Israël et Gaza, une vieille histoire : quand Samson défiait l’occupant philistin
Samson est l’une des figures les plus marquantes du Livre des Juges (chapitres 13 à 16). Choisi par Dieu dès sa naissance pour délivrer Israël de l’oppression des Philistins, il se distingue par une force physique extraordinaire, mais aussi par une vie marquée par des tensions, des faiblesses personnelles et des confrontations directes avec l’ennemi. Parmi ses actions les plus célèbres figurent celles qu’il accomplit à Gaza, grande ville alors occupée par les Philistins, grands persécuteurs et tueurs de Juifs..
Quelques lecteurs se demanderont peut-être quelle mouche me pique de parler de Samson. Je m’en explique. La première raison est que, comme nous l’annoncions dans un précédent blog, l’Etat hébreu et la Knesset ont officiellement mis en marche le retour de la Judée-Samarie (que l’ONU, Macron, les amis du Hamas, les djihadistes palestiniens, les mélenchonistes, etc., s’obstinent à nommer « Cisjordanie ») aux légitimes héritiers depuis des millénaires de ces terres sacrées.
La seconde est que, me trouvant hier dans la cathédrale d’Evreux pour voir un très bel hommage aux carmélites de Compiègne, martyres de la Terreur républicaine, je suis allé jusqu’à la chapelle de l’Immaculée Conception devant laquelle je suis passé cent fois. Et là, levant la tête par hasard (qui est le nom de Dieu quand Il ne veut pas signer), j’ai vu, tout en haut de la clôture Renaissance de toute beauté, une représentation de Samson portant sur ses épaules deux colonnes arrachées au temple païen des Philistins. Avec cette indication : « Samson à Gaza ». Voilà, vous savez tout et je reprends mon édifiant et biblique récit (vous auriez cependant tort de croire qu’il échappe à l’actualité…).
À l’époque des Juges, Israël traverse une période d’instabilité spirituelle et politique. Le peuple s’éloigne régulièrement de Dieu, ce qui entraîne des périodes d’oppression par des nations voisines. Les Philistins dominent alors une partie du territoire israélite, notamment dans les régions côtières du sud-ouest, dont Gaza fait partie.
Samson est consacré comme naziréen (personne consacrée à Dieu par un vœu temporaire et soumise à des interdits) dès le sein de sa mère (Juges 13). Ce vœu implique notamment de ne pas couper ses cheveux, signe extérieur de sa consécration. Sa mission divine est claire : commencer à délivrer Israël de l’occupation philistine.
L’un des épisodes les plus spectaculaires aura lieu à Gaza. Samson s’y rend et passe la nuit chez une prostituée. Informés de sa présence, les Philistins organisent une embuscade, décidant d’attendre l’aube pour le tuer. Mais, au milieu de la nuit, Samson se lève, saisit les battants de la porte de la ville, les deux poteaux et la barre, les arrache avec force, les place sur ses épaules et les transporte jusqu’au sommet d’une montagne en face d’Hébron. Les portes d’une ville représentent sa sécurité et sa puissance militaire. Les arracher revient à neutraliser symboliquement la défense de Gaza. En emportant les portes, Samson inflige une humiliation publique à la ville. Il montre que même au cœur du territoire ennemi, il reste invincible tant que la puissance de Dieu repose sur lui.
Toujours dans la région de Gaza, Samson tombe amoureux de Dalila, qui a été approchée par les chefs philistins. Ils lui ont promis une importante somme d’argent en échange du secret de la force de Samson. Samson finit par lui révéler que sa force est liée à sa consécration de naziréen et au fait que ses cheveux n’ont jamais été coupés. Dalila le trahit : pendant son sommeil, elle fait couper ses cheveux. Les Philistins le capturent, lui crèvent les yeux et l’emmènent à Gaza où il est mis en prison et contraint de tourner la meule. La capture de Samson illustre que sa force ne résidait pas dans ses cheveux en eux-mêmes, mais dans sa relation avec Dieu. Lorsque sa consécration est rompue, il perd la protection divine. Gaza devient alors le lieu de son humiliation.
Les Philistins organisent une grande fête en l’honneur de leur dieu Dagon pour fêter la capture de Samson. Ils le font venir pour se divertir à ses dépens en le torturant. Placé entre les deux colonnes principales du temple de Dagon, Samson prie l’Éternel de lui redonner de la force une dernière fois. Dans un ultime acte de foi et de sacrifice, il pousse les colonnes avec toute sa force. Le temple s’effondre, tuant les chefs philistins et une multitude de personnes présentes. Le texte biblique souligne que Samson fit périr plus de Philistins dans sa mort que durant sa vie.
Les actions de Samson à Gaza constituent l’un des récits les plus dramatiques du Livre des Juges. Elles mêlent puissance divine, faiblesse humaine, trahison et rédemption. Gaza devient à la fois le lieu de sa démonstration de force la plus spectaculaire et celui de sa chute la plus profonde — mais aussi de son acte final de foi.
Et je laisse bien sûr à nos lecteurs, s’ils le souhaitent, le soin de lire ce récit biblique à la lumière d’une brûlante actualité…
Alain Sanders
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