Après le Venezuela, le tour de Cuba, de la Colombie, du Nicaragua (notamment) ? Le Venezuela, débarrassé de Maduro, n’est plus un simple contre-exemple : il est devenu un avertissement. Ce pays riche en ressources, progressivement enfermé dans une dictature marxiste, un effondrement économique et un exil massif de sa population, a parfois été présenté comme un cas particulier. Il apparaît aujourd’hui comme le symbole d’un mal plus profond qui traverse l’Amérique latine. Cuba, le Nicaragua et, sous une autre forme, la Colombie (dans son langage fleuri, Trump a demandé à son président de « faire gaffe à ses fesses ») vont devoir numéroter leurs abattis dans une Amérique latine qui ne veut plus d’eux(avec l’Argentine, le Chili, le Honduras, le Salvador en pointe en attendant la suite). À Cuba, le mythe d’une révolution immuable se fissure. Les pénuries, la pauvreté et l’absence de perspectives ont brisé le silence d’une population longtemps muselée. Lorsque des citoyens cubains, au risque de leur liberté et de leur vie, manifestent pour de meilleures conditions de vie et se heurtent à la répression, ce n’est plus seulement une « crise économique » (comme le prétend la gauche radicale) : c’est une crise de légitimité. Le pouvoir communiste cubain continue d’invoquer l’embargo américain pour expliquer tous les maux, mais cette pauvre explication ne suffit plus à masquer l’immobilisme politique et l’étouffement des libertés. Le Nicaragua, lui, a franchi un cap supplémentaire. Daniel Ortega a transformé un héritage révolutionnaire déjà sanglant en régime personnel despotique et meurtrier. L’opposition est réduite au silence, la presse indépendante interdite, les élections vidées de leur sens, les chrétiens persécutés (leurs prêtres et leurs évêques emprisonnés ou massacrés). Le scénario est tristement redondant dans les régimes marxistes : au nom du peuple, on confisque la parole au peuple. Là encore, le parallèle avec le Venezuela s’impose, non comme une copie parfaite, mais comme une trajectoire concordante. La Colombie, présentée (là encore par la gauche radicale) comme un « contre-modèle démocratique », n’est pas épargnée. Les institutions y fonctionnent tant bien que mal, mais la rue gronde. Les manifestations massives révèlent une colère sociale profonde, nourrie par les inégalités, la violence et l’écrasement des besoins des plus modestes. Les crises ne naissent pas du jour au lendemain : elles s’installent dans l’indifférence, le mépris et les complicités idéologiques. Après le Venezuela, peut-on espérer un effet domino en Amérique latine ? Peut-être pas au sens strict. Mais une chose est sûre : lorsque les libertés reculent, que la misère progresse et que la contestation est réprimée plutôt qu’écoutée, l’histoire a tendance à bégayer. Le Venezuela est un miroir. Et ce miroir, aujourd’hui, renvoie une image de plus en plus inconfortable à plusieurs pays de la région.
Pour ce qui est de la France, le désespoir théâtral de Mélenchon (chaviste fanatique), du Parti communiste revenu sans vergogne à ses réflexes stals, du PS (avec Faure dans le rôle du roquet), de Villepin qui n’en finit plus de faire sous lui, de toute une camarilla qui pleure Maduro et son régime de mort, nous aura donné le bonheur de commencer la nouvelle année sous les meilleurs auspices !
Alain Sanders