voire du magique mais il est bien sûr totalement anti-chrétien, le Christ, en quelque sorte dernier « bouc émissaire » d’Israël s’étant offert en sacrifice pour les péchés de tous les hommes. 

Déjà, en son temps, Saint Bernard, qui est un des grands docteurs de l’Église, avait dû, avec la dernière énergie, combattre puis se résoudre à faire éliminer le moine Rodolphe, antijuif halluciné, instigateur de pogroms sur les arrières de la deuxième Croisade. 

Cette observation historico-psychologique de l’antisémitisme « obsessionnel », d’ailleurs développé depuis les Lumières et le temps des idéologies, comme l’a fort bien montré l’historien Arthur Hertzberg (président du congrès juif américain) n’implique évidemment pas une sorte de sacralisation à rebours du peuple juif, un a priori de complaisance systématique. En particulier pour la politique de l’État d’Israël. Le peuple juif est en effet, depuis des millénaires, non seulement très diversifié mais religieusement et idéologiquement divisé. Et plus encore dans le monde moderne où dans les dérives athées de son millénarisme religieux se sont développées chez beaucoup des siens les grandes monstruosités du marxisme-léninisme, staliniennes, trotskystes ou maoistes. Comme les ont remarquablement décrites et analysées à notre époque nombre d’historiens et de penseurs juifs, citons au moins ici Annie Kriegel, Yuri Slezkine et Simon Sebag Montetfiore. Et saluons encore une fois ici leurs appels à la repentance du peuple juif pour les immenses crimes du bolchévisme dont tant de juifs ont été les acteurs…

Se séparant de ce grand phénomène révolutionnaire juif, et rapidement très opposé, a surgi à la charnière des XIX° et XX° siècles le nationalisme juif, le sionisme dont le personnage le plus emblématique a été le charismatique Théodor Herzl. 

Dans les années 1920, 1930, au sein du sionisme ont surgi des courants et des groupes très mimétiques du fascisme dans les idées et les formes d’action violente : avec des théoriciens et des activistes tels que Zeev Jabotinski, Shaoul Akimeïr, le futur premier ministre Menahem Begin et autres chefs du Betar, de l’Irgoun et du Stern, organisations de lutte armée et même terroriste pour la création de l‘État d’Israël. 

Aujourd’hui, à côté du sionisme initialement majoritairement ashkénaze et laïque, s’est développé un sionisme religieux, plutôt Sépharade, hélas avec des groupes extrémistes racistes et violents à la fois anti-arabes et anti-chrétiens, ce qui n’est pas du tout partagé par la majorité des patriotes Israéliens. Mais nous attendons bien sûr du gouvernement israélien plus de vigueur dans la poursuite des délits racistes et anti-chrétiens et pour la protection des droits et libertés des chrétiens. 

Nous comptons pour cela sur l’influence efficace de nos amis juifs et israéliens qui comprennent que nous soyons aussi sensibles au sort des chrétiens en Israël que le sont les Israéliens au sort des juifs en France, qui hélas peuvent en effet être massacrés par des assassins islamistes tel Mohamed Merah si admiré par toute une fraction de population non négligeable.

Cela rappelé, une politique étrangère de la France dans l’amitié avec Israël, telle que justement prônée par Chauprade, ne peut se satisfaire du conflit sans fin entre les Israéliens et les Palestiniens, sans claire solution de paix visible, appuyée par des actes. Cette solution n’est pas compatible avec une continuelle décrédibilisation des dirigeants Palestiniens les plus modérés auxquels on ne laisse administrer que de dérisoires confettis de territoires sans cesse plus réduits. 

La voie de la paix ne passe certes pas par le soutien des amis d’Israël et de la France en particulier aux islamistes terroristes du Hamas, branche palestinienne des Frères musulmans. Mais elle ne passe pas non plus par une politique d’enfermement de la population de Gaza par lequel on fabrique sans cesse en masse les désespérés renouvelant autant que de besoin les rangs de ce Hamas.

Aymeric Chauprade n’a pas tout à fait tort de désigner comme « ennemi prioritaire » de la France ce qu’il appelle « le fondamentalisme islamique sunnite ». La collection entière de Reconquête et de Chrétienté-Solidarité depuis 1982 et nos ouvrages sur l’islam prouvent amplement que nous n’avons pas cessé, sans aucune haine pour les musulmans, de dénoncer la menace sans cesse grandissante de l’idéologie de la théocratie totalitaire islamique, réveillée après un certain assoupissement sous les colonisations européennes. 

Mais, nous pensons que si, conjoncturellement, l’ennemi islamiste prioritaire est en effet ce fondamentalisme sunnite, il convient de ne pas perdre de vue que l’islamisme chiite est de même nature. 

Ainsi, selon une stricte application de la charia, on condamne de même, à Téhéran et à Khartoum, au supplice du fouet puis à la pendaison les personnes ayant abandonné l’islam pour la foi dans le Christ. Notre ami le pasteur Saïd Oujibou tient à disposition d’Aymeric Chauprade les identités et les photos des suppliciés en Iran. 

Enfin, il ne faudrait pas négliger que le monde islamique, tant chiite que sunnite, arabe, perse ou kurde, druze ou alaouite, est capable d’étonnants retournements de stratégies et d’alliances. Qui pourrait affirmer que l’on ne verra pas demain, à nouveau ligués contre Israël et plus globalement contre l’Occident, le Hezbollah chiite et le Hamas sunnite ?

Résister aux appétits américains sur la France et l’Europe en général et vouloir, selon notre slogan ancien « Sortir de cette Europe-là », c’est une chose. Elle n’implique pas qu’il faille rejoindre l’axe stratégique russe avec la Chine communiste et l’Iran islamiste. Nous préférons certes esthétiquement la politique de Poutine et sa défense de certaines valeurs identitaires ou universelles à bien des aspects des politiques de culture de mort américaines et eurocratiques. Mais le peuple français a déjà payé cher il y a un siècle ses illusions russophiles. Les erreurs et aberrations des États-Unis et de l’Union Européenne vis-à-vis de la Russie sont certes affligeantes. Mais il demeure encore trop d’idées et de pratiques soviétiques chez Poutine pour que l’on ne soit pas très circonspect sur une stratégie d’option préférentielle pour la Russie qu’Aymeric Chauprade, on le sait, souhaiterait.. 

Dernier point enfin : il va de soi pour nous que, si la menace prioritaire à combattre, à l’extérieur comme à l’intérieur, est bien celle de l’islam totalitaire et jihadiste, il y a simultanément, selon une égale nécessité, un autre ennemi à combattre : le nihilisme de la culture de mort (IVG-LGBT-euthanasie-désintégration de la famille) dans nos institutions et nos lois. Créant le vide social sur lequel s’engouffre et s’établit l’islamisme.

On doit mesurer ici qu’à l’opposé de la véritable laïcité, qui est recherche d’équilibre des domaines de la religion et de la politique pour répondre à toutes les aspirations humaines, le laïcisme accomplit la désintégration du lien social naturel que renforce une commune référence religieuse. 

Mais justement, ou bien celle-ci est la religion de l’Évangile dans laquelle Dieu prescrit de rendre à César ce qui appartient à César, ou bien elle est celle de l’imbroglio totalitaire de l’islam où il n’est ni séparation des domaines ni liberté des personnes. Mais un « ordre » politico-social-moral et religieux où chacun prend part à la surveillance de tous. 

Ne pas voir que l’islam là où il règne avec sa charia est un grand modèle totalitaire, c’est un déni de réalité. Il est heureux qu’au Front National le temps des illusions semble sur ce point s’estomper grâce à des hommes comme Chauprade. Il serait temps aussi que n’y domine plus la vieille conception révolutionnaire et étatique et laïciste de la laïcité. Prendre le pouvoir politique, c’est en effet un bel objectif mais l’important c’est la réanimation de la société, par la réhabilitation et la protection de la famille qui souffre par trop des décompositions et recompositions. La réflexion, l’expérience et le regard sur la réalité prouvent que face à l’islamisme, ce laïcisme, cause de l’atomisation sociale, ne fait pas le poids. 

C’est toute la société qu’il faut reconstruire, pierre à pierre, le ciment chrétien y est indispensable.

18 août 2014

Préambule : Comme prévu et sauf événement contraire, je m’efforcerai de reprendre ici une rédaction régulière (trois fois par semaine environ) dès la semaine prochaine. Mais sans plus attendre je veux aujourd’hui réagir à l’actualité providentiellement éclairée pour moi par mes lectures de ces jours d’été.


Sur le débarquement en Provence :


Dans l’atmosphère générale délétère de ses échecs et de son sale travail de décomposition socialiste de la société, François Hollande s’est efforcé de récupérer martialement à son profit, l’anniversaire du débarquement de l’Armée d’Afrique sur les côtes varoises.


Il y a trois semaines, je rappelais aux participants à notre université d’été que la route d’accès au fort de « Six Fours » dominant à l’Ouest de la rade de Toulon, portait le nom de l’escadron du capitaine Caniot auquel se rendit la garnison allemande. Guy Caniot fut un fidèle ami de Chrétienté-Solidarité de 1971 à sa mort il y a quelques années.


Le capitaine Guy Caniot, juriste et psychologue, devait ensuite accomplir un brillant parcours d’officier le menant de l’Allemagne à l’Indochine et à l’Algérie, sa terre bien-aimée. Il fut avec les colonels Garde et Lacheroy un des créateurs du « cinquième bureau » celui de « l’action psychologique » qui se révéla d’une redoutable efficacité face au Viet-Minh puis au FLN pour la reconquête des populations gagnées en Indochine par la subversion communiste puis fellagha en Algérie. En 1961, Guy Caniot, alors colonel et directeur du journal de l’armée française, « Le Bled », préféra démissionner pour son honneur, plutôt que de se soumettre à une inique politique d’abandon et de trahison. Il ramena notamment avec lui toute la famille menacée du pire d’un sous-officier de l’armée française, Djilahi Chelbab dont les enfants parfaitement intégrés ont abandonné le carcan social islamique pour l’épanouissement chrétien.


La providence a fait qu’au moment des célébrations du débarquement en Provence, je venais juste de terminer un très précieux livre de ce grand avocat que fut Jean-Marc Varaut : « Le procès Pétain ». Au cours de ce procès, malgré la partialité indigne du tribunal et les menaces communistes, de grands témoins, au premier rang le général Maxime Weygand et d’illustres généraux et amiraux à sa suite, vinrent témoigner de ce que sans l’armistice conclue par le Maréchal avec le vainqueur allemand, la solution n’aurait été que celle de la reddition sans condition livrant alors au Reich tout le territoire, toute l’armée, toute la marine et aussi le contrôle de l’Afrique du Nord.

Sans cet armistice, certes peu glorieux, mais solution du moindre pire, il n’y aurait eu ni armée d’Afrique ni débarquement en Provence. C’est ce que voulait exprimer de vive voix à la barre le « patron » de cette armée, le général (pied-noir) Alphonse Juin. Expédié ailleurs « en mission » par De Gaulle afin d’empêcher ce témoignage pour l’honneur de la vérité, le général Juin, sur la demande de maître Isorni, développa néanmoins par écrit (mais cela n’avait pas le poids de la présence physique), combien sous le couvert de Vichy, l’armée française d’Afrique avait pu se structurer et se préparer.


Or par la reddition sans condition de notre armée, les forces de l’Axe, d’Hitler et de Mussolini, ayant alors la maîtrise de nos départements d’AFN et de nos colonies, le cours de la guerre aurait pu être tragiquement différent et la victoire alliée gravement compromise voire impossible. Ce qu’a notamment souvent rappelé dans ses écrits avec toute sa rigueur d’analyse la grande journaliste juive Annie Kriegel dont je recommande le livre de mémoires : « Ce que j’ai pu comprendre ».


On lit aussi dans le grand travail de maître Varaut le témoignage émouvant de l’héroïque prince Xavier de Bourbon-Parme, grand résistant, arrêté par la Gestapo, condamné à mort comme chef de maquis, gracié grâce à l’intervention du Maréchal Pétain, déporté à Natzweiler puis à Dachau. Le prince, encore marqué par l’épuisement de sa détention et les horreurs perpétrées par les bourreaux (328 condamnés pendus en sa présence au camp de Natzweiler !), rappela que selon lui sans l’action du Maréchal, sacrificielle de sa personne, des millions de déportés français seraient morts dans les camps et combien aurait été compromise, retardée ou rendue impossible la victoire des Alliés.


Alors, j’ai trouvé que par la présentation si partielle et partiale des conditions du débarquement, les cocoricos de François Hollande ont été ce 15 août quelque peu indécents. Je n’ai pas entendu l’hommage dû, tout de même, à la population pied-noir. Quant à la présence algérienne sur notre porte-avion, faut-il rappeler ici que bien des futurs cadres musulmans du FLN combattaient alors avec les nazis dont ils partageaient l’antisémitisme se rangeant derrière le Grand Mufti de Jérusalem, Amal Al Husseini, grand recruteur de SS.

Je n’ai pas entendu non plus dans les passages retransmis des discours de François Hollande, l’hommage que la piété nationale doit au général Weygand autant qu’au maréchal Juin et à tous les officiers de l’honneur français qui, sans l’armistice de 1940, n’auraient pu forger l’armée des grandes batailles d’Italie et du débarquement en Provence.



Sur la Russie et l’Ukraine :


J’ai lu avec intérêt le portrait de Vladimir Poutine brossé par cet immense connaisseur de la Russie qu’est Vladimir Fédorovski dans son dernier livre titré « Poutine – l’itinéraire secret ». Ni encenseur inconditionnel, ni opposant systématique, Fédorovski éclaire quelques zones d’ombre du maître du Kremlin et nous brosse les cinq visages qu’il offre selon les circonstances. Poutine est assurément un prodigieux acteur. L’admirer comme personnage c’est donc une chose, tout approuver de sa politique, c’en est une autre. Surtout si on n’est pas Russe ! Fédorovski écrit notamment : « Pour achever ce tour d’horizon de la Russie selon Vladimir Poutine, il convient de méditer une fois encore sa très célèbre phrase : « Celui qui ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur. Celui qui la regrette n’a pas d’intelligence... » Maxime à la fois lucide et ambiguë, pouvant générer tous les bienfaits comme toutes les dérives. »



« Les principes de la géopolitique » d’Alexandre Douguine :


Me promenant comme chaque été dans les milliers de volumes de la bibliothèque et des archives que j’accumule depuis un demi-siècle, voilà que j’ai retrouvé la recension fournie par Stepan Semeniuk en 1998 dans la revue « L’Est européen » d’un des penseurs de la géopolitique russe, Alexandre Douguine, et titré « Les principes de la géopolitique ». Voilà notamment ce qu’écrivait Douguine il y a à peine seize ans :




« L’existence de l’Ukraine dans ses frontières actuelles et avec son statut « d’Etat souverain » équivaut à un violent coup porté à la sécurité géopolitique de la Russie et à une incursion dans son territoire. L’existence d’une Ukraine unie est intolérable. Ce territoire doit être divisé en plusieurs morceaux correspondants aux réalités géopolitiques et ethnoculturelles »

Et plus loin : 
« La frontière stratégique de la Russie sur ces parallèles ne peut dépendre de l’emplacement des frontières ukraino-polonaises, ukraino-hongroise ou ukraino-slovaque. Cette frontière stratégique doit se trouver beaucoup plus à l’ouest, au moins sur la limite ouest de l’Europe centrale, et dans le meilleur des cas sur la côte Atlantique. »


Et encore :
« Moscou doit activement s’immiscer dans la reconstruction de l’espace ukrainien suivant le seul modèle géopolitique logique et naturel ». « A travers la Roumanie, la Moldavie, et l’Ukraine centrale se trouve un espace homogène, peuplé de peuples orthodoxes qui relie les terres de Russie à la Serbie, poste avancé de l’Eurasie dans les Balkans ».


Certes la doctrine géopolitique de Douguine n’est heureusement pas forcément celle de Poutine. Mais il n’est pas interdit de penser qu’elle pourrait néanmoins l’inspirer quelquefois. Espérons que non.


Dans le même numéro de « L’Est européen » on pouvait lire que selon le rapport de N. Podgornyi, « chef du P.C. en Ukraine, envoyé au Comité central du P.C. à Moscou le 23 septembre 1956, dans la période de 1944 à 1955, plus de 150 000 membres des organisations anticommunistes ukrainiennes, UPA et OUN, ont été tués, 103 828 membres de l’OUN et autres éléments nationalistes ont été arrêtés, et 65 000 familles de nationalistes et de leurs complices, soit 203 662 personnes, ont été déportés à titre de mesures de riposte ».

On oublie trop souvent en effet qu’après avoir subi sous Staline l’immense génocide que l’on sait, les nationalistes ukrainiens poursuivirent longtemps la lutte antisoviétique. La mémoire de cela ne doit pas être occultée lorsqu’on entend réfléchir aussi objectivement que possible à la question ukraino-russe. Non seulement il ne faut pas oublier que les orthodoxes d’Ukraine ne sont pas, loin de là, tous des fidèles du patriarcat de Moscou mais beaucoup des fidèles de celui de Kiev. Ni oublier les six millions de catholiques uniates. Alors, si on ne saurait minimiser les accablantes erreurs voire provocations des politiques des Etats-Unis et de l’Union Européenne vis-à-vis de la Russie actuelle, on ne saurait non plus négliger que pour beaucoup de peuples enfermés jusqu’il y a peu dans le carcan et les goulags du Pacte de Varsovie, le pouvoir russe a pu et peut être encore subjectivement perçu comme héritier du soviétique et de ses menaces. On ne peut pas ne pas prendre cela en considération. Surtout que la charogne de Lénine n’a toujours pas été enlevée de son mausolée sur la Place rouge avec les hommages qui lui sont toujours rendus.

Ne pas occulter l’histoire de son pays, ce n’est pas vouloir tout en assumer, encore moins tout en admirer ! Sur cela, mieux vaut Maurras que Clémenceau !


Des nationalistes ou patriotes selon nous de réflexion un peu courte en la matière, reprennent souvent l’affirmation de Clémenceau affirmant ne pas vouloir choisir dans l’héritage de la Révolution française mais vouloir tout en conserver : « La Révolution c’est un bloc »... Et ils étendent volontiers cette réflexion à l’ensemble de l’histoire. Certains admirateurs de l’actuelle Russie justifient donc la ligne de Poutine d’exaltation de tout le passé russe et y compris de « l’œuvre soviétique ».

Nous ne partageons pas du tout cette position. Ne rien occulter autant qu’on le peut, de l’histoire d’un peuple, du russe comme du nôtre, c’est en effet un devoir de vérité. Mais on ne saurait tout exalter ni tout justifier. En la matière, notre doctrine est celle de Charles Maurras : « La tradition est critique ».

Etre un patriote, un nationaliste français n’implique pas de tout justifier des décisions politiques de nos rois ou des institutions politiques de l’Ancien régime ou des rapports de l’Eglise et de la monarchie. Encore moins, ne peut-on justifier les abominations de la Révolution française, mère de tous les totalitarismes modernes. Alors, nous n’allons tout de même pas admirer chez un Poutine son exaltation de la grandeur de l’URSS et notamment de celle de la Tchéka de Djerjinski continuée par le Guépéou, le NKVD et le KGB devenu FSB où il a été formé.

L’action de nos gouvernements français et occidentaux nous donnent souvent envie de vomir et nous pouvons en regard admirer certains aspects de la politique de Poutine. Mais en admirer tout, quasi-inconditionnellement, c’est selon nous abdiquer tout esprit critique, céder une nouvelle fois à cette fascination-attraction pour la puissance qui fut et est souvent le ressort principal des collaborations avec les totalitarismes que ce soit le nazisme, le communisme, l’islam.


Faut-il être désormais obligatoirement islamophile ? Non merci !


Pour avoir exprimé par un mot un peu cru son islamophobie, Christine Tasin, dirigeante de Riposte laïque, a été condamnée par un tribunal à 3 000 euros d’amende. Ce que nous en pensons ? C’est que c’est là une incroyable atteinte liberticide à la liberté d’expression.

Les rappeurs de la haine antifrançaise appelant au viol et au meurtre et dame Caroline Fourest appelant à redonner les chrétiens aux lions, n’ont-ils pas traité le christianisme avec des termes bien pires que « saloperie » ?

Bien des choses nous séparent des dirigeants de Riposte laïque qui, à ce que j’en ai compris, ont pu éprouver aussi beaucoup d’aversion à l’égard du catholicisme. Aux catholiques que nous sommes de la leur faire peut-être regretter en leur faisant comprendre charitablement la véritable nature de notre foi. Peut-être aussi leur faire comprendre que la véritable laïcité (« Rendre à César... ») est un don du christianisme et que leur idéologie politique laïciste, individualiste, accomplit finalement une œuvre de déstructuration nihiliste sur laquelle s’engouffre l’islam et sa charia totalitaire.

La religion (« religare ») c’est ce qui relie, c’est ce qui unit, mais dans l’amour, la vérité, la liberté. Et nous avons donc ma foi, par delà notre opposition à leur laïcisme, de la sympathie humaine, française et chrétienne pour les dirigeants de Riposte laïque. Dans l’espoir qu’ils s’apercevront un jour qu’en voulant la destruction laïciste du lien social et religieux du christianisme, ils font le lit de cet islam qu’ils refusent.





Chrétienté-Solidarité-Persécutions en Irak :



Les religieux dominicains réfugiés au Kurdistan s’emploient à retrouver les enfants parrainés par notre organisation. Grâce à tous les amis qui ont, ces jours derniers, répondu à notre appel, nous avons pu aider ces religieux avec un premier don de 8 000 euros pour les achats de médicaments et de produits de première nécessité. Rappelons ici que notre association reverse le montant intégral des dons reçus pour les parrainages et pour cet appel à l’aide d’urgence.


Merci à ceux qui, par ailleurs, nous font quelques versements bien spécifiques pour nos frais de fonctionnement.






08 août 2014

Chrétiens d’Orient : d’abord sauver la vie des fugitifs !

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[Communiqué] Chrétienté-Solidarité-Persécution

  
Un siècle après le génocide principalement « arménien » mais qui frappa aussi les autres communautés chrétiennes de l’empire Ottoman, un autre de ces tsunamis de fanatisme qui ponctue régulièrement, depuis son origine, les avancées de l’islam, éradique actuellement les derniers chrétiens de Mésopotamie. Ceux-ci, comme tant d’autres au fil des siècles, sont sommés de choisir entre la conversion au Coran ou la fuite héroïque pour sauver leur foi et celle de leurs enfants.

Parmi ces derniers, près de deux cents orphelins ou des plus sinistrés ont subsisté grâce aux parrainages de Chrétienté-Solidarité Persécutions. Beaucoup ont été transférés de Bagdad à Mossoul. Après que Mossoul ai été conquise par les islamistes, beaucoup avaient fuit à Qaraqosh. Qaraqosh est tombée, vidée de ses habitants, fuyant par dizaines de milliers l’horreur du jihad et de la charia. Chrétienté-Solidarité va s’efforcer de savoir au plus vite quel est leur sort et où ils sont, certains qu’ils auront fui avec les dominicains qui les accueillait.

On mesure aujourd’hui l’inanité des discours de certains, conseillant aux chrétiens de demeurer coûte que coûte pour maintenir l’idéal du « vivre-ensemble » (sic !). Pour Chrétienté-Solidarité, clairement, les chrétiens doivent être accueillis chez nous en grand nombre. Ils ne sont pas des immigrés, mais des réfugiés qui n'ont pas le choix. Et l’expérience prouve que les chrétiens d’Orient en France, Arméniens, Chaldéens et autres, s’intègrent vite et travaillent bien.

Chrétienté-Solidarité-Persécution amplifiera très vite son œuvre de parrainage, dont la spécificité est d’assurer à chaque enfant l’intégralité de la somme recueillie pour lui. Il appelle, pour l’heure, et exceptionnellement, tous ses adhérents et amis, et tous les Français qui approuvent son action depuis tant d’années, à envoyer des dons qui seront très vite utilisés grâce à l’intermédiaire de l’AEMO de M. Elish Yako pour l’achat de médicaments de première urgence.







Ou en envoyant un chèque (à l’ordre de Chrétienté-Solidarité) à l’adresse suivante :

Chrétienté-Solidarité 
70 boulevard Saint-Germain 
75005 Paris

31 juillet 2014

Chrétiens d’Irak : l’exigence de charité

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Sort des réfugiés : contradiction objective entre les propos habituels du pape et ceux de la délégation épiscopale française au Kurdistan

Séjournant au Kurdistan qui n’est plus guère irakien et qui est pour le moment un territoire en paix, le cardinal Barbarin, l’évêque Dubost et le prélat Mgr Gollnisch de l’œuvre d’Orient ont tenu des propos sur le devenir des chrétiens d’Irak chassés des zones conquises par le nouveau Califat, bien différents de ceux régulièrement émis sur la question par le pape François.

Pour ces hiérarques français, l’accueil dans d’autres pays de ces chrétiens fuyant la terreur des salafistes n’est pas la solution. Nonobstant le fait que beaucoup, et depuis longtemps d’ailleurs, ont été assassinés et torturés tel Mgr Faraj Raho, évêque de Mossoul, dont nous avons jadis aidé la famille à trouver un lieu d’accueil à Toulon.

Ces responsables catholiques français n’émettent pas que les chrétiens massacrés sont martyrisés pour leur foi dans le Christ, mais, selon eux, les chrétiens doivent être, fût-ce au prix de leur vie, les mainteneurs de l’idéal humaniste du vivre-ensemble. Il faudra donc qu’au plus vite ils retournent chez eux « vivre-ensemble » avec les musulmans.

On note au passage la convergence, sinon la similitude des propos épiscopaux avec ceux de M. Louis Aliot, Vice-président du Front National. Le cardinal, l’évêque et le prélat, il y a peu si chaleureux dans leurs vœux de bon ramadan aux musulmans se sont gardés de rappeler que le « vivre-ensemble » comporte, pour les chrétiens, l’acceptation du régime plus ou moins féroce mais toujours, pour le moins, discriminant et humiliant, de statut de la dhimmitude, selon le modèle instauré par le fondateur de l’islam.

Étonnamment, ces propos sont en parfaite contradiction avec ceux du pape François qui souvent fulmine sa colère devant le fait que l’Europe n’accueille pas assez, pas assez vite et pas assez bien les centaines de milliers d’immigrés qui arrivent sans cesse sur les côtes de Sicile et d’ailleurs. Ceux-là, il est vrai, sont à 90% des musulmans, que n’accueillent cependant pas les très riches états islamistes. Ces populations, qui rejoignent les masses de musulmans en Europe, doivent en effet bénéficier de l’idéal du « vivre-ensemble ».


Chrétienté-Solidarité exprime pour sa part sa position, respectueusement équidistante de celle du pape et de celle du cardinal Barbarin et des autres. Comme ni la France, ni les autres pays d’Occident ne peuvent aujourd’hui protéger les chrétiens des nombreuses terreurs islamiques, on doit pouvoir accueillir dans nos pays les plus menacés. L’expérience prouve que leur intégration est rapide et paisible.

D’autre part, il serait souhaitable que le pape François invite les riches puissances musulmanes à accueillir les immigrés fuyant les pays d’islam déstabilisés. Ce serait là une double perspective de charité :

- charité des chrétiens pour leurs frères chrétiens fuyant les massacres islamistes

- charité politique réaliste à l’abri de l’illusion d’un « vivre-ensemble » dont l’expérience prouve qu’elle débouche trop souvent, à terme, sur de nouvelles tragédies.


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Relire : Le génocide des chrétiens d'Orient, par Bernard Antony et Richard Haddad.

http://lagrif.fr/nos-livres/1-livres/P8-le-genocide-des-chretiens-d-orient