Macron : une glissade inquiétante vers un gauchisme à la Pedro Sánchez
Depuis son élection en 2017, Emmanuel Macron s'est voulu le champion du « en même temps », un président qui concilie la modernité de la droite et les valeurs progressistes de la gauche. Cependant, à mesure que le temps passe, et avec les nombreux revirements politiques de ces dernières années, force est de constater qu'une tendance inquiétante se dessine dans la politique française : Emmanuel Macron glisse de plus en plus vers un gauchisme à la Pedro Sánchez.
Ce phénomène ne se limite pas à une simple posture idéologique. Non, il s'agit d'une véritable mutation dans sa manière d'aborder la politique. À l'instar du Premier ministre espagnol, qui a progressivement adopté des positions de plus en plus radicales à gauche pour maintenir son pouvoir face à une situation politique de plus en plus fragmentée, Macron semble opérer un virage à 180°. Son récent soutien à Sanchez, dans l’affaire des avions de combat américains en route vers l’Iran des bourreaux ayatollesques et interdits du ciel espagnol, ne relève pas seulement d’une solidarité européenne comme on nous le dit.
Si le début de son mandat était marqué par une volonté de renforcer l'Europe libérale, de défendre une vision pragmatique et d’ouvrir la France au monde, Macron semble désormais porter un discours qui flirte avec des valeurs qui rappellent celles du gouvernement espagnol. La dérive est visible dans plusieurs domaines. Premièrement, dans la gestion des questions sociales et économiques, Macron a progressivement abandonné les réformes structurelles qui faisaient partie de son projet initial. À ce titre, les réformes du travail, bien que largement saluées par la droite au début, ont été largement modifiées, et plusieurs engagements économiques ont été revus à la baisse. Une gestion hésitante qui rappelle les ajustements constants opérés par Pedro Sánchez, confronté à sa base électorale de plus en plus radicalement à gauche.
Autre point d'inquiétude majeur : la politique migratoire d'Emmanuel Macron. Le discours bisounours sur les migrants, qui rappelle celui du gouvernement espagnol, est devenu plus fréquent ces dernières années. Entre les paroles sur l'accueil des réfugiés, la gestion des demandes d'asile, et la volonté affichée d’augmenter les quotas d'immigration, Macron semble se diriger vers une vision de l'immigration qui fait la part belle aux associations et à une logique d'accueil débridée.
En matière d'environnement, Macron a également pris des mesures qui ressemblent à celles de Sánchez, en particulier en matière de transition énergétique. L'engouement pour les mesures écologiques radicales, telles que les taxes sur le carbone ou les réductions drastiques des émissions de CO2, semblent répondre davantage à une pression des militants écologistes et des partis d'extrême-gauche que d’une vision économique pragmatique. Bien que l'enjeu environnemental soit crucial, l’influence grandissante des Verts dans la politique française, combinée à l’influence d'ONG souvent radicales, pourrait entraîner une politique de plus en plus contraignante pour les secteurs économiques et les classes moyennes.
Mais ce qui inquiète encore plus, c'est l'absorption de revendications issues de la gauche radicale. La « rupture sociale » a conduit Macron à une sorte de « soft-gauchisme. Le Parti socialiste français, dans son ensemble, semble même se contenter de cette dérive, voire y participer activement, lorsqu'on voit la quasi-absence d’opposition idéologique à ces nouvelles lignes. Ce silence assourdissant rappelle la manière dont les socialistes espagnols ont laissé Pedro Sánchez piloter un virage idéologique sans réellement y apporter de résistance.
Finalement, la question qui se pose n'est pas tant celle d'une « gauchisation » totale de la politique d'Emmanuel Macron, mais plutôt celle de sa capacité à tenir un cap idéologique. Est-ce vraiment une conviction profonde de sa part ou une simple manœuvre tactique pour contenir une majorité instable et faire face à une opposition de plus en plus dure à gauche ? Sans doute les deux, mon colonel…
Le phénomène est similaire à celui observé avec Pedro Sánchez en Espagne. Celui-ci, pour naviguer dans la mer agitée de la politique espagnole, n'a eu de cesse de se rapprocher des positions les plus radicales. Macron semble suivre cette même trajectoire : pris entre un électorat populaire qui défend son identité, une droite libérale qui ne sait plus où elle habite, et une gauche radicale qui se lâche, il s'est progressivement tourné vers des solutions plus interventionnistes. Qui pourraient friser (notamment en matière de liberté d’informer) des pratiques dictatoriales.
Alain Sanders