C’est sous la houlette de notre cher Samir Geagea, le légendaire chef historique du Parti des Forces libanaises, que ce dernier samedi s’est tenue à Maarab dans leur quartier général ultra-sécurisé, au cœur de la montagne libanaise non loin du patriarcat maronite, pour la troisième année consécutive, la grande réunion des « Forces libres et souverainistes du Liban ».
Elle réunissait plus de 250 personnalités représentatives des différentes composantes patriotiques actuelles, politiques et sociales, héritières de la résistance nationale qu’incarna au siècle dernier le grand Béchir Gemayel, le président chrétien assassiné.
Leur objectif : l’élaboration d’une feuille de route pour « sauver le Liban ». Encore fallait-il à cette fin désigner explicitement ce par quoi le pays du Cèdre est menacé de mort. La conférence de Maarab a clairement désigné le Hezbollah comme ennemi principal. Samir Geagea a notamment déclaré : « Nous demandons le déploiement immédiat de l’armée nationale sur tout le territoire, en commençant par Beyrouth. Si l’État ne peut imposer sa souveraineté par ses propres moyens, il peut, par décision gouvernementale, solliciter l’aide de forces internationales en vertu du chapitre VII de la Charte de l’ONU ».
Samir Geagea a ajouté qu’agiter le spectre d’un retour à la guerre civile relève d’un chantage auquel il ne faut pas céder.
Face à cela, les porte-paroles ou collabos du Hezbollah, tel que l’ancien député Nawaf Moussaoui, accusent les souverainistes « d’ignorer la réalité du projet d’occupation américano-israélien (sic !) ».
C’est là l’exemple parfait de l’inversion accusatoire pratiquée par le Hezbollah depuis les années 1970 et sans cesse amplifiée par la suite. Comme si la « Hezbollahisation du Liban » n’entrait pas tout simplement dans le constant projet de conquête par l’islamisme chiite révolutionnaire, initié en 1979 par l’ayatollah Khomeiny alors hébergé en France à Neauphle le Château par le gouvernement de M. Giscard d’Estaing.
On voit mal comment les chrétiens du Liban dans leur ensemble et leurs alliés sunnites auraient pu chercher d’autres appuis efficaces que ceux du voisin israélien… D’autant que, comme le fait remarquer la journaliste Sybille Rizk, ainsi que le constate l’intellectuel Paul Achkar, « une partie non négligeable des libanais n’a pas de scrupules à confier la tâche de se débarrasser du Hezbollah à Tsahal ».