mercredi 25 février 2026

Les libres propos d’Alain Sanders


 

Après quatre années d’horreur absolue, l’incroyable résistance de l’Ukraine face aux envahisseurs russes

 

Ce 24 février marque le quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par Poutine et ses hordes staliniennes (24 février 2022). Ce conflit est devenu le plus sanglant sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale, dépassant en durée des campagnes historiques qui avaient aussi embrasé tout un continent.

Quatre ans de combats ont laissé des traces profondes. Selon les dernières estimations, près de 15 000 civils ukrainiens ont été tués et plus de 40 000 blessés, tandis que des millions d’habitants ont été déplacés à l’intérieur du pays ou à l’étranger. Les pertes militaires sont infiniment plus lourdes, si faire se peut, côté russe, avec des centaines de milliers de soldats tués, blessés ou portés disparus.

Sur le plan matériel, villes, hôpitaux, écoles, infrastructures énergétiques et réseaux de transport ukrainiens ont été massivement détruits ou gravement endommagés, plongeant des régions entières dans l’incertitude, la précarité et le froid.

La vie quotidienne est un enfer. Les coupures d’électricité, le manque d’eau et de chauffage dans de nombreuses zones, les difficultés d’accès aux soins témoignent d’un pays aux abois certes, mais toujours debout.

Malgré des ressources nettement inférieures à celles de la Russie, l’armée ukrainienne a su maintenir une défense active et parfois reprendre du terrain. Récemment, Kiev a reconquis plusieurs dizaines de kilomètres carrés et plusieurs localités dans le sud-est du pays, une symbolique réussite stratégique pour contrer le narratif poutinien d’un effritement du front ukrainien.

L’incapacité des forces russes à obtenir une victoire décisive, après quatre ans de combats intenses, souligne la résilience stratégique ukrainienne. Les offensives russes se sont heurtées à une défense acharnée, à des pertes humaines extrêmement lourdes et à des lignes de front désormais  figées. Des innovations tactiques, notamment l’usage massif de drones produits localement, ont aussi permis à l’Ukraine de multiplier les actions de renseignement, de surveillance et d’attaque, compensant partiellement son désavantage numérique.

La résistance ukrainienne ne se limite pas au champ de bataille. Dans les zones occupées, des mouvements de résistance clandestine et de renseignement opèrent, rassemblant civils, anciens militaires ou volontaires déterminés à contrecarrer l’occupation.

Des témoignages poignants, comme celui d’un enfant gravement blessé dans un bombardement, illustrent l’épreuve subie par la population : des vies brisées, mais aussi des récits de courage, de solidarité et d’espoir partagés au-delà des frontières.

Sur le plan international, l’Ukraine a réussi à maintenir un semblant de soutien occidental, même si des tensions apparaissent au sein de l’Union européenne sur la poursuite de l’aide, notamment face aux blocages politiques internes de certains États.

Le président Volodymyr Zelensky a redit publiquement que l’Ukraine n’est ni en train de perdre, ni prête à accepter des conditions qui compromettraient sa souveraineté. Les institutions européennes continuent (au moins verbalement car, pour l’efficacité véritable sur le terrain de ces belles proclamations, c’est catastrophique) d’affirmer leur soutien à une paix durable basée sur le respect du droit international, de l’intégrité territoriale et des garanties de sécurité pour l’Ukraine.

Au-delà du conflit lui-même, la guerre en Ukraine a transformé les équilibres géopolitiques en Europe : des pays naguère neutres ont rejoint l’OTAN, des stratégies militaires ont évolué, et la sécurité collective a été réévaluée. Il s’agit d’un moment charnière pour l’architecture de sécurité européenne, où la mobilisation d’un peuple face à une agression brutale est devenue un symbole des valeurs de souveraineté et de résistance populaire face à la force.

Après quatre années de guerre destructrice, l’Ukraine fait indéniablement face à des coûts humains et matériels incalculables. Pourtant son armée et sa société civile continuent de résister avec un sens du sacrifice, une adaptabilité tactique et une volonté inébranlable de préserver leur indépendance. La résilience ukrainienne reste, jusqu’ici, un exemple rare de détermination nationale face à une offensive militaire majeure russe qui, dans un contexte où le protecteur américain semble vouloir replier ses armes et ses armées en Europe, annonce des jours difficiles pour les proches « voisins » de Moscou. Les « voisins » plus éloignés ne perdant rien pour attendre si rien n’est fait pour arrêter, voire éradiquer à jamais, le projet avoué de Poutine : reconstituer l’ex-URSS et lui adjoindre de nouveaux territoires esclavagisés…

 

Alain Sanders