mercredi 1 juillet 2026

Les libres propos d’Alain Sanders

 

Le bal des faux-culs… Canicule : « Il faut protéger les personnes âgées ». Loi fin de vie : « Il faut euthanasier les vieux »

 

Chaque été, lorsque les températures grimpent, les autorités lancent les mêmes messages : « Protégez les personnes âgées. » Les médias rappellent les dangers de la déshydratation, les collectivités organisent des appels de vigilance et les familles sont invitées à prendre régulièrement des nouvelles de leurs aînés.

 

Ce réflexe est profondément humain. Il traduit une conviction simple : une société se juge à la manière dont elle protège les plus fragiles, les plus faibles.

 

Pourtant, dans le même temps, le débat sur la fin de vie suscite un sentiment de contradiction. D'un côté, tout est mis en œuvre pour préserver la vie des personnes âgées lors des épisodes de canicule. De l'autre, l'ouverture de nouvelles possibilités d' « aide à mourir » (sic) est le signe que la société considère parfois que certaines vies, lorsqu'elles sont très âgées ou gravement malades, auraient moins de valeur.

 

Cette perception nourrit une interrogation éthique : comment concilier un discours de protection des plus vulnérables avec une évolution législative qui prévoit d’euthanasier les plus vulnérables parmi les plus vulnérables ?l

 

Les morticoles de cette évolution répondent qu'il ne s'agit pas d'opposer la protection de la vie à la liberté individuelle. Selon eux, la canicule menace des personnes qui souhaitent vivre, tandis que la fin de vie concernerait des patients répondant à des critères précis, exprimant une demande libre et répétée afin de mettre un terme à des souffrances jugées insupportables.

 

Cette distinction est insupportable. A moyen terme, la pression économique, sociale ou familiale conduira certaines personnes âgées ou dépendantes à se sentir « de trop ». Une société doit d'abord investir davantage dans les soins palliatifs, l'accompagnement et la lutte contre l'isolement avant de planifier l'accès à une « aide à mourir ».

 

Le véritable débat dépasse donc largement la question de la fin de vie. Il interroge notre rapport collectif à la vieillesse, à la dépendance et à la dignité humaine. Une société peut-elle affirmer simultanément que chaque vie mérite d'être protégée lors d'une canicule tout en ouvrant, la possibilité d'une « aide à mourir » ?

 

Une chose est certaine : le débat mériterait d'être mené avec précision, sans caricature et dans le respect des personnes concernées. La protection des aînés comme les choix de fin de vie touchent à des valeurs fondamentales. Les opposer de manière simpliste risque de masquer la véritable question : comment concilier la protection des plus vulnérables, le respect de leur dignité et leur liberté de choix, sans affaiblir l'une de ces exigences au profit des autres ?

 

Alain Sanders