Les « prudences » coupables d’Emmanuel Macron face au régime des mollahs iraniens
Depuis plusieurs années, la politique étrangère française à l’égard de la République islamique d’Iran oscille entre prudence dite diplomatique et ambiguïté supposément stratégique. Sous la présidence d’Emmanuel Macron, cette ligne s’est même durcie dans sa retenue équivoque. Au point de susciter une critique croissante : celle d’une frilosité qui confine parfois à la complaisance vis-à-vis du régime des mollahs.
Car enfin, de quoi parle-t-on ? D’un pouvoir islamo-terroriste qui réprime violemment toute contestation interne, soutient des groupes armés dans toute la région et poursuit, envers et contre tout, des ambitions nucléaires opaques. Face à cela, la France semble hésiter, tergiverser, peser chaque mot, ménager l’exquise sensibilité des ayatollahs et des mollahs, éviter toute rupture nette.
Certes, l’argument officiel est connu : préserver les canaux diplomatiques, maintenir un dialogue pour éviter l’escalade, se démarquer des méchants Américains et des tout aussi méchants Israéliens qui ont la main lourde ces derniers temps (après près d’un demi-siècle de laisser faire face aux provocations – et le mot est faible – iraniennes). Cette « prudence » est-elle encore tenable lorsque le régime iranien, même affaibli, durcit sa répression, emprisonne des milliers d’opposants, en pend quelques centaines au moindre prétexte, défie ouvertement les équilibres régionaux ?
La doctrine macronienne semble prisonnière d’un pari : celui que l’engagement, même minimal, finira par produire des résultats. Or, les faits racontent une autre histoire. Les protestations populaires en Iran ont été écrasées dans le sang, les libertés fondamentales piétinées, et les gestes d’ouverture occidentaux n’ont suscité en retour ni modération durable ni concessions significatives.
Pire encore, cette posture « prudente » est parfois perçue comme un signal de faiblesse. Dans un contexte international où les rapports de force se durcissent, notamment depuis la montée des tensions au Moyen-Orient, l’absence de fermeté claire peut être interprétée par Téhéran comme une invitation à poursuivre sa stratégie sans réel coût diplomatique.
Il ne s’agit pas ici de plaider pour une rupture irréfléchie ou une escalade brutale. Mais entre l’inaction prudente et la confrontation ouverte, il existe une voie de fermeté assumée : sanctions ciblées renforcées, discours politique plus clair, soutien explicite aux aspirations démocratiques du peuple iranien et aux forces armées qui, qu’on le veuille ou non, ont fait bouger les lignes.
En définitive, la question est simple : la France peut-elle continuer à faire de la figuration et à défendre universellement les droits humains tout en ménageant un régime qui les bafoue systématiquement, tout en interdisant aux avions américains le survol de notre sol ?
Alain Sanders