mercredi 22 avril 2026

Les libres propos d’Alain Sanders

 

Un soldat français tué, deux grièvement blessés, un porte-containers français touché par Téhéran et ses proxis du Hezbollah, mais pour Macron la France n'est pas visée !

 

D’un côté, les faits. Lorsqu’un militaire français perd la vie dans une zone de tension parce qu’il a été ciblé et qu’un navire lié aux intérêts français est touché, pas besoin de tourner autour du pot. Sauf quand on s’appelle Macron. Dans l’opinion publique, personne ne s’y trompe : ces actes de guerre sont spontanément perçus comme des attaques dirigées contre la nation elle-même. L’idée d’une France ciblée s’impose alors naturellement, nourrie par un sentiment de vulnérabilité et par l’histoire d’un pays régulièrement engagé sur des théâtres extérieurs.

 

De l’autre côté, le pilpoul de Macron qui affirme que « la France n’est pas visée » et cherche à replacer ces événements dans un cadre stratégique plus large. Dans de nombreux conflits actuels — qu’il s’agisse de zones maritimes instables ou d’opérations militaires internationales —, on nous explique que les attaques ne ciblent pas nécessairement un pays en tant que tel, mais des présences étrangères, des symboles économiques ou des forces engagées dans des coalitions. Autrement dit, ce qui est touché, ce ne serait pas la France comme acteur politique, mais « des intérêts présents dans un environnement conflictuel ». Et si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle…

 

Cette distinction est totalement déconnectée du ressenti populaire. Pour Macron, reconnaître une attaque directe contre la France impliquerait une réponse potentiellement plus lourde : escalade militaire, invocation de mécanismes d’alliance, ou repositionnement stratégique. À l’inverse, qualifier ces événements comme « non ciblés » permet de ne pas réagir et de continuer à jouer les spectateurs.

 

Reste que ce décalage entre perception réelle et discours amphigourique alimente l’incompréhension et le dégoût. Qu’il s’agisse d’un soldat ou d’un navire, le simple fait qu’ils soient français suffit à parler d’attaques délibérées.

 

La position d’Emmanuel Macron prétend s’inscrire dans un équilibre classique : maintenir une ligne de fermeté apparente  en paroles tout en continuant de ménager l’Iran. La France (comme d’autres pays européens) s’applique depuis des années à « négocier » avec Téhéran qui nous roule dans la farine et s’en vante de surcroît.  Cette « prudence » (qui confine à la lâcheté) affaiblit la crédibilité française et envoie un signal de faiblesse. Une réponse plus claire — voire plus ferme— devient nécessaire pour dissuader de futures attaques. Hélas clarté et fermeté ne sont pas, et loin s’en faut, les qualités premières de Macron…

 

Alain Sanders