samedi 9 mai 2020

Mon blog en temps d’épidémie – 9 mai 2020


 « La révolution ne s’est pas contentée de faire tomber des têtes, depuis elles tournent » (Joseph de Maistre)
« Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés » (Les animaux malades de la peste, Jean de La Fontaine)

Aux jeux olympiques de la subtilité : Castaner et Martinez

  • Pourquoi j’aime Castaner

Je regarde ce jour, dans Le Figaro, la photo datée du 23 avril de deux gendarmes en patrouille (sic) sur la plage ensoleillée mais totalement vide de Palavas-les-Flots.
Les esprits chagrins trouveront sans doute à redire à l’envoi de la gendarmerie là où elle est apparemment strictement inutile. C’est qu’ils ne comprennent pas que, si le ministre de l’Intérieur Castaner envoie la force publique déambuler sur le sable, c’est qu’il a le plus grand souci de ce que les lits d’hôpitaux ne soient pas encombrés. En effet, ses éminents conseillers sanitaires n’ont pas manqué de lui rappeler que l’eau est encore froide au printemps et que des baigneurs téméraires pourraient être victime d’hydrocution mortelle ou de fluxion de poitrine nécessitant leur transport aux soins d’urgence.
Si Sibeth N’Dyaye a communiqué qu’on pourrait peut-être « rouvrir » les plages à partir du 2 juin, c’est que le bon Castaner, qui est de Marseille et qui s’y connait, sait que l’eau sera alors plus tiède et que même s’il y aura de nombreux baigneurs, il y aura moins de dangers de chocs thermiques. Et surtout, le coronavirus, dit-on, n’aime pas la chaleur. Castaner, qui fait son miel de toutes choses, a au moins retenu cela des propos du professeur Raoult.
Mais les indécrottables esprits chagrins, pour tout dire pas très futés, continueront de répéter qu’ils ne comprennent toujours pas pourquoi il faut interdire des plages vides et tolérer l’accès de telle sorte qu’elles se rempliront alors. Ils ne comprennent donc pas, ces demeurés, ces confinés, que monsieur Castaner sait bien que « l’ennemi est invisible », comme l’a déclaré son chef, monsieur Macron. Or, c’est précisément sur les plages vides qu’on peut le mieux traquer les virus dits invisibles. Car, c’est justement là, dans le miroitement de l’eau traversée de rayons du soleil, qu’on peut tout de même en apercevoir des virus, fugitivement visibles, scintillants. C’est à ce moment-là, bien sûr, que les gendarmes en état de légitime défense, peuvent en tuer le plus.
Les esprits chagrins, pauvres débiles, continueront d’ironiser sur le fait d’annoncer des « réouvertures » de plages qui n’ont jamais été fermées pendant des centaines de millénaires depuis le troisième jour de la Création. Ils disent qu’une plage, ce n’est pas comme une porte qui doit être ouverte ou fermée. Les Bordelais chagrins prennent l’exemple de la grande plage de l’Atlantique qui, selon eux, va de l’embouchure de l’Adour à la sortie (ou à l’entrée ?) du bassin d’Arcachon.
Voire, voire, dit Castaner qui a en vu d’autres, mais ça peut se remplir ces plages ! Et alors, qu’est-ce que vous faites quand ça contamine pire que sur un marché de Wuhan ? Oui, croyez-moi, en ce temps de méchanceté virale, on a bien de la chance d’être protégé par le bon ministre Castaner. Lui, qui, pourtant, pourrait faire bien autre chose que de traquer ces bandes de mauvais citoyens qui, les uns, commencent déjà à rouspéter (comme d’hab), les autres, à ironiser parce qu’il nous a interdit d’aller plus loin sans ausweiss que la ligne de démarcation à 100 kilomètres.
Pauvres incultes, pauvres ignares qui ne savent pas que la science a formellement établi que, pour le plus grand nombre, à partir du 101e kilomètre, on rentre presque toujours en zone d’embuscade virale.

  • Pourquoi j’aime Martinez ?

Encore un, si dévoué au peuple en général et à la classe ouvrière en particulier, que la presse bourgeoise attaque ignominieusement, c’est le grand syndicaliste Philippe Martinez.
La vérité, que je dévoile ici le premier, c’est que ce bon camarade, sous des dehors un brin bourru (parce que moustachu), est en réalité un actif soutien de Castaner dans le dévouement sanitaire et humanitaire. Cela doit demeurer discret, mais s’il a fait fermer Renault à Sandouville, parfaitement approuvé par de bons magistrats écolos, c’est pour aider Castaner. Car, comment mieux faire respecter astucieusement la ligne de démarcation des 100 bornes, qu’en supprimant les bagnoles ? Etant donné qu’il y aura plus que les super-marathoniens pour l’atteindre et des vélocipédistes déjà un peu entraînés. La marche, la pédale, tout ça, très bon pour tout le monde.
Et les esprits chagrins de rouspéter en prétendant que ne plus fabriquer de voitures, ça créera des chômeurs. Pauvres niais ! Comme si l’industrie du vélo, ça n’allait pas en fournir des emplois ! Voyez donc l’exemple de la Corée du Nord, quelle belle société écologique : tout le monde (ou presque) marchant ou pédalant.
La vérité, c’est qu’avec le virus, fruit de la providence, notre développement social va accomplir un « saut qualitatif brusque », selon le concept cher à Staline et à Mao, dans leurs enseignements éclairés de l’évolution dialectique de l’histoire. Et chacun doit bien se douter qu’en la matière, Martinez et plus discrètement Castaner, sont de grands penseurs.