lundi 4 avril 2022

78 ans après 1949, nazis et « fachistes » seraient donc toujours au pouvoir en bien des pays ! Pas les communistes ?


 


   Bernard Antony, président de Chrétienté-Solidarité, directeur de la revue Reconquête, communique :

J’ai d’une part écouté à la fin de la semaine dernière sur quelque chaîne, interrogé notamment par Ulysse Gosset, le fascinant porte-parole de l’ambassade de Russie à Paris. Ce bon apparatchik martelait imperturbablement les bonnes raisons poutiniennes de l’invasion de l’Ukraine : assénant et répétant qu’il ne s’agissait pas d’une guerre mais de « l’opération militaire spéciale » destinée à en finir avec les horribles nazis au pouvoir dans ce pays.

Diable, diable, après l’effondrement du III° Reich, les dizaines d’années de pouvoir communiste, ainsi les nazis sont-ils toujours au pouvoir en Ukraine ! Et d’autant plus méchants sans doute que leur chef de l’État est un juif !

Je n’aurais jamais imaginé pareille chose !

Heureusement, comme on le voit, Poutine prend les moyens qu’il faut pour mener à bien la lutte de la dénazification finale. Mais tout de même, il y en a bien un qui, en enfer, doit quelque peu triompher, c’est le camarade Hitler, pas peu fier de constater que l’immense Russie, de surcroît alliée de la Chine rouge, de la Corée du Nord, de l’Iran et de vingt autres pays, doit combattre encore ses continuateurs ukrainiens.

Même en enfer, il peut donc éprouver quelque jouissance, celle de pouvoir couvrir de sarcasmes son compère Staline et tous les autres dictateurs bolcheviques, leur assénant : « Votre communisme est mort, tandis que mon nazisme vit toujours ! ».

Car la preuve a été encore assénée dimanche par le duo des copains Cohn-Bendit – Luc Ferry. L’ancien « anar » soixantuitard, certes peu poutinophile, reconnaissons-lui cela, évoquait en effet, non sans raison, la réalité de la menace pour l’Occident constituée par l’alliance de la Russie, de la Chine, de la Corée du Nord, du Vietnam et autres pays « fachistes » (sic !).

Et le gars Ferry opinait du bonnet.

Pitoyablement. Car il faut tout de même le faire que de désigner comme « fachistes » des pays tout bonnement communistes ou islamo-gauchistes comme l’Iran !

Et d’oublier que le criminel dictateur Poutine, inspiré depuis des années par le fondateur du parti national-bolchevik le camarade Alexandre Douguine (désormais en charge de l’information du peuple russe !), a rétabli le culte du grand Staline, honorant également à la Loubianka la mémoire de Félix Dzerjinski, le satanique fondateur de la Tchéka et de son système de tortures, et créateur aussi de l’empire du Goulag.

Tous les grands historiens vivants du communisme (Nicolas Werth, Stéphane Courtois, Thierry Wolton) et encore les grandes spécialistes comme Laure Mandeville ou Françoise Thom observent combien il a été désastreux pour la Russie et pour le monde que le procès international des crimes du communisme n’ait point été mené. Cela eut sans doute, écrivent-ils en substance, évité l’émergence de la monstruosité néo-stalinienne poutiniste.

En effet, j’étais bien persuadé de cela lorsqu’avec Chrétienté-Solidarité  j’ai organisé le 9 novembre 1997, sous la présidence du grand résistant et avocat Jean-Baptiste Biaggi, une première grande journée du « procès international des crimes contre l’humanité des régimes communistes ».

Cette journée, devant plus de 3000 participants et avec des grands témoins issus des résistances anticommunistes ou rescapés des camps, fut particulièrement consacrée au cas du communiste français, le traître tortionnaire Georges Boudarel, le commissaire politique du camp 113 en Indochine. Hélas, nous n’avions pas les moyens financiers pour faire plus, espérant que  d’autres, et notamment des États, pourraient continuer cette œuvre. Cela ne fut mené qu’en Lituanie et partiellement en Hongrie.

À propos de la Hongrie.

Je me réjouis de la magnifique réélection en Hongrie de Victor Orban. Comme la Pologne, la Hongrie est une des bêtes noires de l’Union Européenne. Précisons qu’Orban n’est nullement un admirateur de Poutine et qu’il a dénoncé l’invasion de l’Ukraine.

Mais il ne veut ni que la Hongrie sorte de l’Union Européenne ni qu’elle soit dans la ligne de mire de Poutine alors qu’elle n’est pas un ancien pays de l’URSS (1), que ce dernier veut impérialement et militairement reconstituer.

 

(1)   Elle fut, comme la Pologne, la RDA, la Roumanie, la Tchécoslovaquie, la Bulgarie, intégrée de force dans le Pacte de Varsovie.