Un soldat français tué, trois autre grièvement blessés par le Hezbollah au Liban : une mort qui s’inscrit dans une longue histoire d’attentats islamistes sanglants contre la France
La mort d’un soldat français au Liban, tombé dans une embuscade tendue par les milices chiites, rappelle brutalement, à ceux qui n’en avaient pas encore pris conscience, que la présence militaire française dans la région reste exposée à des risques majeurs. Loin d’être un événement isolé, cet épisode s’inscrit dans une histoire plus large d’attentats sanglants perpétrées par la milice chiite irano-libanaise contre la France.
Le 18 avril 2026, le sergent-chef parachutiste Florian Montorio, engagé au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), a été tué dans le sud du pays. Trois autres militaires français ont été blessés. Dont deux grièvement.
Macron, sorti pour un temps de sa torpeur neutraliste, mais très complaisante à l’égard de Téhéran, exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette attaque. Ce qui ne changera rien au problème, l’armée libanaise n’étant pas en mesure, on le vérifie tous les jours, de s’opposer aux milices du Hezbollah.
La France est engagée au Liban depuis 1978 dans le cadre de la FINUL, une mission de maintien de la paix (sic) destinée à stabiliser la frontière entre Israël et le Liban. Cette présence n’a jamais été sans danger. Depuis sa création, la mission a coûté la vie à de nombreux soldats français, illustrant la complexité du terrain et la multiplicité des acteurs armés.
La mort de Florian Montorio n’est pas un cas isolé. Depuis sa création par l’Iran dans les années 1980, le Hezbollah a été impliqué dans plusieurs attentats visant des intérêts occidentaux, notamment ceux de la France. Dès 1983, un double attentat suicide contre la force multinationale à Beyrouth fait 58 morts parmi les paras français (au rang desquels nous comptions tant de camarades). Cet événement tragique reste l’une des attaques les plus meurtrières contre l’armée française depuis la Seconde Guerre mondiale.
Dans les années 1980, le Hezbollah nous a tué un ambassadeur et kidnappé plusieurs ressortissants français au Liban dans le cadre de prises d’otages à répétition.
Dans le cas de la FINUL, les soldats français font partie des contingents les plus actifs, ce qui les expose davantage aux attaques ou aux incidents sur le terrain. Plus largement, cette attaque souligne les limites et les risques des opérations de maintien de la paix dans des zones où les lignes de front sont floues et les acteurs multiples. Avec, de surcroît, une politique étrangère macronienne devenue illisible.
Alain Sanders