mercredi 27 mai 2026

« Magnifica Humanitas » : l’encyclique de Léon XIV sur l’intelligence artificielle.

 

Jean-François Colosimo titre son article de ce jour dans la page Débats du Figaro par l’affirmation suivante : « Léon XIV ne demande pas d’invoquer la morale mais de reprendre le pouvoir. D’emblée il assène qu’avec cette encyclique le pape livre un texte qui figurera parmi les grandes encycliques d’intérêt universel et à résonnance planétaire ».

Jean-François Colosimo comprend bien sûr le « reprendre le pouvoir » de Léon XIV comme l’impératif de ce dernier que notre monde redonne enfin toute sa place à « l’humain ». Pourquoi le saint Père affirmerait-il cette nécessité si ce n’était que notre monde est en effet en danger d’inhumanité ? Et ce notamment avec l’intelligence artificielle que le pape appelle littéralement à « désarmer » tant elle risque de devenir mortifère « au regard des instances de destruction et de domination qu’elle mobilise » pour ceux qui la monopolisent.

Pour le penseur chrétien et éditeur du Cerf, « Magnifica Humanitas » recèle rien moins qu’une véritable et très nécessaire dimension insurrectionnelle car dans cette encyclique, selon lui « décisive », le pape liste « les nuisances que charrie le sous-Nietzschéisme de la puce magique ». La formule vaut d’être méditée, les mots sont pesés.

Colosimo ne dissimule pas son enthousiasme pour ce Léon XIV qui va « jusqu’à réquisitionner les termes d’esclave et de colon pour décrire les mécanismes de déréalisation de l’humanité, déréalisation de ses qualités intrinsèques que sont l’imagination et la décision, la dignité et la liberté qu’induit cette volonté de puissance dématérialisée ». Le « fallacieux rêve du surhomme pourrait tourner au vrai cauchemar de l’enfant de la finitude ». Sans doute entend-il par là le péril que nous ne soyons les derniers des humains.

Voilà pourquoi Léon XIV, redisons-le, n’entend rien régir mais nous appelle à résister.

 Et voici les dernières lignes de Colosimo : « Ensemble, que nous croyons au Ciel ou que nous n’y croyons pas. Parce qu’il y va de notre humaine communion. En quoi le successeur de Pierre montre et démontre la jeunesse incessamment recommencée du christianisme ».

1 ) Admirable homme de pensée de l’orthodoxie, Jean-François Colosimo est un fidèle du patriarcat de Constantinople. Il ne fait évidemment pas partie de l’abominable patriarcat de Moscou dirigé par le patriarche Kyrill, officier du KGB comme son alter ego, le dictateur Poutine. Jean-François Colosimo a notamment publié « la Crucifixion de l’Ukraine », Albin Michel 2022.

 Bernard Antony