vendredi 2 janvier 2026

Les libres propos d’Alain Sanders

 Judée-Samarie ou « Cisjordanie » ? La Judée-Samarie a des racines multimillénaires, la « Cisjordanie » est une création administrative de circonstance

Après les pogroms du 7-Octobre, l’intervention à Gaza, la guerre contre le Hezbollah libanais et ses parrains, les ayatollahs iraniens, la question de la réappropriation de la Judée-Samarie (la « Cisjordanie » comme disent les ennemis de l’Etat hébreu) par Israël est plus que jamais à l’ordre du jour. Une réappropriation sémantique, mais aussi physique. Officiellement actée depuis le 17 décembre 1967, en fait.
Cette région, éminemment biblique, située à l’ouest du Jourdain et à l’est de la Méditerranée est au cœur de débats politiques, historiques et identitaires depuis plus d’un siècle. L’un des aspects les plus sensibles de ce débat concerne son nom même. Israël et ses alliés ne parlent déjà officiellement plus que de « Judée-Samarie », le terme « Cisjordanie » étant désormais banni. Cette question n’est pas seulement sémantique : elle renvoie à des héritages historiques distincts et à des lectures identitaires du passé.
Rappelons que les racines antiques des appellations Judée et Samarie trouvent leur origine dans l’Antiquité. La Judée désignait le territoire du royaume de Juda, centré autour de Jérusalem. La Samarie correspondait à la partie centrale de l’ancien royaume d’Israël, avec Samarie (Shomron) pour capitale. Le nom araméen de Samarie était Chameraïn. La ville fut, presque mille ans avant notre ère, la capitale du royaume d’Israël (précédemment établie à Sichem et Tirza).




Ces noms apparaissent dans de nombreuses sources anciennes, notamment dans les textes bibliques, mais aussi dans des écrits grecs et romains. Ils reflètent une réalité politique, culturelle et religieuse qui s’est étendue sur plusieurs siècles, bien avant l’époque moderne. L’utilisation des termes Judée-Samarie repose donc sur une continuité historique ancienne, liée à la présence juive dans la région. Parler de « colonisation » par les Juifs de la Judée-Samarie où leur présence s’est poursuivie sans discontinuer depuis plus de 3000 ans, est un abus idéologique de langage à des fins de propagande palestinienne évidente.

Le terme « Cisjordanie » est nettement plus récent. Il apparaît au XX siècle et signifie littéralement « le territoire situé de ce côté-ci du Jourdain » (du point de vue de la Jordanie). Il est utilisé officiellement à partir de 1950, lorsque le royaume hachémite de Jordanie (inventé et créée de toutes pièces par les Britanniques) annexe par la force la région après la guerre israélo-arabe de 1948. Ce nom est donc d’origine géopolitique moderne, et non antique. Il ne renvoie pas à une identité historique propre à la région, mais à une description géographique relative à un État précis et à une période donnée.

Aujourd’hui, compte tenu du nouveau contexte géopolitique, le choix par les différents locuteurs entre Judée-Samarie et « Cisjordanie » est fortement chargé de sens politique. Judée-Samarie est principalement utilisé en Israël, notamment par les autorités israéliennes et, à l’international, par ceux qui mettent en avant les droits historiques du peuple juif sur ces territoires. « Cisjordanie » est le terme employé par une partie de la communauté internationale, les Nations unies, l’Autorité palestinienne, le Hamas et ses complices islamo-gauchistes.

Sur le plan strictement historique, il est indéniable que les noms Judée et Samarie sont antérieurs de plusieurs millénaires à celui de Cisjordanie. À ce titre, leur usage, historiquement légitime, est en train de s’imposer. La Judée-Samarie, c’est Bethléem et Jéricho (la plus ancienne cité du monde connu, première conquête des Israélites conduits par Josué) ; le site des grottes de Kosiba où un ange vint apprendre à Joachim la grossesse d’Anne, son épouse stérile ; Ein Gedi (« La source du chevreau) où se fit la réconciliation entre David et le roi Samuel ; Hébron où Abraham a enterré son épouse Sara dans la grotte de Mahpéla, où il sera à son tour enseveli et où le seront par la suite ses descendants Isaac et Jacob ; Naplouse (la Flavia Neapolis des Romains) et le puits de Jacob où Jésus révéla à la Samaritaine qui lui avait offert de l’eau, qu’il était le messie ; etc. Mitnot me’elohim (des cadeaux de Dieu) !


Ce 21 décembre, les autorités israéliennes ont approuvé la création de 19 nouvelles implantations en Judée-Samarie. Une décision (qui en annonce d’autres) qui, selon Jérusalem, permettra d’empêcher l’émergence d’un « pseudo-Etat palestinien » : « Nous continuerons à construire et à nous implanter sur les terres de nos racines ancestrales ».


Alain Sanders