Mes amis iraniens, en liaison avec leur pays, me confirment ce que l’on peut lire dans les médias occidentaux bien informés : à savoir que la répression contre le mouvement populaire de protestation contre le régime de l’ayatollah Khamenei et les mollahs s’amplifie, avec un bilan de victimes dépassant maintenant les 400 morts depuis le début de la révolte il y a 3 semaines.
Ce, dans un pays où le chiffre de la répression a dépassé désormais plus de 1500 exécutions par an. Le régime de Khamenei continue d’être soutenu par la Russie de Poutine, la Chine de Xi et la Corée du nord de Kim Jong Un auxquelles il n’a cessé de fournir notamment par dizaines de milliers des drones Shahed massivement utilisés dans la destruction de l’Ukraine.
On le constate, il n’y a pas là une affaire de ferveur religieuse. D’autant plus que selon tous les spécialistes de la sociologie de l’Iran, il n’y a guère plus d’un tiers de chiites dans ce pays qui compte encore de fortes minorités de sunnites et de kurdes non chiites, et aussi cette petite minorité de zoroastriens et de chrétiens arméniens. Mais l’élément le plus marquant de la révolte actuelle est indubitablement l’émergence de la popularité de Reza Pahlavi, le prince héritier de la monarchie.
Ce dernier, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son père le Shah, appuie désormais ouvertement sur les réseaux sociaux la révolte de vastes portions de son peuple contre la dictature totalitaire des mollahs et de l’ayatollah Khamenei.
Époux d’une avocate iranienne Yasmine Etemad Amini qui lui a donné trois filles, il incarne sur bien des plans à la fois une incontestable modernité et une bonne laïcité.
Dans la continuité de son père il entretient également de bonnes relations avec l’État d’Israël. Reste à savoir le rôle que lui assignerait dans sa stratégie géopolitique si mouvante le président des États-Unis.
Même si le régime du Shah, porteur de réformes considérables et bienfaisantes ne fut bien sûr pas exempt de défauts, surtout de celui d’avoir trop fait confiance en son temps aux États-Unis de Carter, la majorité du peuple iranien en a gardé un souvenir très positif.
Avec mon cher Madjid, Soleiha et quelques autres, je partage la tristesse que notre si cher Houchang Nahavandi ne soit plus de ce monde pour voir enfin se dessiner le sérieux espoir d’un changement de régime dans son grand pays.