lundi 19 octobre 2026

Paris brûle-t-il ? Oui et bien d’autres villes encore de notre vieux pays en ce 18 octobre 2026

Bien des cinéphiles français doivent encore avoir en mémoire le fascinant film « Paris brûle-t-il ? », sorti en salles le 27 octobre 1966, film franco-américain réalisé par René Clément et adapté du livre best-seller éponyme de Larry Collins et Dominique Lapierre.

Rappelons ici que ce film eut pour origine historique l’ordre donné réellement par Hitler, le 22 août 1944, au gouverneur allemand de la place de Paris, le général von Choltitz, de raser Paris en raison de l’avancée des troupes alliées libératrices. Ordre que, fort heureusement, le général n’exécuta pas, préférant signifier sa reddition.

On voit aujourd’hui les troupes du dictateur néo-soviétique Poutine exécutant son ordre de détruire jour après jour Kiev et les autres grandes villes d’Ukraine… À quoi résistent farouchement les troupes et la population ukrainienne…

Mais, ce samedi 17 octobre, le parti politique du camarade trotskyste Jean-Luc Mélenchon, du nom de France Insoumise, coordonnant l’action destructrice de maints groupuscules néo ou archéo-trotskystes et d’autres organisations diversement anarcho-syndicalistes ou plus ou moins crypto-bolcheviques, avaient manifestement reçu la consigne de détruire, piller, brûler et viser au lynchage de policiers partout où cela serait possible.

Nos chaines de télévision retransmirent donc tout au long de la soirée et tard dans la nuit des scènes de racailles d’ultra-gauche mêlées de frères musulmans ou de différents groupes de néo-cagoulards d’ultra-gauche, se livrer aux joies de lancer des pavés sur les policiers, de briser les vitrines et piller des magasins. Et cela culmina avec l’incendie de la mairie de Limoges alors qu’un peu partout étaient allumés des feux de haine.

Cela continua tard dans la nuit du 18 octobre alors que, à chaque heure qui s’écoulait, les unités de police, certainement pas toujours bien commandées et de plus en plus fatiguées, s’épuisaient à contenir la voyoucratie des pilleurs et des voleurs sans pouvoir compter, pour châtier les émeutiers appréhendés, sur l’appui d’une magistrature trop souvent complaisante sinon idéologiquement complice. Bref, une insurrection en bonne et due forme avec ses forcenés idéologiques et leurs relais politico-médiatiques. Et surtout, au sommet d’une République de plus en plus semblable à une termitière prête à s’effondrer, un État déliquescent dont le spectacle aurait très vite conduit un Bonaparte en dépression nerveuse.

Au soir du 17octobre, l’insurrection avait battu jusqu’à 150 mètres de l’Élysée alors que, selon nos informations, Macron qui bougeait de pièce en pièce de plus en plus hagard, ressemblait aux boyards aux abois dans le film d’Eisenstein « Yvan le Terrible ».

Le soir du 18, voilà que sur CNews l’on peut voir et entendre parler le camaradissime Mélenchon, au faîte de son culot de gramsciste patenté. Ce alors que un peu partout dans Paris, la racaille non seulement tenait « le haut du pavé » selon l’expression consacrée, mais se déployait au rythme des voyous assassins lanceurs de pavés sur la police. Beaucoup de policiers ne survécurent que grâce à la protection de leur casque, pas toujours suffisante pour éviter à certains d’être  assommés par les lourds cubes de granit.

Le dimanche soir 18 octobre, très tard dans la nuit, les chaines d’information en continue retransmettant les scènes de pillage et de vol et de véritables tentatives de meurtre sur les policiers un peu partout débordés, de la Place de la République, des grandes avenues et du quartier du Marais à Paris, au vieux port et à la Canebière à Marseille tandis que se lamentait dans cette ville le maire Benoît Payan et que celui de Limoges ne pouvait que regarder affligé les ruines fumantes du beffroi de son hôtel de ville. Et partout, de Toulouse à Nancy, de Bordeaux à la Place Bellecour à Lyon, les mêmes scènes de chaos.

Le pic de déshonneur étatique de la journée fut contenu dans les six minutes de discours aux Français d’un Macron aussi nul que d’ordinaire, n’ayant strictement rien d’important à annoncer, si ce n’est, scrogneugneu « comme d’hab », de la fermeté et de la rigueur. Et il a même promis d’être « intraitable ». Une fois cela (et après avoir refusé la démission du ministre de l’Intérieur annoncée) il s’est envolé pour les pays du Golfe persique, histoire, sans doute, de profiter du beau temps en ces lieux.

Cependant, ce matin du 19 octobre, sur le coup de dix heures, on pouvait entendre sur France Inter un intellectuel (de gauche bien sûr) exprimer sa certitude que ce n’était pas avec des mesures autoritaires que l’on pourrait contenir la crise. Macron ne l’avait-il pas déjà précédé il y a quelques jours en déclarant que les forces de l’ordre manquaient d’empathie pour les manifestants (sic) ? Cela, on s’en doute, était allé droit au cœur des policiers qui, certainement, devaient enfin s’aviser de ce qu’ils ne donnaient pas jusque-là un contenu suffisamment humanitaire à leur mission.

Néanmoins, certains analystes allaient jusqu’à se demander si les difficultés des forces de maintien de l’ordre et leurs manques patents de moyens n’avaient pas été perfidement concoctés par un gouvernement où l’on croyait pouvoir tabler sur l’idée que les exactions et les incendies entraineraient un retournement de l’opinion en sa faveur. Grossière illusion en vérité ! Et qui n’empêchera pas les camarades Mélenchon, Bagayoko et toutes leurs smalas de porteurs de keffieh de continuer à développer leur idéologie d’ultra-gauche de légitimation de la violence révolutionnaire.

À la prochaine, à la revoyure, camarades !

Alors que les ravages des incendies et les ruines des journées si bellement citoyennes des 17 et 18 octobre ne sont pas encore tant s’en faut effacés par les services municipaux de France et de Navarre, voilà que l’on s’excite déjà dans tout ce que notre pays compte de casseurs archéo-trotskystes et de frères musulmans en vue d’une réussite bien flamboyante – ou plutôt bien flambante – de la prochaine journée du 5 novembre de grèves, manifestations et concours d’envoi de pavés sur les forces de l’ordre.

Devant ces annonces, Macron et Lecornu semblent pourtant n’être pas disposés à décréter l’État d’urgence qui, face une semblable situation, s’imposerait dans tout autre pays.

Mais, quoi qu’il en coûte il est vrai, la gloire du gouvernement Macron ne sera-t-elle pas d’avoir bien défendu la démocratie !

Bernard Antony


Les libres propos d’Alain Sanders : L’indicible « lâchage » de Volodymyr Zelensky par Donald Trump

La relation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky traverse une nouvelle crise majeure. En quelques jours, les tensions entre Washington et Kiev ont pris une dimension particulièrement préoccupante : menace de réduire le partage du renseignement américain, désaccord sur les frappes ukrainiennes contre les installations pétrolières russes et déclaration du président américain appelant l’Ukraine à se choisir un nouveau dirigeant ! Au cœur de cette confrontation se trouve une question décisive : les États-Unis cherchent-ils encore à aider l’Ukraine à résister à l’agression russe, ou privilégient-ils, désormais ouvertement, un accord inique (et à bien des égards contre-nature) avec Moscou, quitte à livrer le peuple ukrainien à la soldatesque stalino-poutinienne ?

Le 10 octobre, Donald Trump a grossièrement estimé que l’Ukraine devrait se doter d’un nouveau président. Il reproche à Zelensky de ne pas avoir conclu d’accord pour mettre fin à la guerre et de poursuivre les frappes contre les raffineries russes, malgré les demandes américaines. La crise s’est cristallisée autour d’un accord annoncé entre Washington et Moscou concernant les exportations de gazole russe. Cette entente prévoit un assouplissement des sanctions américaines sur les exportations russes de gazole, dans un contexte de tensions sur les marchés énergétiques mondiaux. Une telle décision va procurer des ressources supplémentaires à la Russie alors que ses forces continuent de bombarder le territoire ukrainien.

Zelensky a vivement contesté cette orientation. Il estime, à juste raison, que l’allègement des sanctions envoie à Vladimir Poutine un signal favorable, au moment même où les frappes russes continuent de faire de nombreuses victimes civiles. Une attaque très meurtrière a notamment frappé Zaporijjia le 10 octobre dernier.

Le désaccord dépasse donc une simple querelle personnelle. Il porte sur la manière de conduire la guerre, sur les moyens de contraindre Moscou à négocier et sur la nature même de la paix recherchée par Washington. L’élément le plus inquiétant concerne la coopération militaire et le partage du renseignement. D’après le Financial Times, des représentants américains ont averti les négociateurs ukrainiens que les frappes contre les raffineries russes pourraient entraîner une interruption de renseignements essentiels à la défense ukrainienne.

Cette menace est particulièrement lourde de conséquences. Dans une guerre où la détection des mouvements ennemis, le repérage des objectifs et l’anticipation des attaques sont essentiels, le renseignement américain constitue un atout stratégique pour Kiev. Une réduction de cette coopération pourrait compliquer, voire entraver, la préparation des opérations ukrainiennes et annihiler les capacités de défense du pays.

Washington entend ainsi utiliser son poids militaire pour obtenir un changement de comportement de la part de l’Ukraine. L’administration Trump considère que les attaques contre les infrastructures pétrolières russes compliquent ses efforts diplomatiques et ses objectifs énergétiques. Mais, du point de vue ukrainien, ces installations contribuent aussi au financement de l’effort de guerre russe. Il ne peut être demandé à ses forces de renoncer à certains moyens de pression pendant que les bombardements russes se poursuivent. Le risque est celui d’un cercle vicieux : plus Washington fait pression sur Kiev, plus la confiance entre les deux alliés s’érode ; plus cette confiance se dégrade, plus la coordination militaire et diplomatique devient difficile.

Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump, dont le tropisme poutinien est devenu criant, a fait de la fin de la guerre une priorité affichée. Sa méthode (si on peut encore parler de méthode) repose sur la négociation directe, la pression exercée sur Kiev et la recherche d’un compromis qu’il puisse présenter comme un succès diplomatique. Cette approche se heurte à un problème fondamental : les objectifs de Moscou et ceux de Kiev restent diamétralement opposés. L’Ukraine veut préserver sa souveraineté, son territoire et sa capacité à empêcher une nouvelle invasion. La Russie entend, quant à elle, maintenir ses conquêtes et peser durablement sur les choix stratégiques de son voisin. Un accord conclu sans garanties solides pour l’Ukraine pourrait donc mettre fin aux combats sans résoudre les causes du conflit. Il pourrait également laisser à la Russie le temps de reconstituer ses forces avant une éventuelle reprise des hostilités. Le risque, pour Zelensky, est que Washington considère désormais le gouvernement ukrainien comme un obstacle à la conclusion rapide d’un accord, plutôt que comme le partenaire directement concerné par les conditions de la paix.

Il convient néanmoins de distinguer les faits de leur interprétation : les déclarations de Trump et les pressions rapportées par la presse témoignent d’une confrontation réelle, mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à démontrer, au moins pour l’heure, qu’un accord secret définitif aurait été conclu entre Washington et Moscou sur le sort territorial de l’Ukraine.

Pour les Européens, cette crise confirme l’urgence de renforcer leur capacité à soutenir l’Ukraine indépendamment des fluctuations de la politique américaine. L’Union européenne a réaffirmé, le 18 juin 2026, son soutien à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale ukrainiennes. Elle a également insisté sur la nécessité de garanties de sécurité crédibles et sur le principe selon lequel l’avenir de l’Ukraine ne peut être décidé sans elle.

Mais les déclarations politiques ne suffisent pas. Pour compenser une éventuelle diminution de l’engagement américain, les pays européens devraient pouvoir fournir des moyens de défense aérienne, des munitions, des équipements militaires et des financements sur la durée. Ils devraient également répondre aux besoins de renseignement et aux autres capacités pour lesquelles l’Ukraine dépend de ses partenaires. Cette tâche est considérable. Les capacités militaires européennes ne remplacent pas automatiquement celles des États-Unis, et une réorganisation de l’aide demanderait du temps, des investissements et une coordination politique étroite.

Un désengagement américain, même partiel, ne signifierait donc pas nécessairement la fin du soutien occidental à l’Ukraine. Il pourrait toutefois en modifier profondément l’équilibre, en transférant une part plus importante de la charge financière et militaire vers les Européens.

Pour Zelensky, la situation est particulièrement délicate. Il doit poursuivre la défense de son pays tout en évitant une rupture avec son principal partenaire militaire historique. Accepter les exigences américaines sans garanties suffisantes pourrait être perçu en Ukraine comme une concession dangereuse. Les rejeter risque, à l’inverse, d’entraîner de nouvelles pressions sur l’aide et la coopération militaire. Le président ukrainien se trouve ainsi confronté à une équation difficile : comment négocier sans apparaître contraint d’accepter une paix défavorable, et comment poursuivre la résistance sans perdre le soutien indispensable à sa capacité de défense ?

La déclaration de Trump sur « la nécessité de remplacer le président ukrainien » ajoute une dimension politique à cette confrontation. Elle soulève la question de la liberté de choix des Ukrainiens dans la conduite de leur propre pays. En droit et en principe, la désignation des dirigeants ukrainiens relève des institutions et des citoyens ukrainiens, non du président américain.

Pour Washington, réduire les coûts de la guerre, limiter les tensions internationales et stabiliser les marchés énergétiques constitue un ensemble d’objectifs politiques et économiques importants. Pour Kiev, la priorité est de mettre fin aux combats sans ouvrir la voie à une nouvelle agression. Pour les Européens, l’enjeu est également de préserver la sécurité du continent et de maintenir le principe selon lequel les frontières ne peuvent être modifiées par la force.

Ces objectifs ne sont pas forcément incompatibles, mais ils exigent des garanties concrètes. Un cessez-le-feu, des mécanismes de contrôle, des engagements de sécurité crédibles et des dispositions permettant d’éviter une reprise des hostilités seraient déterminants pour juger la solidité d’un éventuel accord. Sans ces garanties, une trêve pourrait simplement reporter le conflit. 

Les événements des 9 et 10 octobre 2026 donnent du poids à l’expression « lâchage de Zelensky » : Trump a durci ses attaques contre le président ukrainien, a privilégié un arrangement énergétique avec Moscou contesté par Kiev et a laissé planer la menace d’une réduction de la coopération en matière de renseignement.

À la fin septembre, l’administration Trump s’était encore engagée à utiliser la quasi-totalité des 400 millions de dollars d’aide militaire autorisés par le Congrès, même si les livraisons demeuraient limitées sur certains équipements essentiels. A suivre…

Le véritable tournant se mesurera moins aux déclarations présidentielles qu’aux décisions concrètes : maintien ou interruption du renseignement, livraison effective des armes, évolution des sanctions contre Moscou et contenu des garanties de sécurité proposées à Kyiv.

Pour l’Ukraine, l’enjeu est vital. Pour l’Europe, il est stratégique. Et pour Washington, cette crise pose une question centrale : peut-on prétendre garantir une paix durable en affaiblissant la position de négociation du pays qui subit l’invasion ?

Alain Sanders 

L’indécente haine de l’affairiste Trump contre Zelensky : L’Ukraine à feu et à sang, ou le poutino-trumpisme dans toutes ses horreurs…

Le 22 février 2022, les colonnes de l’armée russo-poutinienne néo-stalinienne franchissaient en plusieurs lieux les frontières de l’Ukraine.

L’avant-veille, en réunion au siège de Chrétienté-Solidarité, puis sur Radio-Courtoisie, j’avais exprimé ma certitude qu’une invasion de ce pays était imminente. Mes amis ne me crurent pas. J’arguais pourtant ma certitude que Poutine ne massait certainement pas cent quatre-vingt-dix mille hommes de ses hordes pour organiser des pique-niques le long des rives du Dniepr… L’un des participants, un ancien diplomate roumain, me rétorqua, au demeurant avec sa gentillesse habituelle, que la mobilisation poutinienne n’était qu’une comédie à laquelle, nonobstant ma culture historique, je ne pouvais rien comprendre. Jamais, il en était persuadé, Poutine n’envahirait l’Ukraine.

Le surlendemain, alors que les télés et les radios rapportaient les premières  nouvelles de « l’opération militaire spéciale » ainsi que, selon les médias, la dénommait déjà le dictateur du Kremlin, je ne pus m’empêchait d’appeler mon cher diplomate. Constantin (c’est son prénom) était furibard… contre lui. « Ce n’est pas possible », martelle-t-il à trois reprises, « comment n’ai-je rien vu ? »

Près de cinq ans plus tard, ce sont hélas, cette fois, mes amis, trumpistes invétérés, qui n’ont pas voulu voir l’abomination du phénomène T.R.U.M.P. : Trahison Trumpienne pour la Russie : Une Manipulation Poutinienne.

Car, cette fois-ci, ces derniers jours, c’est le président des États-Unis lui-même, Donald Trump, qui se révèle depuis longtemps admirateur inconditionnel de Poutine, qui a concocté avec ce dernier la pire volte-face de l’Amérique des temps modernes.

Dans son éditorial du 12 octobre, à la Une du Figaro, le talentueux Philippe Gélie écrivait : « Jusque-là l’ambiguïté permettait de sauver les apparences », et de s’expliquer : « Pour l’équivalent d’une journée de consommation mondiale de gazole, il vient d’opérer un virage stratégique à 180  degrés. La suspension des sanctions sur les exportations russes d’hydrocarbures permettra de financer la machine de guerre de Vladimir Poutine sans aucune contrepartie de sa part. Cela marquera peut-être un tournant dans le conflit, qui redouble d’intensité à l’amorce de son cinquième hiver. C’est assurément un tournant géopolitique majeur pour les États-Unis, qui ne s’étaient  jamais aplatis de la sorte devant l’impérialisme russe ». Et de poursuivre : « Pour Trump, la solution au problème qu’il a créé en déclenchant une guerre impopulaire contre l’Iran passe donc par… Moscou ».

Pour bien des commentateurs pro-ukrainiens de la géopolitique américano-russe, c’est évidemment la consternation et le devoir de vérité qui l’emportent. Et la vérité, c’est que Trump vient de rendre à Poutine le plus grand service que ce dernier pouvait, en cette période, attendre de lui.

Selon Mayeul Aldebert, correspondant à Washington du Figaro, dans son article du lundi 12 octobre, Trump a révélé cela le vendredi 9 en déclarant dans sa conférence de presse coutumière avoir eu une « discussion très fructueuse » de plus de 90 minutes avec Vladimir Poutine et annonçant un accord avec ce dernier sur l’importation de pétrole russe, en violation des sanctions en vigueur jusque-là adoptées naguère par le Congrès américain.

Rappelons que cet accord passé sans aucune consultation du Congrès par le seul duo des deux compères Trump et Poutine, stipule la livraison « immédiate » de trois cent mille tonnes de gazole « au marché américain et mondial » ainsi que la promesse de deux livraisons plus importantes encore, la première de cinq cent mille tonnes en novembre, la seconde d’un million de tonnes en décembre.

Dans la foulée, dès le lendemain (samedi 10), le tout puissant président américain s’avisait d’exiger de l’Ukraine l’arrêt des frappes de réplique de son armée sur les raffineries de pétrole en Russie, arguant de ce que, selon lui, elles ne feraient qu’aggraver « le problème mondial » de pénurie de diesel (sic).

Or, le plus ignorant des ignorants des questions énergétiques sait bien que c’est la guerre contre l’Iran pour le contrôle du détroit d’Ormuz, déclenchée par Trump sans aucun plan et sans aucune prudence, qui est la cause de la pénurie de carburant sur le marché international. Après quoi, avec le culot qui est le sien « à faire hurler les constellations » comme aurait dit Léon Bloy, Donald Trump, après avoir proféré qu’il était temps que « l’Ukraine change de président » (sic), osait asséner dans une hallucinante perfection mensongère : « La Russie aimerait conclure un accord (…) mais pour une raison ou une autre, Zelensky ne veut pas conclure d’accord ». Le président ukrainien lui rétorquât calmement le lendemain qu’il appartenait au peuple ukrainien de choisir ses dirigeants. Et il conditionnât des élections à un cessez-le-feu total de 60 jours, ajoutant qu’il n’était pas au courant du « cessez-le-feu énergétique » (sic) annoncé dans la matinée du même jour par un Trump qui, au mépris de toute vraisemblance, osait affirmer que « les deux parties se sont mises d’accord » (re sic).

La vérité, c’est que la Maison Blanche fait le pari qu’un tel accord mirifique avec le chef de la Russie tchéko-kagébiste pourrait convaincre les électeurs « Maga » de se rendre plus nombreux aux urnes le 3 novembre prochain, pour les « midterms » qui ne sont pas encore jouées…

En attendant, des personnalités lucides font le constat accablant de ce que Trump est devenu. Ainsi notre ancien ambassadeur à Moscou, et aujourd’hui titulaire de la distinction d’Ambassadeur de France, Pierre Levy, résume-t-il le tableau géopolitique du vieux monde : « Trump est avec Poutine, Poutine avec Xi Jinping, Xi avec l’Iran et la Corée du Nord ». Une belle coalition en vérité ! Mais qui ne gêne pas les collabos poutinistes d’extrême-droite que ce soit chez nous ou en Allemagne.

Quant à Gérard Araud, ancien ambassadeur de France en Russie, il résume en quelques mots le tableau : « Trump est aligné sur les positions russes. Il veut que l’Ukraine cesse de se défendre ».

Trump, lui, est tout à sa joie de « business man » de pouvoir enfin passer encore des « deals » avec la Russie. Il est pour cela bien épaulé par ses deux plénipotentiaires milliardaires, son ami Serge Witkoff et son gendre Jared Kushner. Mais, plus au fond des choses, la réalité n’est-elle pas que depuis longtemps, selon la pratique tchéko-kagébiste du « compromat », Trump, comme l’a répété souvent sur nos chaines l’excellent général Yakovlev, ancien colonel de notre Légion Étrangère, pourrait bien être « tenu » par les « services » de Vladimir Poutine. Nul besoin pour cela qu’il ait été comrpomis dans l’affaire Epstein…

« T » comme Trump, comme Trahison

Au cours de notre vie de militant, nous avons eu à détester bien des dirigeants politiques. Mais, en ce mois d’octobre 2026, c’est vers Donald Trump que s’écoule le plus notre réservoir de mépris.

Le personnage d’une insigne vulgarité qui n’a jamais effectué un seul jour de service militaire, a, on s’en souvient, été abject à l’égard de ce grand héros de guerre qu’était le sénateur John McCain, qui lui fut non seulement un combattant exemplaire au Vietnam mais aussi un héroïque prisonniers de guerre, résistants aux pires traitements du Viet Cong (nous l’avons jadis évoqué sur ce blog). La jalousie de Trump envers ce magnifique héros fut abominable.

Trump aura été pratiquement capable (et coupable) de tous revirements, de toutes les contradictions et finalement de toutes les trahisons. On les sait, l’Amérique qui a été notre allié si souvent admirable lors de nos grandes guerres, n’a pas toujours été glorieuse dans ses abandons du Vietnam, de l’Afghanistan ou dans sa guerre en Irak. Mais, avec Trump, c’est le chef de l’État américain en personne qui trahit aujourd’hui son allié ukrainien, par sa connivence sans limite avec le maître du Kremlin, le dictateur tchékiste puis kagébiste, le néo-stalinien Poutine.

Trump et son (faux) Tigre

Dernier en date des « exploits » de l’apache de la Maison Blanche : il n’a rien trouvé de mieux que de « partager » d’abord la véritable vidéo de l’authentique attaque mortelle d’un visiteur imprudent par un tigre du Bengale, survenue au zoo du Yorkshire Wildlife Park, dans le nord-est de l’Angleterre. En ce lieu, un jeune homme qui s’était imprudemment introduit dans un enclos où étaient enfermés des tigres du Bengale, a en effet été tué par un des fauves.

Ayant pris connaissance de ce drame, Donald Trump, faisant retransmettre la vidéo, l’avait fait accompagner par la mention « ne jouez jamais avec la nature ». Pas très finaud, certes, mais c’était du Trump.

Après quoi, il avait fait publier une vidéo générée par intelligence artificielle où on le voit fictivement courir après un tigre, plus vrai que nature, le plaquer au sol et lui faire un gros câlin. Histoire pour Trump-Tarzan de se montrer glorieusement vainqueur d’un pareil félin.

Accablant pour le parti Maga Mais l’hostilité renouvelée de Trump envers l’Ukraine et Zelensky font, qu’en son sein, certains et non des moindres, craignent que d’autres accords bien plus importants avec la Russie soient « plus préoccupants », plus dangereux pour l’Amérique que le dernier deal annoncé. C’est du moins ce qu’a déclaré Nigel Gould-Davies de l’Institut International d’Études Stratégiques observant que quatre millions huit cent mille tonnes de brut promises par la Russie ne pèsent pas grand-chose par rapport au soixante-cinq millions de tonnes produites chaque mois par les États-Unis. Cela explique que le candidat républicain au Sénat dans le Michigan, Mike Rogers, en compétition très serrée contre le progressiste Abdul el-Sayed, se soit prononcé publiquement contre l’accord Trump-Poutine. Quant à l’ancien vice-président Mike Pence, fervent partisan d’un soutien sans faille à l’Ukraine, n’a-t-il pas déclaré : « Le deal est une bouée de secours à la machine de guerre de Poutine ». Enfin, pour sa part, Andrew Mitcha, le célèbre professeur d’études stratégiques à la Hamilton School de l’Université de Floride a asséné : « Les États-Unis ont fait une concession majeure à la Russie sans obtenir de contrepartie de Poutine ». Et de poursuivre : « Cela nous désavantage dans de d’éventuelles futures négociations de paix en l’Ukraine et la Russie. Cela accroit également la confusion au sein de l’opinion publique américaine quant au rôle que les États-Unis entendent jouer pour mettre fin à ce conflit ».

On le voit, la politique de Trump à deux semaines des « midterms » du 3 novembre est loin de faire l’unanimité, même chez les Républicains. Les résultats de ces élections seront donc certainement très serrés. Mais nul ne doute que jusqu’à ce 3 novembre le camarade Poutine fera tout pour que soit conservée dans les deux chambres du Congrès, fut-elle faible, une majorité trumpiste donc une majorité poutino-trumpiste.

Bernard Antony 

Les libres propos d’Alain Sanders : N’en déplaise à Poutine, les droits historiques du Japon sur les îles Kouriles (où il est récemment venu rouler des mécaniques) sont ancestraux

La question des îles Kouriles constitue l’un des plus anciens contentieux territoriaux d’Asie orientale. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon et la Russie — auparavant l’Union soviétique — s’opposent au sujet de quatre îles situées à l’extrémité méridionale de l’archipel : Etorofu (Iturup), Kunashiri (Kounachir), Shikotan et les îlots Habomai. Au Japon, ces territoires sont désignés sous le nom de « Territoires du Nord ».

Il convient toutefois de préciser un point essentiel : le Japon ne revendique pas l’ensemble des îles Kouriles. Sa revendication porte seulement sur ces quatre îles méridionales que Tokyo considère comme historiquement distinctes de l’archipel des Kouriles auquel il a renoncé en 1951. La Russie, de son côté, considère les quatre îles comme faisant partie intégrante des Kouriles et affirme que leur souveraineté lui a été attribuée à l’issue de la Seconde Guerre mondiale.

Le débat ne peut donc être compris qu’en retraçant l’évolution des frontières russo-japonaises depuis le XIXe siècle, puis en examinant les accords conclus pendant et après la Seconde Guerre mondiale.


1. Les premiers liens japonais avec les îles méridionales
Les autorités japonaises rappellent que les quatre îles méridionales étaient connues, explorées et administrées par le Japon avant l’établissement d’une présence russe durable dans cette région. Selon les documents historiques présentés par le gouvernement japonais, le domaine de Matsumae, dans le nord du Japon, reconnaissait déjà les quatre îles comme relevant de son autorité au début du XVIIe siècle. À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle, le shogunat Tokugawa renforça cette administration et exerça un contrôle direct sur les territoires concernés. Cette présence historique avérée constitue l’un des principaux arguments japonais. Tokyo soutient notamment que la frontière entre les deux puissances n’a pas été imposée unilatéralement par le Japon, mais définie par des accords bilatéraux avec la Russie.

2. Le traité de Shimoda de 1855 : une première frontière russo-japonaise
Le premier grand jalon juridique est le traité de Shimoda, signé le 7 février 1855 entre le Japon et l’Empire russe. Ce traité établit une frontière entre les deux États dans l’archipel : elle passe entre Etorofu et Uruppu (Urup). Ainsi, Etorofu et les îles situées au sud sont considérées comme japonaises, tandis qu’Uruppu et les îles situées au nord relèvent de la Russie. Pour Tokyo, cet accord est particulièrement important puisqu’il ne s’agit pas d’une simple revendication historique : la frontière a été officiellement reconnue par les deux États. Des documents diplomatiques américains de l’époque de l’après-guerre confirmaient également que le traité de 1855 divisait les Kouriles entre les deux pays au niveau du détroit d’Etorofu. Le Japon en tire donc un argument central : si Etorofu se trouvait au sud de la frontière reconnue par la Russie en 1855, sa souveraineté japonaise ne serait pas née d’une conquête moderne, mais d’un accord international.

3. Le traité de Saint-Pétersbourg de 1875
La situation change en 1875 avec le traité d’échange de Sakhaline contre les Kouriles, également appelé traité de Saint-Pétersbourg. Le Japon et la Russie décident alors de régler leurs différends concernant Sakhaline et les Kouriles. Le Japon abandonne ses droits sur l’ensemble de l’île de Sakhaline, tandis que la Russie cède au Japon les îles Kouriles qu’elle possède. Le traité énumère 18 îles, allant de Shumshu, au nord, jusqu’à Uruppu, au sud. Cette disposition fait passer l’ensemble de ces îles sous souveraineté japonaise. Pour le Japon, cet accord possède une importance particulière : les quatre îles aujourd’hui revendiquées — Etorofu, Kunashiri, Shikotan et Habomai — ne figurent pas dans la liste des 18 îles transférées. Tokyo en déduit qu'elles étaient déjà considérées comme japonaises et qu'elles étaient donc juridiquement distinctes des « Kouriles » concernées par l'échange. C'est sur cette distinction terminologique et juridique que repose une grande partie de l'argumentation japonaise contemporaine.

4. La période de domination japonaise
À partir de la fin du XIXe siècle, les îles concernées sont intégrées à l'administration japonaise. Etorofu et Kunashiri font notamment partie des subdivisions administratives de Hokkaidō, tandis que Shikotan et les Habomai sont rattachés à la région de Nemuro. Cette administration japonaise se poursuit pendant plusieurs décennies, jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Japon souligne donc une continuité entre les traités de 1855 et de 1875, l'administration japonaise effective des territoires et leur intégration dans les structures administratives nationales. Pour Tokyo, ces éléments démontrent que les quatre îles ne constituaient pas des territoires acquis par le Japon à la suite d'une guerre d'agression, mais des territoires dont la souveraineté japonaise était établie avant 1945.

5. Le tournant de 1945 : l’intervention soviétique
La question devient beaucoup plus complexe à la fin de la Seconde Guerre mondiale En février 1945, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union soviétique concluent les accords de Yalta. Une clause prévoit que « les îles Kouriles » seront remises à l'Union soviétique après la défaite du Japon. Moscou considère que cette disposition constitue l'une des bases de sa souveraineté sur l'ensemble des Kouriles. Mais le Japon conteste l'interprétation selon laquelle les quatre îles méridionales seraient comprises dans cette expression. Son argument est que les accords de Yalta ne définissaient pas précisément ce que recouvrait géographiquement l'expression « îles Kouriles ». Le débat porte donc notamment sur la question de savoir si Etorofu, Kunashiri, Shikotan et Habomai faisaient juridiquement partie des territoires promis à l'Union soviétique.

6. L'occupation soviétique de 1945
L'Union soviétique déclare la guerre au Japon le 8 août 1945 et lance son offensive contre les territoires japonais du nord-est. Les forces soviétiques prennent progressivement le contrôle des îles Kouriles et occupent les quatre îles méridionales entre la fin août et le début septembre 1945. Pour le Japon, cette occupation est illégitime. Tokyo fait valoir que l'offensive soviétique a commencé après l'entrée en guerre de l'URSS contre le Japon et que l'occupation des quatre îles ne peut être assimilée à une acquisition territoriale juridiquement valable.

7. Le traité de paix de San Francisco de 1951

Un autre élément juridique majeur est le traité de paix de San Francisco de 1951. Son article 2(c) prévoit que le Japon renonce à « tous droits, titres et revendications » sur les îles Kouriles ainsi que sur la partie de Sakhaline et les îles adjacentes sur lesquelles le Japon avait acquis la souveraineté à la suite du traité de Portsmouth de 1905. La difficulté vient une nouvelle fois de la définition des « Kouriles ». Le Japon soutient que les quatre Territoires du Nord n'étaient pas inclus dans la catégorie des Kouriles mentionnée dans le traité. Cette position est notamment confortée par des documents diplomatiques américains de l'époque : une analyse du Département d'État américain de 1949 relevait déjà que la question juridique centrale était précisément de déterminer ce que signifiait l'expression « Kurile Islands » dans les différents accords internationaux. Un élément important est que l'Union soviétique n'a pas signé le traité de San Francisco. Le règlement territorial entre Tokyo et Moscou n'a donc pas été établi par ce traité bilatéralement.

8. La déclaration soviéto-japonaise de 1956
En 1956, le Japon et l'Union soviétique rétablissent leurs relations diplomatiques grâce à la Déclaration commune soviéto-japonaise. Son article 9 prévoit que les deux États poursuivront les négociations en vue de la conclusion d'un traité de paix. Surtout, l'Union soviétique accepte de transférer à terme Shikotan et les îles Habomai au Japon, après la conclusion d'un traité de paix. Cette disposition est particulièrement intéressante pour l'histoire du contentieux. Elle montre qu'en 1956, Moscou reconnaissait au minimum l'existence d'une question territoriale concernant deux des quatre îles. En revanche, Etorofu et Kunashiri ne sont pas mentionnées comme devant être transférées. C'est précisément sur ces deux îles que le désaccord est demeuré le plus profond. La déclaration de 1956 n'a donc pas mis fin au différend, mais elle constitue encore aujourd'hui un document majeur dans l'argumentation japonaise.

9. Les principaux arguments historiques du Japon
La revendication japonaise repose essentiellement sur plusieurs éléments qui se renforcent mutuellement.
Premièrement, Tokyo invoque une présence et une administration japonaises anciennes sur les quatre îles.
Deuxièmement, le traité de Shimoda de 1855 établissait explicitement la frontière russo-japonaise entre Etorofu et Uruppu.
Troisièmement, le traité de 1875 organisait une nouvelle répartition des territoires entre les deux pays, tout en distinguant les quatre îles méridionales des 18 îles expressément désignées comme les Kouriles dans le traité.
Quatrièmement, les quatre îles furent administrées par le Japon jusqu'en 1945.
Cinquièmement, le Japon considère que les accords de Yalta et le traité de San Francisco ne permettent pas d'établir que ces quatre territoires ont été juridiquement transférés à l'Union soviétique.
Sixièmement, Tokyo souligne la déclaration commune de 1956, dans laquelle l'Union soviétique acceptait de transférer Shikotan et Habomai après la conclusion d'un traité de paix.

10. Pourquoi le différend demeure-t-il sans solution ?
Le problème résulte en grande partie de l'absence d'un document unique apportant une réponse incontestable aux deux parties. Les traités du XIXe siècle donnent au Japon des arguments solides concernant l'histoire de la souveraineté et la définition des frontières. À l'inverse, la Russie s'appuie sur les accords de la Seconde Guerre mondiale et sur son contrôle effectif des territoires depuis 1945.

À cela s'ajoute une réalité géopolitique : la Russie exerce aujourd'hui le contrôle effectif des quatre îles, tandis que le Japon continue d'en revendiquer la souveraineté. Le différend a empêché jusqu'à présent la conclusion d'un traité de paix définitif entre les deux pays depuis la Seconde Guerre mondiale. La déclaration de 1956 avait pourtant ouvert la voie à un compromis, puisque Moscou avait accepté le principe d'un transfert de Shikotan et Habomai. Mais les négociations ultérieures n'ont pas permis de parvenir à un règlement global.

Sur le plan historique, Tokyo peut s'appuyer sur une argumentation particulièrement structurée : présence japonaise ancienne, administration effective, frontière reconnue par le traité de Shimoda de 1855, réorganisation territoriale de 1875 et continuité administrative jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En définitive, le Japon dispose d'une base historique et conventionnelle importante pour soutenir sa revendication sur les quatre îles. 

L'actualité montre d'ailleurs que le dossier reste très sensible : le 13 août dernier, Poutine s'est rendu sur l'île d'Etorofu/Iturup, provoquant la colère de Tokyo. Embourbé en Ukraine, le maitre du Kremlin tente de faire illusion là où il pense pouvoir encore faire un peu illusion…


Alain Sanders 

Les libres propos d’Alain Sanders : Samuel Bernard (sic) et Dominique Paty (re-sic) : quand le ministre de l’Éducation nationale fait l’appel à l’envers

Il paraît que l’École doit apprendre aux élèves à maîtriser la langue, à connaître l’histoire et à respecter la mémoire. Édouard Geffray vient de nous rappeler qu’au sommet de l’institution, on peut aussi se prendre les pieds dans le registre des morts.

 Car il fallait oser ! En évoquant les assassinats de Samuel Paty et de Dominique Bernard, deux professeurs victimes du terrorisme islamiste, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a réussi un curieux exercice de permutation patronymique : « Samuel Bernard et Dominique Paty ». Deux noms mélangés, deux identités télescopées, et une déclaration officielle qui donne soudain à la mémoire nationale des allures de puzzle mal assemblé.

On connaissait les erreurs de casting, les couacs de communication et les bourdes ministérielles. Voici désormais le professeur de l’Éducation nationale qui, au moment même de rendre hommage à ses collègues assassinés, semble avoir confondu les fiches de présence. Un petit tour de passe-passe avec les noms, comme si l’on pouvait redistribuer les cartes de la tragédie sans en brouiller le sens. Bien sûr, un lapsus n’est pas un crime. La langue fourche, la fatigue existe, et nul n’est à l’abri d’une erreur. Il serait absurde de prétendre qu’une inversion de noms révèle à elle seule une quelconque intention méprisante. Mais enfin, il y a des moments où l’on est en droit d’attendre d’un ministre autre chose qu’une approximation de fin de conseil de classe.

Car nous ne parlons pas ici de deux auteurs dont on aurait interverti les titres dans une bibliographie. Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, a été assassiné le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine. Dominique Bernard, professeur de lettres, a été tué le 13 octobre 2023 à Arras. Deux hommes, deux parcours, deux assassinats, deux histoires singulières que la France a le devoir de nommer correctement. Leurs noms ne sont ni interchangeables ni les pièces d’un jeu de Scrabble ministériel. Et c’est précisément là que le bât blesse : le ministre n’est pas un passant pris au dépourvu devant un micro. Il est le responsable politique chargé de l’Éducation nationale, celui dont la fonction implique de défendre l’école, ses personnels et la transmission de la mémoire. À ce titre, on pouvait espérer qu’il ait révisé la leçon avant de monter en chaire.

La scène a quelque chose d’ironiquement cruel. Dans une institution où l’on réclame aux élèves de la rigueur, où l’on corrige les confusions entre les dates, les auteurs et les événements, le professeur en chef se trompe de noms au moment de parler de deux enseignants assassinés. À ce rythme, il faudra bientôt prévoir, dans les éléments de langage ministériels, une fiche de révision : qui est qui, qui a été tué quand, et surtout comment éviter de transformer un hommage en exercice de permutation.

On imagine déjà le commentaire sur une copie : « Connaissances présentes, mais confusion regrettable dans l’identification des personnes. Effort à poursuivre. » Sauf qu’ici, il ne s’agit pas d’une note sur vingt. Il s’agit de mémoire collective, de familles endeuillées et d’une profession qui n’a pas besoin qu’on lui rappelle, par une maladresse supplémentaire, combien elle peut être exposée et combien sa reconnaissance officielle compte.

Le plus désolant serait de réduire l’affaire à une polémique de réseaux sociaux, avec ses indignations instantanées et ses procès en incompétence à la chaîne. La critique mérite mieux qu’un concours de sarcasmes. Elle porte sur une exigence élémentaire : quand la France rend hommage à ses morts, elle doit commencer par savoir les nommer.

Geffray pourra toujours invoquer le lapsus, et ce sera sans doute la meilleure explication. Mais l’explication n’efface pas l’impression laissée. À force de discours sur les valeurs, les commémorations et le devoir de mémoire, on finit par oublier que la première marque de respect tient parfois à une chose toute simple : prononcer correctement le nom de celui dont on honore le sacrifice.

Dans une salle de classe, on appellerait cela une erreur d’inattention. Dans un ministère, cela devient une erreur de communication. Et lorsqu’il s’agit de deux professeurs massacrés, la formule la plus juste est peut-être la plus sévère : une bourde que l’on aurait pu éviter en prenant le temps de relire sa leçon. La mémoire n’est pas un exercice de permutation. Et les noms des morts ne sont pas des variables d’ajustement du discours politique.


Alain Sanders 

vendredi 18 septembre 2026

Les libres propos d’Alain Sanders

 

Les « indignations » à géométrie variable de Mbappé

 

Il y a des causes que Kylian Mbappé assume haut et fort. Et puis il y a celles devant lesquelles il préfère retrousser son maillot… L’épisode de Ceuta pose une question évidente : l’engagement du capitaine des Bleus (hélas…) obéit-il à un principe universel ou dépend-il de la cause défendue ?

 

Mardi 15 septembre, avant le match entre Elche et le Real Madrid, les joueurs madrilènes se voient remettre un tee-shirt portant le message « Todos somos Caballas », autrement dit un message de solidarité avec les habitants de Ceuta. L’initiative, lancée par l’Association valencienne des entrepreneurs et reprise par plusieurs clubs, intervient après l’arrivée massive de migrants depuis le Maroc à Ceuta durant l’été.

 

La majorité des joueurs affichent le message. Kylian Mbappé, Vinicius et Ibrahima Konaté, eux, choisissent de le dissimuler en retroussant leur tee-shirt, avant de le retirer aussi vite que possible. Les images ne laissent guère de place au doute sur le fait qu’ils ne souhaitent pas afficher publiquement le slogan.

 

Mbappé n’a évidemment aucune obligation morale de porter un tee-shirt. Il est parfaitement légitime qu’un footballeur refuse d’associer son image à un message qu’il estimerait trop politique, trop ambigu ou simplement contraire à ses convictions. Mais cette liberté individuelle fonctionne dans les deux sens : lorsqu’un sportif utilise régulièrement son immense notoriété pour prendre position sur des sujets de société, le public est également fondé à s’interroger sur la cohérence de ses prises de parole. Car Mbappé n’a jamais véritablement revendiqué le principe selon lequel le football devait rester totalement à l’écart des affaires publiques.

 

En 2023, après la mort de Nahel, il avait publiquement exprimé son indignation et salué la mort d’un « petit ange » (sic). Plus récemment, il s'est inquiété publiquement d'une éventuelle victoire du Rassemblement national à la présidentielle de 2027. Ces prises de position font partie de l’espace public et ont contribué à faire de lui bien davantage qu’un simple joueur de football. Dès lors, une question surgit : si la parole du footballeur est légitime lorsqu’il s’agit de certains sujets, pourquoi faudrait-il soudainement considérer que le football ne doit pas « faire de politique » lorsqu’une cause ne correspond pas à la « sensibilité » qu’il souhaite exprimer ?

 

Après la polémique, Mbappé a donné une explication au quotidien espagnol AS. Il affirme être « pleinement solidaire » de Ceuta et de ses victimes, mais explique qu’il voulait également avoir une pensée pour les migrants confrontés eux aussi à des situations dramatiques.

 

Cet argument produit aussi un étrange effet de miroir. Le tee-shirt ne demandait pas aux joueurs de condamner qui que ce soit. Il affichait un message de soutien aux habitants d’une ville confrontée à une situation exceptionnellement dramatique : une invasion étrangère. D’autres joueurs, dont l’international marocain Ez Abde, l’ont porté tout en expliquant qu’il s’agissait à leurs yeux d’un geste humanitaire et non d’une hostilité envers le Maroc.

 

Alors, indignations à géométrie variable ? C’est une question légitime lorsqu'on examine la cohérence générale du rapport de Mbappé aux causes publiques. Un engagement universel suppose-t-il de défendre toutes les victimes avec la même visibilité ? Ou chacun est-il libre de choisir les causes auxquelles il associe son image ? Mbappé a choisi la seconde option. Ce qui n’étonnera que ceux qui n’ont pas compris depuis longtemps que c’est un sale type.

 

Quand on fait de sa célébrité une tribune citoyenne, on ne choisit pas seulement les applaudissements qui accompagnent ses prises de position. On accepte aussi que le public interroge les causes auxquelles on choisit de ne pas s’associer. Mbappé est libre de ses combats. Mais ceux qui regardent ses combats sont, eux aussi, libres de s’interroger sur l’idéologie qui les sous-tend.

 

Alain Sanders

 

 

mercredi 16 septembre 2026

Rappel à Dieu de Maître Hubert Le Griel

Rappel à Dieu de Maître Hubert Le Griel

Bernard Antony, fondateur de l’AGRIF, Yann Baly, président, et Maître Jérôme Triomphe, avocat coordinateur, communiquent :

Maître Hubert Le Griel, avocat à la Cour et devant le Conseil d’État, a été rappelé à Dieu ce dernier samedi 12 septembre à l’âge de 97 ans. Ses obsèques auront lieu ce prochain vendredi à 14 heures en l’église Saint Nicolas du Chardonnet à Paris.

Bernard Antony se souvient notamment de ce que, lors de la réunion qu’il avait tenue avec lui au début de l’année 1984, destinée à créer l’association qu’il souhaitait contre les racismes anti-français, anti-chrétien, et anti-humain, il avait formulé le souhait que son intitulé puisse exprimer une volonté d’opiniâtreté offensive.

Maître Le Griel avait aussitôt proposé qu’elle reflétât l’allégorie de la griffe. Ce fut immédiatement approuvé et c’est ainsi que naquit l’AGRIF !

Maître le Griel fut par la suite tout au long de sa vie active un des grands avocats de l’AGRIF, devant la Cour de cassation et devant le Conseil d’État. Son fils Bruno, héritant de son grand talent, lui a succédé pour défendre les causes de l’AGRIF devant ces juridictions.

Nous lui exprimons notre amitié et nos condoléances, et le prions de transmettre notre sympathie à tous les siens.

lundi 14 septembre 2026

Les libres propos d’Alain Sanders


Notre mémoire

 

Il y a 220 ans mourrait Alexandre Dumas (1762-1806), le père d’Alexandre Dumas père : le dur à cuire de la famille

 

 

Alexandre Dumas père, c’est bien évidemment le prolifique écrivain, l’auteur de ces Trois Mousquetaires qui sonnent comme le manifeste de la France éternelle. Mais Alexandre Dumas père avait un père : Thomas Alexandre Davy de La Pailleterie, dit le général Dumas. Né à Jerémie (alors Saint-Domingue, aujourd’hui Haïti) en 1762. Mort à Villers-Cotterêts en 1806.

 

L’histoire commence plutôt mal pour Thomas Alexandre. Il est le quatrième enfant d’un noble de Normandie, le marquis Alexandre Antoine Davy de La Pailleterie (1714-1786), en charge d’une plantation de Saint-Domingue avec son frère. Les quatre enfants sont nés de la liaison entre le marquis (1) et une jeune esclave du domaine, Marie-Cessette Dumas. Avant de rentrer en métropole, en 1774, le marquis, qui trahit-là une âme bien peu noble, vend ses enfants comme esclaves !

Une exception toutefois : Thomas Alexandre a été cédé « à réméré ». Ce qui veut dire qu’il peut être racheté par à tout moment par son vendeur. Son père en l’occurrence…

 

Remords ou retour d’affection tardif, on ne sait pas, c’est ce qui va se passer. Racheté sous le nom de « Thomas Réturé », le jeune adolescent est installé chez son père, en Normandie, élevé comme le fils de la maison, éduqué comme un jeune noble, puis placé dans un pensionnat coté de la rue Saint-Honoré à Paris. Dans cet établissement, dirigé de main de maître par Nicolas Texier de La Boëssière, Thomas Alexandre reçoit une excellente éducation en toutes les matières. Le matin, l’étude ; l’après-midi, les armes.

 

C’est un beau gaillard qui fait son entrée dans le monde. Il est de belle taille (1,85 m, ce qui est rare pour l’époque), il est bâti comme un athlète, il est élégant (son père ne mégote pas sur sa garde-robe). Aussi fait-il le bonheur des salons parisiens et plus encore celui des dames… Mais, entre le marquis et son fils, les choses vont se gâter quand ledit marquis se met dans l’idée d’épouser une « jeunesse », Marie Petou, de trente ans sa cadette. Le fils souligne le ridicule de ce mariage au vieux barbon. Le père s’obstine et épouse Marie en 1786. Les deux hommes ne se rabibocheront jamais.

 

Ce qui est plus embêtant pour Thomas Alexandre, c’est que son père lui coupe les vivres. Qu’à cela ne tienne ! Sous le nom d’Alexandre Dumas (et ce sera le sien et celui de ses descendants désormais), il s’engage dans le régiment des dragons de la Reine. En 1789, ce régiment est envoyé à Villers-Cotterêts pour mettre au pas des fauteurs de trouble révolutionnaires. Ce qui sera fait. Thomas Alexandre fait tirer dans le tas. Et tout rentre dans l’ordre. Mais, pendant toute la période révolutionnaire, cet impromptu de Villers-Cotterêts lui sera reproché (il sera même jugé pour cet épisode et n’échappera que de peu à la guillotine).

 

À l’auberge de L’Écu de France, où il loge à Villers-Cotterêts, il séduit la fille de l’aubergiste, Marie Labouret. Ils se fiancent, mais ne se marieront qu’en 1792 : le père Labouret, un peu Thénardier sur les bords, avait exigé que Thomas Alexandre eût un grade plus élevé dans la hiérarchie militaire. Finalement, celui de brigadier conviendra au daron de Marie.

 

Après la Révolution, la carrière du brigadier Dumas est fulgurante. Sous les ordres de Dumouriez, dans l’armée du Nord, il fait merveille. Nommé maréchal des logis, puis capitaine au sein des Hussards de la Liberté et de l’Égalité, il intègre, avec le grade de lieutenant-colonel pour le coup, la Légion Saint-Georges (du nom du fameux chevalier Saint-Georges, né esclave, lui aussi). Le temps de faire un enfant à sa femme, une fille prénommée Alexandrine Aimée, et il repart faire le coup de feu du côté de Lille.

 

Quo non ascendet ? En 1793, il est général de brigade, puis général de division la même année ! Il est nommé commandant de l’armée des Pyrénées occidentales, mais ne pourra pas assurer cette fonction, les terroristes de la région le trouvant trop « tiède » à l’égard des sympathisants (ou supposés tels) royalistes. Il est vrai qu’il ne cachera jamais, ce qui faillit lui coûter la vie, son dégoût à l’égard des septembriseurs et autres lécheurs de guillotine. On le nomme commandant en chef de l’armée des Alpes. Mais, là encore, il doit s’empoigner avec le Comité local de salut public qui ne veut pas de lui. Alors qu’il est convoqué devant un tribunal terroriste, qui l’aurait condamné à coup sûr à la guillotine (comme ce fut le cas pour son ami, impliqué comme lui, Armand-Louis de Gontaut Biron), la chute de Robespierre, en juillet 1794, lui sauve la mise. Et la tête…Nommé commandant de l’Armée de l’Ouest, il avait démissionné pour dénoncer les crimes abominable, un véritable génocide, commis contre les Vendéens.

 

À Villers-Cotterêts, où il vient en permission, il fait la découverte de sa seconde fille, un tout petit enfançon, Louise Alexandrine. La suite pourrait se décliner comme autant de rapports militaires : l’armée des Alpes, l’Italie (avec Bonaparte), le Tyrol (où il gagne son surnom : l’Horatius Coclès du Tyrol), l’Égypte (où il a sous ses ordres Davout, Murat, Leclerc), etc. Emprisonné deux ans à Naples, il est mis d’office à la retraite en 1802. Il fut en fait (comme quelques autres anciens de la Légion Saint-Georges) « épuré » et humilié par Napoléon qui se conduisit en l’occurrence (mais il ne fut jamais un exemple d’élégance morale) comme un salopiot.

 

À sa mort, le 26 février 1806, son fils, Alexandre, est âgé de trois ans et demi. Le nom du général Dumas, ce « Diable noir » à qui son écrivain de fils doit sans doute sa formidable imagination, est inscrit sur le côté sud de l’Arc de Triomphe. Avec deux de ses compagnons d’antan aux dragons de la Reine, le général Louis Chrétien Carrière de Beaumont et le général Jean Louis Brigitte Espagne. Il n’y manque que leur quatrième complice, le général Joseph Piston. Quatre dragons ? Tout juste. Ont-ils inspiré au fils du général Dumas ces trois mousquetaires qui, comme on le sait, étaient quatre ? Pas impossible…

Alain Sanders

 

(1)   Les Davy de la Pailletery sont une famille normande de la noblesse d’épée. Ainsi l’écrivain Alexandre Dumas, auteur de ce roman-manifeste de la droite nationale que sont Les Trois Mousquetaires, descendait-il de Robert de Chabannes, tué à Azincourt, et de Jean de Graville, compagnon de Jeanne d’Arc.