Le camarade Vladimir Poutine
a émis vendredi 21 juillet d’extraordinaires déclarations contre la Pologne
justement qualifiées de « provocatrices » - et c’est peu dire – par le
gouvernement de Varsovie.
Celui-ci a en effet
immédiatement réagi en convoquant « d’urgence », pour le lendemain,
samedi 22 juillet, l’ambassadeur de Russie en Pologne.
Nous avions suivi avec
stupéfaction la retransmission, avec traduction en langue française, sur une
chaîne française, les hallucinants propos du chef du Kremlin.
Des propos tels que s’ils
n’avaient été immédiatement accrédités par les médias tant français que russes
et polonais, et par le gouvernement polonais, nous aurions encore été un moment
à nous demander s’il ne s’agissait pas d’un montage destiné à nuire à Poutine
en lui faisant émettre par un sosie les plus ineptes déformations de la vérité
historique ; et le plus incroyable encensement de Staline que l’on puisse
aujourd’hui proférer après les plus de cent millions de morts du fait de la
monstruosité des régimes communistes.
Mais non, ce vendredi 21
juillet 2023, c’était bien le vrai Poutine qui dévidait robotiquement les plus
gigantesques mensonges de la vieille propagande soviéto-stalinienne sur la
seconde guerre mondiale. Le kagébiste Poutine occultait totalement, selon un
négationnisme absolu, le pacte germano-soviétique, sommet de la durable
complicité collaborationniste entre Hitler et Staline.
Ce qu’il est interdit d’enseigner
aujourd’hui dans les écoles et universités du régime poutinien.
Répliques au négationnisme
poutinien.
Ce Poutine très réel
menaçait la Pologne actuelle, évoquant l’ingratitude (sic) de ce pays envers l’Union
soviétique et envers le grand camarade Staline. Selon lui, la Pologne a en
effet été sauvée par Staline et par son armée rouge de l’occupation nazie,
occultant totalement l’invasion conjointe de la Pologne en 1939 par l’armée
soviétique de Staline et par l’armée nazie d’Hitler.
Et bien sûr, il occultait de
même les massacres de Katyn et aussi la non-intervention de l’armée de Staline
lors de la révolte héroïque du ghetto de Varsovie.
Sur le pacte germano-soviétique :
rappel des faits.
Au mois d’août 1939, le
pacte germano-soviétique encore appelé « hitléro-stalinien », est
annoncé en trois temps à la stupéfaction générale des États occidentaux mais
aussi des partis communistes de ces pays et notamment du Parti communiste
français qui va alors connaître la plus grave crise de son histoire.
·
Le
20 août 1939, l’agence « d’information » soviétique Tass
annonce que l’URSS et l’Allemagne nazie viennent de conclure un accord
commercial. La nouvelle éclate comme une bombe dans les bureaux de l’Humanité.
Elle est si inattendue que, prudemment, de peur qu’elle ne soit démentie, le
quotidien communiste stalinien en relègue l’annonce en page 2. Mais dans les heures
suivantes, Moscou exige que l’information soit dès le lendemain traitée sur
toute la première page.
·
Le
21 août, nouvelle stupéfaction : la Pravda exalte cet accord comme
constituant « un pas sérieux dans l’amélioration des relations non
seulement économiques mais aussi politiques entre l’URSS et le Reich ».
Ceci, alors
que depuis des années, et surtout depuis les accords de Munich, onze mois plus
tôt, l’URSS s’est posée comme la puissance la plus irréductiblement hostile au
régime nazi. Et d’ailleurs, encore au mois d’août, ne recevait-elle pas une
délégation militaire française conduite par le général Doumenc ?
·
Le
22 août va tomber, parmi les dernières informations du jour, une dépêche
transmise de Berlin par l’agence Havas et relayant la nouvelle de l’agence
Tass. En voici le libellé : « Le gouvernement du Reich et le
gouvernement soviétique ont décidé de conclure entre eux un pacte de
non-agression et M. Von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich,
arrivera à Moscou le 23 août pour mener à bien des négociations ».
En réalité, alors que Staline positionnait
officiellement l’Union soviétique dans l’hostilité au nazisme, dès 1938 les
deux puissances négociaient secrètement le futur pacte. Et sur demande de
Staline à Hitler, la Gestapo allemande s’employait à former des agents de la
GPU soviétique ! La collaboration des deux dictatures totalitaires allait
fonctionner idylliquement ! La
complicité entre le régime nazi et l’URSS de Staline alla ainsi bon train jusqu’en
juin 1941, soit presque deux ans de collaboration.
Rappelons encore ici le télégramme de
félicitations adressé par Staline à Hitler lors du défilé sous l’Arc de
Triomphe des troupes nazies victorieuses de l’armée française…
Mais alors que Poutine ose invoquer une
mirobolante présence nazie en Ukraine pour « justifier » l’invasion
de son armée le 24 février 2022, il est interdit en Russie d’évoquer la belle
entente du grand Staline avec le cher Hitler.
Elle dura jusqu’au 22 juin 1941, date de lancement
de l’opération « Barbarossa », c’est-à-dire le début de l’invasion de
l’URSS par la Wehrmacht. Pourtant ce jour-là Staline, qui éprouvait une réelle
admiration pour son allié Hitler, ne voulut pas croire, plusieurs heures
durant, les nouvelles selon lesquelles les armées allemandes avaient franchi
sur une immense distance les frontières soviétiques.
En Pologne aujourd’hui :
On se souvient du 1° septembre 1939 lorsque les
troupes d’Hitler déclenchèrent leur Blitzkrieg et déferlèrent sur le pays, face
à une armée polonaise héroïque mais si inférieure en nombre et en matériel. On se
souvient du télégramme de Molotov, le ministre des Affaires étrangères de
Staline, qui félicite Hitler pour « ses brillants succès ». On se
souvient du déferlement le 17 septembre suivant des troupes soviétiques sur l’autre
moitié de la Pologne partagée entre barbares soviétiques et barbares nazis.
Mais selon le grand humoriste Poutine, c’est la
glorieuse armée de l’Union soviétique du grand camarade Staline qui a alors
sauvé la Pologne…
Tous les Polonais se souviennent bien sûr des
massacres de Katyn et des millions de leurs compatriotes chrétiens ou juifs,
massacrés ici par les nazis, là par les communistes.
Les Polonais savent comment Poutine et son âme
damnée Kyrille, le patriarche kagébiste de l’Église russe officielle,
voudraient traiter les six millions de catholiques d’Ukraine et les millions de
chrétiens orthodoxes des Églises ukrainiennes qui ne veulent plus de la férule
de l’orthodoxie moscovite.
Voilà plus de 500 jours que
Poutine a déclenché (24 février 2022) son invasion de l’Ukraine, qualifiée « d’opération
militaire spéciale ». Pour son état-major, elle ne devait pas durer plus d’une
semaine. Pour toute la gamme des Français poutinophiles ou de droite ou d’extrême-droite,
les uns « néo-païens », les autres « catholiques intégristes »,
les uns zemmouriens, les autres marino-lepénistes, d’autres archéo-gaullistes,
et n’oublions pas les mélenchonards et les vieux bolchos, sans parler des gogos
utiles de tout poil, l’affaire était pliée d’avance.
Mais Poutine a vérifié l’importance
du phénomène d’hétérotélie.
Il tablait sur l’éclatement
de l’Ukraine, c’est dans les régions russophones qu’il a enregistré ses pires
échecs ! Il misait sur l’inertie de l’Union Européenne, il l’a réveillée !
Il voulait en finir avec l’OTAN, il l’a dynamisée ! Il voulait la soumission
de toutes les Églises orthodoxes d’Ukraine à celle de Moscou, il a obtenu le
rejet massif de cette dernière.
Et voici que, comme aux
pires moments des destructions lénino-staliniennes des églises, son artillerie
démolit, après tant d’autres églises, la vénérable cathédrale orthodoxe d’Odessa.
Il pensait que la majorité
des ukrainiens voudraient se fondre dans le peuple russe et la preuve est faite
que l’immense majorité des ukrainiens, les orthodoxes comme les catholiques, vomissent
désormais l’Église de Moscou et l’État russe.
Il entendait incarner la
puissance et l’ordre russes et voici qu’il en a été réduit à négocier avec Prigojine.
Et tout cela au prix de
dizaines de milliers de morts et de centaines de milliers de blessés dans tous
les peuples plus ou moins fédérés dans la Russie.
Et tout cela avec l’immense
crime contre l’humanité de l’enlèvement de plus de onze mille enfants
ukrainiens.
La Russie, bien sûr, est
immense (plus de 17 millions de km2, soit environ 30 fois l’Ukraine) et ses
ressources énergétiques illimitées. Surtout, du fait de la naïveté des ukrainiens,
et de la tromperie des Américains et des Britanniques, presque autant que celle
d’eux-mêmes les Russes, les uns et les autres violant les accords passés avec
le « Mémorandum de Budapest » (5 décembre 1994), l’Ukraine n’est plus
la puissance nucléaire qu’elle fut après la chute de l’URSS (voir notre livre :
« L’Ukraine face à Poutine »).
Mais son peuple et son
armée, depuis bientôt deux ans, font preuve d’un fantastique courage et d’une fascinante
intelligence stratégique. Surtout, les Américains qui ont hélas derrière eux
une triste continuité d’abandons-trahisons de leurs alliés (Vietnam – Iran –
Nicaragua – Afghanistan…) devront bien peser que cette fois-ci, s’ils lâchaient
l’Ukraine, et avec elle la Pologne, les Pays Baltes, la Moldavie et autres
nations libérées du joug communiste, cela signifierait très vite leur propre
effondrement.
Surgirait alors pour quelque
temps l’immense empire eurasiste, qu’appellent de leurs vœux un Alexandre
Douguine et son admirateur Alain de Benoist, mais un surgissement dans un
immense chaos mondial.
La fin de l’Ukraine
pourrait bien alors entraîner la fin de l’humanité.
Les dirigeants occidentaux
doivent bien peser cela.
Addendum :
Le principal argument des
poutinistes et des poutinolâtres est celui de la décadence occidentale et des
vertus de l’ordre poutinien.
C’est une immense
plaisanterie !
Nous ne les avons pas
attendus pour lutter contre la culture de mort, (avortement, euthanasie, dénaturation
du mariage), pour dénoncer l’impérialisme du néo-totalitarisme LGBT et l’effondrement
moral de notre civilisation…
Mais la vérité, c’est
aussi que la Russie poutinienne est plus effondrée encore (avortements et
divorces y sont encore plus nombreux que chez nous). Et au moins autant que
notre société, la Russie est ensauvagée ; et au moins autant sujette à de
désastreux phénomènes d’immigration.
Curieusement, à l’exception
de quelques chéris du Kremlin, les collabos français de l’impérialisme
poutinien n’émigrent pas en masse en Russie !