jeudi 8 avril 2021

Après l’injure d’Erdogan à la pauvre Ursula Von der Leyen, plus que jamais il faut sortir de cette Europe-là !

Bernard Antony,

Président de Chrétienté-Solidarité, ancien député français au Parlement européen,

Paris, le 8 avril 2021

Communique :

Après l’injure d’Erdogan à la pauvre Ursula Von der Leyen, plus que jamais il faut sortir de cette Europe-là !

La scène, retransmise par toutes les grandes télévisions du monde, restera dans l’histoire ! Quel affront pour l’Union européenne que cette humiliation infligée hier à Ursula Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, traitée comme un rebus de harem par le méprisant sultan ottoman Erdogan dégoulinant de mépris. Et ce, sans la moindre réaction de dignité, sinon de fierté, de cette pitoyable dirigeante mûre pour toutes les soumissions et pas davantage du grotesque lourdingue Charles Michel, le président du Conseil européen.

Les choses se sont ainsi déroulées : alors que ces trois personnages entrent dans le salon de réception de la présidence, Erdogan s’installe le premier dans son fauteuil sans le moindre geste de prévenance pour faire prendre place aux deux autres. Le goujat Michel, se souciant nullement de ce qu’il n’y a qu’un seul autre fauteuil de disponible, se l’attribue et s’y asseoit sans se préoccuper d’Ursula. Celle-ci demeure seule, debout, désemparée. Aucun huissier, aucun majordome, aucun serviteur n’est là pour lui apporter un siège. Erdogan n’en a cure. Les conversations publiques à Ankara, c’est l’affaire des hommes.

Alors, toute seule, on l’imagine livide derrière son masque, madame la présidente de la Commission européenne, toute honte bue, s’avise d’aller s’enfoncer dans le canapé qu’elle a repéré au fond du salon ; pas exactement le siège le plus adéquat pour tenir une conversation sur l’avenir des relations de l’Union européenne et de la Turquie. Ursula est comme aspirée par ce « diwan » si parfaitement ottoman…

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Élections présidentielles : la perniciosité du mode de scrutin actuel

Nous avons largement le temps pour décider si nous voterons ou si nous nous abstiendrons, l’an prochain, pour la prochaine élection du président de la République française. Au premier tour ? Au deuxième tour ? Cela dépendra bien sûr de l’éventualité ou non d’un candidat crédible défendant dès le premier tour des propositions fondamentales de la droite de conviction, pour le moins, d’un candidat « acceptable » au second tour.

Quoi qu’il puisse en être, un des critères dictant notre vote pourra être celui de l’intention de réforme du mode de scrutin. Voici nos raisons :

On pourrait longtemps disserter sur les raisons qui ont finalement conduit le général de Gaulle à faire adopter par référendum, le 28 octobre 1962, une modification du mode désignation du chef de l’État. Lui-même, après avoir été porté au pouvoir par l’Assemblée nationale à la suite du coup d’État du 13 mai 1958, avait en quelque sorte régularisé sa situation en se faisant élire, le 21 décembre 1958, selon la Constitution de la IVe République, par un collège de 82 000 grands électeurs

Dans son livre, à la fois désopilant et très réfléchi, « Une nouvelle ère : le coronalithique », notre ami le professeur de Droit, Jean-Claude Martinez, a exposé que, contrairement à ce qui est souvent invoqué, le général de Gaulle, élu pour 7 ans, ne voulait pas d’un remplacement de ce mode de scrutin par une élection au suffrage universel. Martinez cite sur ce point les propos de Michel Debré rapporté par son fils, Jean-Louis Debré, dans son livre « Les idées constitutionnelles du général de Gaulle ».

On y lit : « À Matignon où il m’avait convoqué, dans la semaine qui suivit le vote de la délégation de pouvoirs, le général me parla du mode d’élection du président de la République. Le suffrage universel fut évoqué pour être écarté ».

Et plus tard, le 13 juin 1958, dans une réunion constitutionnelle tenue à Matignon, le général réitère : « Il n’est pas souhaitable que le président soit élu au suffrage universel ».

Jean-Louis Debré poursuivait : « Longtemps, il a souhaité que la désignation du président soit le fait d’hommes responsables… surtout maires, conseillers généraux ou municipaux, d’hommes au contact de la vie politique, économique et sociale du pays. Il voyait dans un tel collège électoral une garantie de sérieux et se méfiait du risque, dans un système d’élection au suffrage universel, d’emprise des partis politiques, à l’instar de l’exemple américain, sur les candidats à la présidence ».

Nous objecterons, pour notre part, que ce n’aurait pas été la première fois que de Gaulle aurait changé de position… En l’occurrence, ce ne fut pas une trahison mais une chose regrettable. Martinez explique ainsi le revirement du général : « Ce qui est sûr, c’est qu’il ne s’est converti à l’élection au suffrage universel que sous le choc de l’attentat du Petit-Clamart et simplement pour raison de tactique politique, sentant que la guerre d’Algérie finie, les grands électeurs de 1965 pourraient ne plus l’élire ». Le second argument nous parait plus plausible que le premier.

Quoi qu’il en soit, la réforme ne s’avéra pas excellente pour de Gaulle qui, lors de l’élection de 1965, fut mis en ballotage au premier tour (43,7 % des voix) et ne l’emporta au second, face à Mitterrand, qu’avec 54,8 %, faible score pour un tel candidat.

Ce qui est évident, c’est que la réforme n’a pas permis le bienfait que certains en attendaient, à savoir l’élection d’un personnage, principalement en raison d’un soutien populaire, beaucoup moins par l’influence des partis ou des lobbies. Car, force est de constater qu’aucun des successeurs du général ne fut porté à l’Élysée sans le soutien des partis (PS pour Mitterrand et Hollande, Républicains indépendants pour Giscard, RPR pour Chirac, UMP pour Sarkozy). Et Raymond Barre et Édouard Balladur ont vérifié ce que c’était que de se lancer dans la course présidentielle sans le soutien de l’appareil d’un grand parti.

On nous objectera l’actuel cas de Macron qui a été élu sans parti et qui s’efforce d’en créer un, puisqu’il le faut bien pour avoir une majorité à la Chambre. Sans parti peut-être mais non sans lobbies ! Car la candidature de Macron a été puissamment propulsée par ce que l’on peut appeler « le parti de la finance » qui est aussi le parti de la haute administration, le parti étatique, le parti jacobin de la technocratie ?

Toujours est-il que l’élection du président de la République au suffrage universel est devenue comme une addiction politico-médiatique, accentuée, de surcroit, par la réduction voulue par Chirac, de la durée du mandat de 7 à 5 ans. Si bien qu’à peine une élection accomplie, les médias et les instituts de sondage s’affairent aussitôt sur la suivante, et de plus en plus, tout au long de la période. L’élection présidentielle occupe ainsi une place démesurée dans la vie politique alors que les débats se dévaluent en commentaires sans fin des sondages et du « marketing » des candidats.

Pour une part, la perversion du système tient à la réduction des programmes politiques en des positionnements « vendables » ; les candidats étant dissuadés ou se dissuadant de défendre des idées et propositions trop peu « porteuses ». Un corps électoral de « grands électeurs » (dont la composition pourrait certes être plus large que celui qui élisit le général de Gaulle), serait sans doute globalement mieux à même de juger des propositions des candidats. Moins susceptible peut-être de se laisser démesurément influencer par les bombardements des médias du néo-totalitarisme.

Y aura-t-il quelque candidat à la présidence de la République refusant de se soumettre aux diktats et tabous de la culture de mort sur les questions sociétales ? Un candidat qui parlerait sur des sujets essentiels comme un Houellebecq sur l’euthanasie ? Y en aura-t-il pour vouloir vraiment secouer le joug liberticide de l’eurocratie bruxelloise et refuser aussi toute complaisance pour l’impérialisme islamo-ottoman ? Ce serait là un important signe de renouveau.

mardi 6 avril 2021

Lire Houellebecq ; particulièrement ce jour

Je remets à demain ou plus tard mon projet d’écrire ici tout le mal que je pense de l’élection du président de la République au suffrage universel, voulue par le général de Gaulle et de surcroit dévoyée par Jaques Chirac faisant passer la durée du mandat de sept ans à cinq ans.

Ce matin en effet, j’ai lu dans la page « débats » du Figaro de ce mardi 6 avril le très bel article de Michel Houellebecq sur la légalisation de l’euthanasie qui doit être débattue jeudi à l’Assemblée Nationale.

Je crois qu’il est nécessaire de lire et faire lire le plus possible les réflexions cinglantes de l’écrivain sur les mensonges qui polluent le débat.

Cela nous ramène à la tragédie de l’ignoble mise à mort de Vincent Lambert pour la vie duquel notre Jérôme Triomphe et son confrère Jean Paillot se sont battus avec un admirable acharnement.

Or, on a pu encore mesurer dans l’émission la plus habituellement non-conformiste des medias de grande audience, à savoir celle d’Eric Zemmour, combien, même là, dominait l’ignorance. Son co-équipier Marc Meunant, sympathique mais si souvent tête légère, émit, sans manifestement rien savoir sur le cas de Vincent, l’opinion conformiste selon laquelle il fut aberrant de maintenir si longtemps ce dernier en vie.

Jérôme Triomphe reviendra bien sûr sur cela au cours de notre prochaine émission de la Réplique sur Radio-Courtoisie (mercredi 21 avril de 18h à 21h).

Pour aujourd’hui je crois bon de simplement citer les dernières lignes du grand article de Houellebecq.

Évoquant que le combat pour la  vie pourrait sembler n’être qu’un combat « pour l’honneur », il écrit : « ce ne serait d’ailleurs pas exactement rien, l’honneur d’une civilisation ; mais c’est bien autre chose qui est en jeu, sur le plan anthropologique c’est une question de vie ou de mort. Je vais, là, devoir être très explicite : lorsqu’un pays -une société, une civilisation - en vient à légaliser l’euthanasie, il perd à mes yeux tout droit au respect. Il devient dès lors non seulement légitime mais souhaitable de le détruire ; afin qu’autre chose – un autre pays, une autre société, une autre civilisation – ait une chance d’avenir. »

lundi 29 mars 2021

Bonne Semaine Sainte et bonnes Pâques !

Sauf  événement majeur nécessitant une urgente prise de position de l’AGRIF ou de Chrétienté-Solidarité, je ne m’exprimerai donc pas sur ce blog durant cette semaine sainte, ni pendant la fête de Pâques, y compris le lundi.

Mon intention est d’écrire le mardi 6 avril sur ce que je pense de l’élection du président de la République au suffrage universel et de surcroît tous les cinq ans.