vendredi 12 février 2016

Réflexions sur le remaniement ministériel : du pitoyable au burlesque !

Bernard Antony communique :


Le remaniement gouvernemental, annoncé hier avec une exquise modernité par le moyen du « tuit », harmonise superbement le pitoyable et le burlesque.

Quelques heures après l’annonce cybernétique, François Hollande l’a explicitée à la télévision. Il n’y a vraiment rien eu de nouveau dans son registre de comédien médiocre et maintenant bien usé. Toujours le même numéro de la farouche et vertueuse détermination républicaine, le cœur sur la main bien sûr, tout comme  son prédécesseur, mais avec cette manière reniflarde et pleurnicharde qui n’appartient qu’à lui. Avec Hollande la comédie républicaine est encore plus lacrymale. Son emploi incertain de la langue française prône la nécessité de la réforme de l’orthographe mais aussi de la simplification de la grammaire et de la réduction du vocabulaire !

On se résoudrait à l’indulgence de ne trouver François Hollande que pitoyable si ce n’était sa réussite incontestable dans la révolution nihiliste sociétale contre la société. Il a peut-être souvent des airs de clown triste mais il aura été aussi un grand nuisible avec ses fulminantes ministres femmes et son premier ministre aux inquiétants regards de fièvre flamboyante.

Il ne faut pas trop s’attarder sur le nombre des ministres et sous-ministres porté en une belle inflation de 32 à 38. Très certainement pour d’évidentes raisons d’économie et de simplification. D’ailleurs il y a même le sous-ministre Placé pour cela, Jean-Vincent de son prénom, belle figure de l’écologisme politiciennement « radsoc ».

Ce qui a appelé immédiatement une consternation politico-médiatique générale, c’est le remplacement de Laurent Fabius par Jean-Marc Ayrault. On peut, comme nous, ne pas du tout penser du bien dans l’ordre politique de Fabius, un nain diplomatique en comparaison d’un Hubert Védrine. Mais du moins Fabius a-t-il pour la fonction diplomatique de l’urbanité, des manières, une certaine élégance, et même un mode d’expression convenable avec quelques relents d’accents mitterrandiens.

Le triste et glabre Jean-Marc Ayrault, lui, a été plutôt psycho-morphologiquement formaté pour jouer au cinéma des rôles de non-plaisantin, de brutal sinon de butor. Un « tonton flingueur » peu réjouissant. Une belle gueule de puritain jacobin, tout le charme d’un procureur robespierriste de tribunal révolutionnaire. Plus incorruptible certainement, c’est son bon côté, qu’un Cahuzac.

Pour remplacer nombre pour nombre la radicale socialiste et sœur franc-maçonne Taubira, voici redevenir ministre son mentor, le délicat Jean-Michel Baylet, incarnation à lui tout seul de la république radicale qui « roule les r », celle du Grand-Orient. Un bien ingrat électorat l’a quitté.

À l’Aménagement du territoire, il pourra se consoler de ses échecs sans se fatiguer autant que certains autres frères de la même obédience dans le gouvernement qui, tels Cazeneuve ou Le Drian, et bien sûr Valls ne chôment certes pas. Une analyse plus poussée devrait permettre de vérifier si environ près de la moitié des ministres appartenant au Grand-Orient, les autres obédiences laïques, et d’abord la Grande Loge, y auraient leur juste place, les obédiences dites « régulières » recrutant plutôt chez « les Républicains » et même au Front National.     

Toujours avide d’une petite pointe de préférence étrangère dans les « secteurs » éducation et culture comme on dit à gauche, François Hollande a remplacé Fleur Pellerin, aussi passionnément subversive qu’inculte par Audrey Azoulay, amie très chère de Julie Gayet.

Audrey Azoulay vient renforcer la mouvance féminine franco-marocaine décidément non négligeable au sommet de l’État. Elle n’est pas musulmane. Son père, appartenant à la petite minorité de juifs demeurés au Maroc est un personnage très important de la Cour. Il est « Le conseiller du roi ». L'unique ! Voici donc au moins une ministre ayant un père royaliste !

Enfin, François Hollande a confié aussi à une femme la mission sans doute la plus exaltante de ce gouvernement. Elle s’appelle Ericka Bareigts. Ericka est désormais secrétaire d’État « chargée de l’égalité réelle ». Que voilà une belle et vaste mission sur un concept intéressant ! Sans doute est-ce là l’aveu implicite que l’égalité, le plus souvent, est virtuelle.

Elle pourra très certainement bénéficier de la réflexion de la socialiste Elisabeth Badinter, pour qui l’égalité entre les femmes et les hommes existera réellement lorsque ceux-ci pourront enfin… accoucher.

Pour autant, Elisabeth Badinter, qui possède personnellement une immense fortune de l’ordre du milliard et demi d’euros, n’a jamais songé à œuvrer pour l’égalité réelle par le partage…

Mais ça, c’était la révolution sociale que prônait l’archéo-socialisme. Aujourd’hui, plus question de s’en prendre aux capitalistes, la vraie révolution moderne, elle est… sociétale !

Nul doute que l’on y verra à l’œuvre Emmanuelle Cosse, admirable et si désintéressée écolo-climato-futurologiste.