Les émeutes insurrectionnelles « antifas » aux États-Unis sonnent le glas de l’ultragauche
Alors que la classe politico-médiatique française dans son ensemble (et même le RN qui se joint à la meute en l’occurrence) nous en fait des caisses sur les émeutes insurrectionnelles déclenchées par la mort de deux militants d’ultragauche alignés par une police anti-immigration pas vraiment Chantilly Lace (comprenez : « dentellière »…) dans ses méthodes, il faut raison garder. Et dire pourquoi ces mouvements de fièvre gaucharde (alimentés par deux ex-présidents faillis, Obama et le turlupin Clinton qui appellent carrément au soulèvement contre un gouvernement démocratique) sonnent le glas de l’ultragauche.
Depuis une dizaine d’années, l’ultragauche américaine semblait bénéficier, Obama et Biden aidant, d’un regain de visibilité inédit. Mouvements antifascistes, collectifs intersectionnels radicaux, réseaux wokistes, abolitionnistes ou anticapitalistes, tous paraissaient s’inscrire dans une dynamique ascendante, portée par les crises économiques, les tensions ethniques et la défiance croissante envers les institutions. Pourtant, les émeutes insurrectionnelles qui secouent quelques grandes villes tenues par des démocrates radicaux pourraient marquer un tournant décisif — et paradoxalement, le début du déclin de cette mouvance.
À l’origine, les mobilisations de l’ultragauche s’ancrent dans une tradition protestataire : manifestations, désobéissance civile, occupations symboliques. Mais ces dernières années, une partie de ces mouvements a franchi un seuil inquiétant. Les émeutes, les attaques contre des bâtiments publics, les affrontements directs avec les forces de l’ordre et la justification explicite de la violence politique ont déplacé le combat du terrain idéologique vers celui de l’insurrection.
Ce basculement n’est pas sans conséquences. En rompant avec la logique de la protestation pour adopter des stratégies perçues comme nihilistes ou insurrectionnelles, l’ultragauche s’est coupée d’une large partie de l’opinion publique, y compris parmi des électeurs initialement sensibles à ses revendications sociales ou antiracistes.
Les images de villes en feu, de commerces pillés — souvent dans des quartiers populaires — et de citoyens pris en otage par des violences qu’ils n’ont ni demandées ni soutenues ont profondément entamé la crédibilité morale de ces mouvements. L’argument selon lequel « la violence est une réponse légitime à la violence systémique » peine à convaincre lorsque ses premières victimes sont précisément les populations que ces groupes prétendent défendre.
Cette perte de légitimité est d’autant plus marquée que les revendications de l’ultragauche se sont souvent révélées floues, maximalistes ou irréalisables : abolition pure et simple de la police, rejet total des institutions démocratiques, refus de toute médiation politique. En l’absence d’horizon concret, la violence devient une fin en soi — ce que l’opinion publique perçoit rapidement comme une impasse.
Ironiquement (et salutairement), les émeutes insurrectionnelles ont ainsi renforcé ceux que l’ultragauche combat. Les courants conservateurs et sécuritaires ont trouvé dans ces épisodes un argument puissant pour justifier un durcissement de l’ordre public, l’extension des pouvoirs policiers et la criminalisation accrue des mouvements radicaux.
Même au sein du Parti démocrate, ce qui échappe à la classe politico-médiatique française qui ne donne la parole qu’à des extrémistes (le pompon revenant à LCI, BFM et France Info Télé), la distance est désormais assumée. De nombreux élus étiquetés « progressistes », conscients du coût électoral de toute complaisance envers la violence politique, ont publiquement condamné les émeutes. L’ultragauche se retrouve ainsi isolée : trop radicale pour les institutions, trop impopulaire pour les masses. À cette marginalisation externe s’ajoute une crise interne. Les mouvements d’ultragauche sont traversés par des conflits idéologiques incessants, des luttes de pureté militante et des accusations croisées (racisme, transphobie, privilèges de classe, etc.). Cette fragmentation affaiblit leur capacité d’organisation et épuise leurs bases militantes.
Par ailleurs, la répression judiciaire et policière, renforcée par les violences insurrectionnelles, a désorganisé durablement les réseaux les plus actifs. Arrestations, inculpations lourdes, surveillance accrue : le coût de l’engagement radical est devenu dissuasif pour une nouvelle génération de militants.
Les émeutes insurrectionnelles aux États-Unis ne signent sans doute pas la disparition totale de l’ultragauche. Mais elles marquent la fin d’un cycle. Comme d’autres mouvements révolutionnaires avant elle, l’ultragauche américaine semble avoir confondu radicalité et efficacité, violence et transformation sociale. Jusque-là, ça passait (comme en France avec les antifas qui continuent d’avoir pignon sur rue et à l’Assemblée avec la complicité de 99% des médias). Aux USA, avec Trump à la manœuvre, on a changé de style et d’époque…
En se coupant du réel, du peuple et des institutions qu’elle prétend renverser, l’ultragauche a consolidé l’ordre qu’elle dit combattre. Le glas ne sonne peut-être pas pour toute forme de radicalité politique, mais il retentit clairement pour une stratégie insurrectionnelle incapable de produire autre chose que le chaos — et, in fine, son propre effacement. On en aura la preuve dans les urnes lors des midterms (les élections à mi-mandat).
Alain Sanders