23 janvier 2015

« Le grand détournement » : seuls les imbéciles ne le voient pas !


Dès la grande manifestation du 11 janvier, le premier sur Internet je dénonçais le phénomène « d’hétérotélie », c’est-à-dire  de captation et de détournement de l’émotion et de la sidération suscitée légitimement par l’abomination des attentats.

Pour ne pas voir clairement cela aujourd’hui, l’opposition (UMP et hélas aussi en grande partie FN) fait douter de leur capacité d’analyse des événements ; faute pour beaucoup d’une culture autre que celle de la politique de l’instant.

1) Le premier détournement consiste à empêcher une légitime prise de conscience de la réalité fondamentale jusqu’ici de l’islam, idéologie théocratique totalitaire faisant sans cesse surgir depuis ses origines des courants de conquête jihâdiste par la terreur, des massacres et des exterminations. Ces courants qu’on résumera ici, pour faire bref, sous le vocable principal de « salafisme » (« modèle des ancêtres ») avec ses composantes notamment wahabites (Arabie Saoudite) ou encore celle des frères musulmans, et bien d’autres, sont, de fait, majoritaires dans l’islam. Ils le sont en tous cas,  dans les États :Qatar, Arabie, Pakistan, Turquie, Soudan, Yémen,… et aussi dans l’Iran chiite.

Le malheur du désastreux, abominable effet « je suis Charlie » ne fait pas seulement que des chrétiens sont massacrés par amalgame de Charlie avec la France et de la France avec ce canard scatologique. Le désastre aussi est pour un chef de l’État comme le général Sissi qui appelait à une révision fondamentale de la manière de considérer des textes « sacrés » de l’islam, et pour les intellectuels, à peu près sur cette ligne en plusieurs pays.

Aujourd’hui, ils ne peuvent hélas pas se démarquer sans danger des mosquées et des foules fanatisées. Mais chez nous le pire, c’est qu’en réaction dialectique à ce que j’appelle « l’islam mains rouges », on encourage sans discernement ce que j’appelle « l’islam pattes blanches » ; sous ce dernier pourtant s’épanouit un islamisme prudemment non jihâdiste ou terroriste mais qui encadre de plus en plus, avec l’appui gouvernemental à ses aumôneries et à ses institutions « culturelles », l’ensemble des populations d’origine musulmane.

Ainsi le gouvernement français mène-t-il une politique profondément schizophrène :
- D’un côté, il ne peut bien sûr qu’ordonner des mesures de sécurité face aux menaces terroristes.
- Mais de l’autre, sous le prétexte de combattre l’islamophobie, il muselle la liberté d’expression sur l’islam, fût-elle pourtant bien légitime et rationnelle, et il impose à l’école un incroyable enseignement révisionniste, véritablement négationniste par occultation ou falsification délibérée de la vérité historique.

2) Le deuxième grand détournement consiste dans le resserrement totalitaire, idéologique et policier, sous prétexte de laïcité, d’un laïcisme de fondamentale haine antichrétienne. Des universitaires polonais qui étaient hier au Centre Charlier nous disaient leur effroi de constater que la France s’acheminait vers une réalité de conditionnement et d’emprise idéologique pire que celle de la Pologne sous ses gouvernements collabos des soviétiques.

Ne pas voir que les dames Vallaud-Balkacem et Taubira notamment sont sur une ligne de fanatisme jacobin antichrétien, c’est vraiment le fait d’une tragique cécité. Et quoiqu’avec ses côtés ridicules, tour à tour grandiloquent et larmoyant pour tout dire grotesque, il n’inspire pas l’effroi, François Hollande fait partie de ces politiciens laïcards capables de cautionner les mesures les plus férocement perfides d’étouffement de l’identité chrétienne de la France et de musellement de l’intelligence, de la culture.

Il exalte d’autant plus la liberté d’expression-déjection, officielle et subventionnée, de la cul-culture obsessionnelle "Charlie" que, analogiquement aux jeux du cirque de la Rome décadente et de leurs abominations antichrétiennes, elle peut lui apparaître, au moins pour un temps, comme un excellent moyen de tranquillisation sociale.

Des masses bien crétinisées de « citoyens Charlie-fanatisés » ne sont-elles pas la garantie du maintien de la démocratie bien contrôlée du « meilleur des mondes » ? (1)

Ainsi, selon les judicieuses catégories d’Aldous Huxley, les « alpha plus » super-maçonniques de la nomenklatura dirigeante n’auront pas à craindre la révolte des « bêta-moins »… Du moins peuvent-ils en avoir l’illusion.


(1)   On ne dira jamais assez combien Aldous Huxley avec son roman d’anticipation « Le meilleur des mondes » et Georges Orwell avec « 1984 » ont été prophétiques.

PS : Je n’ai pas l’intention de commenter immédiatement ce que je lis, et ce que l’on me dit, des tensions actuelles au sein du Front National. Je le ferai si je juge cela utile pour la clarification des débats et la défense de nos idées, sans du tout me soucier de ce que, hélas, toute critique du FN qui ne serait pas systématiquement laudative sera aussitôt dénoncée par certains comme une attaque intolérable.

Bien sûr, comme on a pu nous entendre sur Radio-Courtoisie et nous lire dans Reconquête, nous appelons à la « Marche pour la Vie » de dimanche.

Départ à 13 h 30 place Denfert-Rochereau. 

Tous les responsables et militants de l’AGRIF et de Chrétienté-Solidarité en seront.


22 janvier 2015

Je n’ai jamais écrit pour Rivarol !



L’hebdomadaire Rivarol publie un texte signé de moi sans aucunement préciser qu’il s’agit d’un communiqué qu’il est évidemment libre de reproduire comme n’importe quel journal, à condition de le mentionner.

Je n’écrirai jamais en effet pour ce périodique dont je ne partage pas les positions et dans lequel on m’a souvent  attaqué pour « philosémitisme » ou appartenance au peuple juif, ce dont je m’honorerais si c’était le cas, tout autant que de mes origines françaises, catholiques et bigourdanes.

Reproduire un texte comme si c’était un article demandé par la publication, c’est évidemment contraire à la déontologie éditoriale, sans même évoquer l’honnêteté tout court. 

Bernard Antony

21 janvier 2015

Procès de l’AGRIF contre « Nique la France » : pour l’essentiel, six heures de haine contre notre patrie.



Hier, 20 janvier, 17° chambre du Tribunal correctionnel à Paris.

Quatre ans pour en arriver au procès ! Bien sûr, sans illusions, la magistrature étant ce qu’elle est dans le cadre des orientations du pouvoir politique et de l’idéologie dominante.

J’assume la décision de ce procès comme des autres, car il s’agit de ne pas laisser passer l’injure, la haine, sans marquer notre refus, notre résistance. Pour l’honneur de notre patrie, de notre peuple. Ce que nous poursuivions hier de « Nique la France », c’était d’abord le livre du « sociologue » Saïd Bouamama, de nationalité algérienne, payé à l’université de Lille pour animer une ZEP (zone d’expression populaire).

Dans le livre, 95 photos de personnages narquois avec le doigt levé, le doigt dit « d’honneur ». Passons. Un de ces personnages arbore un tee-shirt avec l’inscription « Solidarité avec les militants d’Action Directe ». Apologie d’assassins !

Nique la France, c’est aussi le rap du sieur Zaïdou : « Nique la France » y cible « les Français de souche », « le petit con de gaulois de souche », les « beaufs », en un mot, « les blancs ».

Je suis avec notre avocat Jérôme Triomphe, Vivien Hoch et son frère Quentin et de courageuses adhérentes de l’AGRIF. Mais l’ultra-gauche « antiraciste », « anti-impérialiste », « anticolonialiste »,  « pro-palestinienne », « contre l’oppression des femmes » est venue en nombre. Je cite ces dénominations car ce sont celles que vont sans cesse invoquer les témoins de Nique la France et leur avocat Henri Braun. Vu le nombre des keffiehs arabes, il devait sans doute y avoir hier une tempête de sable sur Paris. Mais je ne m’en étais pas aperçu !

Le procès va durer six heures, dont une demi-heure environ pour nous qui avons porté plainte, et le reste, pour l’essentiel, pour la défense de Nique la France, dans laquelle on peut hélas inclure la prise de parole de madame le procureur Annabelle Philippe (oui, je parle encore ainsi, n’acceptant pas l’atroce féminisation des titres qui sont du genre neutre et s’en portaient bien, plus élégamment dans le génie de notre langue).

La présidente, madame Sirdé, m’invitera à m’exprimer sur notre plainte, courtement et uniquement sur les questions. Qu’est-ce que j’entends par « Français de souche » ? Je lui réponds que ce sont les poursuivis qui emploient ce concept. Je dénonce autant que j’en ai le temps leur vieille ficelle dialectique marxiste-léniniste consistant à opposer un soi-disant bloc « de noirs, d’arabes et de musulmans », « les réprimés », les « discriminés » aux « blancs », les « dominateurs », les » colonialistes », les « racistes ».

Comme si d’ailleurs, madame, tous les noirs et tous les arabes étaient musulmans ! Comme si tous les musulmans se sentaient opprimés par la France ! Je lui exprime l’indignation de nos adhérents Français patriotes d’origine africaine ou maghrébine devant cette dialectique de guerre civile.

La salle gronde, ça ne nous impressionne pas.

L’avocat des « niqueurs », auquel j’ai déjà eu à faire à Toulouse, me pose le même genre de questions que précédemment avec sa kolossale finesse. Je les évoquerai un peu plus longuement dans Reconquête. Ici je ne conserve que celle-ci : « Etes-vous un nostalgique de l’Algérie Française ? » Ma réponse : « N’ayant pas vécu en Algérie, ce n’est pas le mot qui convient. Mais il y a en Algérie avec son régime de dictature et de corruption, beaucoup de monde à regretter l’Algérie Française. Et notamment des centaines de jeunes qui à Bône, à Oran, ont été condamnés à des années de prison pour avoir en effet scandé « Algérie Française », exprimant ainsi leur exaspération, leur révolte contre ce que la nomenklatura de la momie Bouteflika a fait de leur pays. Et j’en profite pour faire encore une fois l’éloge du grand Bachaga Boualem et de tous les musulmans, harkis et autres, génocidés pour leur amour de la France.

Nique la France a prévu une grosse salve de cinq témoins. Tous auront en commun d’évoquer que la réaction de cette admirable marque s’est produite au moment de l’affreux débat sur l’identité nationale, voulu par un pouvoir dégoulinant de racisme : celui de Nicolas Sarkozy, de Brice Hortefeux et des autres, rappelant les années les plus noires de notre histoire. À les entendre, somme toute, Sarko, c’était quasiment Hitler et Hortefeux une sorte de Goebbels !

- Madame Lagorgette, professeur de linguistique, a versé au dossier de la défense un rapport de cinquante-trois pages à grand renfort de mots de sa science (métonymie, chiasme, etc…). Elle explique le concept « d’injures de solidarité », « qui construit un camp contre l’autre ». Certes ! Mais « niquer », ce n’est pas un mot du jargon que l’on sait. Pour cette dame, il provient de la vieille expression française « faire la nique ».

- Professeur de sciences politiques à l’université d’Evry, Olivier Lecour-Grandmaison va déverser une très longue tirade de haine, sans nuance aucune, contre la France colonialiste. Tout a été abominable dans notre système d’exploitation, dans les horreurs perpétrées par nos soldats et d’abord Bugeaud. Le regard de ce prof est fixe, impitoyable, son élocution évoque celle des commissaires politiques et célèbres procureurs communistes. Style Boudarel.

- Christine Delfy, directrice honoraire au CNRS, a passé sa vie à étudier les luttes émancipatrices des femmes,  des peuples colonisés. Elle évoque la guerre d’Algérie « qui continue, avec les rapatriés qui l’ont transportée en France !» (sic !) Son exécration des pieds-noirs est immense. Que ne vit-elle en Algérie ?

- Et voici Maurice Rajsfus, journaliste juif d’extrême-gauche d’origine polonaise (pas très bien vu tout de même dans la communauté) qui vient raconter l’abomination du racisme dans la police qui continue depuis Papon, depuis Vichy, cette police où l’on entend sans cesse éructer du « sale arabe ! ». Sentant qu’il va trop loin, il se reprend, précise qu’il n’attaque pas  tous les policiers, mais les 35 % au moins de racistes. !…


- Enfin, au tour encore d’une opprimée de cette France horrible qu’il faut niquer : Rockhaya Dialo, journaliste à RTL et à Médiapart. Elle aussi va développer que l’on ne saurait mettre sur le même plan le racisme ordinaire, « structurel » de la majorité oppressive et celui, certes regrettable mais épisodique, circonstanciel, du révolté qui peut se laisser aller à dénigrer le « sale blanc ».

Dans sa plaidoirie, Jérôme Triomphe s’efforcera, point par point, de revenir à l’objet du procès, ces mots d’incitation à la haine dont on a pu encore tragiquement vérifier qu’ils n’étaient pas anodins. Non, il n’est pas innocent de faire par la photo l’éloge des tueurs d’Action Directe !

Il fait mouche en citant les appels incendiaires pas si anciens de certains rappeurs contre Charlie-Hebdo. Il conclut sa plaidoirie sur un texte d’Houria Bouteldja, avertissant que si les blancs ne se rallient pas tout de suite à son antiracisme, « demain il sera trop tard, demain tous devront payer ! ».

L’avocat Henri Braun, militant d’extrême-gauche, avocat de la défense qui parle donc en dernier, prendra tout son temps, sans qu’on puisse l’interrompre pour répliquer à ses énormités, à ses mensonges et à ses fantaisistes allégations.

Étalant vaniteusement sa pseudo-culture historique dans d’incroyables mélis-mélos, il va mener un double réquisitoire contre la France et contre l’humble rédacteur de ces lignes. Il peut, selon le droit de l’avocat en plaidoirie, proférer à peu près n’importe quoi. En pareil cas, je m’efforce de rester « zen ». J’y arrive car cela fait partie du combat.

Par moments, ce qu’il raconte m’amuse, voire me ravit car c’est tout de même m’honorer que de me faire en vrac complice ou nostalgique de Vercingétorix, de Godefroy de Bouillon, des croisades, de l’Ancien Régime, des chouans, de l‘aventure coloniale, de l’Algérie Française. Il prend un moment, ce salopard qui nous jettera sans risque un « je vous emmerde » (que je lui retourne sans difficulté) pour rappeler que pour lui comme pour dame Bouteldja et le camarade Bouamama, Dien-Bien-Phu fut une victoire ! Une victoire des décolonisés contre le colonisateur français. Et au diable bien sûr, pour le camarade léniniste Braun, la Bouteldja et Bouamama, le sort des centaines de milliers de victimes du communisme et des peuples d’Indochine livrés au pire.

On me posait ce matin la question de savoir si nous étions sortis abattus de ces heures de lynchage idéologique. Moins que jamais ! Car plein de notre mépris pour toute cette vieille engeance gauchiste de trahison et qui joue la victimisation alors qu’avec mesdames Taubira, Belkacem et les autres, et tout le gouvernement, et toute la médiacrassie, et toute la culturocrassie, elle est au pouvoir.

PS : On me communique les pétitions circulant contre l‘AGRIF, avec toute la vociférosphère de tous les témoins pré-cités, les Olivier Besancenot, Eva Joly et autres. Ça me met de bonne humeur. Et je me verse un coup de Brouilly.


Ce soir, à 18 h, mon émission sur Radio-Courtoisie. Ça va décoiffer !

20 janvier 2015

Reconquête de janvier 2015 : urgence pour la vie !









LE SAUVETAGE DE JAPAN AIRLINES PAR KAZUO INAMORI : LES IDÉES DE HYACINTHE DUBREUIL !

J’ai découvert hier dans Le Figaro du 5 janvier avec un grand intérêt la pleine page du reportage consacré à « Kazuo Inamori, patron de légende et moine boudhiste » et présenté en texte d’accroche « créateur de deux empires industriels, sauveur de Japan Airlines, devenu gourou du management ». Tilt !
J’y ai lu en effet avec jubilation les simples lignes suivantes : « L’entrepreneur japonais a géré ses sociétés en divisant ses effectifs en petites équipes autonomes, responsables de leur budget et de leurs objectifs, les « amibes » capables de se diviser à mesure qu’évolue l’entreprise ».
C’était tout simplement là, comme un excellent de ces textes par lesquels au siècle dernier, les acteurs de la rénovation de l’organisation du travail, pouvaient résumer l’œuvre essentielle dans la pensée et dans l’action de Hyacinthe Dubreuil. Ce dernier, né en 1883 et mort en 1971 fut d’abord un ouvrier métallurgiste. Non pas un idéologue mais un remarquable penseur à partir du réel, à partir de sa riche expérience qu’il développa notamment en allant de 1927 à 1929 étudier le travail industriel en Amérique, se faisant notamment embaucher dans une usine de la General Motors à Syracuse, ou encore chez White Co à Cleveland, enfin chez Ford à Detroit. Cela, comme il l’écrivait dans son livre « Standards », selon « la tradition du tour de France ». « Standards » est sous-titré « Le travail américain vu par un ouvrier français ». Ce fut là une remarquable réflexion sur les applications de la pensée du grand ingénieur Frederick Winslow Taylor sur l’organisation scientifique du travail. Dubreuil en dégagea ce qu’elle avait apporté et aussi ce que la « division du travail » érigée en principe allait secréter de catastrophique.
Dubreuil avait été un de ces grands syndicalistes de la C.G.T. du temps où celle-ci n’était pas tombée entre les mains des communistes qui avaient fait en 1922 la scission « C.G.T.-U » faute de pouvoir s’en emparer.
Ses idées étaient à l’opposé de l’idéologie marxiste. Pour en finir avec la triste condition du prolétaire, Dubreuil puisant dans la très riche expérience française du compagnonnage œuvra remarquablement pour que l’ouvrier redevienne propriétaire de son travail.
Il fut notamment appuyé par l’Association ouvrière des compagnons du devoir (Rue de l’Hôtel de Ville), réanimée par l’homme remarquable que fut Jean Bernard (qui faisait appel à... Henri Charlier).
Hyacinthe Dubreuil fut de ces grands syndicalistes et penseurs ouvriers appelés dans le cadre de la Révolution nationale de l’État français à réfléchir la rénovation de l’organisation du travail et des relations du travail. Il publia à cette fin en 1941 un maître livre : « La chevalerie du travail » dédié au maréchal Pétain. Nullement inquiété pour cela à la Libération et d’ailleurs farouchement antinazi, il fut très admiré par les éphémères théoriciens gaullistes de la doctrine de « l’association capital-travail » et aussi par le célèbre ingénieur et dirigeant de grande entreprise Louis Armand, Compagnon de la Libération qui fut le président de l’Euratom, et par ailleurs membre de l’Académie française.
Le concept de « l’équipe autonome du travail » est au centre de l’œuvre de Dubreuil. Il n’en a jamais donné une recette unique mais une idée à adapter selon l’immense diversité des entreprises. Cela a notamment inspiré les « ilots » de nos usines de fabrication aéronautique à Marignane ou Blagnac et Colomiers près de Toulouse. Il est significatif que le mardi 7 avril 1981 ait été inaugurée dans cette ville la rue qui porte son nom où le soir même, à la Maison des compagnons du devoir était évoqué sa pensée et son action. Je pus évoquer dans un riche débat le constat si agréable de ce que comme l’avait préconisé Dubreuil, une de nos plus modernes et performantes industries puisait dans la tradition séculaire du compagnonnage une riche inspiration pour son organisation et la diffusion de la propriété du travail.
Liberté, Solidarité, Tradition, Ordre et progrès tels étaient les maîtres mots de Hyacinthe Dubreuil.

N.B. : Beaucoup des livres de Hyacinthe Dubreuil ont été édités il y a longtemps chez Grasset. Et d’autres dans les années 1960 aux Éditions de l’Entreprise Moderne. D’autres encore par la Librairie du Compagnonnage où on peut sans doute encore, je l’espère, les acheter (82 Rue de l’Hôtel de Ville dans le 4e).

19 janvier 2015

Conséquences de la couverture de Charlie Hebdo : des chrétiens assassinés !

Bernard Antony, président de Chrétienté-Solidarité
La publication de Charlie Hebdo actuellement en vente a pour couverture la caricature de Mahomet. Quoi qu’elle ne soit point obscène comme les dessins visant ignoblement les chrétiens dans les pages intérieures, c’est un crime impardonnable selon la charia et tous les musulmans la ressentent comme une injure à leur croyance et l’expriment plus ou moins fortement selon qu’ils sont ou non en pays d’islam.
Assimilant Charlie Hebdo, parce que français, à une production des chrétiens, des foules de musulmans fanatisés incendient des églises, terrorisent et assassinent nos frères chrétiens dans des pays d’Afrique et d’Asie. Or, tragique ironie, si ni le prophète ni les musulmans ne sont traités ordurièrement, ce sont les chrétiens qui le sont. Comme toujours selon le même « bas-fonds » de commerce pour satisfaire les pauvres consommateurs de l’obscénité antichrétienne. Cette fois, dans cette abjecte ignominie à 7 millions d’exemplaires, on a notamment pris pour cible sœur Emmanuelle. Et on sait à Charlie Hebdo qu’il n’y a aucun risque à publier pareilles déjections sauf celui de l’appel à la justice quand la dérision la plus ordurière devient par trop incitation à la haine.
À Paris, des dessinateurs de Charlie Hebdo ont hélas payé de leur vie leur erreur d’appréciation au moment de la publication des dessins sur la vie de Mahomet il y a quelques années ; et d’autres avec eux ont été assassinés, employés et policiers et plus atrocement encore, car après les affres d’heures d’angoisse, les otages juifs.
Certes, cette idéologie totalitaire de l’islam dit radical, qui est hélas si souvent l’islam réel, on doit pouvoir, dans la liberté, l’analyser, la refuser et lui résister autant qu’aux autres totalitarismes. Et dénoncer la venimeuse imputation d’islamophobie par les nouveaux munichois. Mais était-il utile, était-il responsable de provoquer une deuxième fois la récupération par les plus extrémistes de l’indignation obligatoire de tous les croyants ?
Les rescapés du massacre ont à l’évidence cru qu’une gentille caricature du messager d’Allah, avec un gentil mot de pardon, ça pourrait passer. Or, ça ne pouvait pas passer ! Sauf chez nous pour les ondoyants artistes du double langage du Conseil français du culte musulman, celui d’un islam « patte blanche ».
Mais là où l’islam règne, ce sont les chrétiens de la dhimmitude qui trinquent, dans l’indifférence complice des États.
Alors que, sous prétexte de lutter contre l’islamophobie, le gouvernement interdit à certains leur liberté d’expression contre l’islamisme, il aurait été avisé de se soucier des nouveaux drames que pourrait entraîner celle de Charlie Hebdo, drôle de liberté à irresponsabilité illimitée !
À Chrétienté-Solidarité, avec nos frères convertis, anciennement musulmans, nous affirmons que c’est par la foi et par la raison que l’on doit relever le défi de l’islam. Dans le respect de toutes les personnes pacifiques.
Et nous nous élevons contre l’incroyable expression de mépris raciste manifestée ce matin sur France Inter à 8 h 30 par le chroniqueur de la revue de presse. Ce dernier ose proférer que, somme toute, les manifestations musulmanes antichrétiennes n’ont pas causé beaucoup de dégâts : « Quelque dix morts à peine »
En effet, ce ne sont que dix morts chrétiens et africains…

Sur un entretien avec Rémi Brague


J’ai savouré samedi dans la page « débats » du Figaro le superbe entretien avec le plus talentueux de nos philosophes et historiens des religions, Rémi Brague. On y met en exergue sa phrase : « En France, on a le droit de tout dire, sauf ce qui fâche ».

Chaque passage en est pertinent, limpide, non sans être assorti des traits qui font mouche d’une souriante ironie salvatrice.

Extrayons-en ceci : 
« Les caricatures de Charlie, et les autres, ne sont rien à côté de ce qu’a dû subir, en vrai, le Crucifié. Leurs tentatives pour blasphémer sont donc moins du scandaleux que du réchauffé. Il est en tout cas intéressant que l’on se moque dans ce cas, non des tortionnaires, mais de leur victime ».

À la question « peut-on dire que « l’esprit Charlie » est héritier de Voltaire », il répond : « "Esprit" me semble un bien grand mot pour qualifier ce genre de ricanement et cette manie systématique, un peu obsessionnelle de représenter, dans les dessins, des gens qui s’enculent... Voltaire savait au moins être léger quand il voulait être drôle. Ceci dit Voltaire est pour moi, l’un des plus enragés antisémites qui fut ».

Et encore : 
« Bon nombre de gens font de la profanation leur fonds de commerce. Je ne les envie pas, car leur tache devient de plus en plus difficile. Sans parler du "politiquement correct" déjà, mentionné, ils ont à affronter une baisse tendancielle du taux du profit, car il ne reste plus beaucoup de choses à profaner, faute de sacré encore capable de servir de cible ».

Et voici enfin comme la feuille de route du nouveau journal officiel et très subventionné de la république : 
« Bien des symboles n’ayant pas ou plus de divisions blindés pour les défendre, on pourra donc cracher dessus sans danger. Mais alors, « on triomphe sans gloire ». Quand on persiste à s’en prendre à eux, il faudra constamment renchérir sur le blasphème précédent, aller de plus en plus loin, par exemple dans le scatologique ».