Nous avons été soulagés ce mercredi matin en apprenant que, finalement, le très changeant Trump n’avait pas mis à exécution sa menace de rayer la quadri-millénaire civilisation iranienne de la carte de l’histoire.
En revanche, il semble qu’il temporise aussi quant à l’assaut final pourtant nécessaire contre l‘exécrable régime islamiste des mollahs.
Reste à voir ce que vont faire maintenant les israéliens qui, eux, et on les comprend, ne veulent plus de ce régime fanatique qui, depuis 43 ans, dans la continuité de l’ayatollah Khomeiny, n 'a cessé de clamer sa volonté de destruction totale de l’État hébreu. Pour nous, la meilleure des garanties de paix pour le Proche-Orient et le peuple iranien a un nom et un visage, celui du prince Reza Pahlavi.
Ténébreuse alliance : J. D. Vance à Budapest pour sauver Orban !
De même que l’inénarrable Trump a souvent manifesté sa curieuse mais indéniable poutinophilie, son numéro 2, J. D. Vance, évidemment avec son accord, est allé à Budapest pour sauver le régime de Vitor Orban, autre grand admirateur de Poutine, en posture difficile selon les sondages pour les élections législatives de dimanche prochain. Le rival d’Orban, Peter Magyar, a donc non sans raison critiqué l’immixtion américaine dans les élections hongroises.
On retrouve en cette occurrence comme une analogie avec la ténébreuse alliance de jadis entre le capitalisme américain et le socialisme international, à part que ce dernier a été transformé en alignement sur l’impérialisme eurasiste poutinien.
John McCain, cet immense héros américain que Trump méprisait.
Des jeunes gens me demandaient récemment s’il y avait eu à notre époque un homme politique américain que j’avais pu admirer quasiment sans restriction, ma réponse fusa aussitôt : bien sûr, il a quitté ce monde il n’y a pas si longtemps, le 23 août 2018, il s’appelait John Mac Cain, plus communément appelé John McCain.
Je leur ai donc rappelé brièvement ce qui suit sur ce grand personnage : fils et petit-fils d’amiral, né le 19 août 1936 sur la base américaine de Coco Solo (zone du Canal de Panama) John Mac Cain devint à son tour officier de marine en 1958.
Ayant choisi de combattre dans l’aéronavale lors de la guerre du Vietnam, il fut abattu au-dessus d’Hanoï en octobre 1967. Son appareil frappé par un missile sol-air, il put s’éjecter mais la violence du choc lui brisa les deux bras et un genou, son parachute le sauva, mais il atterrit dans le lac de Trucbach situé au coeur de la capitale nord-vietnamienne.
Il manqua alors de se noyer mais les habitants le sortirent de l’eau pour lui arracher sans ménagement son équipement et, le molestant sauvagement alors que l’on imagine les souffrances causées par ses fractures. Aussitôt récupéré par des soldats nord-vietnamiens, l’un d’eux lui transperça son épaule d’un coup de baïonnette, et l’autre la cheville. Il racontera comment une infirmière lui évitera d’être finalement achevé.
Très grièvement blessé, il est conduit dans une prison où il est jeté au sol d’une cellule où, quatre jours durant, il est interrogé et battu. Au cinquième jour, lorsque ses geôliers découvrent qu’il est le fils d’un amiral américain, il est transféré dans un hôpital où il est sauvé grâce à des transfusions de sang et de plasma.
Au bout du dixième jour d’hospitalisation un dirigeant du PC vietnamien vient lui annoncer qu’on va l’interroger pour la télévision française. Et s’il refusait, cela signifierait la fin de son hospitalisation et donc très probablement sa mort. John Mac Cain accepte et reçoit alors la visite du journaliste français de l’ORTF François Chalais. Ce dernier diffusera alors dans l’émission Panorama les images de Mac Cain déclinant son identité. Le journaliste en fera parvenir une copie à l’épouse de Mac Cain.
En mars 1968, il parvient enfin à se tenir debout et à marcher mais il va à nouveau être soumis à un isolement total. Ce sera pour lui trois ans de tortures, de solitude, d’angoisse. Il est alors régulièrement battu, et humilié par ses geôliers qui lui fracturent à nouveau les bras. Il est alors atrocement suspendu par ses membres fracturés. Détaché mais au comble de la douleur, il tentera alors en vain de se suicider.
En décembre 1969, il est transféré dans la prison de Hoa Lo, construite par l’administration française en 1896. Il est alors sorti de l’isolement total et on lui permet de communiquer avec des compatriotes. Comme il refuse de collaborer avec des pacifistes américains vendus à Hanoï, il est à nouveau l’objet de coups et blessures.
Il sera enfin libéré en mars 1973, décoré à son retour par le président Richard Nixon, et va être soigné pendant plusieurs mois. Après quoi, à nouveau apte médicalement, il va reprendre sa carrière d’officier de marine. En 1977, il est officier de liaison de la Navy au Sénat des États-Unis, promu « captain » (capitaine de vaisseau) en 1979.
C’est en 1981 qu’il quittera la Navy, titulaire des plus prestigieuses décorations de l’armée américaine. Viendra alors le temps de sa carrière politique. En 1997, le Time Magazine le citera comme une des 25 personnes les plus influentes des États-Unis.
Sénateur républicain dans la ligne de Ronald Reagan, il sera en compétition pour les présidentielles en 2007 face à Barack Obama. Mais il n’a pas les moyens financiers de ce dernier, il recueillera néanmoins près de 46 % des voix face à ce dernier qui l’emportera avec un peu moins de 53 %. McCain aura alors pour colistière Sarah Paling à laquelle il consacrera un émouvant éloge. Il poursuivra alors sa carrière de sénateur et de grand témoin de l’histoire américaine moderne.
Viendra ensuite le temps de son combat contre la tumeur maligne qui l’emportera. Il mourra le 25 août 2018 à son domicile de Cornville en Arizona.
À l’annonce de son décès, les drapeaux seront mis en berne sur tous les bâtiments officiels de Washington et les anciens présidents et vice-présidents des États-Unis, républicains comme démocrates, salueront sa mémoire. Le 31 août, sa dépouille est transférée de l’Arizona à Washington. Notons que parmi ceux qui porteront son cercueil lors de la cérémonie religieuse, fut l’héroïque dissident russe Vladimir Kara-Murza.
Il faut rappeler ici qu’en 2017 McCain, quoique très anti-islamiste, avait déclaré qu’il considérait Vladimir Poutine comme une menace plus importante encore pour le monde que l’État islamique et l’islamisme.
Cela lui valut d’être listé parmi les personnalités interdites de séjour en Russie. Trump le détestait. Ce dernier, qui avait bénéficié de multiples sursis pendant la guerre du Vietnam, n’avait pas fait une minute de service militaire, et déclara à son propos : « J’aime les gens qui n’ont pas été capturés »…