vendredi 11 septembre 2026

Trump : un deuxième mandat au bout de la folie !

·         Trump : un deuxième mandat au bout de la folie !

« Tout est si nécessairement fou que ce serait fou, par une autre espèce de folie, que de n’être point fou ! « Blaise Pascal

Il est peu probable que ce grand inculte de Donald Trump ait lu cette pensée de notre Pascal. Mais chaque mois que Dieu fait, son comportement personnel et politique semble de plus en plus irrationnel, de plus en plus aberrant, au point qu’il n’est plus désormais, même chez les « MAGA », une minorité d’électeurs à ne point s’en inquiéter.

Après l’exposé de ses différents projets d’achat du Groenland ou du Canada, et d’aménagement luxueux de la bande Gaza, sans oublier les Antilles françaises dont il a aussi décidé de s'emparer, ne voilà-t-il pas que sa dernière annonce en date a été que s’il était réélu il ferait verser 5000 dollars à chaque électeur américain ! Ceci relève bien sûr d’une délictueuse intention d’achat de votes évidemment totalement illégale, si bien que même parmi ses partisans les plus acharnés, beaucoup, sinon la plupart, s’interrogent sérieusement sur sa santé mentale.

Le seul registre sur lequel le Donald demeure plutôt immuable est celui de sa poutinophilie qui ne va qu’en s’aggravant, pour le plus grand malheur des ukrainiens chaque jour plus soumis aux vaticinations de l’autre grand fou, le camarade kagébiste Vladimir Poutine.

Certes, depuis longtemps, chez nous, des commentateurs lucides tel que le brillant général Yakovlev, jadis dans notre armée, faisait observer que de multiples indices permettent de ne plus mettre en doute cette inféodation de Trump aux « services » russes. Les déclarations trumpistes de poutinophilie ne se comptent plus. Et la guerre contre l’Iran, sans aucune cohérence stratégique, avec d’incessants revirements, constitue maintenant aux yeux de la plupart de nos officiers, le modèle – ou plutôt l’anti-modèle – de ce qu’il ne faut pas faire.

Hélas, ce sont les courageux iraniens, révoltés contre le régime islamiste, abandonnés à la féroce dictature des mollahs, qui en paient le prix. Trump n’avait-il pas lancé au début de l’année aux jeunes révoltés contre le régime des mollahs : « Tenez bon, on arrive ! ». Et de les abandonner aussitôt à la féroce dictature islamiste.

Après de tels revirements, les jugements de nos meilleurs stratèges sur la gouvernance de Trump oscillent entre des explications par la trahison ou par la maladie mentale. Dans les deux cas, les agissements du chef de la Maison Blanche apparaissent catastrophiques pour l’Occident en général et pour les États-Unis en particulier. La poutinofolie et la russophilie de plus en plus galopantes dans l’extrême-droite européiste ont ainsi de beaux jours devant elle pour la plus grande joie du dictateur néo-tchékiste du Kremlin.

 

·         11 septembre 2026.

Voici exactement ce jour un quart de siècle que le plus gigantesque attentat dans l’histoire américaine, voire du monde, entraînait à New York l’effondrement des Twin Towers et la mort dans leurs décombres de plus de 3000 citoyens américains. Manifestement Donald Trump ne paraît pas à même d’en tirer les leçons. Ce qui lui importe toujours davantage aujourd’hui, c’est la construction à la Maison Blanche de la salle de bal géante en laquelle il verrait une des grandes œuvres de sa vie. Non, décidément, Donald Trump n’est pas dans la continuité d’un Ronald Reagan.

Ses amis Xi Jinping et Kim Jung Un, dont les troupes nord-coréennes sont envoyées pour amplifier les massacres russes en Ukraine, ne s’en désolent pas.

« Make America great again » : le slogan trumpiste des braves républicains fidèles à la doctrine MAGA, tant évoqué par l’actuel chef de la Maison Blanche, ne relève hélas plus de la réalité. Plus que jamais, God bless America !

 

·         Que vive la Légion !

Magnifique récit aujourd’hui de Rémi Monti, correspondant du Figaro à Bogota, sur l’évasion du caporal de notre Légion étrangère José Olger Melo Charry, en permission dans son pays la Colombie et enlevé à des fins de rançon, par un des innombrables groupes terroristes de la nébuleuse des FARC.

On lit avec admiration comment ce magnifique légionnaire (en photo sur pleine page) a pu s’évader, considéré désormais dans notre Légion étrangère et par les siens comme un véritable miraculé.

Au pouvoir depuis le 7 août, le nouveau président (de droite) de la Colombie, Abelardo de la Espriella, venu sur les lieux de l’évasion de l’héroïque caporal légionnaire, a déclaré : « Je ne suis pas venu temporiser avec ceux qui assassinent, extorquent, recrutent des enfants et prétendent imposer leur loi avec des armes et de la dynamite. Je suis venu pour les vaincre. »

Voilà un chef d’État tel que nous en voudrions pour notre France !

Bernard Antony 

Les libres propos d’Alain Sanders


La « sororité », nouveau nom des amours saphiques, envahit les écrans

 

Longtemps reléguées à la marge, les relations entre femmes occupent aujourd’hui une place croissante dans les séries, les films et les productions destinées aux plateformes de streaming. Amitiés fusionnelles, solidarité féminine, récits d’émancipation, mais aussi histoires d’amour entre femmes : la sororité et les amours saphiques semblent désormais omniprésentes sur nos écrans. Faut-il y voir une simple mode, une évolution abusive des représentations ou le signe d’une transformation plus inquiétante de notre société ?

 

Derrière cette invasion se joue en réalité un phénomène complexe : celui de la diversification des personnages et des récits, mais aussi celui d’une industrie audiovisuelle qui « répond » aux évolutions des mœurs, aux attentes d’un certain public et aux stratégies idéologiques wokistes des plateformes.

 

Pendant une grande partie de l’histoire du cinéma et de la télévision, les relations entre femmes ont été représentées principalement à travers le regard masculin. Les personnages féminins étaient souvent définis par leur rapport aux hommes : épouse, mère, amante, rivale ou objet de désir. Les relations amoureuses entre femmes, lorsqu’elles apparaissaient, étaient fréquemment traitées comme une transgression, un secret à garder ou un drame potentiel. Les personnages lesbiens pouvaient être condamnés à une fin tragique, marginalisés ou réduits à des rôles secondaires. Le paysage audiovisuel contemporain est différent. Les productions récentes proposent des personnages féminins autonomes, dont l’existence ne dépend pas nécessairement d'une intrigue masculine. La relation entre deux femmes peut désormais constituer le cœur d'une histoire et non plus un simple élément provocateur du scénario.

 

Cette mutation concerne notamment les amours dites « saphiques », terme qui permet d'englober plus largement les relations amoureuses ou sexuelles entre femmes, sans réduire systématiquement les personnages à une identité lesbienne. La multiplication de ces récits accompagne ainsi une représentation dite « plus diverse » des sexualités et des identités.

 

Mais la visibilité des femmes à l’écran ne passe pas uniquement par les histoires d’amour. Elle passe aussi par la représentation de leurs liens entre elles. La sororité désigne, dans son sens contemporain, une forme de solidarité entre femmes, face au patriarcat, face aux hommes fatalement dominateurs. Dans les fictions, elle peut prendre des formes très diverses : groupe d'amies qui se soutiennent, collègues qui s'entraident, sœurs qui se protègent ou femmes qui se mobilisent collectivement contre une injustice.

 

Mais la fiction contemporaine montre des femmes qui construisent leur identité et leur pouvoir à travers leurs relations avec d'autres femmes. Le succès de séries comme Sex Education, Orange Is the New Black, The L Word: Generation Q ou Yellowjackets, témoigne, de cette évolution. Au cinéma, les histoires d'amour entre femmes connaissent une visibilité envahissante. Des œuvres comme Portrait de la jeune fille en feu, Carol, La Vie d'Adèle, Rose, La Vie d’une femme, ou encore certaines séries populaires (les séries policières françaises notamment) ont contribué à inscrire les relations entre femmes au cœur de récits désormais récurrents. Ce changement est important. Lorsqu'une relation homosexuelle était présentée comme exceptionnelle, interdite ou tragique, elle restait symboliquement séparée de la normalité. À l'inverse, lorsqu'une histoire d'amour entre deux femmes est racontée avec les mêmes codes que n'importe quelle histoire romantique — rencontre, désir, jalousie, rupture, réconciliation — elle acquiert une forme de banalité narrative qui se veut exemplaire, incitative, pédagogique, normalisé et donc « normale ».

 

Les plateformes accentuent également ce phénomène. Netflix, Prime Video, Disney+, Max et les autres services de streaming proposent un catalogue extrêmement fragmenté, dans lequel chacun peut sélectionner des œuvres correspondant à ses goûts. Les algorithmes recommandent ensuite des contenus similaires. Un spectateur qui regarde une série mettant en scène un couple de femmes peut ainsi se voir proposer rapidement et systématiquement d'autres programmes comportant des personnages ou des intrigues comparables.

 

La visibilité LGBTQIA+  est devenue un argument commercial. Certaines productions peuvent intégrer une « romance » entre femmes parce qu'elle correspond aux attentes d'une partie du public, sans pour autant développer véritablement les personnages concernés. Le phénomène peut alors conduire à une forme de « queer washing » : une œuvre affiche une certaine diversité dans sa communication, mais celle-ci reste superficielle dans le récit.

 

Une adolescente qui découvre à l'écran une histoire d'amour entre deux femmes ne reçoit pas nécessairement le même message que les générations précédentes. Elle est invitée, voire incitée,

à une possibilité parmi d'autres, plutôt qu'une anomalie.

 

La progression de la sororité et des amours saphiques sur les écrans constitue un phénomène sociétal significatif désormais militant. C’est tout sauf innocent…

 

Alain Sanders

 

 

mercredi 9 septembre 2026

Les libres propos d’Alain Sanders

 

L’humaniste Bouamrane, le piteux Hollande et la tentation du procès en repentance

 

En exigeant de François Hollande un « mea culpa » sur la déchéance de nationalité, Karim Bouamrane révèle moins une exigence de cohérence républicaine qu’une conception pour le moins discutable du débat citoyen : celle qui consiste à demander aux anciens responsables politiques de se repentir et de se couvrir en permanence la tête de cendres….

 

Il y a quelque chose de paradoxal dans la posture de Karim Bouamrane. Le maire de Saint-Ouen se présente volontiers comme l’incarnation d’une gauche républicaine, humaniste, capable de dépasser les clivages et de rassembler. Il affirme vouloir une France qui ne stigmatise pas et qui ne monte pas les citoyens les uns contre les autres. Son mouvement politique revendique une « France humaine » et « forte » (ce qui n’est guère original : imagine-t-on un mouvement revendiquant une « France inhumaine » et « faible »…).

 

Mais voilà qu’au moment où se dessine la bataille présidentielle de 2027, il conditionne son rapprochement avec François Hollande à une forme de repentance publique. Le sujet n’est évidemment pas anodin. On se souvient qu’après les attentats de novembre 2015, François Hollande avait proposé d’étendre la déchéance de nationalité aux binationaux condamnés pour terrorisme. Face à la controverse, il avait, courageux mais pas téméraire, très vite renoncé à cette bonne idée en mars 2016.

 

On pouvait discuter cette proposition. Mais ce n’est  pas la même chose que réclamer un « mea culpa ». C’est ici que Karim Bouamrane montre ses limites. Un responsable politique peut demander des comptes. Il peut rappeler une divergence. Il peut poser des conditions programmatiques à une alliance. C’est le jeu normal de la démocratie. Mais exiger d’un ancien président qu’il fasse publiquement pénitence pour pouvoir éventuellement bénéficier de son soutien revient à installer une étrange hiérarchie morale : certains responsables seraient autorisés à distribuer des certificats de bonne conduite républicaine, tandis que les autres devraient se justifier, voire s’humilie, devant eux.

 

Cette posture est d’autant plus inquiétante que Bouamrane entend incarner une nouvelle génération politique. Or une nouvelle génération ne se définit pas seulement par les visages qu’elle remplace. Elle se définit aussi par sa capacité à regarder l’histoire politique récente avec suffisamment de distance pour reconnaître les erreurs de tous les camps — y compris les siennes.

 

François Hollande a fait une proposition controversée. Il y a aussitôt renoncé. Dix ans plus tard, faut-il vraiment transformer cette séquence en cérémonie permanente de repentance ?

 

Le plus préoccupant, dans cette affaire, n’est finalement pas la position de Bouamrane sur la déchéance de nationalité. C’est la conception du débat politique qu’elle semble révéler. Et les soupçons de tâqiya qui peuvent se porter sur un élu peut-être moins franc du collier qu’il prétend l’être.

 

François Hollande doit assumer son pauvre bilan. Comme tout ancien président, il peut être interrogé, critiqué et jugé politiquement. Mais Karim Bouamrane n’a pas reçu mandat pour distribuer les brevets de respectabilité républicaine. Il serait d'ailleurs assez ironique qu'un homme qui ambitionne désormais l'Élysée commence sa trajectoire présidentielle en expliquant aux Français quels responsables politiques doivent faire pénitence avant d'être fréquentables.

 

Alain Sanders

 

 

Léon XIV en France : plus d’un million de personnes attendues à Paris, Lourdes et Metz !

La vitalité du catholicisme en France est une indéniable réalité. Elle doit se manifester par les foules qui accueilleront Léon XIV dans ses trois journées de présence, successivement à Paris, Lourdes et Metz, du 25 au 28 septembre.

Les organisateurs annoncent ainsi que pour la messe de l’après-midi du 26 septembre à Paris, ce ne sont pas moins de cinq cent mille participants qui se sont d’ores-et-déjà inscrits. Et cela continue au rythme de huit mille par jour. Il est ainsi fortement recommandé de s’inscrire sur le site officiel de la visite : www.pape-france.fr. Léon XIV attire donc fortement semble-t-il, autant que, jadis ; saint Jean-Paul II en 1983 (pour le 125e anniversaire de l’apparition), puis Benoît XVI en 2008. À Lourdes sont attendues cent cinquante mille personnes pour prier sur la prairie et sur l’esplanade du sanctuaire.

Cette vitalité est aussi celle de l’ensemble des catholiques dits « traditionalistes » dont le dynamisme se marque chaque année davantage par le nombre croissant des ordinations et des vocations religieuses, qu’il s’agisse des multiples communautés fidèles à Rome comme les monastères du Barroux, de la Grasse ou celle des communautés de l’héritage de monseigneur Lefebvre comme les dominicaines enseignantes de Fanjeaux, désormais plusieurs milliers dans le monde avec leurs dizaines d’admirables écoles de filles.

Comme me le disait il y a peu, avec une ferme conviction, un de nos amis à la fois professeur d’histoire dans l’enseignement public et diacre, aumônier des prisonniers dans son apostolat religieux, on ne peut que regretter la dureté de Léon XIV qui, recevant par ailleurs très aimablement des personnalités des hiérarchies luthériennes, n’a rien prévu pour l’accueil des catholiques « lefebvriste » dans l’Église catholique que l’ultimatum que l’on sait pour une stricte obéissance.

Plus affligeant encore, de très admirables séminaristes de la communauté des Missionnaires de la Miséricorde divine, fondée à Toulon, par l’abbé Loiseau, demeurent depuis des années en attente d’ordination alors qu’ils avaient été très soumis à l’autorité de monseigneur Rey, évêques désormais écarté de ses fonctions.
Espérons que Léon XIV reviendra sur ce qui apparait désormais comme la continuation d’une tragique discrimination dans l’Église catholique en France.


- Quand le RN rejoint l’AfD allemande contre l’Ukraine…

L’hostilité du parti allemand AfD (Alternative für Deutschland), récemment victorieux lors des dernières élections législatives en Saxe-Anhalt, va, comme on l’a vu, de pair avec un soutien très marqué à la Russie poutiniste.

Étonnamment, le vice-président du RN, le cher Louis Aliot, a embrayé dans cette triste voie. Ce dernier n’a-t-il pas en effet très explicitement formulé, selon Florentin Collomb, correspondant du Figaro à Bruxelles, la promesse que son parti entendrait « couper le robinet de l’aide à l’Ukraine ».

Autrement dit, le RN retournerait sur la ligne d’une poutinophilie que Marine Le Pen avait, semble-t-il, abandonnée depuis longtemps. Si cette information se vérifiait, ce ne serait pas une bonne chose pour le RN.

Bernard Antony 

lundi 7 septembre 2026

Les libres propos d’Alain Sanders


 Complètement à l’Est ! de Jean-Christophe Buisson : quand la slavophilie délirante devient une grille de lecture poutiniste décomplexée

 

Il y a des livres qui racontent un monde. Et puis il y a ceux qui révèlent surtout le regard de leur auteur sur ce monde. Complètement à l'Est !, de Jean-Christophe Buisson, appartient indéniablement à la seconde catégorie. Historien, grand reporter, écrivain voyageur et directeur adjoint du Figaro Magazine, Buisson rassemble ici une quarantaine de textes écrits au fil de trois décennies, consacrés à cette Europe orientale qui constitue son territoire de prédilection : Serbie, Russie, Balkans, Arménie, Roumanie, Ukraine, Danube, Sibérie…

 

Le livre possède une qualité évidente : Buisson connaît son sujet parce qu'il a parcouru l 'Est. Il y est allé, y a rencontré des hommes, observé des paysages, interrogé des témoins. Son regard est celui d'un homme qui refuse de considérer l'Europe orientale comme une périphérie exotique de notre continent. Soit. Mais c'est précisément là que commence le débat. Car à force de regarder « vers l'Est », Buisson en est venu à regarder « contre l'Ouest ».

 

Il n’est pas faux de dire que l'Europe occidentale a longtemps regardé les Balkans, la Russie ou les pays issus de l'ancien bloc soviétique avec un mélange de condescendance, d'incompréhension et de désintérêt. Buisson s'inscrit contre cette attitude. Il rappelle que l'Europe ne s'arrête pas à Vienne, que son histoire ne commence pas avec Bruxelles et que la civilisation européenne possède aussi des racines byzantines, orthodoxes, slaves et balkaniques.

 

Mais une réhabilitation peut facilement se transformer en réhabilitation à charge. À mesure que l'Est devient le lieu de la mémoire, de la profondeur historique, du tragique et de la fidélité aux traditions, l'Ouest tend chez Buisson à devenir celui de l'amnésie, du confort, de l'aveuglement et du renoncement. C'est là que le Buisson voyageur devient un idéologue engagé… complètement à l’Est.

 

Car l'opposition entre un « Est authentique » et un « Ouest décadent » est une vieille tentation intellectuelle. Elle traverse une partie de la pensée slavophile depuis le XIXe siècle : à une civilisation occidentale jugée rationaliste, individualiste et matérialiste s'opposerait un monde slave plus organique, spirituel, communautaire et enraciné.

 

La Russie occupe dans cet imaginaire une place particulière. Le problème n'est pas d'aimer la Russie. Il est parfaitement légitime de considérer la littérature russe, son histoire, sa musique, son art ou sa civilisation comme une composante majeure de l'Europe. Le problème commence lorsque « comprendre la Russie » finit par signifier essentiellement comprendre ses raisons d'avoir forcément raison.

 

La fascination pour la supposée profondeur historique russe conduit Buisson à une forme de romantisme politique : il oppose alors une Russie tragique, blessée par l'histoire et obsédée par sa sécurité, à un Occident superficiel qui ne comprendrait rien à ses traumatismes. Comprendre les « traumatismes russes » n'oblige pas à les transformer en justification politique. Comprendre l'histoire de l'expansion russe ne signifie pas accepter la conception impériale qui peut en découler. Comprendre le sentiment fantasmé d'encerclement de Moscou ne dispense pas de regarder les peuples situés autour de la Russie comme des sujets historiques à part entière.

 

C'est la faiblesse fondamentale de la grille buissonienne : elle est juste lorsqu'elle restitue la profondeur historique des peuples de l'Est, mais elle devient insoutenable lorsqu'elle transforme cette profondeur historique en clef explicative quasi générale du présent. Le passage consacré à  « La Russie et l'Ukraine », écrit en février 2022, est évidemment l'un des textes les plus significatifs pour juger le livre aujourd'hui. L'éditeur le présente lui-même comme un des grands récits géopolitiques de l'ensemble. Et c’est là que le Buisson ardent, et ardemment poutiniste, montre le bout de son nez (lui qui regrette par ailleurs la disparition de la Yougoslavie où se déploya contre les Croates, les Slovènes, les Bosniaques, la dernière armée rouge en ordre de bataille avant l’entrée en lice de Moscou contre Kiev !).

 

L'Ukraine constitue précisément le point où la fascination pour les continuités historiques russes rencontre une question politique brûlante : un passé commun donne-t-il à une puissance le droit de définir l'avenir d'un autre peuple ? Poser la question, c’est y répondre : l'histoire ukrainienne ne peut pas être réduite à une simple préhistoire de la Russie moderne. L'Ukraine possède sa propre trajectoire politique, culturelle, nationale, identitaire. Et elle était un pays constitué quand Moscou n’était encore qu’un gros bourg crasseux.

 

Le risque d'une lecture excessivement slavophile est de transformer les frontières historiques, les héritages religieux et les populations mêlées en arguments contre l'existence politique autonome des nations concernées. C'est ce qu'il faut refuser. La proximité historique n'est pas une propriété politique.

 

La France et l'Allemagne ont une histoire commune extraordinairement dense. Cela ne signifie pas que Berlin pourrait décider de l'avenir de Paris. Les Polonais, les Ukrainiens, les Baltes, les Géorgiens ou les Arméniens ne deviennent pas moins sujets de leur propre histoire parce qu'ils ont longtemps appartenu à des empires dont Moscou fut l'un des centres.

 

Il existe chez Buisson une tentation du grand récit : les civilisations, les peuples, les fidélités, les trahisons, les empires, les blessures historiques. Le réel est moins romanesque. Il est fait de contradictions, de compromis, d'intérêts économiques, de minorités, de dissidents, de citoyens ordinaires qui ne correspondent pas toujours à la grande fresque civilisationnelle.

 

La Russie n'est pas seulement Pouchkine, Tolstoï, Dostoïevski, les steppes, la Grande Guerre patriotique, les cosaques et la mémoire impériale. La Russie, ce sont aussi des citoyens qui ont combattu le pouvoir communiste puis stalino-poutiniste, des journalistes assassinés, des opposants emprisonnés, des exilés, des minorités nationales persécutées, des Russes qui ne partagent pas la vision poutinienne de leur pays.

 

De la même manière, la Serbie ne se résume pas à ses prétendues blessures historiques (d’autant qu’elle a elle-même infligé de terribles blessures historiques à tous les peuples des Balkans). Et les Balkans ne sont pas uniquement les victimes tragiques d'une incompréhension occidentale.

 

C'est un paradoxe que les admirateurs passionnés de l'Est oublient parfois : vouloir défendre ces peuples contre le regard condescendant de l'Occident peut conduire à les enfermer dans une autre caricature, celle du peuple éternellement enraciné, mystique, viril, tragique et rebelle. L'Est mérite mieux que cela.

 

L'Europe réelle est faite d'héritages contradictoires : Rome et Byzance, Athènes et Jérusalem, Paris et Moscou, Berlin et Belgrade, Varsovie et Kiev. Elle n'a pas besoin de choisir entre l'Occident et l'Est comme entre deux civilisations étrangères.

 

C'est la limite ultime de Complètement à l'Est ! : à force de vouloir réhabiliter l'Est, Buisson

contribue à la séparation mentale qu'il prétend combattre. Les « agents d’influence » sont tout sauf des imbéciles. Et Buisson est tout sauf un imbécile. Mais on le voit tellement arriver de loin avec son narratif bien rodé (et désormais émoussé) qu’on s’abstiendra de le prendre en auto-steppe.

 

Alain Sanders

 

 

 

vendredi 4 septembre 2026

Les libres propos d’Alain Sanders


 Quand la franc-maçonnerie s’invite sous l’Arc de Triomphe, une question s’impose : au nom de qui, au nom de quoi ?

 

Il y a des symboles que l’on ne manipule pas impunément. La Flamme du Soldat inconnu, sous l’Arc de Triomphe, n’est ni un décor républicain, ni l’accessoire d’une communication institutionnelle. Depuis le 11 novembre 1923, elle est ravivée chaque soir en mémoire des combattants français et alliés morts au champ d’honneur. La cérémonie relève du Comité de la Flamme qui réunit plusieurs centaines d’associations.

 

Alors une question, aussi simple que dérangeante, mérite d’être posée : à quel titre le Grand Maître du Grand Orient de France est-il venu raviver cette Flamme ?

 

Le 30 août 2026, Guillaume Trichard, fraîchement réélu Grand Maître du Grand Orient de France, a accompli ce geste solennel sous l’Arc de Triomphe. Il a également déposé une gerbe au nom de son obédience. Le Grand Orient présente cette participation comme une première dans son histoire. Et c’est précisément là que commence le scandale. Le Soldat inconnu appartient-il à une obédience maçonnique ? Non. Il appartient à la mémoire nationale. La Flamme n’a pas été créée pour célébrer une philosophie, une confession, un parti, une association ou une obédience. Elle a été conçue comme un hommage permanent au sacrifice des combattants.

 

La présence du Grand Orient n’est certes pas, en soi, une appropriation de la Flamme. Mais elle pose une question politique et symbolique. Car en déposant une gerbe portant le nom du Grand Orient de France, ce n’est plus seulement un citoyen qui rend hommage aux morts pour la France. C’est le représentant d’une organisation constituée qui vient inscrire officiellement cette organisation dans un lieu majeur de la mémoire nationale.

 

Et cela change la portée du geste : c’est une  effrayante première historique… et donc un acte politique. Le Grand Orient de France ne cache d'ailleurs pas la dimension exceptionnelle de l'événement : son communiqué officiel annonçait que Guillaume Trichard raviverait la Flamme et déposerait « pour la première fois dans l’histoire de l’obédience » une gerbe au nom du GODF.

 

Pourquoi maintenant ? Pourquoi au lendemain même du retour de Guillaume Trichard à la Grande Maîtrise ? Pourquoi faire de cette cérémonie l'un des premiers actes publics de son nouveau mandat ? La réponse du Grand Orient est parfaitement cohérente avec sa conception de la franc-maçonnerie : l'obédience revendique un engagement dans la Cité. Si le Grand Orient veut « entrer dans la Cité », il doit accepter que la Cité regarde aussi ce qu'il y fait. Et qu'elle pose des questions. La République (et encore moins la France bien sûr) n'est pas la propriété du Grand Orient

 

Le Grand Orient de France peut parfaitement défendre « sa » République (qui doit tant aux francs-macs). Il peut parfaitement honorer les morts pour la France. Ses membres peuvent parfaitement être patriotes, anciens combattants, militaires ou citoyens engagés. Mais aucune organisation privée, fût-elle ancienne, influente ou prestigieuse, ne peut prétendre parler naturellement « au nom de la République ».

 

Or la tentation (et plus car affinités) existe. À force de se présenter comme héritier des Lumières, défenseur de la laïcité, promoteur de la liberté et gardien d'une certaine conception républicaine, le Grand Orient finit parfois par donner l'impression qu'il existe une équivalence entre les valeurs qu'il revendique et les valeurs de la République elle-même. C'est précisément cette confusion qu'il faut refuser.

 

Il y a également un paradoxe. La franc-maçonnerie française revendique volontiers l'égalité des citoyens et combat les privilèges. Très bien. Mais le fait qu'un Grand Maître puisse venir accomplir un geste aussi solennel sous l'Arc de Triomphe donne nécessairement à son organisation une visibilité institutionnelle considérable. Car il s'agit incontestablement d'un symbole puissant. Et les symboles, en politique comme dans la mémoire nationale, comptent parfois davantage que les textes.

 

Le plus troublant n'est peut-être pas le geste, mais le message  qui n’est pas anodin. Pourquoi le Grand Orient avait-il besoin d'inscrire son nom sur cette cérémonie ? Un franc-maçon pouvait-il rendre hommage aux morts sans que le GODF soit présent comme institution ? Un citoyen pouvait-il s'incliner devant le Soldat inconnu sans bannière, sans représentation officielle, sans volonté de marquer publiquement la présence de son obédience ?

 

C'est ici que le geste devient politiquement inquiétant. Parce qu'il ne s'agit plus seulement de mémoire. Il s'agit de visibilité. Le Grand Orient veut-il devenir une institution officielle de la République (alors qu’il est déjà infiltré à tous les étages de l’Etat) ? C'est peut-être la véritable question cachée derrière cette cérémonie belphégoresque. Le Grand Orient de France est une association, une obédience maçonnique, une organisation de la société civile. Il n'est ni une institution de l'État, ni une autorité publique, ni une composante des pouvoirs constitutionnels.

 

Pourtant, il revendique de plus en plus ouvertement une présence dans le débat public. Son nouveau Grand Maître appelle d'ailleurs les quelque 1 400 loges de l'obédience à passer à l'action avec le mot d'ordre « Une Loge, un acte ». Mais alors il lui faut accepter la règle fondamentale du débat démocratique : plus on intervient publiquement, plus on doit accepter d'être publiquement interrogé.  Le Grand Orient veut-il être une force de la société civile ou prétend-il devenir une sorte de conscience morale de la République ? Ce n'est pas la même chose.

 

La Flamme, elle, ne demande aucune carte de membre. C'est peut-être ce que rappelle le mieux le Soldat inconnu. Celui qui repose sous l'Arc de Triomphe n'était ni franc-maçon, ni philosophe, ni militant d'une obédience. Il était un soldat. Un inconnu. Et justement parce qu'il est inconnu, il peut représenter tous les autres. La Flamme ne brûle pas pour le Grand Orient. Elle ne brûle pas pour les catholiques, les protestants, les juifs, les musulmans, les athées, les royalistes, les socialistes, les gaullistes ou les libéraux. Elle brûle pour une mémoire qui nous dépasse tous.

 

Le scandale n'est pas juridique puisque le Grand Orient a été officiellement autorisé, voire invité, à une cérémonie où ses acolytes (au sens originel du mot) se sont présentés dans leurs tenues belphégoriennes. Le scandale est symbolique. Car lorsqu'un Grand Maître maçonnique vient, au nom de son obédience, déposer une gerbe sur la tombe du Soldat inconnu, il accomplit davantage qu'un simple geste technique. Il s’emploie à prendre possession de la mémoire nationale.

 

Seule une cérémonie de réparation patriotique (voire même un exorcisme) pourrait effacer une telle profanation. Mais l’armée (en partie maçonnisée hélas) et la classe politique n’ayant rien trouvé à redire à cette abomination, il ne faut pas trop s’illusionner…

 

Alain Sanders

 

 

 

lundi 31 août 2026

Nos amis écrivent

 

Nos amis écrivent

·         « Michel de Saint-Pierre - une biographie »

Superbe biographie que celle consacrée par notre ami Thierry Bouclier au grand écrivain catholique Michel de Saint Pierre que nous avons bien connu alors qu’il était en effet, comma l’a écrit Thierry, « à nos côtés pour mener les bons combats ».

Mais la vérité exige d’écrire que cet inlassable et si sympathique défenseur de la foi catholique et de la patrie, nous rejoignant dans l’aventure de Présent et des journées d’Amitié Française, ne nous avait pas attendu pour s’engager bien avant nous dans plusieurs de ces bons combats.

Au cours des 14 chapitres constitutifs de son ouvrage, Thierry Bouclier nous campe d’abord avec talent ce qu’il intitule « la jeunesse d’un aventurier », puis « l’aristocrate de la littérature ».

Dans le troisième chapitre, c’est sous la mention de « Pour l’amour de Dieu » qu’il évoque l’activité inlassable de Michel de Saint Pierre pour la défense de la civilisation et de la foi.

Il titre le chapitre 4 : « Fidélité à la parole donnée ». C’est naturellement l’engagement qui fut celui de Michel de Saint Pierre dans la défense de l’Algérie française qu’il rappelle. Nous avons lu avec émotion le récit de sa réception en janvier 1968 par le Général de Gaulle mais aussi, facilitée par son beau-frère Michel Poniatowski, celle de son amitié avec Georges Pompidou.

Bouclier a bien sûr évoqué les meilleurs moments et choisi les meilleures pages des combats de Michel de Saint Pierre pour la défense de la messe traditionnelle, et notamment celle de son entretien avec Saint Jean-Paul II.

Vient ensuite un beau chapitre 8 titré « Aux côtés d’Israël » et où on peut lire avec attention le paragraphe « L’amitié avec des juifs dans la vérité ». Nous y trouvons là sans doute le résumé de la doctrine du cercle d’Amitié Française juive et chrétienne que nous fondâmes jadis avec Jean-Pierre Cohen pour répliquer à la désinformation sur l’affaire de Carpentras.

C’est au chapitre 9 que Thierry Bouclier narre des engagements politiques de Michel de Saint Pierre, et notamment son total et vigoureux soutien à notre initiative de lancement de la campagne de « boycott des Jeux olympiques à Moscou au pays du Goulag ».

On lira encore un beau chapitre sur les grands romans d’écrivains et au chapitre 11 une superbe fresque consacrée à « Monsieur de Charette chevalier du roi ». Mais c’est aussi dans la bataille pour l’école libre que le grand écrivain et grand militant a su remarquablement s’investir.

Ce fut hélas, note Bouclier, une victoire à la Pyrrhus.

Au chapitre 13, on trouvera de belles pages sur l‘Afrique du sud intitulées « Au pays des Afrikaners ». Enfin, l’auteur de cette belle biographie nous a livré un beau et dernier chapitre sous le titre « L’humble serviteur s’en est allé ».

La biographie de Michel de Saint Pierre est ainsi conclue avec cette dernière phrase : « À l’heure où sa vie s’est achevée au milieu des siens, aucun jour n’avait passé comme il le souhaitait, sans qu’il ait cessé de prier, d’aimer, de tenir la plume ».

Merci à Thierry Bouclier de son beau travail de piété filiale !

Via Romana, 24 €.

 

·         Amazones – 30 portraits de femmes irréductibles.

Voici le quelque quatre-vingtième des ouvrages de notre ami Alain Sanders. Celui-ci est consacré à son évocation de 30 grandes figures de femmes ayant marqué l’histoire au long des siècles, depuis Boudicca (30 – 61), la reine guerrière celte contre les Romains, et celle de la Kahina (675 – 703), reine berbère et figure de la résistance de l’Algérie aux envahisseurs musulmans.

Le modèle de la Kahina est cher aujourd’hui à nos amis de la résistance nationale kabyle contre le totalitarisme de l’État algérien modelé par les services russes de Vladimir Poutine.

Au gré des pages, nous lirons les biographies d’Héloïse (1092 – 1164), une des intellectuelles majeures du Moyen-Âge, célèbre aussi pour sa relation passionnée avec Pierre Abélard.

Sanders nous conte ensuite qui fut Christine de Pisan (1364 – 1430), une des plus belles lumières féminines du Moyen-Age.

Voici après cela l’évocation de Marie Stuart (1542 – 1587), reine des cœurs et martyre catholique par son ignominieuse exécution ordonnée par sa cousine la protestante Elisabeth I°, qui la tiendra en captivité pendant 19 ans avant de la faire exécuter le 8 février 1587 au château de Fotheringhay dans des conditions de sauvagerie qui passent l’entendement.

Changeons maintenant de continent en allant à la biographie de Kateri Tekakwitha dont, le 3 janvier 1941, Pie XII déclarera officiellement que la jeune iroquoise avait pratiqué de façon héroïque toutes les vertus chrétiennes. Lors du tricentenaire de sa mort en 1980 Kateri Tekakwitha fut béatifiée par Saint Jean-Paul II, étant ainsi de fait la première amérindienne béatifiée par l’Église catholique.

Au gré des pages, on lira encore la biographie de Madeleine de Verchères (1678 – 1747), héroïne de la Nouvelle-France. On en vient ensuite à Olympe de Gouges (1748 – 1793), que Sanders désigne comme une victime expiatoire de la révolution misogyne. Elle sera guillotinée le 3 novembre 1793 à Paris. Sanders conclut sa biographie avec ces deux dernières phrases : « Dans une société qui refusait aux femmes toute voix politique, elle osa crier, revendiquer et contester. Sa condamnation montre les limites de la Révolution française qui proclamait l’égalité tout en excluant la moitié de l’humanité ».

La biographie centrale de ces 30 portraits de femmes irréductibles est bien sûr celle de Marie-Antoinette (155 – 1793), la reine martyre. Sanders conclut la courte biographie qu’il lui a consacrée par les mots suivants : « Adorable bergère, prisonnière humiliée, épouse diffamée, mère poignardée par l’immondice, souveraine martyrisée… Non, la reine n’est pas morte, vive la reine ! ».

La biographie qui suit est presque naturellement celle de Charlotte Corday qu’il appelle « l’héroïne plutarquienne contre un terroriste sanglant », évoquant par là l’élimination par cette jeune héroïne du terroriste Marat.

Poursuivant notre lecture, nous nous arrêterons sur la figure de Louise Michel (1830 – 1905), la « vierge rouge de la Commune de Paris » envoyée en exil en 1873 en Nouvelle-Calédonie et qui mérite, quelles que soient ses idées, notre admiration.

Nous nous arrêterons encore sur le chapitre consacré à Anne de Rochechouart de Mortemar, duchesse d’Uzès, une des figures les plus singulières de l’aristocratie française de la fin du 19 ° siècle et du début du 20° siècle.

Nous y apprenons qu’héritière d’une des plus nobles familles de France, elle fut à la fois militante monarchiste, philantrope, pionnière de l’automobile et première femme française à obtenir un permis de conduire. En 1867, Anne épouse Emmanuel de Crussol, douzième duc d’Uzès, héritier d’une autre grande famille aristocratique française, la famille de Crussol.

Espérons que ce qui précède donnera à nos amis l’envie de lire l’ensemble des 30 biographies écrites par Alain Sanders sur toutes les grandes amazones qui nourrissent sa culture sans parti pris. 

Bernard Antony