« La
révolution ne s’est pas contentée de faire tomber des têtes, depuis elles
tournent »
(Joseph de Maistre)
« Ils ne
mouraient pas tous mais tous étaient frappés (Les animaux malades de la peste, Jean de
La Fontaine)
- Un fabuleux spectacle
Je
me suis réveillé ce matin en contemplant par la pensée toutes les grandes
places que j’ai connues. Vides de monde. Et vides aussi les avenues et les
rues.
« La place
Rouge était vide… » comme dans la chanson de Gilbert Bécaud, mais il n’y
avait même plus Nathalie.
La
place de l’Étoile, aussi vide qu’après le défilé des Allemands vainqueurs le 14
juin 1940 (chaudement félicités par Staline).
La
place Saint-Pierre, à Rome, aussi parfaitement vide que le 27 mars devant un
François, fatigué et livide, pour une lugubre bénédiction Urbi et Orbi.
La
place des Martyrs, à Beyrouth, vide comme après les pendaisons de 1915 par les
Turcs…
Mais
arrêtons-là, les images des places, des avenues, des rues vides partout, dans
toutes les villes, de l’Atlantique à l’Oural et de Brest à San Francisco.
Sublimes
vues d’un film que je n’aurais jamais pensé à faire défiler dans mon
imagination et pourtant, ce matin, parfaitement adéquat à la réalité. De quoi
se faire pâmer d’aise tous les écololâtres rêveurs d’un monde enfin vidé
d’hommes.
- Le coronavirus
comme Shakespeare…
Je
lis sur mon écran que selon certains, en fait, le coronavirus est une intox. Il
ne fait aucun mort puisqu’il n’existe pas.
Le
corona est peut-être comme Shakespeare dont il a été dit qu’il n’a jamais
existé et que les œuvres qu’on lui a attribuées sont d’un homme qui n’était pas
Shakespeare mais qui signait Shakespeare.
- Le grand
confinement, décision du « grand complot »
Ça
y est, ils y sont tous venus ! Tous les chefs des grands États et même Trump
et même Poutine et même Narendra Modi, tous évidemment après Xi Jinping, le
maître du jeu. Il y a peu encore il y en avait pour dire : voyez bien que
le coronavirus, c’est un montage, un complot, suivez mon regard. Un montage
puisque Poutine n’en est pas. Mais voilà que Poutine, lui aussi, confine. Mais pour
le complotiste voyons, c’est tout simplement la preuve qu’ils en sont tous du
complot !
- Selon Henri de
Lesquen, « pire que le coronavirus,
le « judéo-virus »
H.D.L.
a simultanément annoncé sa candidature, une nouvelle fois, à la présidence de
la République et finalement résumé le cœur nucléaire de son programme : « pire que le coronavirus, le
judéo-virus ». Les masses d’adeptes qui, à l’en croire, le suivent,
auraient été déçues s’il n’avait pas si pédagogiquement resserré sa doctrine.
Mais
H.D.L. n’est pas le seul qu’égare un antisémitisme obsessionnel. Ainsi, dans un
hebdomadaire très spécialisé dans ce registre, peut-on lire toute une
hallucinante tirade contre le professeur Raoult. On y révèle que ce dernier a
non seulement une épouse juive mais nombre de juifs dans ses amis et relations
de travail. De quoi, en effet, invalider ses travaux !
-
Mais au fait, comme le Système est contre Raoult, cela signifierait-il donc que
le Système n’est pas, comme ils disent, aux mains des juifs ?
-
Vous n’avez rien compris, nous diront-ils : le Système est certes aux
mains des juifs mais Raoult fait aussi partie du Système.
-
Ah bon.
- Supériorité de
la femme ?
Les
chiffres parlent : 24 % seulement des femmes parmi les cas graves
d’atteinte par le coronavirus. Donc 67 % d’hommes.
Hier,
sur LCI, hallucinante discussion. Au professeur qui vient de donner ces
chiffres, un commentateur conclue qu’au moins en face de cette maladie, les
femmes sont supérieures aux hommes. Propos de bon sens.
Mais
non, le gentil professeur s’indigne de cette conclusion : « Il ne faut pas employer le mot de
supérieur, on peut seulement dire qu’il y a différence ». Virus de la
pensée correcte…
- Ancien directeur
de l’O.M.C. et parfait abruti !
Ce
samedi sur France-Inter, à 12 h 50,
débat par téléphone entre notamment Natacha Polony de Marianne et Pascal Lamy, ancien commissaire européen pour le
commerce puis directeur de l’Organisation Mondiale du Commerce, président de
l’Institut Jacques Delors.
Fanatique
eurocrate et mondialiste sans remords, l’homme, dégoulinant de suffisance,
dévide imperturbablement, comme à l’ordinaire, le credo de son utopie.
Mais,
pour ce jour, il a sans mollir émis l’expression du nec-plus-ultra de sa
pensée : « Ce n’est pas en pleine
crise que l’on va tout de même juger d’une politique ». Pour oser
émettre une aussi monstrueuse énormité, il faut tout de même être un somptueux
crétin !
Sans
excuse, quand meurent en grand nombre en France des malades que, par les effets
de la politique mondialiste qu’il a voulue, la production de 90 % des
médicaments, et notamment des médicaments de survie, a été dévolue à la Chine
communiste.
Mais,
à ce niveau de déni de réalité pratiqué par le camarade socialiste Lamy, le
fanatisme idéologique est criminel.
Les Animaux malades de la peste
Un mal qui
répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Ane vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Jean de La Fontaine
Les fables - Recueil II, livre VII
Les fables - Recueil II, livre VII