mardi 26 juin 2012

Bernard Antony, président de l'Institut du Pays Libre, communique:

Libye : l’angoissante disparition de Bernard-Henry Lévy.


Voici que quatre membres de la Cour Pénale Internationale sont aujourd’hui séquestrés par un des clans islamo-tribo-mafieux qui se disputent malheureusement ce pays pourtant glorieusement libéré grâce à l’héroïque action de l’incomparable Bernard-Henri Lévy à la tête de nos affaires étrangères sous Nicolas Sarkozy.
On n’a pas encore oublié que celui que tout le monde appelle avec affection B.H.L. vient de tirer un film d’exaltation bien compréhensible - car il ne faut pas confondre modestie et humilité – de son rôle éminent, déterminant dans l’accession à la démocratie de la Cyrénaïque, de la Tripolitaine et autres contrées riches d’oasis et de pétrole.
Or B.H.L. se targuait (et il n’est pas, on le sait, un vantard) de tout connaître du peuple libyen, jusqu’au plus lointain chef de tribu ou de village.
Aussi est-on inquiet, et même angoissé , de constater qu’il n’est pas encore reparti, dans l’impeccabilité de son blanc col ouvert sur sa virile poitrine et de son costard sombre toujours parfaitement repassé, dans les pires endroits du monde, caméras obligent.
On sait pourtant que, tel Talleyrand grand serviteur de la nation sous tous les régimes, B.H.L., qui ne pense qu’à la France, mais qui, depuis sa jeunesse maoïste, est néanmoins toujours demeuré un homme de gauche d’autant plus admirablement qu’il est devenu riche, très riche, a déjà manifesté son désir de servir la République sous Hollande comme sous Sarkozy.
Alors que n’est-il déjà à Tripoli ou à Benghazi ou sautant dans un taxi pour Tobrouk ou sur quelque blanche chamelle rejoignant les pirates du désert pour libérer les otages en direct pour France-Télévisions, CNN et même al-Jezzira ?
Serait-ce que Laurent Fabius, plus que son prédécesseur Alain Juppé, serait mesquinement jaloux de ses prérogatives de ministre des Affaires étrangères ? On n’ose le croire.
Ou bien alors, pire encore, serait-ce qu’il partagerait le jugement du grand Raymond Aron pour lequel Bernard-Henri Lévy n’était qu’un « philosophe auto-proclamé et un penseur de café du commerce » ?
Cela dit, si ce penseur faisait libérer les otages et les milliers de prisonniers et de torturés du nouvel ordre libyen, nous saurions le reconnaître et saluer alors son rôle salvateur comme il convient.
Mais à la réflexion, pris au piège de sa générosité, ne serait-il pas détenu lui aussi, menacé, voire torturé par les terribles Senoussis ? On a hâte de le savoir.