lundi 27 janvier 2020

Calamiteuse réforme des retraites et revitalisation du syndicalisme révolutionnaire


Mémoire d’un grand ministre de l’Intérieur : Jules Moch…

Il ne manquait plus que cela à ce gouvernement d’amateurs : voilà que le Conseil d’État, qui doit être obligatoirement saisi avant toute présentation d’un projet de loi devant le Parlement, a formulé ce vendredi les plus sévères objections sur celui de la réforme des retraites. 

Il déplore les « projections financières lacunaires » du gouvernement et un recours aux ordonnances qui fait perdre la visibilité d’ensemble. 

Bref, la réforme s’enfonce dans le cafouillage et le fuligineux. Pour l’instant, le seul effet de ce projet de loi dont on ne saurait prévoir sur quoi il débouchera aura été de revitaliser l’archaïque syndicalisme révolutionnaire, notamment de la CGT et de SUD, sans oublier les anarchistes de la CNT. Et ceci avec l’élément nouveau d’une active convergence unitaire de Force Ouvrière pourtant pendant de longues années, depuis sa création, adversaire déterminée de la CGT. 

Somme toute, dans l’espace syndical, la constitution d’une sorte de Front Populaire impossible à réaliser aujourd’hui avec les partis politiques.

Rappelons ici que la CGT, créée en 1895, avait fait l’objet en 1921 dans son congrès de Lille d’une tentative de conquête des communistes qui avaient précédemment pris le contrôle du parti socialiste lors du congrès de Tours en 1920. Ayant échoué dans leur opération syndicale, les communistes, pratiquant alors le « fractionnisme révolutionnaire » exigé par Lénine, quittèrent la CGT pour lancer la CGTU (Confédération Générale du Travail Unitaire).

En 1936 le Front Populaire, regroupant alors à nouveau les socialistes et les communistes (et radicaux socialistes), la CGT fut réunifiée. Pour peu de temps.

Car les divisions politiques entraînèrent également la fracture syndicale. 

Le parti communiste « français » obéissant aveuglément aux ordres de Staline, l’allié d’Hitler de 1939 à 1941, devint le parti de la collaboration la plus active avec l’occupant nazi, applaudissant notamment à l’invasion conjointe de la Pologne et à son partage entre les deux régimes prédateurs. 

Jusqu’au déclenchement de la guerre entre les deux monstres totalitaires le 22 juin 1941.

Le parti communiste, qui était clandestin depuis sa dissolution en 1939 par le gouvernement de gauche de Daladier pour son activité doublement collaborationniste, pro-soviétique et pro-nazie, rentra alors dans la résistance à l’occupant. Avec la force de son appareil clandestin et de son efficacité dans le noyautage, notamment de nombre de syndicats en sommeil d’une CGT interdite.

À la libération, des anciens dirigeants non communistes de la CGT, Léon Jouhaux le premier, revenu de déportation, constatèrent que les camarades staliniens s’étaient emparés de l‘essentiel de l’organisation syndicale. 

Ce, d’autant plus facilement que plusieurs de leurs plus éminents camarades syndiqués de l’avant-guerre avaient soutenu la « Charte du travail » du régime de Vichy. Et notamment René Belin qui était devenu ministre du travail. 

Au sein de la CGT renaissante, la situation des non communistes, socialistes ou réformistes, devenait impossible, marginalisés et de plus en plus menacés dans bien des entreprises par les nervis du parti. 

Ils organisèrent alors courageusement autour des quelques syndicats ayant échappé à l’emprise bolchevique une résistance appelée « Force Ouvrière » et d’où procèderait une nouvelle scission de la CGT désormais et durablement aux mains des communistes, ce sera la CGT-FO (Confédération Générale du travail – Force ouvrière) communément appelée « Force Ouvrière » et dont le congrès constitutif se tint en avril 1948.

Cependant, la CGT, désormais principal instrument communiste d’encadrement et de mobilisation du monde ouvrier lançait en 1947 d’énormes grèves insurrectionnelles. On pouvait craindre qu’elles ne soient que le prélude à une prise du pouvoir par le parti communiste alors très puissant. Comme cela s’était déjà produit et allait encore se dérouler dans les pays de l’Europe de l’Est, de la Mer noire à la Baltique, abandonnés par les alliés à la mainmise de Staline.

Le général de Gaulle avait démissionné le 26 janvier 1946 de la présidence du gouvernement provisoire issu de la Libération. 

Ce, en raison du jeu des partis et particulièrement du parti communiste bien qu’il ait pris cinq ministres dans son gouvernement dont le traître Thorez.

Le premier président de la IV° République, Vincent Auriol, avait été élu en 1947. Il avait appelé comme chef du gouvernement le socialiste Paul Ramadier. Ce dernier en écarta les communistes. Après lui, les chefs du gouvernement se succédèrent alors fréquemment en raison du déséquilibre institutionnel de la IV° République. 

Mais, du 24 novembre 1947 au 7 février 1950, sous cinq gouvernements, demeura au ministère de l’Intérieur, heureusement pour la France, un homme exceptionnel, le socialiste anticommuniste Jules Moch qui apporta un soutien discret mais efficace à Force Ouvrière.

Cette organisation syndicale n’aurait jamais défilé alors avec la CGT comme elle le fait aujourd’hui…

Disons ici que, évidemment, comme socialiste et franc-maçon laïcard Jules Moch n’avait pas sur bien des plans les idées politiques et sociales qui sont les nôtres. Mais le principal danger pour le monde libre était alors la formidable avancée, partout, du communisme à la conquête du monde. 

Jules Moch, Français juif, grand patriote héroïque, combattant des deux guerres, en fut en France le plus redoutable et efficace adversaire. 

Officier polytechnicien initialement versé dans l’artillerie, il avait été incorporé dès le début de la guerre dans le Génie, participant en première ligne à la guerre des mines. Décoré de la croix de guerre et de quatre citations successives, il sera gravement gazé. À l’issue de la guerre, il servira dans le Génie maritime. 

Quittant l’armée en 1920, il rentre dans l’industrie privée. Cela l’amène à des missions dans les pays baltes sous le joug soviétique et à Moscou. Il retirera de cette expérience une définitive et totale détestation du communisme.

À partir de 1928, il entre en politique, adhérent à la SFIO, vite député puis ministre. Dès la déclaration de guerre, quoique alors député, il s’engage dans la Marine avec le grade de commandant et prend part à la campagne de Norvège. Après l’armistice, il rentre dans la résistance puis en 1943, passant par l’Espagne d’où la police du général Franco ne renvoie pas en France les résistants français en cavale, il rejoint le général de Gaulle à Londres pour reprendre du service dans les Forces Navales Françaises Libres.

Il participe en août 1944 au débarquement en Provence. 

À cette époque, le patron du parti communiste, le « traître Thorez », qui a déserté en octobre 1939 dès le début de la guerre, coule des jours paisibles dans la datcha près de Moscou que Staline lui a attribuée. 

Le patriote Jules Moch, lui, admirable combattant dans les deux grandes guerres, avait perdu son fils André, lieutenant dans l’armée qui, après l’armistice, avait rejoint la résistance et avait été tué par les Allemands à Grenoble en 1942. 

Le plus fort de l’activité communiste dans la totale inféodation de la CGT au parti se déroula en 1948 avec les grèves insurrectionnelles, notamment dans les mines et les transports. 

Pour briser ce qui pouvait déboucher sur une tentative de prise révolutionnaire du pouvoir, Jules Moch ne lésina pas sur les moyens, faisant même alors appel à l’armée. 

Et c’est cet homme, résistant antinazi, juif, socialiste, franc-maçon, père d’un fils tué par les Allemands, dans un grand discours prononcé à l’Assemblée Nationale le 16 novembre 1948 sur « le communisme et la France », qui prononça pourtant ces mots mûrement pensés : « Le bolchevisme moderne est la plus gigantesque entreprise de dépravation de l’homme qui ait jamais existé ». 

Du Soljenitsyne avant l’œuvre de ce dernier !

L’histoire bien sûr ne se répète pas à l’identique. Staline n’est plus, ni le pacte de Varsovie, et aujourd’hui la liberté des peuples s’exprime plutôt en Pologne et en Hongrie que dans le « meilleur des mondes » de l’Europe occidentale.

Mais l’extrême-gauche demeure puissante en France, avec la revitalisation du syndicalisme révolutionnaire progressant simultanément avec la révolution « sociétale »sans cesse continuée. Beau travail en vérité, résultant à la fois de l’amateurisme du gouvernement et de la perversion idéologique du « progressisme » macronien. 

Car cette extrême-gauche, dans sa diversité, archéo-communiste, archéo-trotskyste ou mélenchonienne, s’épanouit dans les organisations d’un syndicalisme politiquement et révolutionnairement détourné comme aux meilleurs temps de la CGT de l’après-guerre ;  avec le renfort de SUD et des anarchistes rouges et noirs de la CNT, et des noyaux trotskystes dans Force Ouvrière.

Mais surtout, elle est dynamisée, c’est visible, c’est audible, par la montée en puissance de l’islamo-gauchisme, dont nombre d’adeptes occupent de plus en plus d’importantes responsabilités syndicales. 

Les formes de la prochaine tempête révolutionnaire ne ressembleront pas totalement à celles de 1948, ni à celles de Mai 68. 

Mais, pour y faire face, ce ne sera pas d’un calamiteux ministre de l’Intérieur, façon Castaner, dont la France aura besoin. Ni que demeure au pouvoir parce qu’il a déjà échoué et n’a que trop duré, le très nuisible Macron. 

Il y faudra un homme d’État et que la France mérite alors un ministre de l’Intérieur de la trempe de Jules Moch.
               

vendredi 24 janvier 2020

Macron, de la France éclatée à l’Orient compliqué


Même sur le registre du « simultanément » ou de « l’en même temps », Emmanuel Macron n’est qu’un nain par rapport à Poutine.

On a encore vu hier à Jérusalem combien ce dernier était un grand ami de Benyamin Netanyahou.

Or Poutine est simultanément l’allié très protecteur de la Syrie, qui est l’alliée de l’Iran, le plus grand ennemi d’Israël et aussi des États-Unis.

Il n’est guère de jour où l’aviation russe ne bombarde en Syrie quelque cible dans ce qui demeure de l’État islamique ou de ses ennemis des FDS (Forces Démocratiques syriennes), tout autant ennemies du régime de Bachar el-Assad : FDS que soutient la coalition occidentale dont la France.

Pour cela, les Russes doivent éviter absolument tout incident avec l’aviation israélienne qui surveille le ciel syrien et y mène assez souvent des missions contre quelques forces syriennes mais surtout contre les troupes iraniennes et celles de leurs supplétifs du Hezbollah libanais.
On imagine aisément quelle a été naguère la difficulté pour nos aviateurs de bombarder quelquefois eux aussi des cibles de l’armée de Bachar el-Assad et, simultanément, de l’État islamique théoriquement ennemi de tous. Le ciel syrien est une grande école de diplomatie. 

La meilleure entente régnait donc hier entre Netanyahou et Poutine, nonobstant le fait que les ennemis jurés du premier soient soutenus par le second.

Il en était de même hier entre Netanyahou et Trump, ce dernier étant certes comme Poutine un grand ami du premier mais plus exactement le meilleur ami d’Israël.

Il convient enfin de ne pas perdre de vue que, depuis quelques années la Russie avait amélioré ses relations avec la Turquie (encore membre de l’OTAN !) pour les raisons d’avancée de son oléoduc euro-asiatique.

Mais voilà que les deux puissances sont à nouveau en délicatesse. Chacune soutenant pour des raisons peu philanthropiques une des deux factions de la guerre en Libye.

À Jérusalem, c’est manifestement Poutine qui a profité le plus de la commémoration de la libération d’Auschwitz-Birkenau, en exaltant la grande mémoire de l’armée rouge. Évidemment, dans ce registre, Trump, historiquement ignare, ne fait pas le poids. Il n’a pas rappelé au néo-tsar de toutes les Russies (et au-delà) ce qu’il en fut de la collaboration, deux années durant, des deux grands criminels, Hitler et Staline, ni le fait que sans le gigantesque approvisionnement en matériel de guerre par les États-Unis, l’armée rouge n’aurait pu de sitôt triompher de l’armée allemande et aurait dû attendre peut-être que les armées alliées avancent jusqu’à l’Oural…

Mais, bref, si les États peuvent semble-t-il s’entendre sans trop de mal sur le passé – à condition d’en accepter une interprétation stalinienne – on ne peut que constater qu’un « nouvel ordre mondial », ce n’est pas encore pour demain. Car « chassez les nations et les empires, ils reviennent au galop ! ».


Macron : ça ne finira pas bien ! 

Contrairement à Louis XV, Louis « le bien-aimé » au début de son règne, Emmanuel Macron n’a pas été aimé par la plupart des Français dès son élection. Très vite, il a même suscité contre lui l’opposition de la majorité du peuple.

Hélas peut-être même pas en raison du plus abominable de la politique qu’il conduit, à savoir la continuation de la révolution dite « sociétale », la révolution de la culture de mort, nihiliste, celle de ce racisme antihumain qu’il appelle « progressisme » et qu’il mène avec, comme personnage emblématique, l’authentique sorcière Marlène Schiappa. 

Cette dernière n’a-t-elle pas pris position pour que soit repoussée encore plus loin la durée légale de l’âge d’avortement  des enfants dans le sein de leur mère ?

Destruction de la famille, destruction de la vie innocente, manipulation génétique, perversion de la bioéthique, c’est le noyau même du déconstructionnisme macronien !

Hélas, pour le moment, seule une minorité, non négligeable bien sûr, voit cela.

Mais, s’il avance dans la mortifère révolution sociétale, Macron piétine et va échouer dans ses réformes sociales.

Les lecteurs de Reconquête de ce mois liront avec intérêt le bel article de Cécile Montmirail, « la réforme des retraites : une usine à gaz et en même temps une addition salée ».

Mais pendant que la France, toujours plus pauvre, s’épuise dans les manifestations et les grèves contre cette réforme, la tsunamisation migratoire se poursuit. Et notamment en provenance de cette Algérie où la révolution qu’espérait une partie du peuple a échoué. 

Là aussi, le rôle de Macron aura été profondément pervers. En effet, en répétant sa monstrueuse allégation selon laquelle la colonisation a été un crime contre l’humanité, il a justifié, amplifié la haine antifrançaise dans la population algérienne.

Beaucoup dans cette population ont les yeux tournés vers la France où ils voudraient s’installer. Mais le régime algérien n’a cessé de marteler les raisons de la détester. Tous n’avalent pas la désinformation. Mais Macron en aura été le meilleur collabo. Efficacement supplétif de l’islamo-gauchiste Houria Bouteldja et de sa stratégie révolutionnaire conquérante : haïssez la France et prenez-la !

Faciliter cela, est-ce autre chose que de la trahison ?


jeudi 23 janvier 2020

Réforme des retraites, un peu d’histoire


On peut lire ce jour sur le site de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel), la rectification suivante sur l’origine de la retraite par répartition. Ce ne fut pas exactement une réforme de gauche même si le ministre du Travail qui l’a élaborée, René Belin, avait été un grand dirigeant de la CGT du temps où celle-ci, avec le Front Populaire, avait été réunifiée après avoir connue la scission de 1920 entre communistes et socialistes.


Voici le texte de l’INA :


« La défense du système actuel de retraite par répartition est au cœur des revendications des syndicats, qui accusent le gouvernement d’organiser le développement dans le futur d’un système par capitalisation complémentaire.


La retraite par répartition est souvent présentée comme étant issue des ordonnances de 1945 prises à la Libération par le gouvernement du général de Gaulle, d’après le programme du CNR. En réalité, les prémisses de ce système sont mis en place par le régime de Vichy, en remplacement d’un financement des pensions jusqu’alors opérées par capitalisation.


Le 14 mars 1941, alors que la France est occupée et que le maréchal Pétain a fait le choix de la collaboration, ce dernier explique dans une allocution radio la mise en place de ce qu’il présente comme la « retraite des vieux ». Pour alléger les dures conditions de vie de nombreuses personnes âgées, le gouvernement vichyste décide en effet de puiser dans les réserves des caisses de retraites des travailleurs, abondées par la capitalisation antérieure à la guerre : « Pour ceux qui ne possèdent rien, la modeste pension sera d’un grand soulagement, pour ceux qui disposent déjà de quelques ressources, elle constituera le supplément qui les mettra à l’abri de la misère ».


« La démarche de Pétain est extrêmement habile », contextualise, pour l’Ina, l’historien Michel Pigenet, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste reconnu de l’histoire du travail. « Il reprend à son compte une revendication de la gauche, thème que l’on retrouvera dans le discours prononcé le 1er mai 1941, à Saint-Etienne : "Je tiens les promesses, même celles des autres".» « Il y avait eu une campagne, lancée en 1937, par le Parti communiste, sur la "retraite des vieux", poursuit l'historien, mais que la pause des réformes sociales, décidée par le Front populaire au profit du budget militaire, n’avait permis de déboucher.» 


Une réforme que le maréchal présente sous le signe de la solidarité entre générations : « La retraite des vieux travailleurs repose sur la solidarité de la nation. Solidarité des classes, solidarité des âges. Solidarité des classes, puisque les pensions sont constituées par les versement des assurances sociales, et que ces versements proviennent à la fois des patrons et des ouvriers. Solidarité des âges, puisque ce sont les jeunes générations qui cotisent pour les vieilles ». 

Mais cette réforme ne concernera qu'une partie des retraités, « les assurés sociaux obligatoires de l'industrie et du commerce », comme l'indique la loi du 14 mars 1941. Le régime général de retraite « continue de reposer sur la capitalisation et le restera jusqu'en 1945 », poursuit Michel Pigenet.

A la Libération, le gouvernement du général de Gaulle va pérenniser le système des retraites par répartition en créant la Sécurité sociale. La retraite est l'un des quatre piliers de ce système de solidarité, aux côtés des branches santé, famille et recouvrement. »