vendredi 30 janvier 2026

Les libres propos d'Alain Sanders


Malgré un froid polaire et le sanglant « bulldozer » russe, l’héroïque résistance de l’armée ukrainienne qui ne lâche rien

 

Sous un ciel d’acier et des températures descendant bien en dessous de zéro (jusqu'à -30°), l’armée ukrainienne continue de tenir ses positions. L’hiver, que Moscou pensait transformer en allié stratégique, s’est mué en une épreuve supplémentaire que les soldats ukrainiens affrontent avec une détermination qui force l’attention de la communauté internationale. Face à la puissance de feu russe — souvent comparée à un « bulldozer » avançant par la masse et l’usure — l’Ukraine oppose une résistance faite de mobilité, d’ingéniosité et d’une volonté farouche de défendre son territoire.

 

Depuis le début du conflit, la stratégie russe repose largement sur la pression constante : artillerie lourde, vagues successives d’assauts, frappes visant les infrastructures énergétiques et logistiques. L’objectif est clair : épuiser l’adversaire, briser sa capacité de résistance et user le moral de la population. L’hiver devait accentuer cet effet, en compliquant le ravitaillement, en ralentissant les mouvements et en exposant soldats et civils à des conditions de vie extrêmes.

 

Pourtant, sur le terrain, le scénario espéré par le Kremlin ne s’est pas déroulé comme prévu. L’armée ukrainienne, aguerrie par des mois de combats, a appris à faire de la contrainte climatique une composante de sa défense. Tranchées renforcées, réseaux de communication adaptés, rotation des unités et utilisation ciblée de drones et de petites unités mobiles : face à la force brute, Kiev répond par la souplesse et l’adaptation.

 

Le froid polaire, loin de paralyser les défenseurs, a en revanche ralenti les offensives mécanisées russes. Les blindés lourds, symboles de cette avance « au bulldozer », deviennent vulnérables dans la boue gelée ou sous des frappes précises menées par des unités plus légères. Là où l’adversaire mise sur le nombre et la puissance, l’armée ukrainienne privilégie la connaissance du terrain et la coordination fine entre ses forces.

 

Mais cette résistance ne se mesure pas seulement en termes militaires. Elle est aussi morale. Dans les villages et les villes proches de la ligne de front, soldats et civils partagent le même quotidien fait de coupures d’électricité, de chauffage improvisé et d’abris de fortune. Cette solidarité nourrit la détermination des combattants, conscients qu’ils défendent non seulement des positions stratégiques, mais aussi des familles, des maisons et la souveraineté d'un pays martyrisé par les envahisseurs.

 

Les témoignages venus du front évoquent des soldats luttant contre le gel, le manque de sommeil et la fatigue extrême, tout en maintenant une discipline et un moral remarquables. « Le froid est dur, mais perdre notre pays serait pire », confiait récemment un officier ukrainien. Cette phrase résume l’état d’esprit d’une armée qui se sait en infériorité matérielle et humaine, mais qui refuse de céder.

 

L’issue du conflit reste incertaine bien sûr, et le coût humain est  immense. Pourtant, la résistance ukrainienne, renforcée par  une capacité d’adaptation constante, démontre que la guerre ne se gagne pas uniquement par la force brute. Même face à un adversaire avançant comme un rouleau compresseur, la volonté, la préparation et la cohésion peuvent freiner, voire stopper, l’élan d’une machine de guerre.

 

Au cœur de l’hiver, alors que le froid mordant s’ajoute au fracas des armes, l’armée ukrainienne continue d’incarner cette leçon : la résistance n’est pas seulement une question de moyens, mais de sens et de détermination. Dans cette lutte asymétrique, chaque jour tenu, chaque de plus, devient une victoire en soi.

 

Alain Sanders