mercredi 25 mars 2026

Ukraine : l’agression-invasion poutinienne profite de la guerre en Iran

Au plus fort de la guerre du Golfe, l’Iran islamiste n’en continue pas moins de fournir de redoutables drones shahed à la Russie poutinienne. C’est l’un de ceux-ci parmi un millier notamment qui a frappé la nuit dernière le splendide centre historique de Lviv, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, déclenchant un incendie pendant plusieurs heures.

L’admirable Kaja Kallas, vice-présidente estonienne de la Commission européenne, présidente de la Commission des Affaires étrangères, n’a pas caché son angoisse devant pareilles frappes russes contre le pays agressé depuis désormais plus de quatre ans. Elle a déclaré le 17 mars à Bruxelles qu’il était « plus que jamais nécessaire que l’Union européenne manifeste son soutien à l’Ukraine, rappelant que plus la guerre se poursuit au Moyen Orient, plus l’Ukraine souffre ».

Dans le même sens, le 19 mars, la Première Ministre de Lettonie, Evika Silina, lors de son arrivée à la réunion du Conseil européen, avait déclaré : « Je ne veux pas que soient prises des décisions qui profiteront à la Russie ».


Saint-Denis : le nouveau maire Bally Bagayoko (LFI) annonce sa détermination de désarmer les policiers municipaux

On a pu le voir et l’écouter sur plusieurs chaînes, monsieur Bally Bagayoko, ardent défenseur de la charia, entend désormais faire de Saint-Denis un territoire de conquête.

La première mesure qu’il a annoncée est celle de désarmer les policiers municipaux.

Beaucoup de ces derniers réagissent en annonçant leur démission.

On mesure ainsi ce qu’il en sera dans « les territoires perdus de la République ».

lundi 23 mars 2026

Les libres propos d’Alain Sanders.


 

Lionel Jospin : un parpaillot retors qui pratiquait la takiyah trotskiste

 

Chez Lionel Jospin, l’image d’homme « austère et moral » a longtemps servi de paravent. Derrière cette façade soigneusement entretenue se dessine pourtant un parcours marqué par les dissimulations, les renoncements idéologiques et une incapacité chronique à assumer pleinement ses propres contradictions.

Le point de départ du problème est clair : Jospin a menti. Pendant des années, il a nié ou minimisé son engagement trotskiste, pourtant bien réel, dans la mouvance la plus radicale. Ce n’est que contraint et tardivement qu’il a reconnu cette affiliation.

Ce n’est pas tant l’engagement en lui-même qui pose problème — nombre d’hommes politiques ont évolué — mais le fait de l’avoir caché avec constance. Cette dissimulation révèle une forme de calcul froid : celui d’un homme conscient que ses convictions passées pouvaient nuire à son ascension dans un Parti socialiste déjà engagé dans sa mue socialE-démocrate.

Autrement dit, dès le départ, la trajectoire de Jospin repose sur une forme d’imposture politique : celle d’un homme qui ajuste son récit personnel en fonction de l’opportunité.

Le contraste entre le militant trotskiste et le Premier ministre de la fin des années 1990 est saisissant — et profondément dérangeant. Une fois au pouvoir, Jospin s’inscrit dans une logique d’accompagnement du capitalisme plutôt que de transformation sociale.

Certes, son gouvernement a produit quelques mesures emblématiques. Mais derrière ces réformes, la ligne dominante reste celle d’une adaptation résignée aux contraintes du marché. Privatisations, discipline budgétaire, acceptation des règles européennes, etc.

Ce grand écart idéologique apparent n’a jamais été réellement expliqué. Il donne le sentiment d’un homme qui a surtout abandonné toute ambition de rupture — sans jamais avoir le courage de le dire clairement.

L’élimination de Jospin dès le premier tour face à Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen n’a rien d’un accident. Elle apparaît, rétrospectivement, comme l’aboutissement logique de ses ambiguïtés.

À force de vouloir concilier l’inconciliable — une posture morale rigide, un passé radical dissimulé (mais toujours en embuscade), et une politique chattemite — Jospin a fini par ne plus incarner grand-chose. Ni assez à gauche pour mobiliser les excités, ni suffisamment centriste pour rassurer les ventres mous. Le résultat : un électorat démobilisé, fragmenté, et finalement absent.

Jospin a souvent revendiqué une exigence morale élevée en politique. Mais cette posture se retourne contre lui lorsqu’on examine son parcours. Car la morale ne se limite pas à la probité personnelle : elle implique aussi la cohérence, la transparence et la responsabilité.

Or, sur ces trois plans, son bilan est contestable. Difficile de concilier une image d’intégrité avec des années de dénégation sur son passé. Difficile aussi de revendiquer une ligne politique claire lorsqu’on a opéré un virage aussi radical sans véritable explication.

Au fond, Lionel Jospin apparaît moins comme un homme d’État majeur que comme le symptôme d’une gauche en perte de repères et toujours prête à se compromettre avec l’anti-France. Son parcours illustre une dérive plus large : celle d’une génération politique passée de la radicalité idéologique à une forme de gestion technocratique cafouilleuse

Son héritage, souvent présenté comme respectable aujourd’hui qu’il est mort, aura été calamiteux de bout en bout. De trotskard à trotskard, Mélenchon lui a rendu un hommage appuyé. Ils ont au moins un point commun : une complaisance (pour ne pas dire plus) vis-à-vis de l’islam que Mélenchon a décidé de pousser jusqu’au bout.

 

Alain Sanders

 

 

 

 

Municipales : mes commentaires


Certes, même s’il y a bien des motifs de tristesse, tout n’est pas négatif dans les résultats du scrutin de ce dimanche 22 mars. Je ne les commenterai donc sur ce blog qu’en fonction de ce que je constate, soit des tendances générales que je crois pouvoir observer, soit des cas particuliers des villes et des élus que je pense bien connaître.

Quelques mots pour dire d’abord ma joie de l’élection à Castres dans le Tarn qui m’est cher où a été élu un jeune maire RN âgé de 29 ans, Florian Azemat.

Je l’avais rencontré il y a peu lors des obsèques de Marie-Christine Boutonnet à la sortie desquelles il me happa pour me dire comment il avait rejoint avec reconnaissance les valeurs que j’avais toujours défendues. J’ai le plaisir de constater aujourd’hui combien, dans ma région de Midi-Pyrénées, jadis globalement socialiste ou radicale-socialiste, la droite nationale confirme sa progression dans les villes et les campagnes.

Mentionnons en effet encore la victoire du mouvement national à Montauban et sa progression dans une multitude d’autres municipalités dans la région.

Mais c’est surtout la victoire à Toulouse, troisième ville de France, contre l’indigne coalition des socialistes et des trotsko-mélenchoniens qu’a remportée avec 54,4 % des voix l’honnête maire Jean-Luc Moudenc. Ce dernier a ainsi épargné à la ville rose et aux dizaines de milliers de salariés dans l’aéronautique et toutes les branches d’activité industrielle qui en découlent la sclérose qu’aurait entraînée la dictature des soviets léninistes et islamo-gauchistes.

Dans les départements de l’ancienne région Languedoc-Roussillon, notre ami Louis Aliot élu maire de Perpignan dès le premier tour, a encore eu la satisfaction de voir triompher aussi le RN à Carcassonne dans le département de l’Aude.

Dans le département voisin de l’Hérault, c’est à nouveau une formidable victoire qu’a remportée Robert Ménard, l’excellent maire sortant de Béziers avec un score de 65,6 % des voix.

Hélas, la ville de Nîmes, avec ses 150 000 habitants, est repassée aux mains d’une municipalité de front populaire avec un maire communiste qui a déjà annoncé sa volonté de dénoncer le jumelage de Nîmes avec une ville israélienne.

Dans la région voisine de PACA, a fort heureusement très largement triomphé à Nice le chaleureux et très compétent Eric Ciotti.

Ce résultat a été hélas assombri pour nous par deux forts regrets :

-         D’abord, la défaite à Toulon après un premier tour prometteur de la si sympathique et dévouée Laure Lavalette.

-         Et puis, celle à Orange de la liste menée, une fois de plus et hélas une dernière, par notre cher ami Jacques Bompard, auquel pourtant cette ville doit tant, battu par une liste du RN. Est-il exact que la nouvelle municipalité aurait gagné des voix en raison de son écoute attentive des revendications des composantes islamiques de la population ?

Voici à nouveau Paris, la plus belle ville du monde, transmise à la gauche. La municipalité est donc désormais présidée par Emamnuel Grégoire, dont on verra s’il fait mieux que la calamiteuse madame Hidalgo.

La bataille électorale s’est soldée par la défaite de madame Rachida Dati pour laquelle son allié du second tour M. Pierre-Yves Bournazel ne semble tout de même pas s’être démené autant qu’il eût fallu…

 

Jospin tel qu’il m’apparut

En ce lendemain d’élections municipales, les médias bruissent aussi beaucoup du décès de l’ancien ministre socialiste Lionel Jospin. J’avais eu à affronter ce dernier il y a bien des années sur FR3 Midi-Pyrénées à l’occasion des débats pour des élections régionales. Le personnage m’était apparu plutôt nerveux, étrangement tendu pour un politicien chevronné, alors que je n’étais pour ma part que de loin en loin convié à de pareilles joutes et donc sans grand entraînement.

Notre duel fut courtois, on doit pouvoir en acquérir l’enregistrement à FR3. A son issue il me sembla que je n’avais pas été inférieur à mon adversaire. Au moment de quitter le studio d’enregistrement, je tendis la main à ce dernier. Il la refusa avec ces paroles que j’ai parfaitement gardées en mémoire : « Ce n’est pas à vous que je ne serre pas la main, mais à vos idées ! ». (sic !) Je lui rétorquai du tac au tac : « Moi, je n’avais aucune difficulté à serrer courtoisement la main à votre personne, mais ce ne pouvait être à vos idées de compagnon de route du léninisme-trotskysme complice de tant d’abominations ».

Déjà pâle de teint, il blêmit alors et tourna les talons. Nous ne devions plus jamais nous rencontrer. L’homme à l’évidence sectaire ne me parut vraiment pas digne d’admiration. Sans doute avait-il été rigidement formaté par ses années de militantisme trotskyste au sein de l’OCI (Organisation Communiste internationaliste) sous les ordres de leur Fuhrer de la IV° Internationale Pierre Lambert, alias Pierre Boussel.

Lionel Jospin, grand perdant de sa compétition aux élections présidentielles contre Jean-Marie Le Pen, vivait désormais avec Agathe Agazinski, plus tolérante que lui, comme un grand bourgeois triste, entre son appartement parisien de la rue du Regard et sa villa de l’île de Ré.

Premier ministre, il avait été hélas le responsable de bien des lois funestes, et notamment de la catastrophique réforme de l’horaire hebdomadaire du travail ramené à 35 heures.

 

 

 

Les libres propos d’Alain Sanders




Chuck Norris nous a quittés : il était de la famille !

 

 

On l’a vu dans les Missing in Action (« Portés disparus »). Sa série « Walker Texas Ranger » fit un tabac (et continue d’être programmée partout en Europe et encore récemment en France). Le «  politiquement correct » n’était pas son truc. Il était de la famille ! Et je me souviens encore des bons moments passés avec lui au White Elephant de Fort Worth, Texas et d’une visite au musée des Texas Rangers, à Waco, où il était comme chez lui…

Quand vous demandiez à Chuck Norris – le Cordell Walker de « Walker Texas Ranger » – ce que l’Ouest, l’Ouest des westerns, signifiait pour lui, il répondait  dans un grand rire :

— C’est là que je suis né.

Et puis, plus sérieusement :

— Je pense que l’Ouest ce sont des traditions, les traditions du vieux temps, et des principes forts.

Carlos Ray Norris – il héritera du « Chuck » quand il servira dans l’US Air Force – est né le 10 mars 1940, à Ryan, Oklahoma. D’un père Cherokee et d’une mère irlandaise. Son père avait la bougeotte :

— Je n’avais pas onze ans que nous avions déjà déménagé seize fois !

En 1951, la famille Norris – trois garçons, Chuck est l’aîné – s’installe à Torrance, Californie. L’année suivante – Chuck est alors âgé de douze ans – Norris senior se tue dans un accident de la route :

— Nous avons alors vécu dans une extrême pauvreté, à la limite de la misère. Ce n’est pas des jours dont vous vous souvenez en disant qu’ils étaient les plus heureux de votre vie... Heureusement pour moi, maman étant très pieuse, elle s’est toujours appliquée à nous garder dans des sentiments de spiritualité. Elle nous a donné un certain nombre de concepts « positifs ». Je m’y tiens encore aujourd’hui.

À 18 ans, Chuck s’engage dans l’US Air Force en Corée. C’est là qu’il sera initié au Tang Soo Do, un art martial que peu d’Occidentaux maîtrisent à l’époque. Il est doué. Très doué. En 1968, il devient champion du monde professionnel de karaté catégorie mi-lourds. Il restera invaincu jusqu’en 1974, année où il arrêtera la compétition.

Quand il commença de faire du cinéma, Steve McQueen (à qui il avait donné des cours de karaté dans l’une des 32 écoles qu’il dirigeait) lui donnera un conseil : « Mets dans le personnage que tu interprètes autant de toi que possible. »

Chuck n’oubliera pas la leçon. Son personnage de Texas Ranger, Cordell Walker, est le fils d’un Cherokee, devenu orphelin à 12 ans, ancien Marine et champion de kickboxing...

Le premier vrai film de Chuck date de 1973 : Return of the Dragon (« Le Retour du Dragon ») avec Bruce Lee. En 1977, il est la vedette – dans un rôle de camionneur déjanté – de Breaker ! Breaker ! Suivent Good Guys Wear Black (1979), Force of One, Code of Silence, Lone Wolf McQuade (où il tient déjà le rôle d’un Texas Ranger solitaire), la série des Portés disparus, Invasion USA, etc.

« Comment expliquez-vous le succès de “Walker Texas Ranger” ? », lui demandait-on souvent. À question facile, réponse aisée.

— Les hommes sont séduits par l’action et les jolies filles. Les femmes apprécient le côté humain de mon personnage et les jeunes adorent Walker, modèle de droiture dans notre société moderne. Mon feuilleton montre l’aspect positif des choses et, même lorsque nous traitons de sujets difficiles comme la drogue ou la violence, il y a toujours un côté moralisateur.

À Navasota (Texas), Chuck Norris s’était acheté un ranch. « Ma vraie maison », disait-il. Avec des chevaux (des quarter horses) et quarante-cinq têtes de bétail : des Long Horns et des Angus.

Le ranch, les Texas Rangers, une morale de cowboy à l’ancienne... La magie de l’Ouest fit-elle le succès de « Walker Texas Ranger » ? Chuck n’hésitait pas :

— Cette série est morale. C’est un spectacle que la famille tout entière peut regarder. Il y a assez d’action pour que les pères s’assoient et la regardent. Mais pas une action telle que les gamins ne devraient pas regarder.

« Walker Texas Ranger » était d’ailleurs devenu une affaire familiale avec son frère, Aaron, coproducteur de la série avec Chuck, et Eric, l’un des deux fils de Chuck, qui coordonnait toutes les cascades.

Dès qu’il avait du temps de libre, Chuck le consacrait à son association Kick Drugs Out of America  (Chassez la drogue hors de l’Amérique) :

— Les familles et les enfants en difficulté viennent à notre rencontre. Dans ce sens, nous avons atteint nos objectifs. Mais il y a encore beaucoup de travail à faire. Beaucoup de gosses sont issus de milieux socialement défavorisés, ou sont livrés à eux-mêmes, leurs parents ayant divorcé. Certains deviennent gangsters ou dealers parce qu’il n’y a plus d’autorité parentale, ni de modèle de stabilité à la maison.

L’un des secrets du succès d’une série télé ou le Bien et le Mal sont strictement délimités, tient aussi au quatuor qui la composait et l’animait : Cordell Walker (Chuck Norris) ; James Trivette (Clarence Gilyard), un ancien joueur de football américain parfois dépassé par les méthodes abruptes de Walker ; la jolie Alex Gahill (Shere J. Wilson), assistante du District Attorney, amoureuse du Ranger solitaire ; C. D. Parker (Noble Willigham), un ancien Texas Ranger qui tient le CD’s, un saloon où tous se retrouvent pour boire une Lone Star et écouter de la musique country.

Les modèles du petit Chuck Norris quand il était orphelin de père ?

— John Wayne et James Stewart sont des modèles positifs pour moi. Je regardais leurs films et je les classais, l’un et l’autre, dans la catégorie paternelle. On dit que le Bien finit toujours par vaincre le Mal. Malheureusement, dans la plupart des films que l’on tourne aujourd’hui, c’est le Mal qui l’emporte. Je pense qu’il est rafraîchissant d’avoir des spectacles qui finissent par un happy end, des spectacles qui vous font dire : « Je me sens meilleur maintenant. » Je suis sûr que nous avons besoin de plus de spectacles de cet ordre, et je suis sûr que c’est ce dont a besoin notre pays.

Chuck allait encore plus loin :

— Les spectacles qui font la promotion de la promiscuité tous azimuts, du sexe libre, et de toutes ces choses ne sont pas bons. Ils passent pourtant en prime time à la télévision et les critiques n’ont jamais rien dit à ce sujet. Ça me tourneboule l’esprit de comprendre comment ils établissent leurs priorités quant à ce qui est bien et à ce qui est mal à la télévision.

IL disait encore

— Je ne sais pas jusqu’à quand durera « Walker Texas Ranger ». Je traite le problème saison par saison. Ayant, comme tout le monde, une vie limitée [par la mort], c’est cependant une des questions que je me pose en ce moment… J’aimerais passer plus de temps dans mon ranch, consacrer plus de temps à Kick Drugs Out of America et à ma famille.

Un dernier mot. Le second frère de Chuck, Wieland, a été tué au Vietnam. En action. Je suis sûr qu’il aura été fidèle au poste, dans la Maison du Bon Dieu, pour accueillir son frangin…

 

Alain Sanders

 

mercredi 18 mars 2026

Les libres propos d'Alain Sanders


Notre mémoire 

 Il y a 120 ans, en Irlande, Pâques 1916, debout les rebelles !

Il y a cent ans, un lundi de Pâques, l'Irlande se soulevait contre les Anglais

« England's difficulty is Ireland opportunity » (« Les difficultés de l'Angleterre sont une opportunité pour l'Irlande ») : pour les nationalistes irlandais les plus déterminés, Eoin MacNeill, James Conolly, Padraig (Patrick) Pearse, il faut profiter de l'entrée en guerre contre l'Allemagne pour contraindre les Anglais à jeter du lest en Irlande.

Depuis des semaines, de grandes banderoles déployées sur des bâtiments publics donnent le ton : « We serve neither king or kaiser, but Ireland » (« Nous ne servons ni le roi ni le kaiser, mais l'Irlande »). Certains Volontaires hésitent à sauter le pas. D'autres sont près à s'allier avec qui les aidera : « Les ennemis de nos ennemis sont nos amis ! Jadis, Hugh O'Donnel s'est bien appuyé sur l'Espagne contre les Anglais et Wolf Tone sur la France pour chasser les Brits ! » Sauf que les Allemands, malgré l'entregent de sir Roger Casement (qui sera pendu à Londres le 3 août 1916), se font prier pour envoyer des armes.

Sans ces armes, Eoin MacNeill propose d'ajourner le soulèvement. Mais le groupe de Dublin, placé sous le commandement de Padraig Pearse, refuse d'obéir. On avait décidé de passer à l'action le 24 avril ? Ce sera le 24 avril ! Au jour dit, en début d'après-midi, dans un Dublin bourré de promeneurs, les Volontaires s'emparent de la Grand-Poste dans O'Connel Street, en plein cœur de la ville. Pendant que le drapeau vert-blanc-orange est déployé sur le bâtiment et que Pearse proclame la République, d'autres groupes de combat occupent le Palais de Justice, l'Hôtel de Ville, des gares et des usines. Leur armement est hétéroclite : des Lee-Enfields, des vieux Lee-Metfords, quelques Mausers, des Martinis, des fusils de chasse...

Depuis l'Hôtel de Ville où les insurgés sont barricadés, on aperçoit une foule de badauds, indifférents, voire – et c'est un crève-cœur – hostiles. Mais on entend pourtant quelques courageux « Vive l'Irlande libre ! »

Très vite, les Lanciers britanniques prennent position au bout de la rue. Un ordre : « Chargez ! » Une rafale. Trois lanciers sont touchés. Les autres refluent en désordre. A intervalles réguliers, des motocyclistes servant d’agents de liaison apportent des nouvelles aux groupes rebelles. Tous les objectifs fixés ont été atteints. Sauf un. Le Château de Dublin tenu de main de fer par les Britanniques. Les insurgés sont moins de mille. Les forces de répression sont nombreuses : les 3000 hommes du 6th Cavalry Regiment, du 3rd Royal Irish Rifles, du 10th Royal Dublin Fusiliers, du 3rd Royal Irish Regiment.

Le 25 avril, le ciel est à l'orage. Et les troupes anglaises arrivent par trains entiers. A  trois heures de l'après-midi, l'artillerie anglaise passe à l'action. Des petits groupes de Volontaires – ceux qui ont pu décrocher des poches qu'ils tenaient – arrivent à la Grand-Poste. Le 26, les manœuvres d'encerclement de la Grand-Poste se précisent. Un prêtre âgé, qui a pu se glisser dans le bâtiment, vient confesser et bénir les insurgés.

Au quatrième jour de l'insurrection, Pearse s'adresse à ses hommes : « Pendant ces quatre jours, vous avez gravé par le feu le chapitre le plus glorieux de l'histoire d'Erin. Moi qui vous ai amenés ici, je proclame votre héroïsme au nom de l’Irlande présente et à venir. Le sort des armes vous est contraire, pourtant vous méritiez de remporter la victoire. Mais ne vous y trompez pas : vous serez vainqueurs de toute façon, même si vous emportez votre victoire avec vous dans la mort. Ce que vous avez fait est sans prix. Vous avez lavé Dublin de sa honte ».

Dans la Grand-Poste, c'est l'enfer. James Connoly, blessé deux fois, reste en première ligne. Les deux derniers étages sont en flammes. Les obus incendiaires tombent de tous côtés. Pearse prend alors une décision : « Il faut évacuer et se replier sur la fabrique de savon de Parnell Street ». Détachement par détachement, les Volontaires forcent le passage, galvanisés par les mots de Michael Collins : « Faites sauter la tête de tous ceux qui chercheront à vous arrêter les gars ! En avant ! » Mais, dès qu'ils sortent, ils tombent sous les balles. Alors, ils forcent la porte d'une petite maison et, défonçant les cloisons à la pelle et à la pioche, ils réussissent à passer.

Le 29 avril, les Anglais ayant commencé à massacrer des civils, Pearse accepte de déposer les armes. Au coucher du soleil, tout est fini. Désarmés, les survivants sont parqués dans la cour du Rotunda Hospital. Et les Anglais se déchaînent. Le 3 mai, Padraig Pearse, Tom Clarke et Thomas MacDonagh sont fusillés. Le 4 mai, c'est au tour de Michael O'Hanrahan, Joseph Plunkett et Edmond Daly. Le 5 mai, Sean MacBride tombe sous les balles. Le 8 mai, Cornelius Colbert, Eamon Ceannt, Sean Henson, Michael Mallin. Le 12 mai, James Connoly est arraché à son lit d'hôpital et fusillé assis sur une chaise. Le même jour, Sean MacDiarmada le rejoint dans la mort. Condamnés à mort, Eoin MacNeill, Eamon De Valera, la comtesse Markiewicz et William Cosgrave voient leur peine commuée en prison à vie.

Lors des élections qui suivirent l'armistice, les héritiers des héros des Pâques sanglantes balaieront les tièdes, ceux qui étaient restés l'arme au pied pendant qu'on massacrait leurs frères. Le 21 janvier 1919, les élus irlandais, constitués en Oaïl Eireann (Assemblée d'Irlande), confirment la libre république de 1916 et choisissent pour président un des combattants de la Grand-Poste, Eamon De Valera. Le sang des héros gaéliques n'avait pas coulé en vain.

Alain Sanders

Pour aller plus loin :

Tim Pat Coogan, Michael Collins, the Path to Freedom, Mercier Press, 1968

Margery Forester, Michael Collins, the Lost Leader, Sphere Books, 1972

Pierre Joannon, Michael Collins, La table Ronde, 1978 et 1996

Jean Mabire, Patrick Pearse, une vie pour l'Irlande, Terre et Peuple, 1998

Jean-Pierre Maxence, Pâques 1916, renaissance de l'Irlande, Via Romana, 2007

Rex Taylor, Michael Collins, New English Library, 1958

Alain Sanders, Bal(l)ades irlandaises, Atelier Fol'Fer, 2012.

 

 

 

 

 

 

vendredi 13 mars 2026

Élections municipales : en priorité faire barrage à LFI et à la gauche en général !


Habitant un petit village proche de Lavaur dans le Tarn, je voterai pour son maire sans étiquette et fort dévoué.

Si j’avais à voter à Paris, je mettrais assurément dans l’urne un bulletin en faveur de Sarah Knafo et je dissuaderais quiconque me demanderait mon avis de voter pour l’affairiste poutinolâtre Thierry Mariani.

Sur le plan global, la priorité doit aller naturellement à l’élimination des listes de gauche, et tout particulièrement à celles des néo-bolchevique mélenchoniens de la dite « France insoumise », particulièrement abjecte dans leur « traitement» du meurtre de Quentin Deranque par la horde de la Jeune Garde.

Je commenterai les résultats de ces élections mercredi dans mon émission de la Réplique sur Radio-Courtoisie à laquelle je convierai mon éditeur et ami Richard Haddad ; par téléphone Yann Baly et probablement aussi, je l’espère, Cécile Montmirail.

Les libres propos d’Alain Sanders


 

Justice immanente ? Edouard Philippe menacé électoralement par les communistes qu’il a dit préférer au RN…

 

La formule avait fait grincer des dents à la droite même mollasse et bondir au RN : il y a quelques mois, Édouard Philippe assurait, toute honte bue, qu’il préférait voter communiste plutôt que pour le Rassemblement national. Manière pour l’ancien locataire de l’Hôtel Matignon de rappeler son macrono-juppéisme, à savoir une lâcheté politique incommensurable. Ironie de l’histoire : voilà que les staliniens du Havre pourraient bien, localement du moins, lui compliquer sérieusement la tâche.

 

En effet, tout se joue d’abord au Havre, fief supposé de l’actuel maire. Au Havre, Édouard Philippe a tissé sa toile, tricoté de bric et de broc son image de gestionnaire et installé son parti, Horizons (plutôt bouchés ces temps-ci…). Mais la sociologie de la ville – populaire, portuaire, marquée au fer rouge par une longue main mise communiste – demeure un terreau favorable à la gauche extrémiste.

 

Le Parti communiste, fantomatique nationalement, a conservé des réseaux militants denses, une mémoire municipale et une capacité de mobilisation dans certains quartiers. Dans un contexte de pouvoir d’achat sous tension, de défiance vis-à-vis du macronisme et de crispations sociales, une candidature communiste combative pourrait fracturer l’électorat que Philippe pensait stabilisé.

 

En déclarant préférer un bulletin communiste à un vote pour le Rassemblement national, l’ancien Premier ministre cherchait à se placer sur le terrain antidémocratique de feu le front républicain. En politique, les mots laissent des traces. Ses adversaires ne manquent pas de lui rappeler cette infamie, l’accusant tour à tour d’opportunisme ou de complaisance, voire des deux à la fois.

 

Car son calcul était clair : dans l’imaginaire d’une partie de la droite courbe, le communisme municipal apparaît comme une force idéologique datée, sans doute contestable, mais intégrée au jeu démocratique. Le RN, lui, restait l’ennemi principal. Sauf que la recomposition politique brouille les lignes. Le vote populaire se porte sur le RN, et le PC tente de se refaire une santé en capitalisant sur la colère sociale.

 

Le scénario le plus redouté pour Philippe serait celui d’une triangulaire : centre droit, gauche radicale et RN. Dans cette configuration, chaque voix comptera. Or, une candidature communiste solide pourrait siphonner un électorat populaire qui, faute d’alternative crédible, se reportait parfois sur le maire sortant pour des raisons de gestion locale.

 

Le RN, de son côté, guette la moindre division. Si le Parti communiste parvient à incarner une opposition sociale structurée, il pourrait empêcher Philippe d’apparaître comme le seul rempart « « raisonnable » face à la droite nationale. Le paradoxe serait alors complet : ceux qu’il disait préférer deviendraient ses adversaires les plus dangereux.

 

Au-delà du Havre, l’enjeu est national. Édouard Philippe nourrit des ambitions élyséennes. Or, toute fragilisation locale entamerait son image déjà bien lézardée d’homme fort et de gestionnaire. Dans une France fragmentée, où le clivage ne se résume plus au duel classique droite-gauche mais s’articule autour d’un triptyque centre / gauche radicale / RN, chaque bastion compte.

 

Si les communistes parviennent à transformer le scrutin local en référendum social contre la politique gouvernementale, Philippe pourrait se retrouver pris en étau entre deux colères : celle d’un électorat tenté par la rupture, et celle d’une droite qui n’a jamais digéré ses ambiguïtés stratégiques.

 

La politique a ses ironies cruelles. En cherchant à tracer une frontière face au RN, Philippe a cru solder le débat. Mais à force de reptations indignes, les lignes bougent. Et Edouard Philippe, compagnon de route des communistes, Edouard Philippe qui s’affichait aux côtés de Fabien Roussel à la Fête de l’Huma le 17 septembre 2023, va pouvoir peut-être profiter ad nauseam de ses camarades préférés…

 

Alain Sanders

 

 

 


mercredi 11 mars 2026

Les libres propos d’Alain Sanders


 

Hier, les morticoles « épidémiologistes » du Covid. Aujourd’hui, les plateaux télé occupés par des régiments de généraux à la retraite (et donneurs de leçons ) …

 

Il y a quelques années à peine, les Français découvraient une nouvelle caste médiatique : les épidémiologistes de plateau. Chaque soir, ils s’alignaient sur les écrans comme des médecins de garde du débat public, courbes de contamination à la main et prophéties sanitaires apocalyptiques au bout des lèvres.

 

Aujourd’hui, changement de décor. Les graphiques ont disparu. Les virus aussi. À leur place des cartes du Moyen-Orient, des silhouettes de drones et une nouvelle figure de l’expertise instantanée : le général à la retraite. Allumez une chaîne d’information continue. Sur presque chaque sujet international, surtout depuis la montée des tensions avec l’Iran, vous tomberez immanquablement sur un officier supérieur retraité. Général d’armée, ancien chef d’état-major adjoint, stratège autoproclamé ou consultant militaire : la distribution est large (on a même quelques amiraux à l’occasion).

 

Ce phénomène n’est pas totalement nouveau. Mais il a pris ces dernières années une ampleur frappante. Sur les chaînes d’information, les anciens militaires sont devenus les interlocuteurs « naturels » dès qu’il est question de guerre ou de sécurité internationale. L’un d’eux reconnaissait même, avec une pointe d’humour, que les généraux étaient devenus « l’équivalent des médecins pendant le Covid ». La formule se voulait ironique. Elle est surtout révélatrice.

 

Le problème n’est pas que des militaires s’expriment dans l’espace public. Leur expérience peut évidemment éclairer certaines réalités opérationnelles. Le problème est qu’ils occupent désormais presque tout l’espace. La guerre devient alors un objet technique : portée des missiles, efficacité des systèmes anti-aériens, capacité de frappe des drones, scénario d’escalade régionale, etc.

 

Sous les yeux ébahis d’animateurs et de lecteurs de prompteurs qui n’ont jamais entendu siffler que des balles de tennis, le débat se transforme en briefing tactique permanent. On parle de frappes », de « capacités », de « fenêtres d’opportunité ». La guerre se réduit à un exercice de « modélisation stratégique ».

 

On nous dira qu’un général à la retraite reste un général. Son regard est façonné par toute une carrière passée dans une institution militaire, avec ses doctrines, ses alliances et ses réflexes stratégiques. Il est souvent péremptoire. Or, la télévision adore cette posture d’autorité : uniforme invisible, ton assuré, phrases courtes. Sur un plateau, cela fonctionne parfaitement. L’expertise paraît incontestable. Mais c’est une expertise située. La vision militaire privilégie naturellement la logique de puissance, la rationalité stratégique, la crédibilité de la dissuasion, la nécessité de l’escalade contrôlée.

 

Pourquoi ces profils dominent-ils les plateaux ? Parce qu’ils sont parfaits pour le format. Un général retraité coche toutes les cases du consultant médiatique idéal : disponible immédiatement, habitué aux interventions publiques, porteur d’une autorité symbolique forte, capable de parler avec assurance même (et surtout) quand l’information manque.

 

Dans un cycle d’information continu où il faut commenter chaque rumeur en temps réel, c’est exactement ce qu’attendent les chaînes. La télévision n’aime pas l’incertitude. Les généraux donnent l’illusion de la maîtriser.

 

Ce défilé permanent n’est pas anodin. Il produit une transformation subtile du débat public. La guerre cesse d’être une tragédie collective pour devenir une variable stratégique. Hier la pandémie, aujourd’hui la guerre permanente. Les crises changent, mais le mécanisme médiatique reste le même. Hier, le débat public était médicalisé. Aujourd’hui, il est militarisé. Par des anciens militaires, certes respectables, mais plus forcément dans le coup. Et automatiquement tentés de se référer à des guerres d’hier (la Première Guerre mondiale, la Seconde, voire même – je l’ai entendu de mes oreilles, la guerre du Péloponnèse !) pour expliquer celles d’aujourd’hui.

 

Dans les deux cas (épidémiologistes, généraux), une poignée d’experts omniprésents structure le récit collectif, souvent dans l’urgence et avec peu de contradiction. Et pendant que les plateaux débattent d’équilibres de puissance et de frappes chirurgicales, une question beaucoup plus simple reste rarement posée : qui a intérêt à ce que la guerre devienne un spectacle d’experts supposés ou auto-proclamés ?

 

 

 

 

lundi 9 mars 2026

Le renseignement russe à l’appui de la République islamiste d’Iran


L’information publiée dans la plupart des quotidiens français et occidentaux est parueaujourd’hui : depuis les débuts de l’offensive israélo-américaine, l’armée de Poutine, grâce à ses moyens de repérage satellitaire, signalerait à Téhéran le positionnement des avions et navires américains au Proche et au Moyen-Orient.

Rien d’étonnant à cela, ne sait-on pas que depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022 fonctionne entre la Russie et l’Iran une étroite collaboration militaire ?

Jusqu’à ce que la Russie se dote ces derniers temps de ses propres moyens de fabrication de drones, l’Iran n’a cessé de la fournir massivement en engins Shahed à des fins d’utilisation contre l’Ukraine. Ainsi, même s’il ne s’agit pas d’une alliance militaire explicitement signée, a été constitué ou reconstitué au long des dernières années ce que le président Reagan appelait jadis un « axe du mal ».

Ce dernier est aujourd’hui formé par la Russie de Poutine, la Chine de Xi, la Corée du Nord de Kim Jong Un et désormais l’Iran de Khamenei fils. À cela s’ajoutait la Syrie de Bachar el Assad passée sous le contrôle de l’islamisme sunnite d’Ahmed al Sharaa et autres « proxis » de l’Iran, en premier le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen.

Mais ne voilà-t-il pas qu’à l’inverse de ce qu’il en était jusqu’ici où l’Iran fournissait la Russie de ses drones, ce sont maintenant les États-Unis qui ont sollicité l’aide de l’armée ukrainienne, remarquablement efficace dans la production de drones !

Or, la protection contre les drones est le point faible de la défense anti-aérienne israélo-américaine et des autres armées alliées dans le Golfe. Espérons que cela renforcera au moins la considération pour l’Ukraine dans la conception trumpiste des conflits en cours.

PS : Je serai bien sûr ce vendredi à 14 h aux obsèques de Marie-Christine Boutonnet, épouse Danet, en la cathédrale d’Albi. Marie-Christine fut pendant de longues années à mes côtés dans le Tarn et en Midi-Pyrénées une militante acharnée et fidèle du Front National. Elle fut élue conseiller régional de Midi-Pyrénées et ensuite député européen du Rassemblement National. Nous la garderons dans notre mémoire et nos prières.