jeudi 16 juillet 2026

L’arrogance et la conscience

Sélectionné dans ma revue de presse ces lignes bien frappées de Vincent Trémolet de Villers :


« L’Histoire retiendra qu’un pouvoir épuisé, une Assemblée de fortune, un président plus impopulaire que jamais, le premier ministre « le plus faible » de la Ve République ont conjugué cynisme, lâcheté et idéologie pour, au milieu de l’été 2026, permettre à l’État d’administrer la mort. Progressisme ? On cherche en vain le progrès moral dans cet oxymore assassin : « Tuer, c’est soigner ». Pas plus de progrès médical dans cette méthode irrémédiable d’abréviation des souffrances. Encore moins de progrès social dans cet abandon de l’État providence au profit de ce que Dominique Reynié appelle un État « validiste ». Vieillards, grands malades, nerveux, désespérés savent désormais qu’ils sont « éligibles » au « droit à mourir ». On a beau tourner la chose dans tous les sens, on se cogne comme une  mouche dans un bocal : comment faire cohabiter à l’hôpital des unités de suicidologie qui luttent héroïquement pour que des personnes ne mettent pas fin à leurs jours et des structures chargées d’assister le suicide ? Devant une telle contradiction, l’esprit est pris de vertige et ce qui fait en l’homme l’humain s’insurge. Il fallait, nous dit-on, un trophée « sociétal » pour la « legacy » du président sortant. Preuve supplémentaire que l’impuissance publique peut s’accompagner d’une immense arrogance anthropologique. Le tout dans un mélange de lyrisme, de kitsch et de légèreté. C’est Créon, mais au pays des selfies…


Incapable en dix ans d’améliorer la vie quotidienne des Français, Emmanuel Macron se félicitera certainement d’avoir, quarante-cinq ans juste après l’abolition de la peine de mort, rendu à l’État le pouvoir d’abréger l’existence… »


mercredi 15 juillet 2026

Ce jour, vote ou non de la loi de fin de civilisation dite sur « la fin de vie »

 

Dans son éditorial de ce jour dans le Figaro, titré « le tragique et la fête », Laurence de Charrette commente comme il faut, avec une sarcastique ironie, l’invitation selon elle lancée à un « cercle d’initiés » par Laurent Panifous, le ministre des relations avec le Parlement, à célébrer le vote de cette loi scélérate, en réalité d’ouverture des droits à l’euthanasie et au suicide assisté.

« Cercle d’initiés » : l’expression est bien choisie, car une fois encore une loi de « culture de mort », une de ces lois dites sociétales, aura été largement portée par les réseaux de la maçonnerie de gauche (Grand Orient ou Grande Loge), que ce soit à l’Assemblée nationale ou au Sénat.

À ce que j’en ai lu ou entendu dans les médias de ce jour, il semblerait néanmoins qu’au fil du temps, l’enthousiasme des « thanatophiles » pour ce projet de loi aurait largement décru.

Au point que le premier ministre Lecornu, semble-t-il de moins en moins partisan du projet de loi initial, a décidé d’en soumettre plusieurs passages à l’aval du Conseil Constitutionnel. Évoquant les agapes de Laurent Panifous, Laurence de Charrette écrit : « Ces mauvaises réjouissances, cette désinvolture, trahissent l’esprit qui a guidé les porteurs de la loi – un nihilisme habillé d’humanisme- qui défend le droit de choisir l’heure du départ, bien plus qu’ils ne se préoccupent du soulagement de la souffrance humaine ».

Comme presque toujours en effet, le projet de loi de culture de mort aura été avancé sous couvert d’’humanisme. Humanisme, que de crimes auront été concoctés en ton nom !

Notons que si ce jour il obtenait une majorité de suffrages à l’Assemblée Nationale, le projet de loi macronéronien entraînerait notamment la décision des petites Sœurs des Pauvres de fermer leurs établissements en France, si elles étaient obligées d’appliquer les dispositions de la nouvelle loi alors que le gouvernement Lecornu n’a même pas déposé d’amendements pour proposer une clause de conscience collective.

Nulle possibilité donc d’’échapper à cette loi totalitaire pour les 800 000 soignants de toutes catégories médicales qui ont pourtant explicitement signé leur opposition à un texte de libéralisation de l’euthanasie. Si donc, comme on peut hélas le craindre, cette nouvelle loi de la culture de mort était ce jour votée en cette fin d’après-midi, ce serait aussi un nouveau motif d’indécente satisfaction pour un Emmanuel Macron, inéluctablement en fin de deuxième et dernier mandat.

 

Les libres propos d’Alain Sanders


Superbe victoire espagnole face à une équipe de France artificiellement encensée (et pas vraiment pour de bonnes raisons…)

 

L'Espagne a une nouvelle fois démontré qu'elle est aujourd'hui l'une des références du football mondial. En s'imposant 2-0 face à la France en demi-finale de la Coupe du monde 2026, la Roja a offert une véritable leçon de maîtrise collective, de discipline tactique et d'efficacité. Grâce à des réalisations de Mikel Oyarzabal sur penalty puis de Pedro Porro, les Espagnols ont parfaitement contrôlé une rencontre qu'ils ont dominée dans tous les moments du jeu.

 

Du côté français, la déception est immense, paraît-il. Présentés par de nombreux zélotes comme les favoris absolus (« la meilleure équipe du monde et de tous les temps », nous disait-on) les Bleus ont semblé incapables de répondre à l'intensité imposée par leurs adversaires. L'équipe de Didier Deschamps (qui prend sa retraite sur cette défaite cuisante) n'a jamais trouvé le rythme nécessaire pour renverser une sélection espagnole remarquablement organisée.

 

Au-delà du simple résultat, cette rencontre pose une question sur l'état d'esprit des Français. Sans affirmer (encore que…) que les joueurs manquaient d'humilité, on a eu le sentiment que les Bleus abordaient cette demi-finale avec une arrogance excessive. Les bons résultats réalisés depuis le début du tournoi, combinés à un effectif riche en talents, ont conduit à croire que la qualification pour la finale était acquise.

 

À l'inverse, l'Espagne est restée fidèle à sa philosophie. Aucun excès de confiance, une solidarité de tous les instants et une qualité technique exceptionnelle ont permis à la Roja de prendre progressivement le contrôle des opérations. Rodri a dicté le tempo au milieu de terrain, Lamine Yamal a constamment mis en difficulté la défense française par sa vitesse et ses dribbles, tandis que la défense espagnole a parfaitement contenu des attaquants tricolores bien timorés (à commencer par le très surévalué Mbappé, auteur par ailleurs d’un mauvais geste contre le goal espagnol).

 

Le football rappelle régulièrement qu'aucun statut ne garantit la victoire. Les plus grands palmarès ne remplacent ni la concentration, ni l'engagement, ni le respect de l'adversaire. L'Espagne a abordé cette rencontre comme une finale avant l'heure, alors que la France n'a jamais réussi à imposer son jeu ni à afficher le niveau qui avait pu faire illusion lors des tours précédents.

 

Cette victoire espagnole est donc tout sauf un hasard. Elle récompense un collectif parfaitement huilé, une préparation exemplaire et une volonté de chaque instant. Pour les Bleus, cette élimination devrait servir de leçon. Dans le football de très haut niveau, le talent individuel ne suffit jamais lorsqu'il n'est pas accompagné d'une humilité permanente et d'une exigence de tous les instants.

 

L'Espagne disputera désormais la finale avec l'ambition de conquérir un nouveau titre mondial, tandis que la France devra rapidement tirer les enseignements de cette désillusion. Quant à nous, on se fera une raison…Y viva España !

 

Alain Sanders

 

 

 

 

vendredi 10 juillet 2026

Les libres propos d’Alain Sanders

 

Trump avalise l'envoi de systèmes Patriot à l'Ukraine : réactions et enjeux

 

Donald Trump, dont nous avons souvent dénoncé ici-même les atermoiements (et le mot est faible) à l’égard de l’Ukraine, déclare aujourd'hui son soutien à la fourniture de systèmes de défense antimissile Patriot à Kiev, marquant ainsi une prise de position notable sur l'assistance militaire occidentale au pays en guerre

 

Trump  souligne (il était temps qu’il s’en rende compte…) que l'envoi de Patriots renforcera la capacité défensive de l'Ukraine face aux frappes de missiles et aux attaques aériennes, tout en présentant ces systèmes comme des outils visant à protéger les civils et les infrastructures essentielles, ce qu’ils sont – aussi – effectivement.

 

La prise de position de Trump a suscité des réactions contrastées au sein du paysage politique américain. Les députés et dirigeants républicains favorables à une posture de soutien à Kiev ont salué l'annonce comme un signe de pragmatisme et de volonté de dissuasion face à l'agression russe. Du côté démocrate, certains responsables ont vu dans l'aval de Trump une opportunité d'élargir un consensus bipartite sur l'aide à l'Ukraine, tandis que d'autres ont demandé des précisions sur les modalités, le calendrier et les conditions d'utilisation des systèmes Patriot (et sans doute aussi l’âge du capitaine…).

 

Les systèmes Patriot sont des dispositifs de défense aérienne à longue portée conçus pour intercepter missiles balistiques tactiques, missiles de croisière et aéronefs. Leur déploiement en Ukraine visera prioritairement à protéger les zones urbaines et les infrastructures critiques contre les attaques de missiles qui ont causé de très lourds dégâts ces dernières années. Toutefois, l'efficacité d'un tel déploiement dépendra de la protection logistique, de l'intégration au réseau de défense existant, de la formation des équipages ukrainiens et de la fourniture de pièces détachées et de munitions. Le transit, l'installation et l'exploitation de ces systèmes dans une zone de conflit soulèvent également des défis opérationnels.

 

Au plan international, un tel soutien devrait renforcer la coopération entre les ÉtatsUnis et leurs alliés européens, nombreux à plaider pour des livraisons d'armement défensif. Mais il pourrait aussi provoquer des réactions foldingues de la part de la Russie laquelle, sans vergogne, a régulièrement dénoncé les transferts d'armements comme aggravant la confrontation.

 

Quoiqu’il en soit, l’aval de Donald Trump à la fourniture de systèmes Patriot à l'Ukraine redéfinit le débat américain sur l'aide militaire aux pays en guerre : il ouvre la porte à un renforcement de capacités défensives sensibles à un moment où l’Ukraine frappe la Russie en profondeur. Ce qui, paraît-il, a bluffé Trump et l’a rapproché de Zelensky. Pourvu que ça dure. Le Trump e mobile qual piuma al vento…

 

Alain Sanders

 

mercredi 8 juillet 2026

Communiqué de Bruno Gollnisch












 

Affaire dite des assistants parlementaires

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Bruno Gollnisch

Communiqué de Bruno Gollnisch
ancien député à l’Assemblée Nationale & au Parlement européen

Sur l’arrêt de la Cour d’Appel de Paris & les procédures judiciaires dirigées contre les députés et assistants R.N.

L’arrêt de la Cour d’Appel de Paris, théoriquement atténué par rapport à l’incroyable jugement de première instance, conforte le véritable coup d’état judiciaire visant à entraver  les Français dans le libre choix de leurs candidats à l’élection présidentielle.
Cette décision est d’autant plus choquante qu’elle frappe des élus et des assistants qui n’ont en rien enfreint les règles du droit et de la probité :

Nous sommes condamnés, serait-ce à reculons,  pour avoir confié à nos assistants des missions de travail politique. Ces missions relevaient exclusivement de notre libre choix, conformément au mandat reçu de nos électeurs.

·         Aucun texte législatif ne les interdisait.

·         Les débats ont montré qu’il n’y avait eu aucun emploi fictif. Tous nos assistants ont travaillé avec conscience et dévouement, de façon publique, non dissimulée ;

·         Tout ceci était conforme à l’usage général du Parlement Européen, connu de l’administration parlementaire et validé par elle.[1]

Les poursuites intentées venaient d’adversaires haineux, au premier rang desquels l’ancien président socialiste allemand Schulz, dont le comportement en matière d’assistance parlementaire était cent fois plus critiquable que celui qui nous est reproché.[2]
Elles sont un monument d’hypocrisie partisane.

Elles enfreignent le principe fondamental de la séparation des pouvoirs, rappelé pourtant dans cette affaire par les plus hautes autorités de droit constitutionnel de notre pays : les professeurs Avril et Gicquel ; M. Jean-Eric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel.

Cette décision, qui copie pratiquement les réquisitions extravagantes du Parquet, est inacceptable.
Je n’ai pas détourné un centime d’argent public de toute ma vie politique.
Le Parlement européen, au nom duquel prétendent parler nos ennemis, n’a subi aucun préjudice.
J’examinerai donc avec mes avocats, sans illusion, les voies de droits qui subsistent encore dans un pays, le nôtre, qui mérite chaque jour de moins en moins le nom de démocratie.

[1] Et notamment du responsable du service de l’Assistance parlementaire, M. Franck Antoine-Poirel, avec lequel, fait très grave, une confrontation sollicitée par moi au stade de l’instruction m’a été refusée. M. Antoine-Poirel a été -et pour cause- le grand absent de tout ce procès, laissant son supérieur, M. Klethi, présenter les choses à sa façon….
[2] M. Schulz a été accusé par ses assistants de les avoir contraints à des travaux domestiques pour son compte. L’un d’entre eux a déclaré au Spiegel : « Il nous obligeait à repasser ses pantalons ». Un autre, qui, sous le statut d’accrédité, devait résider à Bruxelles ou Strasbourg, résidait en fait à Aix-la-Chapelle, d’où il dirigeait l’Agence « Euregio Tours », agence de voyage du SPD, le parti socialiste allemand. Le rapport de la Commission de contrôle budgétaire connu sous le nom de « Rapport Pieper » est accablant pour ce qui est de l’usage, non seulement des assistants, mais aussi des fonctionnaires du Parlement, à des fins partisanes électoralistes au profit de M.Schulz. Bien évidemment, Le directeur général des finances, M. Klethi, obligé de Schulz, s’est abstenu d’en tirer la moindre conclusion défavorable à son supérieur.

ENTRETIEN

L’ancien député national et européen FN, ancien vice-président de ce parti, conseiller régional et conseiller municipal de Lyon, Bruno Gollnisch, a vu sa condamnation atténuée, mais confirmée en appel à trois ans de prison avec sursis ce 7 juillet, lors du procès en appel des assistants parlementaires européens du Rassemblement national. Il réagit auprès de nous.

 Jean Sarliac. Vous attendiez-vous à une telle décision ?

Bruno Gollnisch. Je m’attendais au pire et je me suis abstenu de venir à la lecture de l’arrêt, parce que j’aurais peut-être été porté à pratiquer l’outrage à magistrat. Depuis le début de dette « affaire », je sais que la manœuvre politico-judiciaire vise à nous tuer : dans notre réputation d’intégrité, en nous ruinant, moralement, financièrement, et en nous privant de nos droits civiques.

Il en est ainsi, et je suis bien sûr indigné, car ce procès méconnaît tous les principes fondamentaux du droit. Et je ne suis pas le seul à le dire. D’autres se sont exprimés, comme les professeurs Pierre Avril et Jean Gicquel, qui sont des sommités incontestées en matière de droit constitutionnel, Monsieur Gicquel ayant été en outre le déontologue, assez exigeant d’ailleurs, de l’Assemblée nationale. Aussi M. Jean-Eric Schoettl, ancien Secrétaire Général du Conseil constitutionnel.  Le pouvoir judiciaire n’avait absolument pas à se mêler des activités des assistants parlementaires, car, sinon, il se mêlait directement de l’activité des députés, ce qui est contraire au principe de séparation des pouvoirs. Principe dont la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 nous dit qu’il est fondamental dans nos institutions.

Toutes les règles de droit ont été violées, dont la prescription, puisque l’on est remonté à des années pour obtenir le total des salaires versés à nos assistants, en présumant qu’ils n’ont jamais travaillé le moins du monde pour nous, ce qui est non seulement faux, mais absurde.

J.S.  Quels éléments avez-vous opposés pour votre défense ?

B. G. Tout est ahurissant dans cette affaire. J’ai prouvé que mes assistants avaient travaillé pour moi, et notamment l’un d’entre eux qui, devant un huissier procédant par sondages aléatoires, a montré qu’il connaissait parfaitement le contenu de mes 600 dossiers ! L’instruction avait même retrouvé une série d’entretiens entre nous portant sur 14 points de politique européenne. Il n’en a pas été tenu compte. Ce jugement reprend, en les atténuant légèrement, les extravagantes réquisitions du Parquet. Mais il faut surtout se souvenir que tout cela part de nos adversaires au sein de l’Union européenne, les euro-mondialistes, partisans de l’établissement de la dictature du super-État « eurocratique », qui craignent de plus en plus la progression de nos analyses dans l’opinion, en France et dans le reste de l’Europe.  Il s’agit en particulier de l’ancien chancelier allemand M. Schulz, qui, pour le coup, avait des assistants qui se sont plaints d’être utilisés à des travaux domestiques, et un autre qui, sous statut d’accrédité, devait résider à Bruxelles ou à Strasbourg, mais dirigeait en réalité depuis Aix-la-Chapelle la Société « Euregio Tours », agence de tourisme du SPD, le parti socialiste allemand !

Mais nos ennemis ne se gênent pas de pratiquer l’inversion accusatoire et de prétendre que, l’activité de nos assistants n’ayant pas été mise au service de la « construction » européenne, nous aurions « détourné » des millions ! Alors que le Parlement européen, contrairement à ces allégations, n’a pas subi le moindre préjudice, pas même d’un centime. On se moque du monde. Cette dotation nous était due. Et l’on nous dit qu’elle devait n’être utilisée que dans l’intérêt de l’Europe, ce qu’a d’ailleurs répété le tribunal, alors que l’on confond là l’intérêt de l’Europe et les ambitions de la Commission européenne.

Or, nous n’avons pas été élus pour servir ces ambitions, mais élus sur des listes nationales pour contester les évolutions de l’Union européenne et défendre les intérêts français. Les trois assistants pour lesquels je suis mis en cause étaient des assistants locaux qui, selon le propre règlement du Parlement européen, n’avaient pas à venir à Bruxelles ou à Strasbourg. Donc, ils ne pouvaient pas assister aux votes. Ils ne pouvaient pas assister aux réunions des groupes politiques dans lesquels sont décidées les politiques législatives, ni assister aux travaux des commissions. Que pouvaient-ils, alors, faire d’autre que de participer à l’activité politique de leur député ?

 J.S.  Comment expliquez-vous une telle décision ?

B. G. J’ai dit aux magistrats, qui n’en ont tenu aucun compte, que nous sommes en quelque sorte comme des joueurs de football à qui les dirigeants de leur club auraient dit qu’ils avaient le droit de jouer, mais individuellement, et pas en équipe ! C’est exactement la substance de ces décisions aberrantes, qui ne tiennent aucun compte ni des usages du parlementaire, ni des réalités de la vie politique, laquelle est un « sport collectif », surtout à l’Europe, où nous sommes élus sur un scrutin de liste nationale !  Autant de choses que ces juges ignorent d’ailleurs, et c’est pourquoi existe le principe de la séparation des pouvoirs : imaginez, un instant, qu’à l’occasion d’une décision de justice aberrante, comme la libération d’un individu dangereux pour un tampon oublié sur un formulaire, je me mêle de cela en excipant de ma qualité de député, demandant aux magistrats de me communiquer les brouillons de leurs décisions et en les questionnant sur le rôle de leur greffier ou la nature de leurs relations avec leurs assesseurs… Mais on aurait eu vite fait de me répondre : « Mêlez-vous de vos affaires, vous n’avez pas à vous immiscer dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire » ! Eh bien, le pouvoir judiciaire n’a pas à s’immiscer dans les activités d’un assistant parlementaire.

J.S. Estimez-vous que nous sommes, désormais, face à la tyrannie d’une République des juges ?

B. G. Oui, assurément. Cela a été une évolution progressive, due à plusieurs facteurs. D’une part des juges partisans, puisque le Syndicat de la magistrature recueille un tiers des suffrages aux élections professionnelles, et il s’est fait gloire, sur un « mur des cons » installé dans ses locaux, de désigner à la vindicte de ses adhérents un certain nombre de justiciables, y compris le père d’une malheureuse jeune fille assassinée pour s’être refusée à un viol dans un train de banlieue. Mais il y a aussi l’hybris, que j’ai pu observer aussi chez les élus européens – pas les nôtres bien sûr -, qui les pousse à vouloir augmenter le pouvoir de l’institution par une dynamique de groupe délétère. Ils deviennent ainsi des instruments dociles de la conquête du pouvoir par l’Eurocratie.

Eh bien, cette ivresse du pouvoir existe aussi chez certains juges. C’est formidable, de pouvoir « se faire » des politiques ! Ils veulent condamner un ancien président de la République à sept ans de taule sur des présomptions, et deux anciens ministres de l’Intérieur, en prime. Ils ont arbitré la présidentielle de 2017 en inculpant avec une célérité exceptionnelle ce pauvre Fillon, qui pensait qu’il avait le temps devant lui, qu’on n’oserait pas… Lui qui avait eu l’imprudence de dire : « Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ? »

Quant aux élus du MoDem, poursuivis pour des motifs similaires à notre affaire, ils ont tous été condamnés, injustement d’ailleurs, comme nous, mais beaucoup plus légèrement. Tous condamnés… sauf monsieur Bayrou ! LFI, aussi, est concernée par une affaire du même type. Et  même bien plus grave : que faisaient les assistants parlementaires de M .Raphaël Arnault , député du Vaucluse, à Lyon, où ils sont inculpés de participation au lynchage atroce du malheureux Quentin Deranque ?  Mais étonnamment, ces affaires traînent en longueur, ou ne perturbent pas la vie des Assemblées. Pour LFI, cela fait sept ans et rien ne bouge. Je pourrais aussi citer le cas d’un socialiste alsacien, haut responsable du groupe socialiste au Parlement européen, qui m’a d’ailleurs envoyé un message honnête, me disant : « Avec des motifs comme celui qu’on invoque contre vous, on pourrait envoyer 500 députés en correctionnelle à chaque législature. »

Je vais examiner avec mes avocats les recours encore possibles, mais je dois avouer qu’il y a déjà longtemps que j’ai perdu confiance dans la justice de notre pays…

Consulter la déclaration complète sur Gollnisch.com

Bruno Gollnisch & Jean-Marie Le Pen